‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 171 sur 266 · AMI^LIE · texte numérisé non relu

AMI^LIE

Ce cœur que sous vos lois j'ai fait plier sans cesse

Connaît la noôdestie et non pas là bassesse.

Ce discours vous surprend : si j'ai pu m'égarer ,

Montrez-moi mon erreur, et daignez m'éclairer.

Comment suis-je flétrie avant que d'être née ?

Ah ! je n'ai point choisi ma triste destinée;

Ce n'est pas d'un hasard que doit rougir mon front;

Mon sort est un malheur, mais non pas un affront.

Vous avez autrefois accueilli mon enfance;

TsLi long-temps de votre ame éprouvé l'indulgence;

Et, malgré vos rigueurs, je ne croirai jamais

Avoir acquis le droit d'oublier vos bien&its.

Mais sachez me connaître , et plaignez Amélie :

Ces mortels méprisés dont j'ai reçu la vie,

Dans le sein qui m'anime opt mis une fierté

Qu'on ne fait point fléchir par la sévérité.

Soumise à la douceur^ je fus long-temps timide ; '

C'est votre dureté qui me rend intrépide :

Mais puisqu'enfin je puis vous expliquer mes vœux ,

D'une ame libre et pure écoutez les aveux.

Au pîed de eet autel, qui fîit souvent sinistre,

De l'Étemel bientôt je verrai le ministre :

Ne fondez plus d^espoir sur ma timidité ;

Je ne mentirai point au Dieu de vérité.

D'autres ont prononcé le serment de la crainte :

aSo FÉNÉLON.

Vous entendrez ma bouche , incapable de feinte , Rejeter loin de moi des liens que je bais :

Voilà dès aujourd'hui le serment que je &is.

l'a BB ES SE.

Ah! je ne. reçois point ce serment sacrilège. Adieu. Gardez-vous bien de tomber dans le piège; Vous avez mis un terme à ma tendre amitié ; Mais je veux écouter un reste de pitié.

A vos premiers désirs cessez d'être infidèle ; C'est la nécessité ; c'est Dieu qui vous appelle ; Immolez à ce Dieu vos faibles volontés :

Je saurai vous punir, si vous me résistez.

(Elle aort. )

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