‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 39 sur 246 · GOMEZ · texte numérisé non relu

GOMEZ

Pensa.

PHILIPPO

Pensai, — Mi segui.

Le monarque ne parait, dans Tacte suivant, que pour convoquer un conseil , dans lequel luimême impute à son fils la tentative d'un parricide, et le livre à la juridiction de la cour et du grandinquisiteur. Un seul ami de Carlos , le courageux Pérez, ose élever la voix en faveur de Finnocence, dans cette grande et forte scène. Philippe, étonné d'une résistance généreuse, caractérise, d'un trait, sa surprise et sa férocité :

Quale orgoglio bollente! aima sifatta, Nasce ov*io regno? et dov'io regno, ha vita!

Les deux victimes de ce prince ne bravent point sa jalousie par l'indécente déclaration d'un amour qu'ils se cachent même l'un à l'autre; il n'en acquiert le témoignage que par un effet de la perfidie qu'il inspire à Goniez; et sa rage n'éclate

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qu'après le développement de tous les supplices qui l'ont accrue en son sein : de là sort un dénouement rempli de la terreur la plus dramatique. La pièce de Chénier manque de tous ces ressorts vraiment propres au sujet: il n'y supplée que par des artifices déclamatoires, qui pourraient lui obtenir un succès devant l'esprit du jour, mais qui, je crois, ne placeraient point cette tragédie au rang de ses meilleures.

On retrouve les marques du même génie qui lui inspira la savante peinture des divisions du peuple et du sénat de Rome, ainsi que les beaux portraits de Cornélie et de Caius -Gracchus y dans l'imitation qu'il a tentée de la deuxième partie du Jules- César de Shakespeare. L'habile Voltaire s'était heureusement emparé de la première , en traitant la Mort de César; la seconde restait à Chénier, et lui a fourni trois actes intitulés : BriUus et ÇassiuSy ou les derniers Romains ^ Ainsi, l'ouvrage anglais , dans ses proportions démesurées , a lui seul produit la matière de deux drames circonscrits dans nos justes unités. Il devint une mine féconde pour l'un et l'autre auteur, qui en ont écarté les élémens impurs ou superflus, mais qui n'en ont pas complètement exploité la richesse réelle. Je ne puis m'empêcher de les accuser éga-

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