‹ Œuvres complètes de M. le comte de Ségur, Volume 24Chapitre 4 sur 14 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Portrait de Philippe I". — Événemens sous son règne. — Régence de Baudouin , comte de Flandre. -^Défaite et soumission des Gascons. — Projet d'invasion en Angleterre de Guillaume- Ic-Bâtard. — Ses sages dispositions. — Composition de son armée. — Son débarquement sur la côte de Sussex. — Bataille d'Hastings. — Victoire de GuiUaume. — Son couronnement.

— Son gouvernement. — Mort de Baudouin. — Vie errante de son fils Robert. — Ses exploits. — Pontificat de Grégoire VII.

— Ses prétentions à la monarchie universelle. — Réforme dans les mœurs du- clergé. — Autorité du pape sur les 80uv«rains. •~ Désordres de Philippe, —r Exploits des Français en £sp9gne;

— Tige des princes du Portugal. — Échec de Guillaume devant Dole. —Paix entre lui et Philippe. — Révolte de Robertcourte - cuisse contre son père. — Leur combat singulier. — Mort de Guillaume. — Partage de ses États entre ses fils. -^

— Naissance de Louis , fils de Philippe. — Divorce du roi avec Berthe. — Son amour pour Bertrade. ^~ Opposition des évéques à son mariage. — Dissensions étrangères favorables à la France. — Menace de Philippe au pape. — Mort de Berthe. — Fameux concile à Clermont. — Couronnement de Bertrade. — Tumulte à Foccasion de Pexcommunication du roi.

— Querelles des seigneurs et des évoques. — ' Association de Louis VI à la couronne. — Succès de ce prince. — Soû voyage en Angleterre. — Son retour imprévu. —Son empoisonnement et sa guérison.-» Feinte séparation du roi et de Bertrade.

— Cause des croisades. — Premiers, pèlerinages. — Oppression des chrétiens en Orient. — Enthousiasme de Picrre-l'Ermite.

— Conciles à Plaisance et à Clermont. — La trêve de Dieu. — Exhortations de Pierre et du pape pour la croisade. — Première arme'e de croises conduite par Pierre. — Son indiscipline et sa destruction. — Seconde armëe, commande'e par Godefroi de Bouillon. — Rixes entre les croisés et les Grecs. — Premiers succès en Asie. — Prise d'Antioche. — Siëge et prise de Je'rusalem. — Modestie de Godefroi. — De'faite du Soudan d'Egypte. —Mort de Hugues-le-Grand et de Godefroi. — Origine ^es armoiries.— Nouveaux ordres monastiques et militaires.^ Mort de Philippe. — Fondation d'abhayes. — Portrait de Philippe.

— Ses enfans. — Ministres guerriers et savans de cette ëpoque.

— Peinture de la France par le pape Gre'goire. — Ses invectives contre le roi. — Brigandages des grands. —"Désordre» du clergé. — Grossièreté et ridicule du langage.

Si l'on n'écrivait que Thistoire des princes, elle serait souvent aride et dénuée d'intérêt. Soumise à la condition humaine > une famille qui règne héréditairement nous montre successivement parmi ses membres la même diversité qui se trouve dans les familles privées; les qualités et les défauts y sont nécessairement mêlés dans les niêmes proportions. Il y paraît, à de longs ijitervalles, des hommes remarquables par la force et la grandeur de leur caractère, soit en vices, soit en vertus.

Mais ce qui abonde, là comme partout, c'est la médiocrité, la faiblesse, Fincapacité; la seule et grande compensation de cet efifet

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inévitable des chances humaines^ c'est la stabilité que l'hérédité du pouvoir assure au gouvernement monarchique. Les peuples y trouvent plus de repos; mais les historiens se plaignent souvent d'y rencontrer une matière moins riche et moins animée pour les tableaux que leur burin doit tracer.

Cependant ils devraient , lorsque ces tableaux sont froids, en accuser plutôt leur système et leur talent que leur sujet. Au lieu d'écrire uniquement l'histoire des princes, il faut écrire l'histoire des nations. Celles-ci sont toujours vivantes et animées. Souvent les règnes les plus faibles ont été les plus fertiles en grands événemens; la faiblesse en fait naître ainsi que la force ; les rois doués de quelque génie les dirigent ; les monarques qui en manquent y assistent.

La vie de Philippe P*^ en est un exemple : Portraii<ie prince sans caractère, guerrier sans talent, *pp* "' politique sans vues profondes , superstitieux sans piété, doué par la nature d'esprit et de beauté , mais privé par elle d'élévation et de fermeté, il régna cinquante ans, sans laisser après lui aucune trace glorieuse , et pourtant ce règne si terne fut , pour la France et pour l'Europe , l'époque de changemens et d'événemens très remarquables.

Evrfnemens En ctFet, 06 fut SOUS soii fègne que TEurope

sous son ... 1 > A • ■■ ,

règne, sc précipita sur 1 Asie , que toutes les armées de rOccident coururent arracher aux enfans de Mahomet le tombeau du Christ.

Dans le même temps l'Allemagne vit s'élever une lutte funeste entre le trône et la tiare. La guerre des investitures commença. On vit tour à tour des papes et des empereurs déposés.

Au milieu de ces orages, vainement le roi Philippe restait presque étranger aux grands mouvemens qui s'opéraient autour de lui. Sa belliqueuse nation y prenait une part active et partout étendait sa renommée. Les Français, dirigés par un héros , conquirent l'Angleterre ; nos chevaliers arrachèrent la Sicile aux Sarrasins, et remportèrent en Espagne sur les Maures de brillantes victoires. Enfin un prince français , secondé par la fortune , fonda le royaume de Portugal.

Tels furent les grands événemens de cette époque, où la nation française accrut sa gloire sous le règne d'un faible monarque. De tous nos rois , Lothaire P' et Louis XIV régnèrent seuls plus long-temps que Philippe.

Régence de Lorsqu'il monta sur le trône , la reine Anne ,

Baudouin, * i t» i i i t*

comte de sa mèrc , et son oncle Robert , duc de Bour-

Flandrc. ' , i , r ,

gogne, furent exclus de la régence par les grands. Ils la confièrent avec discernement à

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Tépoux d'Alix, sœur du roi Henri, à Baudouin, comte de ïlandre, doni on respectait également le courage et la prudence. Il justifia leur dioix par sa sagesse.

Les Gascons, ne mesurant que sa puissance iv^faue et et le croyant plus ambitieux que tidele , refu- detCaacons. gèrent de reconnaître l'autorité du régent, dans la crainte qu'il n'aspirât au trône. A cette époque, Guillaume VIII, duc de Guienne, après une courte guerre contre le comte d'Anjou, auquel il avait enlevé la ville de Saintes, courut en Espagne pour soutenir le roi Alphonse VI contre les Sarrasins.

Le régent , feignant d'être animé de la même ardeur pour combattre les musulmans, marcha aussi vers les Pyrénées à la tête d'une armée. Mais, arrivé en Guienne, il dévoila ses véritables desseins, tomba sur les Gascons, les mit en déroute et les contraignit à se soumettre.

Ce fut alors que la fortune fit naître , dans Projci Je génie d'un prince normand, l'audacieux eu Angie-

1 # • HA 1 T terre de

projet de conquérir 1 Angleterre. Le régent Guiiiaumefavorisa d'abord cette grande révolution, parce qu'il n'en prévit pas le succès. Les grands hommes trompent tous les calculs de la politique. Les rois de France regrettaient constamment la perte d'une de leurs plus belles

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provinces, conquise sur eux par les guerriers du Nord: ils regardaient les ducs de Normandie comme des vassaux infidèles , comme des rivaux et des voisins dangereux. Ils n'avaient jamais perdu l'espérance de reconquérir cet ancien fleuron de leur couronne ; et lorsque le régent vit le jeune duc Guillaume former l'entreprise téméraire d'une invasion dans la Grande-Bretagne, loin de l'en détourner, il l'y encouragea, espérant ainsi hâter éa ruine et profiter de ses malheurs •: erreur funeste , qui par la suite, allumant une guerre interminable avec l'Angleterre, rendit long-temps les monarques anglais maîtres des plus belles contrées de la France.

Des flots de sang et des siècles de batailles suffirent à peine pour affranchir nos provinces de ce joug anglais, et pour réparer les malheurs produits d'abord par l'imprévoyance de Baudouin, et plus^ tard par l'imprudent divorce de Louis-le- Jeune.

Edouard , roi d'Angleterre , était mort sans laisser d'enfans. Ce prince reçut , des passions du temps, le titre de saint ^ parce que, dans l'ardeur de sa dévption , il avait fait un vœu de chasteté contraire au lien conjugal qu'il avait formé, et à l'intérêt de sa couronne, qui demandait un héritier.

Autrefois Edouard^ persécuté par les Danois , avait trouvé un asile contr'eux dans la cour de Guillaume-le-BâtarcT , duc de Normandie : l'on prétend que, conservant la mémoire de ce bienfait, la reconnaissance dicta son testament , et que , par cet acte , il légua son royaume au prince normand. Mais rien ne démontre la vérité de ce fait, car ce testament ne fut jamais publié.

Edouard était gendre de Godewîn, comte de Kent, majordome du palais. Lorsque le roi d'Angleterre mourut, Harold, fils de Godewin, prétendit hautement à la couronne.

Le duc de Normandie soutint de son côté ses droits, accusant publiquement Harold d'injustice, d'usurpation et même d'ingratitude. Il racontait que ce même Harold, se livrant un jour au plaisir de la pêche , s'était vu emporté, par un coup de vent, sur les côtes de Picardie, et que là il fut mis en prison; que du fond de son cachot, pour intéresser le duc de Normandie à son sort, il lui avait écrit qu'il ne s'était embarqué que dans le dessein de venir secrètement lui confirmer les promesses d'Edouard relativement au }i*ône d'Angleterre.

Ce qui est certain , c'est que Guillaume le protégea, le délivra, l'accueillit dans sa cour.

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le conduisit avec lui en Bretagne pour combattre sous ses ordres, lui donna sa fille en mariage, et lui permit de retourner en Angleterre, après lui avoir fait jurer de renoncer à toutes prétentions au sceptre d'Angleterre, et même à la possession de la ville de Douvres, qui lui appartenait.

Harold , revenu dans sa patrie , nia ou viola ses sermens. Les Anglais se montrèrent favorables à ses vues , parce qu'ils redoutaient un joug étranger; et, dès qu'Edouard fut mort, ils donnèrent la couronne à Harold , et le proclamèrent roi presque unanimement.

Cependant son propre frère, Tosthon, soutenu par un parti et appuyé par le régent de France, qui lui fournit des vaisseaux et de l'argent, lui disputa le trône : telle était la politique de Baudouin; en même temps qu'il donnait des armes et des secours à Tosthon, il encourageait Guillaume à soutenir ses droits , dans l'espoir de faire profiter son royal pupille des fruits de cette triple lutte.

Si Harold ^se trouvait embarrassé par la guerre intestine que lui suscitait son frère, de son côté Guillaume ne rencontrait pas moins d'obstacles dans ses projets : le Maine, qu'il venait de conquérir, se montrait disposé à la révolte , et Conan , duc de Bretagne , le me-

naçait de la guerre. « Je ne sais, lui ëcrivail; » ce duc , si je dois vous féliciter sur la gloire » que vous promet la conquête de l'Angle- » terre; mais, avant de poursuivre cette notle » entreprise, je vous demande préalablement, )) comme acte de justice, la restitution de la » Normandie, que vous possédez sans aucun » droit; car Robert, dont vous prétendez être » le fils , la donna , en partant pour la Pales- » tine , à mon père le duc Alain , son proche » parent. Vous savez qu'il se rendit à Rouen » pour vous voir, et que là il fut empoisonné » par vous ou par vos ministres. J'étais trop » jeune alors pour le venger; aujourd'hui je » veux me faire rendre justice et me res- » saisir d'un duché à la possession duquel , » comme bâtard, vous ne deviez point pré- » tendre. Si vous me refusez une juste satisfac- » tion , je vous y contraindrai par la force des M armes. »

Guillaume répondit avec hauteur à ces menaces. Conan s'avança à la tète de' son armée , et assiégea Château-Gonthier, ville située sur la frontière de l'Anjou et du Maine ; mais il y mourut empoisonné par un de ses officiers, qui courut se réfugier en Normandie. Ce crime délivra Guillaume d'un grand péril. Hoel, son bèau-frère, qui lui succéda, parut renoncer

à tout dessein hostile contre le duc de Normandie. Ses sages ' GuiUaumc^ comme tous les hommes dont le isposi ions, g^j^j^ g^^ fixer la fortune , se montrait aussi

actif en négociant qu'en combattant ; il obtint de la jalousie de l'empereur Henri IV contre la France, l'assurance d'une diversion, si le régent, profitant de son absence, voulait attaquer la Normandie. De plus , ayant appris que Harold avait négligé, en montant sur le trône, de solliciter l'approbation du Saint-Siège, dont l'ambition prétendait alors disposer des couronnes, il flatta, irrita l'orgueil romain, et obtint du pape, Alexandre II, l'autorisation de faire valoir ses droits à la couronne d'Angleterre. Ce pontife lui envoya même un drapeau béni et un cheveu de saint Pierre , présent qui , aux yeux des peuples dans un temps de superstition , valait peut-être mieux que de puissans secours.

Après avoir fait toutes ces sages dispositions , Guillaume rassembla les barons, et leur communiqua son dessein. Les uns, redoutant les suites d'une entreprise si téméraire, s'efforcèrent de l'en détourner ; les autres , éblouis par son éclat, partagèrent son avis : la majorité se

Composa- montra favorable au duc.

**'Tr«y*''* Méditant depuis long -temps cette grande

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expédition , Guillaume avait amassé des trésors, et pouvait offrir une forte solde aux guerriers qui se rangeraient sous ses étendards; il attira près de lui , par cet appât , une foule d'aventuriers; et, comme d'ailleurs les mœurs du temps étaient chevaleresques et belliqueuses , un grand nombre de seigneurs normaElhds et français, qui cherchaient partout des aventures et des combats, amenèrent leurs troupes sous sa bannière. Parmi ces preux, brillaient les comtes de Boulogne , de Mortagne, de Beaumont, d'Évreux, de Thouars, d'Étaples et de la Garenne. .

Toutes ces forces réunies lui composèrent une armée de cinquante mille hommes ; il arma une grande quantité de vaisseaux, les approvisionna avec soin , établit dans son armée une sévère discipline , renvoya de son camp les soldats timides ou débiles, ne prit avec lui que des guerriers forts et vaillans , et s'embarqua dans le port de Saint-Valery, après avoir confié au comte de Montgommery la régence de ses États.

Sa fermeté dans l'exécution d^xine si vaste entreprise fut tout à coup contrariée par l'inconstance des vents , qui l'enchaînaient malgré lui au rivage. Les Français de cette époque savaient combattre , mais ne savaient pas at- 4. 9

de Sussex.

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tendre. Un camp inactif était bientôt désert. Déjà la désertion et le découragement affaiblissaient Tarmée, et l'opiniâtreté des vents contraires semblait , à beaucoup d'esprits faibles , un signe de la désapprobation du ciel.

sondébar- Guillaumc eut recours an seul remède qui sur la côte pouvait disslpcr ces terreurs religieuses. La châsse de saint Valéry fut portée avec pompe en procession dans le camp ; les vents changèrent ; l'armée se sentit enflammée d'une nouvelle ardeur, et les troupes normandes débarquèrent heureusement sur la côte de Sussex.

A peu près dans le même temps ^ Tosthon, secondé par le roi de Norwége, était descendu dans le Northumberland ; mais Harold le combattit^ le vainquit, le força de fuir, et marcha rapidement ensuite contre Guillaume.

Les deux rivaux , avant de livrer la bataille qui devait décider des destins de l'Angleterre, négocièrent quelques jours par l'entremise des moines qu'on trouvait alors t dans toutes les cours, dans toutes les intrigues et dans tous les camps.

Guillaume proposa successivement à son ennemi de soumettre leur querelle au jugement du parlement anglais ou de la vider par un combat singulier. Enfin il consentit même

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à céder le sceptre au prince Harold, pourvu tju'il le reçût de lui à titre de fief.

Harold, sans donner de réponse positive, avançait toujours tout en négociant, espérant surprendre les Normands; mais il les trouva prêts au combat.

Les deux armées se virent enfin en présence, près d'Hastings. La veille de la sanglante journée qui allait donner à la Grande-Bretagne un roi national ou un monarque étranger, les Anglais se livrèrent aux excès de la table et à une ivresse bruyante. Les Français, au contraire , se préparaient au carnage par la prière , et sentaient redoubler leurs forces en invoquant l'appui céleste^

Au point du jour, l'intrépide Guillaume harangue ses troupes; et, certain que l'extrême courage naît d'un extrême péril, il leur apprend hardiment qu'il vient de brûler ses vaisseaux , de sorte qu'il ne leur reste plus que le choix de la mort ou de la victoire, « Mais la » victoire, dit -il, n'est point dputeuse; car » notre cause est juste, et nous combattons » contre un parjure. »

Les deux armées s'élancent l'une sur l'autre Bataiiie avec un égal courage ; à la portée du trait elles s'arrêtent, et le ciel semble quelques instans obscurci par un nuage de flècheSéBientôt après.

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les Normands chargent l'ennemi en entonnant le chant belliqueux de Rollon ; mais , malgré leur impétuosité , les Anglais tiennent ferme ; leurs sabres repoussent les coups de la francisque ; les troupes de Guillaume plient.

Guillaume indigné les arrête, les rallie, et rétablit le combat. La fortune balance incertaine. Les Français ne reculent plus; mais led Anglais leur opposent une masse trop serrée pour qu'ils puissent en enfoncer les rangs.

Guillaume , las d'une lutte où la force s'acharne inutilement, a recours à la ruse : il ordonne à plusieurs de ses chefs une retraite simulée. Les Anglais, se croyant vainqueurs , s'avancent précipitamment, ouvrent leurs rangs et courent en désordre.

Victoire de GulUaume , profitant de cet instant favoraaume. j^^^ ^ ^ ppécipitc dc nouvcau sur eux. De toutes parts ils sont enfoncés.

Vainement Harold prouve par des prodiges de valeur qti'il est digne de la couronne. Ses plus vaillans chefs tombent à ses pieds. Il combat le dernier de tous ; enfin il succombe percé de coups. Deux de ses frères et une foule de seigneurs anglais périrent avec lui. La fuite des débris de l'armée anglaise ne les sauva pas de la fureur d'un ennemi aussi ardent à la poursuite qu'au combat.

romwment.

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La terreur suivit la victoire. Guillaume , sonconprofitant rapidement de son triomphe, vit Douvres , Cantorbéry et Londres lui ouvrir leurs portes* Enfin rarchevêque d'Yorck le couronna roi d'Angleterre.

L'opiniâtreté de la Noblesse anglaise causa sa ruine. Ne pouvant supporter un joug étranger, elle excita dans toute l'Angleterre de long& et de fréquens troubles , dans lesquels la fortune trahit toujours son courage : aussi presque toutes les anciennes familles bretonnes, anglaises et saxonnes, finirent par être, bannies, ruinées ou immolées.

La révolution fut totale et terrible : Guil- songou-

, remement.

laume, pour soumettre les esprits et pour vaincre les mœurs , ne laissa subsister ni Tancienne législation ni l'ancien langage. Tout fat détruit ou changé par ce conquérant sévère. Chaque habitant se vit cQntraint, par la . rigoureuse loi du couvre -feu^ d'éteindre toute lumière dans sa maison chaque jour à huit heures du soir. Le peuple , gouverné par une Noblesse toute française, n'obéit plus qu'à des lois françaises, et n'entendit plus autour de lui pendant long -temps que la langue de la France.

L'histoire n'offre point d'exemple d'une entreprise plus téméraire , d'une conquête plus

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rapide y d'une révolution plus complète et d'une plus rigoureuse tyrannie.

Les succès inouïs de Guillaume excitèrent en France un vif et général mécontentement contre le régent. La fortune avait trompé sa sagesse. Espérant perdre un grand Vassal, il l'avait élevé au faîte de la puissance et de la gloire. Vainement les rois de France , d'Ecosse et de Danemarck voulurent former, en io65, une ligue contre le conquérant de l'Angleterre : ce projet resta sans exécution.

Mort de L'année d'après, Baudouin mourut, plus acau ouin. ^^Y^Yé par les chagrins que par l'âge. Jusque-là les rois n'avaient été majeurs qu'à vingt- deux ans; Philippe n'en avait que quinze. Cependant le peu de succès qu'avait eu la régence décida les grands à laisser prendre au jeune monarque les rênes de l'État.

Vie errante Baudouiu lalssalt dcux fils. Conformément

de son fils • i i , i -r^t t % -r*

Robert, aux coutumes, il légua la Flandre a Baudouin VI, l'aîné de ses enfans, fit jurer au plus jeune, Robert, de ne former aucune prétention sur cet État, et lui donna de l'argent, des soldats et des vaisseaux pour chercher fortune ailleurs et conquérir quelques principautés, genre d'héroïsme ou de brigandage que la fortune des chevaliers normands avait mis à la mode.

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Plusieurs aventuriers se joignirent à Robert ; il courut en Espagne ^ se signala contre les Sarrasins par plusieurs exploits , mais ne put former aucun établissement dans cette contrée. Ensuite y trahi , battu et pillé , il revint pauvre en France , peu de temps avant la mort de son père qui l'accueillit mal, et qui cependant lui donna de nouveaux secours.

Continuant sa vie errante, il entreprit le pèlerinage de Jérusalem , se mit au service de Constantin Ducas, se révolta peu de temps après, avec quelques Normands, contre cet empereur, et revint encore dans sa patrie, sans fortune, mais non sans renommée.

Le fils aine de Baudouin n'avait survécu que trois ans à son père; il laissait deux enfans, Arnould et Baudouin, l'un comte de Flandre, et l'autre comte de Mons. Richilde leur mère prétendait à leur tutelle. L'aventureux Robert la lui disputa; mais il fut d'abord vaincu par elle.

Le roi de France, Philippe, prit Richilde sesexpioiu. et son fils Ârnould sous sa protection* Il marcha contre Robert ; mais le début du monarque dans la carrière des armes fut malheureux. Robert, trompant sa jeune ardeur par une retraite simulée, le surprit près de Cassel, et

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tailla son armée en pièces. Arnould , comte de Flandre, périt dans le combat.

Philippe augmenta la honte de sa défaite en ne cherchant point à la réparer par sa fermeté. Il abandonna lâchement la cause de Richilde, et laissa son second fils, Baudouin VII, sans protection.

Richilde implora l'appui de l'empereur Henri IV, qui fit vainement marcher le duc de Lorraine et Févèque de Liège contre Robert. L'inconstant Philippe joignit alors ses armes à celles de l'ennemi qui l'avait vaincu. Robert triompha; il avait acquis la Frise en épousant la veuve du comte de cette province. Richilde, découragée, lui céda la Flandre; elle ne conserva pour son fils que le Hainaut. Philippe épousa Berthe de Frise, belle-fille de Robert. Pontificat Ce fut à cette époque * que le pape AlexangoL VII. dre II mourut, et que Rome vit monter sur le trône pontifical le fameux moine Hildebrand, trop célèbre depuis sous le nom de Grégoire VII. La naissance de ce pontife était obscure, son génie vaste, son orgueil extrême, son opiniâtreté indomptable.

Ses prëten- Aucuu dc ccux qul occupèrcnt le siège de saint Pierre n'affecta plus hautement ses prétentions à la monarchie universelle par «ae

inonarcbie universelle.

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ambition que l'Évangile condamne encore plus que la politique. Pasquier dit que « Grégoi- )) re VU fut un des plus hardis champions de )) Rome. Il n'oublia rien par les armes, par la )} plume, par les foudres, de ce qu'il croyait )) avantageux au pape et funeste aux rois. »

Ce pontife écrivit à Démétrius, czar de Russie : « Votre fils nous a dit qu'il voulait » recevoir la couronne de nos mains; ayant » trouvé sa demande juste, nous lui avons don- )) né votre royaume, au nom de saint Pierre. »

Dans un bref adressé aux princes de l'Allemagne, il s'exprimait en ces termes : « De la » part de Dieu tout-puissant, je défends à » Henri de gouverner le royaume teutonique » et l'Italie. J'absous les chrétiens du serment » qu'ils lui ont prêté, et j'excommunie tous » ceux qui le reconnaîtront pour roi. »

La fortune, après avoir secondé le génie audacieux de Grégoire, lui fut enfin infidèle : persécuté à son tour, poursuivi et assiégé dans une forteresse, ce prêtre indomptable menaçait et foudroyait encore, du fond de sa prison , les têtes couronnées ; il y composait même de mauvais vers latins; et, en envoyant une couronne d'or au duc deSouabe, qu'il proclamait empereur , il lui écrivit : JPetra dédit Petro , Petrus diadema Rodolpho.

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Quoique l'ignorance et la superstition secondassent alors en Europe l'ambition romaine qui marchait au pouvoir suprême au milieu des ténèbres, cette ambition rencontra cependant dans quelques États , et particulièrement en France, des écueils qu'elle ne put franchir.

L'abbé Vély, dans son histoire, cite très justement à cette occasion ce passage remarquable de Pasquier : « Nous avons eu de toute » ancienneté, dit- il, trois grandes proposi- » tions qui nous ont servi de bouclier : la » première est que le roi de France ne peut » être excommunié par l'autorité du pape; la » seconde, que le pape n'a nulle juridiction » ou puissance sur le temporel des rois; la » troisième , que le concile général et univer- » sel est au-dessus du pape. Toutefois nous » reconnaissons en lui cette supériorité de » chef et de souverain pasteur de l'Église , » éomme celui qui est avoué pour tel par nos » premiers et grands docteurs. »

Grégoire, ayant favorisé par son appui la conquête et l'usurpation de Guillaume-le-Bâtard, espérait que la reconnaissance le rendrait docile à ses vues; il exigea de lui un tribut et le serment de fidélité.

Le roi d'Angleterre répondit qu'il voulait

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bien continuer ses aumônes pour l'église de saint Pierre; mais en même temps il défendit aux prêtres anglais de se rendre à Rome^ lorsqu'ils y étaient mandés.

Tandis que de fermes adversaires s'opposaient à l'ambition de Grégoire , un grand nombre d'évêques et de moines la soutenaient. ((Le pape^ disait Yves de Chartres, est le » seul nom dominant dans l'univers ; tous les » princes de la terre baisent ses pieds. » Cependant ce titre de pape avait été long-temps commun à tous les évêques , et ce fut ce même Grégoire VII qui, dans un concile tenu à Rome, fit attribuer exclusivement ce titre à Tévêque de Rome.

Ses querelles avec l'empereur Henri IV remplirent l'Allemagne , ainsi que l'Italie , de séditions, d'orages, et les inondèrent de sang. Henri avait été précédemment accusé de simonie par Alexandre II. Grégoire porta plus loin sa témérité; et, quoiqu'il eût d'abord demandé à l'empereur de confirmer sa propre élection , par une contradiction étrange il osa bientôt après le citer à son tribunal, lança contre lui les foudres du Vatican , le contraignit de venir s'agenouiller devant lui en pénitent , l'excommunia ensuite de nouveau , et finit par le déposer.

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Nicéphore , empereur d'Orient , Robert Guiscard, duc de la Fouille, et Boleslas, roi de Pologne, se virent aussi tour à tour excommuniés par lui.

Ce pape turbulent déposa un grand nombre d'évéques , et la résistance des Français l'empêcha seule de traiter le roi Philippe comme il avait traité l'empereur Henri.

Mais cet excès d'élévation de la puissance romaine en fut le terme. Il ouvrit les yeux des rois et éclaira les peuples sur leur péril. La crédulité du siècle était alors si aveugle, qu'avec plus de sagesse et de circonspection, les papes seraient peut-être parvenus à faire de l'Europe un empire théocratique.

Beforme Sous d'autrcs rapports, la fermeté de Grémœurs du goire fut salutaire. Une réforme sévère dans les mœurs du clergé était devenue indispensable ; jamais et nulle part on n'avait vu d'exemple d'une corruption aussi scandaleuse. Tout était vénal. Les rois vendaient les évéchés, les abbayes. Les prélats, entraînés par les passions mondaines, se faisaient mutuellement la guerre, portaient alternativement le casque et la mitre, pillaient, volaient, tuaient et se livraient aux plus honteuses débauches. Bravant les décrets des conciles, les prêtres se mariaient ou entretenaient publi-

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quement des concubines et des chambrières.

L'impétueux Grégoire ne crut trouver d'autres remèdes à ces désordres, que de s'arroger spirituellement et temporellement un pouvoir absolu. On a conservé un recueil curieux des lettres de Grégoire. Ce recueil est intitulé Die* tatus papœ , parce que ses lettres à ses légats étaient dictées par lui. On y remarque les maximes suivantes : « Le pape peut seul dé- » poser et rétablir les évêques, sans concile; » il peut seul faire de nouvelles lois , de nou- » veaux diocèses, les diviser, les réunir, les » doter ou les appauvrir; il juge en dernier » ressort ; ses sentences sont sans appel ; seul » il a le droit de porter les insignes de l'em- » pire ; il peut déposer les empereurs , et châ- » tier les mauvais rois, en déliant les sujets de » leur serment de fidélité ; enfin tout pontife y> romain doit être révéré comme saint, dès D qu'il a été canoniquement élu. »

Plusieurs souverains , cédant à l'orage , s'as- Autorité du sujettirent à des dons volontaires que Grégoire souverain». s'efforça promptement d'établir partout comme un tribut légitime, qu'il appelait le denier de saint Pierre.

Ce projet réussit en Espagne et même en Angleterre. Le pape, profitant des troubles d'Italie, érigea en fièfs de Rome les terres enle-

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vées à l'empire grec par les Normands, la Fouille , la Calabre , la Sicile , et tout ce qui depuis composa le royaume de Naples. Habile à saisir les avantages que lui offraient les mariages illicites de plusieurs princes et la turbulente ambition des grands, il étendait chaque jour son autorité sur les souverains.

Le comte de Roussy et plusieurs seigneurs , combattant les Sarrasins en Espagne , espéraient y acquérir des principautés. Grégoire leur écrivit : « Vous devez savoir que depuia » plusieurs siècles l'Espagne appartient à saint » Pierre : ainsi, quoiqu'elle soit envahie par » les infidèles, vous ne pouvez y faire ^ ni par » conséquent y garder aucune conquête san» » le consentement du Saint-Siège, et sans vou» » reconnaître ses vassaux. »

Grégoire ajoutait à la hauteur du langage de la domination la grossièreté dea expressions,, que la barbarie des mœurs du siècle peut seule expliquer. En écrivant au roi Philippe, il le traitait de « loup ravissant , de tyran indigne » du nom de roi^ d'homme souillé de péchés » et de crimes. » Il invitait le duc de Guienne, ainsi que d'autres seigneurs , à se révolter et à reprocher au monarque les déréglemens de sa conduite. Enfin il voulait que les évéques missent le royaume en interdit, et déclarait que.

si Philippe ne se repentait pas, it le déposerait; insolence aussi ridicule qu'odieuse.

Il est vrai que Philippe , détourné des affaires D<fsordres par les plaisirs, s abandonnait souvent a des excès répréhensibles y se livrait aux vices de son temps y et dégradait même la dignité royale au point de piller les commerçans sur les grandes routes. Il lui était arrivé une fois d'arrêter et de dépouiller des marchands italiens.

L'Église, pour le ramener à ses devoirs, pouvait essayer les exhortations évangéliques, seules armes des vrais chrétiens. Mais Grégoire aimait mieux commander qu'exhorter , foudroyer qu'éclairer j son orgueil, foulant aux pieds les trônes , publiait que la houlette du pasteur des hommes devient elle-même impie et coupable , lorsqu'elle veut se changer en sceptre impérial et en glaive homicide. Guillaume seul se vit ménagé par le hautain pontife : la fierté papale s'arrêtait avec crainte devant le génie du conquérant.

L'indolence de Philippe formait alors un Expioiuaei

* * . , FrançaU en

étonnant contraste avec 1 aventureuse activité Espagne. des Français. Ils cherchaient dans les pays les plus éloignés les combats et la gloire. Les Maures , chassés de la Biscaye , des Asturies, de la Catalogne et d'une partie de l'Aragon , possédaient encore tout le reste de l'Espagne, qui

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était devenue le théâtre sanglant d'une guerre perpétuelle et sans trêve entre les deux nations et les deux cultes.

Tige des Le zèle pour la foi, l'ardeur pour la gloire

princes au ^ m , , m .. ■.

Portugal, et le desir des aventures , attiraient dans ce pays une foule de chevaliers français. Entre eux tous brilla un descendant de Hugues-Capet, Henri, fils de Robert, duc de Bourgogne. Après de nombreux exploits, il épousa, en logS, la fille d'Alphonse VI, roi de Gastille, qui lui donna en apanage le comté de Porto. Il devint la tige des princes qui régnent aujourd'hui en Portugal, nom dérivé de ceux des villes de Porto et Cale, toutes deux rebâties par le conquérant français.

Échec de Peut-être les guerriers de la France , au lieu devantDôie. dc cherchcr si loin une périlleuse renommée, auraient du se rassembler, sous la bannière du roi de France, pour réunir la Normandie à sa couronne et pour la séparer de l'Angleterre. Mais Guillaume se montrait aussi actif pour conserver que Philippe peu fait pour reconquérir.

Cependant l'occasion semblait favorable. Le Maine s'était révolté contre Guillaume. Qn lui laissa librement comprimer cette révolte et châtier le comte d'Anjou, Foulques- Réchin, allié des rebelles. Le duc de Bretagne les avait

aussuecourus ; Guillaume lui déclara la guerre ^ envahit $88 États et assiégea Dôle.

A la nouvelle de ce danger^ Philippe parut enfin se réveiller; il prit les armes , vint secourir les Bretons , contraignit le roi d'Angleterre à lever le siège de Dôle^ et lui fit éprouver de grandes pertes dans sa retraite. Mais ^^^^^'j*^ ^^ bientôt, fatigué de ce succès , il retomba dans Ptaippe. sa langueur , et conclut une paix qui laissait. à Guillaume toutes ses possessions ^.

Préférant l'oisiveté de la cour aux travaux des camps, et cependant toujours jaloux de Guillaume , il chercha des moyens moins honorables d'affaiblir la puissance de son rival : fomentant des mésintelligences dans sa famille, il se lia secrètement avec le fils du conquérant, Robert-courte-cuisse, prince turbulent, ambitieux, et gravement soupçonné d'avoir excité la révolte du Maine, dans l'espoir de s'emparer du duché de Normandie.

Robert avait deux frères cadets, Guillaume- néroUt le-Roux et Henri, tous deux très jaloux de lui. oonne-

-. cuisse con-

Le roi anglais préférait à son fils aîné ces deux treionpère. princes, comme plus dociles à ses volontés. Un jour, se trouvant tous réunis dans la ville de l'Aigle , et jouant entr'eux en présence de leur père , ils jetèrent une grande quantité * 1077.

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d'eau sur Hobert. Un de ses courtisans lui faisant regarder cette plaisanterie comme une insulte, il s'emporta violemment. Son père prit le parti des jeunes princes.

Robert s'éloigna en courroux et prit les armes. Secondé par quelques partisans , il s'empara de plusieurs châteaux. Sa mère Mathilde le favorisa, et Philippe lui donna secrètement des secours. Mais bientôt, poursuivi par son père , il fut contraint de chercher un refuge en France. Le roi Philippe lui donna pour asile le château de Gerberois, près de Beauvais, et Guillaume vint l'y assiéger. Loin de fléchir, l'orgueilleux prince demandait hautement, pour prix de sa soumission, la possession de la Normandie comme apanage. Guillaume répondit que sa coutume nf était point de se dépouiller avant de se coucher.

Leur Dans cette lutte impie, la même ardeur aniguiien mait les assiégeans et les assiégés. Au milieu d'une sortie, comme en suivant l'usage, les guerriers étaient complètement couverts et cachés par leur armure , Robert combat corps à corps Guillaume sans savoir sur quel adversaire tombent ses coups; sa lance traverse le bras du roi et le renverse de son cheval: aux cris du monarque il reconnaît son père; la nature triomphe; il saute à terre, se jette aux pieds

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du roi, lui donne son propre coursier et le laisse retourner dans son camp.

Le roi, moins touché du repentir de son fils qu'irrité de sa blessure, de celle de Guillaume son second fils, et de la perte d'un grand nombre de ses officiers, lui donna sa malédiction ; cependant il leva le siège.

Ce succès coupable fortifia le parti de Robert : une foule de seigneurs b vins et normands, accourut sous Philippe offrit sa médiation; elle et Robert obtint son pardon, était trop opposée à son caractère pour durer. Quatre ans après , en 1081 , il se révolta de nouveau. Encouragé par Philippe, ce prince ravagea la Normandie.

Malgré la paix jurée, une haine sourde exis- Monde

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