DES ŒUVRES DE BOILEAU
«pas d'indiquer un homme justement célèbre «dans rhistoire littéraire du dix- septième siècle « et dans celle du dix-huitième ^ Fontenelle, dont « les ressentimens tempérés et Tivaces savaient at- « teindre et saisir les occasions d'offenser tran- « quillement. Lorsqu en 1 691 il entrait à l'Acadéa mie française, dont Racine et Despréaux étaient «membres, loin d'oublier les anciennes épigram- « mes de ses nouveaux confrères , et de tenter au « moins une réconciliation apparente ou même « normande, il se félicita de tenir, par le bonheur « de sa naissance, à un nom qui, dans l'art tra- « gique , effaçait y disait-il , tous les autres noms. Le « choix d'une expression si indécente décelait bien « moins le désir d'exalter Corneille que le besoin « d'affliger Racine ; et l'on doit sentir qu'il n'était « pas au pouvoir de Boileau de pardonner à celui « qui blessait ainsi les convenances les plus vul- « gaires, tout exprès pour mieux outrager l'auteur « de Phèdre et àilphigénie. Cependant Racine et « Despréaux moururent ; Fontenelle survécut cin- « quante-huit ans à l'un, quarante-six ans à l'au- « tre , et employa contre les ennemis de sa jeuce nesse l'autorité de son patriarchat littéraire. C'est « dans son entretien, à son école, que d'Alembert^ «Helvétius et plusieurs autres, apprirent à re- « léguer l'auteur de V^ért poétique entre les grands « versificateurs, et à couvrir des couleurs de l'im»
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a {lartiaiiM leurs critiques injurieuses. Parmi oes «héritiers des opinions, ou plutôt des ressenti- «mens de Fontenelle, gardons-nous de compter « Voltaire, admirateur de Boileau , et toujoun prêt o à bénir son influence. S'il s'est trop permis quelc quefois de laodifier les hommages qu'il se plai- « sait à lui rendre , c'était bien moins pour seccm- « der ses détracteurs que pour ee séparer de l'une « des classes de ses panégyristes; car, après a^oir « triomphé des Chapelain et des Pradon du dixce septièmesiede, le malheur de Boileau était d-écre <c vanté par ceux du dix -huitième. Les lourdes « louanges dont ils tourmentaient sa mémoke « n'exprimaient que leur jalousie contre ses phis «dignes successeurs; et ils ne prônaient sa recK nommée qu'en la ccMifbndant avec les préjugés a stupides >el: les superstitions décrépites qu'ils « Êdsaîent métier de soutenir. »
Rien de plus vrai que cette observation sur Voltaire. On sail: combien il était irritable. Qudques traits .d'humeur lui échappèrent dans son épitre k Boileau, parce que des rhéteurs de collège avaient eu l'ineptie d'établir sérieusement un parallèle entre la Henriade et le Lutrin. Autant valait comparer Zaire et \ École des maris , Mérope et jâmphitrjron^ le Siècle de Louis XIV tt Gil Bios. Du reste , Voltaire a souvent manifesté son admiration pour Boileau. Tout le monde sait quelle place