THÉÂTRALE
trop momentané , trop contraire par Timpatience qu'on éprouve avant d'y arriver, pour laisser une impression durable et profonde. On peut donc assurer que l'invraisemblance théâtrale ne doit jamais aller jusqu'à l'absurdité ; que c'est là le point où elle doit s'arrêter; et que des situations, quelque brillantes qu'elles soient, ne peuvent plaire aux bons esprits, si elles sont fondées sur des moyens absurdes.
a52 OBSERVATIONS
mots. Voltaire,, il y a plus de quarante ans, éertvait dans ï Orphelin de la Chine ^
Vous êtes citoyenne avant que d'être mère.
Voudrait-on interdire les vertus civiques à nos magistrats? les palmes civiques à nos guerriers? et n'y a-t-il pas moyeu de tolérer ces expressions en faveur de la couronne civique?
Assurément, lorsqu'on fait ou qu'on refait un dictionnaire, lorsque dans un ouvrage, quel qu'il soit , on veut être législateur de la langue française , il faut éviter avec soin le néologisme ; mais il ne &ut gu^ moins éviter le ridicule; et c'eàt ce à quoi l'on n'a pas toujours songé. L'abbé Desfontaines , par exemple, remarquable par son goût et par ses goûts ; ce tant digne prêtre , qui se proclamait le défenseur des mœurs et de la rein gion ; ce grand critique , qui dénigrait avec amertume les vers de la Mort de César et A^Mzire , mais qui retrouvait le style de Racine dans la Didon de Pompignan , l'abbé Desfontaines donc publia, vers 1740, un dictionnaire du néologisme. Les deux écrivains spécialement attaqués dans ce pamphlet sont , comme de raison , les deux plus célèbres de cette époque , Fontenelle et Voltaire, distingués surtout par la politesse , l'élégance et la pureté de leur diction. II les blâme, entre autres choses, d'avoir écrit une tète a/tièrey un