‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 100 sur 279 · LE PROTECTORAT · texte numérisé non relu

LE PROTECTORAT

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jÊxHkù aogMs ; les Yialions étrangères rechcrchèreot l'alliance du Protecteur. Richelieu avoit bforisé les premiers troubles de l'Angleterre; il lesivoit pris pour des orages passagers qui, en oecopaatcbez eux des ennemis, donnoient du Rposà la France : il ne s'étoit pas aperçu qu'il i*igimt d'une révolution qui, en accroissant la xtgMQr dtin peuple , ne laisserait à Mazarin que dft mépris à dévorer; nourriture d'ailleurs anategue au tempérament du cardinal.

Donkerque fut par Mazarin livré à Cromwell ; Méprit la Jamaïque ; l'Espagne fut contrainte d'offrir de grandes réparations. On a remarqué fieCroinwell s'abandonna à sa passion religieuse phBqall ne suivit une saine politique, en s'ailiant avee la France contre l'Espagne. Cette remarque Ute après coup n'a rien de profond aujourd'imi; il est eorieux seulement de la trouver dans les Mémidres de Ludlow. Ludiow, il est vrai, vit kstrioaiphesde Louis XIV, et survécut longtemps àCroiQweU,|dont il étoit l'ennemi.

Le Protecteur traita l'Irlande domptée en pays de eonquète. Les malheureux Irlandois furent tnn^ortés par milliers aux C(rionies; un grand Mnbre périt dans les supplices. Des lois dracoileDDesetétrangèresremplacèrentces vieilles cou* tUBesnéesdusol, dont l'autorité se perpétuoit par tnMiitions devant quelque image de la Vierge sur mehroyère, au son d'une musette. Les terres Imt vendues : on donnoit mille aères de terrain poDrl,500 liv. sterling dans le canton de DubUn , poor 1,000 dans celui de Kilkenny, pour 800 diBs le comté de ^exford , et pour 600 dans les di^icfi comtés de la province de Leinster. Des eobte militaires eurent en partage les terres si* tuées mi environs de SIego , de Golke et de Col- M. Les naturels du sol devinrent les serfs des nidatsanglois dans le Connaught.

Olivier étendit son autorité protectrice Jusque nr ks Vaudois , dans les montagnes de la Suisse. Leito de l'ambassadeur de Portugal à Lcmdres tnan Anglois ; Cromwell le fit décapiter. Le fier Mrpateur signant un traité mit son nom au-desm de cdui^de Louis XIV. En 1657, il envoya • Mportrait à la reine Christine , avec un distique : Vd disoit que le front de Cromwell n' était pas ^f^n tépouvante-roi.

, Ces! de cet orgueil du Protecteur qu'est née

■ h superbe affectée par nos voisins pendant un

Me et demi ^ et qui n'a disparu qu'avec les Tic*

toires de notre révolution : elles nous ont remis au niveau de la révolution angloise.

Pourtant Cromwell ne fut pas heureux ; toute sa puissance ne put empêcher la vérité de faire entendre sa voix. Quand il descendolt en lolmémê, il trou voit toujours qu'il avoit tué le roi ou la liberté ; il lui falloit opter entre l'un ou l'autre remords.

Le Protecteur racontoit que dans son enfance une femme lui étoit apparue; elle lui avoit annoncé , comme les magiciennes de Macbeth , qu'il seroitroi.LaconsciencedeCromwell lui présenta, lorsqu'il étoit encore innocent, la vision de la royauté; quand il devint coupable, elle lui en envoya le fantôme. Placé entre les royalistes et les républicains qui le menaçoient également, Olivier étoit peu satisfait du titre équivoque dont la légitimité et la liberté Favoient obligé de se contenter. Plusieurs conspirations des cavaliers éclatèrent : celles de Bagnal , fils de lady Terringham, de Penruddock , du capitaine iBrove, du docteur Hervet, et de sir Henry Slingsby. Quelques hommes de la cinquième monarchie s'agitèrent aussi : un cornette , nommé Day , étoit de l'assemblée républicaine de Goleman-Street, où l'on traitoit Cromwell de coquin et de traître. Quelques régicides suspects furent enfermés dans ce château de Carisbrook , qui avoit servi de prison à Charles I^. Les Juges , et surtout les Jurés , contrarioient le despotisme du Protecteur, qui retrou voit la liberté retranchée derrière cette bar* rière. Olivier étoit alors obligé de chercher les tribunaux naturels à son gouvernement, les conseils de guerre et les commissions.

Les brochures politiques, une pétition signée de plusieurs officiers , un libelle intitulé le Me^ manfo, surtout le fameux écrit A^fï/tn^ 710 mt/nfer ( tuer n'est pas assassiner ) , achevèrent de troubler le repos de Cromwell. Le colonel Titus , sous le nom de William Allen y étoit l'auteur du dernier pamphlet. Dans une dédicace ironique adresséeà Son Altesse Olivier Cromwell^ Titus invitoit son Altesse à mourir pour le bonheur et la délivrance des Anglois ; il lui disoit que sa mort étoit le voeu général , la prière commune de tous les partis , qui ne s'entendoient que sur ce point, Titus signoit W. A. , de présent votre esclave et vassal.

Enfin la famille de Cromwell étoit pour lui un autre snjet de tourment et d*angoisse.

LES QUAira STCARTS.

11 rencontrait plumii lès siens deux espèces d'oppositions, aussi vb^ntes Tune que l'autre : MS trois sœurs épousèrent trois homnaes qui tous trois votèrent la mort de Chartes V. li eut deux Ûls et quatre fiiles. Riehard , protecteur après lui , étoU royaliste ; Henry, lord lieutenant'd Ir* lande , partageoit une partie des talents et des opinions de son père, mais avec plus de modération que lui«

Sa fille aînée , lady Briget , étoit républicaine \ elle fut mariée d'abord au fameux Ireton , et après la moit de celui-ci au lieutenant général Fleet- ^ood. Lady Élisabetli, sa seconde fille et sa fille chêne , avoit épousé lord Claypole , homme ennemi de la tyrannie : lady Elisabeth étoit ardente royaliste.

Lady Marie, dont Topinion est peu connue, épousa lord Falconbridge , qui Ait actif dans la restauration. Enfin lady Francis, la plus Jeune des filles du Protecteur, se mariaclandestinement, en appatreoce , à Robert Rich , petit-fils du comte de Warwiek. Robert ne vécut que trois mois , et sa veuve épousa sir John Russel.

La destinée de cette dernière fille de Cromwell ftat assez singulière. Lord Broghlll avoit eu la pensée de la donner en mariage à Charles 11. Lady Francis oonsentoit à cet étrange projet ; Cromwell , assez tenté, ne le reponssoit qu'en disant : « Cliarles II est trop damnaUement dé- « bauché pour me pardonner la mort de son père. » Il est difflcile de Juger si Charles n'auroit pas , par politique ou par l^èreté, approuvé cette union parricide. L'affaire manqua ; lady Francis s'éprit d'inclination pour Jerry White, tout à la fois chapelain et bouffon de Cromwell , lequel White, surpris aux genoux de lady Francis par le Protecteur, fut obligé, pour se sauver, d'épouser une des femmes de chamlure de sa maîtresse. Le mariage , d'aliord clandestin de lady Francis avec Robert Rich, fut ensuite célébré publiquement ( 1 1 novembre 1657). Le Protecteur sesouvenant, à ce mariage, des jeux de sa première Jeunesse, arracha la perruque de son gendre, et répandit des confitures liquides sur les robes des femmes : du moins, cette fois, on put rester dans la salle du bal.

Ainsi Cromwell dans sa famille trouvoit tantôt 4es républicains et des républicaines qui détestoient sa grandeur ; tantôt des royalistes qui lui reprochoient ses crimes. Lady Claypole ne le laissoit pas respirer ; Richard s'étoit jeté aux pieds

de son père pour obtenir la vie de Châties K La femme du Protecteur, bien qi» vaine, po^ toit avec crainte sa fortune : décemment traitée, mais peu aimée de son mari, die aurait vsQhi qu'on s'arrangeât avee le souverain légitinie. Enfin la mère de Gromwdl , qu'il ehérissoit et r» pectoit , l'avoit aussi supplié de sauver le roi :ellt trembloit pour les Jours de son Olivier; die lé vouloit voir une fols le Jour au moins, et li elle entendoit Texplosion d'une arme à feu , elle l'é* crioit : « lion fils est mort I •»

Ces tracasseries hitérieures et de tous les mo* ments , qui troublent la vie d'un homme bien phu que les grands événements politiques , ne le pcm* voient perdre dans les distractions que chercfaoit Cromwell : il s'étoit attache à lady Dysert, do* chessedeLauderdale; les^oin/^seseandsliièreot. On trouvoit aussi que Cromwell faisoit de trop longues prières avec mistress Lambert. Plvsiean bâtards , qui se sont peut-être vantés AuiMement de leuf naissance ^ ont prouvé que ce rigide Cronh well , ce sévère ennemi de la débaudie et de la licence, ce prophète qui communiquoit directe» mesA avec Dieu, ^toit tombé dans la foiMette commune à presque tous les grands komnwSt d'autant plus attaqués et plus fragiles qu'ils ont plus de gloire.

Tous les monarques avolent renoncé à divertir leur orgueil du spectacle de la dégradation h«« maine , blessés peut«ètre encore qu'Us éteteat di quelques vérités cachées sous de basses beuflNi' neries ; ils n'entretenoient plus dans leur ewr ces misérables appelés fbu9. Cromwell ea aveft quatre , soit que ce tueur de rois aimât à s'eavi* rooner de ce qui avoit dégradé les rois , régicidi encore envers leur mémoire ; soit que a^osist porter leur sceptre, il affectât d^imiterieurs mœun; soit enfin qu'il trouvât dans son penchant nstiird aux scènes grotesques un rapport avec ces Jeiei royales. Mais tous les bouffons de la teitea'aiM roient pu chasser du cœur de Cromwell la trii^ tesse qui s'y étoit glissée. Sa cour, ou platât é maison , étoit à la fois une espèce de caseras flt un séminaire, où quelques pompes liraymilsl vendent , deux ou trois fois l'an , dérider lefteot des prédicants et des vieux soldats* Depuis U publication du pamphlet KiUing no mufi^r^f^ ne vit plus Cromwell sourire ; il se sentoit abandonné par l'esprit de la révolution, d'oè lai étoit venue sa grandeur. Cette résolution qui Tavatt

LE FBOTBCTOBAT.

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|ffi lov giide m fe vou)oit phis pour matlre ; n misfiioii étoU accomplie ; sa ttatioo et son siècle •'ivoieDt plus besoin de lui : le temps ne s'ai'réte isist pour admirer la gloire ; il 6*en sert et passe

Ce gnod renégat de rindépendance soupçoo- «fli jeifa^A ses garder» qu'il folsoit relever trois MfHtrefois par joor, et dont lui-même, déguisé , ((iQilla propos. Il passoit sa vie à entendre les npportsdeses nombreux espions; il n*osoit plus fi montrer en public que revêtu d'une cuirasse ddiée $008 ses babits, misérable ciliée de la peur. Ilportoitdes pistolets chargés dans ses poches. Cs jMT qu'il essayoit un attelage de chevaux insQos, il tomba , et l'un de ses pistolets partit QiUDd il vo}'ageoit, c'étoit avec une rapidité titréme : on n'apprenoit qu'il avoit passé en un in qae (piaud il n'y étoit plus. Dans ce palais àWhitehalI, témoin de la grande immolation, jimwellerroit la nuit, comme un spectre pourlaiTi par un autre spectre ; il ne couchoft presque juuh deux fois de suite dans la même chambre , iMraKDtéen cette demeure par ses remords, «omme la veuve de Charles y fut dans ta suite Mée par ses souvenirs.

U mort de lady Clayp<de vint ajouter à la lire mélancolie de Cromw^ell : eette femme , enjwcjome, consumée à Hamptonoourt d'une dou- Inreoie maladie, succomba en accablant son jst de reproches , et en rappelant pour ainsi Ae après elle.

> Use tarda pas à la suivre; depuis quelque (niipsflflOQfAnolt d'une humeur à la jambe : la ^im le prit dans le même château où sa fille 'V^midQ le dernier soupir; on le transporta à I^ûdw. Fidèle à son caractère , Cromwell déclin qnTl avoit eu des révélations , qu'il guéri- ^poor être utile à son pays. Les chapelains A Whltehall annoDçoient le prochain rétablisse- IM éo prophète : il mourut pourtant. Il expira te sa cinquante-neuvième année , le S septem- ^ 16S8, anniversaire des victoires de Dunbar, "Wbrcesler, et de l'ouverture du premier parle- JKrt pTDteetoral.

" Gromvell alloit ravager toute la chrétienté , ^dlt htscal ; la famille royale étoit perdue et la one à jamais puissante, sans un petit grain sable qui se mit dans son urètre; Rome

' '*^MIc denlèR phraw le retrouve dans mon Discoors non Bé sur U liberté de la presse ; Je Tavois enlevée à ce dei (^Mlrv Stmrts .-je rai laisaée id à m pténlère

• même alMt tren&ler soQs lui ; tnab oe petit « gravier, qui nVtoit rien ailleurs, rois dans cet « endroit , le voilamort , sa famiiie abaissée et le « roi rétabli. »

U n'y a de vrai dans cette remarque de Pascal que le néant de la gloire et de la nature humaine^ Une de ces tempêtes qui précèdent, accompagnent ou suivent les équlnoxes, éclata au moment de la mort du Protecteur : le poète Waller, qui chan« toit tout le monde , annonça en fort beaux vert que les derniers soupirs de Gromweli avoieni ébranlé i'tle des Bretons ; que l'Océan s'étnit soulevé en perdant son maître; que Gromv^ell, comme Romulus , avoit disparu dans un orage. Les ftûts se réduisaient à une fièvre et à un coup de vent.

Cromwell eut quelque chose de HUdebrand, de Louis XI et de Buonaparte; il eut duprètre^ du tyran et du grand homme : son génie remplaça pour son pays la liberté. Il y avoit trop de puissance en Gromv^'ell pour qu'il pût.créfer une autre puissance ; il tua toutes les institutions qu'il trouva ou qu'il voulut donner.

La plupart des souverains de l'Eure^ mfareBl des crêpes funèbres pour pleurer la mort d*un vé* gidde : Louis XIY porta le deuil de Cromwell auprès de la veuve de Charles ^^ Une couronnoi même usurpée, ab^ut-elle d'un crime T

Ce nom de Cromwell , qui produisoit la Meheté européenne, faisoit passer en Angleterre le pou** voir absolu entre les mains du imble Richard t tant il y a de puissance dans la gloire 1 Cromwell laissa I empire à scm fils; mais ces génies eu qut commence un autre ordre de choses , soit en bien^ soit en mal, sont solitaires; ils ne se perpétuent que par leurs œuvres , Jamais par leurs races.

Le Protecteur vécut l'êge des hommes de sa nature : leur règne le plus court est ordinairement de neuf à dix ans , et le plus long de vingt à vingt* deux. Ces calculs historiques , que rien ne semble démentir,, reposent sans doute sur quelque vérité naturelle :• il se peut faire que la force physique d'un homme placé au plus haut point des ré« volutions se trouve épuisée dans une période de trois ou quatre lustres.

Achevons de suite , en anticipent même un peu sur les faits , ce qui a rapport à Cromwell.

Thurloe déclai'oit que Cromwell étoit monté au ciel , embaumé des larmes de son peiçle : Cromwell, plus franc au moment où la grande vérité, la mort, se présente aux hommes, avoit

LES OUATRE STlIAflTS.

dit : « Plusieurs m'ont trop estimé, d'antres < souhaitent ma fin. > La bassesse de la flatterie qui survit à l'objet de Tadulation n*est que Tcxcuse d*une conscience InArme : on exalte un maître qui n'est plus, pour Justlûer par l'admiration la servilité passée.

Richard Ht de magnifiques Amérailies à son père. Le corps embaumé du Protecteur fût exposé pendant deux mois au palais de Sommerset, dans une salle tendue de velours noir, et où l'on ne comptoit pas moins de mille flambeaux. Portant un vêtement de brocard d'or fourré d'hermine, une figure en cire , Fépée au côté , un sceptre dans la main droite, un globe dans la gauche, représentoit le Protecteur; elle ëtoit couchée sur un lit funèbre. Une épitaphe racontoit en abrégé l'histoire de Gromwell et de sa famille. « Il mou- « rut , disoit Tépitaphe , avec grande assurance et « sérénité d'âme , dans son lit. » Paroles qui s'appliquoient mieux à Charles P', excepté les trois dernières.

La figure en cire fut ensuite mise debout sur une estrade, comme pour annoncer un résurrection , ou , comme disoient les indépendants, Indignés de ces pompes papistes, pour représenter le passage d'une âme du purgatoire dans le paradis. Le 23 novembre , l'image de cire fht couchée de nouveau , mais dans un beau cercueil qu'enlevèrent dix gentilshommes pour le placer sur un char ; le tout s*en alla en pompe à AVestminster : lordClaypole menoit le cheval de Gromwell. Le cercueil fut déposé dans la chapelle de Henri VIL On ne voit plus aujourd'hui reffigie de Crorawell à Westminster, mais celle de Monk : on y cherche vainement aussi les cendres du Protecteur.

On se plut à dire et à écrire, au moment de la restauration de Charles II, que Cromwell, prévoyant les outrages qu'on pourroit fhire à ses restes, avoit ordonné qu*on précipitât son coi*ps dans la Tamise, ou qu'on Tenterrât sur le champ de bataille de Naseby , à neuf pieds de profondeur : Barkstead, régicide, lieutenant de la Tour, et protégé de Crorawell, auroit, disolt-on, fait exécuter cet ordre par son fils. On racontoit enfin que les corpsde Charles r** et de Cromwell, échangés , a voient été transportés de l'un à l'autre tombeau , de sorte que Charles II, dans sa vengeance, auroit pendu au gibet le corps de son propre père, au lieu de celui de Tassassin de son père. Ces noires imaginations angloises disparoissent

devant les faits : si Ton ne vit que l'image de dn du Protecteur à la pompe ftanèbre, c'est que Tétât des chairs , malgré rembaumement, obligea de porter la cadavre à Westminster avant la eé» rémonie publique : renterrement précéda la funérailles. Le corps de Charles F', retroavéde nos Jours à Windsor, prouve que le meDHrier n'étoit pas allé dormir dans la couche du meQ^ tri , et que satisfalt.de lui avoir ravi la conronoe, il loi laissa son cercueil.

S'il fhiloit des témoignages de plus, noQS fr rions que l'on conserve la plaque de cuivre doré trouvée sur la poitrine de Cromwell lors de Toih verture de sa tombe à Westminster. Cette plaque, renfermée dans une boite de plomb, fi^t remise à Norfolk , sergent d'armes de la chambre da communes. Elle porte cette inscription :

OUverius Protcelor reipublicœ Angliœ, Scolia i ffiberniœ, natus 25* apriiis anno 1599", inattgnratu 1 6<* décembres 1653", mortuus 3** septembris anw 1668', Aie sUus est.

Une autre preuve de l'exhumation nous reste; la redoutable histoire a gardé dans le trésor i ses chartes la quittance du maçon qui brisa, par ordre, le sépulcre du Protecteur, et qui reçrt une somme de 1 5 schellings pour sa besogne. Nous donnerons cette quittance dans la langoe originale , afin que les fautes mêmes de l'Ignorart ouvrier attestent l'authenticité de la pièce.

Maythehthday, 1661, rec^ theninfall,qfthev^ ship/ul serjeant Korfarke, fiveteen shiltingfSfM taking up the carpes qf Cromell, et 1er ton et Brauv.

Mec. bp me John LEWIS.

« Mal le 4iB« joor, 166f , reçu tlon en totalité, doit* « pectaUe sergent Norfoke» qninie edieliings, povtt « lever le corps de Cromell, et 1er ton ei Brasaw, |

« Reçu par moi John LEWIS. > ^

On voit par la date de cette pièce , 4 mai i< que John Lewis avoit fait un long crédit gouvernement : les os de Cromwell forent posés àTyburn le 30 Janvier de la même ai

La France garde aussi quelques quittances assassins du 2 septembre 1792, lesquels dà rent avoir reçu 5 francs pour avoir tra\ pour le peuple. Sur Tune de ces quittances demeurée la trace des doigts sanglants do id( taire.

Enfin voici la pièce officielle qoi rend coi

deTexhumation. Nous la traduisons littéralei

Limier 30 (IM!) , vJwx style.'

A Les odieases oarcaises de O. Crooiwett, H. U « J. Bradsluiw, traînées sur des claies jusqu'à Tybanti^

« «al iiAdiées de leur eerenen : là, pendues anx diffé- « raiU angles de ce triple arbre (iripie iree) jusqu'au oon> • cfaer du soleil; alors descendues» décapitées et leurs

■ troues infects jetés dans un trou profond au-dessous de

■ hpoteDoe. Leurs tètes furent après cela exposées sur « des pieux an sommet de Westminster-Hall. »

Il est donc certain qu'Olivier mort ftit déposé à Westminster : il n'y resta pas longtemps. Qa'ajoà-où A craindre de lui ? Son squelette pouvoit-ii cnporler les tètes des squelettes couronnés , s*einpiMrde la poussière des rois , usurper leur néant ? {ftâ qa'il ai soit , le 30 janvier 1661, annivernfodo régicide , les restes du Protecteur pendillerait au haut d'un gibet.

GhNDwell avoit visité Stuart dans son cercueil ; il favoit touché de sa main ; il s'étoit assuré que k éba étoit séparé du tronc : Charles II vint en m temps, et appuyé aussi d'une chambre des spumunfs , il rendit aux os du Protecteur la virite Aite à ceux de Charles I^ ; vengeance malaliiée, car, si d'un c6té on ne peut empêcher de livre ce qui est immortel , de l'autre on ne donne |S9 la mort à la mort

La dispendieuses funérailles qui n'ajoutoient ikn à la grandeur de l'homme , et qui ne légiti* ■oient pas l'usurpateur, ruinèrent Richard CromveU; ii; fat obligé de demander aux communes

la hill suspensif des lois , afin de n'être pas arrêté jm les dettes contractées à l'occasion des obsèfMS de son père, L'Angleterre , qui ne paya pas rcotefrement de celui qu'elle avoit reconnu pour ■iftre,s'e8t diargéedepuis desfrais d'inhumation tua simple ministre des finances.

Que de^at la fisunlUe de Cromwell?

Hiiiard eut un fils et deux filles; le fils ne

itaft pas. Henri habita une petite ferme , où Char- Inlicntm un jour par hasard, en revenant de *• «*»"•. M est possible qu'un héritier direct Wfiîler CnHnwell par Henri soit maintenant fMlqBe poysan irlandois inconnu, catholique |wt-être, vivant de pommes de terre dans les tatima dUlster, attaquant de nuit les Oran- Ihtes, et se débattant contre les lois atroces du 'Wectwup. Il est possible encore que ce descendait ineonnu de Cromwell ait été un Franklin

• un Washington en Amérique.

lady Oaypole mourut sans enflmts. Nous sa-

^«Bs,parunemanvaisep1aisanteried'nn chapelain

* Cromwell , que lady Falconbridge fut égale- •otprivéede postérité. Restent lady Rich, depuis ^f John Russel , et lady Ireton , qui épousa en •««ides noces le général Fleetwood. Nous trou-

OSATBAVMiUiar. <- TOXB If.

tE PROTECTORAT. i^^

vous une mlstress Cook de Newîngton en Middlcsex , petite-fille du général Fleetwood , qui communiqua une lettre de Cromwell à William Harris , biographe du Protecteur.

La famille de Huonaparte ne se perdra pas comme celle de Cromwell : le perfectionnement de l'administration civile ne permettroit plus cette disparition. D'ailleurs rien ne se ressemble sous ce rapport dans la position et la destinée des deux hommes.

Le Protecteur ne sortit point de son lie : leS troubles de 1640 commencèrent et finirent dans la Grande-Rretagne. Nos discordes se sont mêlées à celles du monde entier; elles ont bouleversé lea nations, renversé les trônes. Ce qui distingue les derniers mouvements politiques de la France de tous les mouvements politiques connus, c'est qu'ils furent à la fois un affranchissement pour nous et un esclavage pour nos voisins, une révolution et une conquête. Demandez aux Arabe» de la L%e et de la mer Morte ; demandez aux nababs des Indes le nom de Cromwell, ils Tignorent. Demandez-leur le nom de Napoléon, ils vous le diront comme celui d'Alexandre.

Cromwell immola Charles I»et prit sa place- Ruonaparte, retournant dix siècles en arrière' ne s'empara que de la couronne de Chariemagne; il fit et défit des rois , mais n'en tua point.

Cromwell prit à femme Elisabeth Roorchier; il eut pour principal gendre un procureur : tous les enfiints d'Elisabeth Rourchier retombèrent dans l'état obscur de leur mère , quand leur père fameux disparut.

Ruonaparte épousa la fille des Césars, maria ses sœurs à des souverains quil avoit créés et ses frères à des princesses dont il avoit protégé la race. Il n'appartint jamais à aucune assemblée législative; il ne fut jamais, comme Cromwell, un tribun populaire; moins coupable que lui envers la liberté, puisqu'il avoit pris moins d'engagements avec elle , il se crut libre d'écrire son nom avec son épée dans la généalogie des rois : les siècles à venir se sont chargés de fournir ses titres de noblesse^

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