‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiques (volume 2)Chapitre 15 sur 31 · I. M. Rœderer. {Note de V Éditeur · texte numérisé non relu

I. M. Rœderer. {Note de V Éditeur

sont fondées la plupart des réclamations qui déplaisent si fort à M. le Maire? N'était-ce pas la peine de nier ou de justifier les rébellions, les meurtres dont on les accuse? Car c'est pour cela qu'ils ont été chargés, non pas de nos fers ^ mais de ceux des malfaiteurs. N'est-il pas plaisant d'exprimer tout cela par le mot ensuite? Il est assurément fâcheux pour M. le Maire que sa prudence ait exigé de lui cette lacune chronologique , qui doit avoir coûté beaucoup à sa bonne foi.

« Ce n'est pas l'autorité qui la provoque (cette a fête ). »

Les hommes qui ne connaissent aucun parti, et qui méprisent les subterfuges et les sophismes , raisonnent : ainsi ils disent : voilà une fête où les monumens publics, le Champ-de-Mars, l'autel de la Patrie, sont employés à quelques cérémonies; où la gendarmerie, la garde nationale, sont commandées pour marcher dans une procession, etc. Or, dans un pays qui est témoin d'une telle fête , de deux choses l'une : ou c'est l'autorité qui la donne, ou il n'y a point d'autorité dans ce pays-là.

a C'est le vœu des citoyens qui la donne. 9 De quels citoyens? De combien de citoyens?

« Si personne n'eût vu que ce qui est„ tout se « serait passé sans bruit. »

Si tout le inonde eût vu ce qui est y une pareille infamie n*eût jamais eu lieu.

« Des esprits sombres ont rêvé des malheurs. 9 Dans un tems où la Constitution est chaqae jour violée par ceux qui s'en disent les amis; quand les lois sont impuissantes, par Taudace de ceux qui doivent leur être soumis, et par Fineptie ou la connivence de ceux qui doivent y soumettre tout le knônde; lorsque tous les principes de la morale et de l'humanité sont corrompus par des déclamations atroces et homicides; lorsque plusieurs propriétés sont envahies, et que toutes soiit menacées; lorsqu'on élève des trophées à l'assassinat et au brigandage , et que le meurtre des magistrats qui meurent pour la Loi excite à peine quelques stériles regrets , et s'ensevelit bientôt dans l'indifférence et dans l'oubli; lorsque tous les hommes qui plaident pour la justice, pour l'humanité , pour les lois , sont traités comme des ennemis publics; que toutes les autorités légitimes sont livrées à la dérision et à l'insulte; que des confréries privées gouvernent la France, et que ces magistrats demeurent les valets des clubs qui les ont faits; alors ce ne sont point des rêveurs ni des esprits sombres ^ ce sont les esprits justes et les cœurs droits qui appréhendent des malheurs, et qui voudraient les prévenir, en

apprenant à tous les citoyens qu'il faut s'instruire et examiner, en étant le masque à toutes les passions et à tous les vices, en arrachant le sceptre aux usurpateurs qui tyrannisent au nom de l'Éga* lité, et en rendant les imbécilles à leur nuUité, et les méchans à leur fange.

M. le Maire dit ensuite que ceux qui ont parlé du plan de cette fête ont attribué à ses aut€;urs des projets auxquels ils n'avaient point pensé;: et il cite quelques-unes de ces idées qu'on leur impute, en assurant que ce sont autant de mensonges et de perfidies. Quant à moi, je n'ai rieu.qui me porte à en juger autrement, Iprsque je me rappelle dans quels journaux nous avons tous: vu publier et approuver ces mêmes idées et d'^utre^ semblables; mais je m'étonne que les rédacteurs de ces journaux ne soient point de bons Palript^s aux y^iix de M. le Maire; ou bien je mléto^ii^e que AL le Maire n'ait pas lu ces journauiç,^^ ^ç^ aprè.s qu'ils ont été imprimés.

;$(^DesJibelles, des pi^çards incendiairei^^i o^t

Il est vrai qu'il en. parait beaucoup Mto{4$ les j0Ur3 V É»ns compter les lettres . qu'on , écrit X ses ,c^ncitoye¥i3j qu'on affiche^ pattput , et qui, ne respirant que les préventions les plus aveugles, le dévouement à un parti, et là haine de quiconque hait les pact^y ne sont propires qu'à ir-

riter et encourager les passions de la multitude contre ceux qui ne veulent ni la servir ni se servir d'elle. Quand ces lettres sont l'ouvrage d'un magistrat public, elles forment assurément le pla« card le plus incendiaire dont on se puisse Êiire ridée.

M. le Maire parle ensuite avec une juste indignation de ceux qui désirent voir la désunion entre la Municipalité et le Département de Paris : il les appelle des hommes qui ne respirent que le trouble. Tous les bons citoyens sont, en cela, de son avis ; et c'est ainsi qu'ils ont tous jugé de ceÀ discussions qui furent portées, il n'y a pas fbng-tems, à l'Assemblée nationale , et qui eurent du moins cet avantage, de faire entendre au public une doctrine saine et vraie , éloquemment développée par le Procureur-général, syndic du dépai*tement% c'est-à-dire, par un magistrat qui Méritera l'estime de ceux même qui ne seraient pas en tout d'accord avec lui; par l'ardeur, l'intelligence et la ténacité qu'il met à remplir son devoir, et à faire prospérer la portion de la chose publique qui lui a été confiée.

«'Si cette fête n'eût rencontré aucun obstacle, «il était impossible qu'il en résultat aucun mal. »

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