JACQUES II
U prince dt>niige devliia aisément qoe son kto-père, en se rapprochant de la mer, avoit riateDtkm de s'éebapper du royaume; or c'étoit tout ce qoe désiroit rosorpatenr : il s'empressa dïMorder la permission : Jacques gagna fortl* lanat le rivage , monta sur un vaisseau qui Tat- Indoit et que personne ne vouloit prendre.
Uantère catholique qui saerifloit un royaume la M était suivi de son fils naturel , le duc de lerwick, qu'il avoit eu d'Arabelle Churchill, MOT do duc de Marlborough. Mariborough deniittt Ibrtune à Jacques; il déserta son bien- Mnr et son maître infortuné pour se donner à m coupable heureux. Berwicle et Marlborough , r» bâtard et l'autre traître, dévoient devenir èox capitaines célèbres : Marlborough ébranla Fen^ de Louis XIY ; Berwick assura TEspagDc m petit-fils de ce grand roi , et ne put rendre f Angleterre à son père , Jacques II. Berwick nt la gloire de mourir d'un coup de canon à PhiKpsboarg pour la France ( 1 3 Juin 1 734 ), et Sv(Ât mérité les éloges de Montesquieu.
Jacques aborda les champs de l'étemel exil , le) Janvier 1689 (nouveau style), mois funeste, ndéiwnpia à Ambleteuse, en Picardie. Il n'a voit Ma que quatre ans au dernier fils de Charles V' }OQr perdre un royaume.
Cae assemblée nationale convoquée à WestiMer, sous le nom de convention^ déclara, le ISfêTrier 1689, que Jacques, second du nom, ai quittant l'Angleterre , avoit abdiqué ; que son fib, le prince de Galles, étoit un enfant supposé (impudent mensonge ) ; que Marie , fille de Jacqoes, princesse d'Orange, étoit de droit l'héritière C«DM)e délaissé : l'usurpation s'établit sur une flctkmdel^itimité.
I^ prince d'Orange et sa femme Marie accepttfcot la succession royale non vacante à des concilions qoi devinrent la constitution écrite de la fonde-Bretagne : tel fut le dernier acte et le délo'iment de la révolution de 1640; ainsi furent foaées, après des siècles de discordes, les limites qpi séparent aujourd'hui en Angleterre le Juste pouvoir de la couronne , des libertés légales du Poople.
An reste, ni Jacques ni les Anglois n'eurent
iiKone digpité dans cet événement mémorable :
ib laissèrent tout faire à Guillaume avec une foi-
, Me année de treize mille hommes, où l'on comp-
M doaze ou quatorze cents soldats et officiers
François protestants : ceux-ci , chassés de France par la révocation de l'édit de Nantes, allèrent détrôner en Angleterre un prince catholique , allié de Louis XIY ; ainsi s'enchaînent les choses humaines. Ce fut une garde hoilandoise qui fit la police à Londres et qui releva les postes de Whitehall. Les historiens de la Grande-Bretagne appellent la révolution de 1688 la glorieuse révolotion ; ils se devroient contenter de l'appeler la révolution tUile : les faits en laissent les profits, mais en refusent la gloire à l'Angleterre. Le plus léger degré de fermeté dans le roi Jacques auroit suffi pour arrêter le prince Guillaume ; presque personne dans le premier moment ne se déclara en sa faveur.
Au surplus, cette révolution, qui auroit pu être retardée, n'en étoit pas moins inévitable, parce qu'elle étoit opérée dans l'esprit de la nation. Si Jacques parut frappé de vertige au moment décisif; si pendant son règne on ne le vit occupé qu*à se créer une place de sûreté en An* gleterre , ou un moyen de fuite en France ; s*il se laissa trahir de toutes parts; s'il ne profita ni des avis ni des offres de Louis XIY, c'est qu'il avoit la conscience que ses destins étoient accomplis. La liberté méconnue sous Jacques r% ensanglan* tée avec Charles T', déshonorée sous Charles II , attaquée sous Jacques II, avoit pourtant été conservée dans les formes constitutionnelles, et ces formes la transmirent à la nation qui continua de féconder le sol natal après l'expulsion desStuarts.
Ces princes ne purent Jamais pardonner au peuple Anglois les maux qu'il leur avoit fait endurer ; le peuple anglois ne put Jamais oublier que ces princes avoient essayé de lui ravirsesdrolts : il y avoit de part et d'autre trop de Justes ressentiments et trop d'offenses. Toute confiance réciproque étant détruite , on se regarda en silence pendant quelques années. Les générations qui avoient souffert ensemble, également fatiguées , consentirent à achever leurs Jours ensemble; mais les générations nouvelles, qui ne sentoient pas cettQ lassitude; qui, ne nourrissant plus d'inimitiés, n'avoient pas besoin d'entrer dans les compromise du malheur; ces générations revendiquèrent les fruits du sang et des larmes de leurs pères : il fallut dire adieu aux choses du passé. Il ne restoit dans les deux partis, à la révolution de 1 688, que quelques témoins de la catastrophe de 1649 : Jacques lui-même, qui alloit mourir dans 1 exil, et le
IW IJES QUATW WUARTS.
vieux régicide Lildlaw, gui rivîat de l'exil ppuf Jouir du plaisir de voir cIu|Mer un roi dont il «voit oondanmé le père. Ludlow se trouva d'ailleurs )out aussi étranger dans Londres avee ses prin* pipes républicains, que Jaccpies avec ses niaxi* lues de pouvoir absolu.
Mais nous nous trompons dans ee récit : un autre personnage assista encore à Tavénement de Guillaume. Le nommé Clark, du comté d'Er* ford, avoit eu un procès avec ses Hlles. Après la inort de son fils unique , Il vint plaider à Londres; il lui prit envie d'assister ^ une séance ds la chambre baute. Un homme lui demanda s'il fiYoit Jamais rien vu de semblable. « Non pas. « répondit Clark, depuis que j'ai cessé de m'as- « seoir dans ce fauteuil, » Il moptiroit le trône : c'étoit Ricbarà Cromwell.
Les Stuarts auroient-ils pu régner après la restauration? Très-facilement , en faisant ce que fit Guillaume en Angleterre, cequ'a fait Louis XVIII m France , en donnant une charte , en acceptant 4e la révolution ce qu'elle avoit de bon, d'invinci- |>le , ce qui étoit accompli daps les esprits et dans le siècle, ce qui étoit terminé dans les mœurs, ce qu'on ne pouvolt essayer de détruire, sans reponter violemment les âges, sans imprimer à la société un mouvement rétrograde, sans bouleveraer de nouveau la nation. Les révolutions qui arfivent chez les peuples dans le sens naturel , c'est- |t-dire dani^ le sens de la inarche progressive du temps , peuvent être terribles , mais elles sont durables; celles que l'on tente en sens contraire, c'est-à-dire en rebroussant le cours des choses. ne sont pas moins sanglantes; mais, fléau d'un moment, elles ne fondent, elles ne créent rien; tout au plus elles peuvent exterminer*
Les Stuarts ont passé, les Bourbons resteront, parce qu'en nous rapportant leur gloire , ils ont adopté les libertés récentes, douloureqsement enfantées par nos malheurs. Charles II débarqua à I>ouvres les mains vides ; il n'avoit dans ses bagages que des vengeances et le pouvoir absolu : t^Niis XVIII s'est présenté À Calais, tenant d'une main l'ancienne loi, de l'autre la loi nouvelle avec l'oubli des injures et le pouvoir constitutionnel : il étoit 4 la fois Charles II et Guillaume III ; la légitimité déshéritoit l'usurpatiop. Le loyal Cha^ les X , Imitant son auguste frère , n'a voulu ni changer le culte national, ni détruire ce qu'il f voit juré de maintenir. Alors le drame de la ré-
voluttai s'est livmin^i la FmM^qpljèrs Mim posée avae Joie , amour et reoonnaisssnoe toga, 1} protection de ses anoians monarques, Toatiét^ lenversé par la tempête autour du trtos de saisi Louis, et ce tnûne est demeuré debout : il g'élèiv au cœur de la Franoe comme ces antiques et ^ nérablea ouvrages de la patrie, comme ces vi6iu( monuments des siècles qui dominent les édifices modernes, et au pied desquels vient le joqer }^ Jeune postérité.
Retournons au roi Jacques : que devlQtHl} « Le lendemain , Jour que le roi d'Angletem Vf « ri voit, le roi l'alla attendre 4 Saiot-Genoiii « dans l'appartement de la reine. SaM^estéy ^ n une demi-heure ou trois quarts d'heure tcaul K qu'il arrivât : eorome il étoit dans la garenoe, « on le vint dire à Sa Miy'esté, et puis on vla| « avertir quand il arriva dans le cbâteaq. Pouf « lors Sa Majesté quitta la reine d'Angleterre, f( <f alla à la porte de la salle des gardes an-devuil 9 de lui. Les deux rois s'embrassèrent fort tesr « drement, avec cette différence que celui d'As; « gleterre, y conservant l'humilité d'une persoooe tt roalheureuse, se baissa presc|ue aux genoux di « roi. Après cette première embrassade, an ni? « lieu de la salle des gardes, ils se reprirent eiH « core d'amitié ; et puis , en se tenant la mais « serrée I le roi le conduisit à la reine, qui étoit « dans son lit. Le roi d'Angleterre n^embrani « point sa femme, apparemment par respect
« Quand la conversation eut duré ud quait n d'heure, le roi mena le roi d'Angleterre à Tap^ « partement du prince de Galles. La ligure da « roi d'Angleterre n'avoit pas imposé aux coard- « sans : ses discours firent encore moins d'effel « que sa figure. Il conta au roi dans la chambre « du prince de Galles, où il y avoit quelques ooor- « tisans , le plus gros des choses qui lui étoleot « arrivées , et il les conta si mal , que les coor- « tisans ne voulurent point se souvenir qu'il étoit « Anglois, que par conséquent il parloit fort mal « françois, outre qu'il bégayolt un peu, qu'il étott « fatigué^ et qu'il n'est pas extraordinaire qu'mi « malheur aussi considérable que celui où il étoit « diminuât une éloquence beaucoup plus parfldts « que la sienne. »
Louis XIV donna une (lotte au roi Jacques, et l'envoya en Irlande. Il perdit la bataille de la Boyne (juin 1 890), et revint à Saint-Germain. Un parti assez nombreux vouloit le rappeler au trône ;
I i^pcWt, et braolilftit tout par ses prétenlto&s. lossoet M montroit moins exigeant que lui ; ii mtessit qu'on rai cstboliqoe pouvolt tolérer la fffééiiiiwiiee de la religion protestante dans ses ÉHs: Umtefois Bossuet laisseapercevoir, en^Avanfwt ce priDSipe, nne arrière*pensée pen digne de angéDii et de sa vertu.
ivfiMS vit do capde la Hogoe ladestructioo de luMBde flotte qui le devoit pcurter dne seeoade Miànt les trois royaumes. «MamaoTaiséétdle, léoifoit^il à Louis XIV, a fait sentir son in*» flor les armes de Votre Mi^esté, toujours
ffklorieoies Jusqu'à ce qu'elles aient combattu f fiv aei ; je vous supplie donc de ne plus pren*
• dR intérêt à un prince aussi mallieureux. » LoBi» UV sentit la valeur de ces paroles, et
MiDlMt redool>la pour son auguste client : il mnamen 1 696 au soutien du parti jacobite. iMpo le reftisa à tout complot d'assassinat sur MÛsone; ii ne voulut point non plos monter au Mm de Pologne qve son hôte royal se chargeoit èU Mve cMenir. A l'époqqe do traité deRys* Vick, lirais XiV, qui alloit être forcé de recon- Mitre Goillaome pour roi d'Angleterre, proposa àfiflUlamnede reconnottre à son tour le jeune ib de Jacques pour héritier de lui Guillaume, b prisée d'Orange , qui n'avoit point d'enfants , yfMsealolt; Jacques s'y reftisa. « Je me résigne •àr«arpation dv prince d'Orange , dit-il , mais
• MD fils ne peut tenir la couronne que de mol ; «hnrpitîon ne sauroit loi donner un titre légi* ■tine. » Il jf a dans tout cela da la grandeur, et MeMrtede polillque négative magnanime. Jac- VKsdétrêoé et n'étant plus qu'un simple chré- ^ cessoit d'être un homme vulgaire. N'être ^^<|Qedes dévotions de ce prince avec les je- >^e'cst prendre la moquerie pour rhistoire.
JMqoes eut la consolation et la dooleor de voir fKiqserois dans sa retraite les sujets fidèles à sa ittQvalse fortune. « Ils se formèrent en une com- ' pegDie de soldats au service de France , dit Dal- ■Omple; ils furent passés en revue par le roi ' (Jeoqoes) à Saint-Germain en Laye. Le roi sa- «loale corps par une inclination et le chapeau
* bas : il revint, s'inclina de nouveau et fondit en «larmes. Ils se mirent à genoux, baissèrent la •tête contre terre; puis se relevant tous à la 'fois, ils loi firent le salut militaire.... lisétoient
* toujours les premiers dans une liataiiie et les "derniers dans la retraite. Ils manquèrent sou- «n&t des choses les plus nécessaires à la vie ; ce-
JACQUES IL ISO
« pendant on ne les aatandil jamsls se plaindre, < si ce n'est des souffranoes de celui qu'ils rega^ « dolent comme leur souverain. »
Il y a un fiait asses peu connu : Marie Stuart avoit désiré que la compagnie écossolse au service de France fût commandée par un des fils des rois d'Ecosse; on trouve en effet que Charles I^ et Jacques II furent tour à tour capitaines de cette compagnie. Les jaeoliites, qui prirent plusieurs fois les armes ou pour Jacques ou pour le prétendant son fiis, marquèrent d'un caractère touchant une vieille société expirante. Guillaume avoit chassé Jacques de l'Angleterre au refrain d'une chanson révolutionnaire : on croit que le fkmeux God save the kinçj dont l'air est d'origine fran* çolse, est un hymne religieux entonné par les jacohites en marchant au combat. La loyauté , la légitimité et la religion catholique de la vieille Angleterre, ont légué une chanson à la liberté ^ à i usurpation et à la communion protestante de l'Angleterre nouvelle.
Afin de punir les montagnards écossols qui se soulevèrent dans la suite pour le fils de leur ancien maître, le gouvernement anglois ne vit paâ de moyen plus sâr que de les obliger à quitter le vêtement et les usages de leurs pères : leur petit jupon et leur musette. En les dépouillant de leur ancien habit, on espéra jeur enlever leur antique vertu.
Jacques passa le reste de son exil à écrire les Mémoires de sa vie : la piété lui tenoit lieu de puissance ; retiré dans sa conscience , empire dont il ne pouvoit être chassé, ses souvenirs lefaisolent vivre dans le passé; sa religion , dans l'avenir. Il avoit écrit de sa propre main cette courte prière : « Je vous remercie , 6 mon Dieu I de m'avoir ôté « trois royaumes , si c*étoit pour me rendre meilt leur, b
Il mourut en paix à Saint-Germain le 16 septembre 1701.
Le prin^ de Galles son fils , qui porta quelque temps le nom de Jacques III, et qui quitta ce monde le 2 janvier 1766 (toujours ce mois de janvier), eut deux fils : Charles-Edouard, le prétendant, et Henri-Benoit, cardinal d'Yorlc. Le prince Edouard avoit du héros , mais il n'étoit plus dans ce siècle des Richard Cœur de Lion , où un seul chevalier conquéroit un royaume. Le prétendant aborda en Ecosse au mois d'août 1 745 : un lambeau de taffetas apporté de France lui servit de drapeau ; il rassembla sous ce drapeau dix
LES QUATRE STUARTS
mille montagnards, s^conpara d'Edimbourg, passa sur le ventre de quatre mille Anglois à Prestcm, et s'avança Jusqu'à quatorze lieues de Londres. S'il eût pris la résolution d'y marcher, on ne peut dire ce qui seroit arrivé.
Obligé de faire un mouvement rétrograde devant le duc de Cumberland, le prétendant gagna néanmoîDS la bataille de Falkirk, mais il essuya une défaite complète à Gulloden. Errant dans les bois, couvert de haillons, exténué de fatigue, mourant de foim, le souverain de droit de trois royaumes vit se renouveler en lui les aventures de'son oncle , Charles second : mais il n'y eut point de restauration pour Edouard, et il ne laissa à ses amis que des échafauds.
Revenu en France, il en fut chassé par le traité d'Aix la Chapelle (1748). Arrêté au spectacle, conduit à Yincennes presque enchatné, il se retira d'abord à Bouillon, ensuite à Rome : Louis XIV ne régnoit plus. Le pape Grégoire le Grand renvoyoit comme missionnaires dans l'Ile des Bretons de Jeuues esclaves bretons baptisés ; douze siècles après , la Grande-Bretagne renvoyoit à son tour aux souverains pontifes des rois bretons confesseurs de la foi.
L'illustre banni s'attacha aune princesse dont AlfieriacoDtinué la généreuse renommée. Edouard éprouva ce qu'éprouvent les grands dans l'adversité : on l'abandonna. Il avoit pour lui son bon droit; mais le malheur prescrit contre la légitimité. Les petits-flls de Louis XV dévoient errer en Europe comme le prétendant; ils dévoient lire cet ordre sur des poteaux en Allemagne : « Il < est défendu à tous mendiants, vagabonds et
« émigrés de s'arrfter id plus de vlngt-qoatn ^ heures. »
Edouard ne pardonna Jamalsau gouveraemesl françois sa lâcheté. Vers la fin de sa vieil s'aban dcmna à la passion du vin , passion Ignoble, mal avec laquelle du moins il rendoit aux bomma oubli pour oubli. Il mourut à Florence le 31 jaa vier 1788 (toujours ce mois de Janvier), un pei plus d'un an avant le commencement de la rér» lution françoise. Nous avons vu nons-méme motrir son frère, le cardinal d'York, le dernier dei Stuarts, dans la capitale du m<mde chrétien. La deux frères ont un mausolée commun : Bobh leur devoit bien une place dans la poussière A ses grandeurs évanouies.
Quand la maison de Marte d'Ecosse a fiiilli, k cercueil de l'exilé de 1 688 aété retrouvé en FniBei presque au moment où l'on retrouvoit en Angieterre le cercueil de la victimede 1 649. Si Ton eâl dit à Louis XIV : « En moins d'un siècle, votredé- « pouille mortelle aura disparu; celle du prloei « votre royal hdte sera tout ce qui restera de toa « dans le palais où vous l'avez reçu,... « qu'anraft pensé Louis le Grand?
Par la volonté de Dieu, lescendresd'unnKmu^ que étranger réclament vainement aujourd'M au milieu de nous les cendres des rois de la patrie. La vieille abbaye de Dagobert a mal gardé v\ trésors ;^ Jacques II, en se réveillant à Saint•6e^ main , n'a aperçu à Saint-Benis que Louis XVI. La tombe du fils de Charles T' s'élève au-dessu de nos ruines : triste témoin de deux révolutloi», preuve extraordinaire de la contagieuse ftàxSA attachée à la race des Stuarts.
FIN DBS QUATES STUASTS.
mmmmmmmmmtM»mtmmtstimi»mimm»m»
MÉLANGES POLITIQUES
PRÉFACE
QwdoDaiira Tda, si on les relit , Buanaparte ei les Bmku, Compiègne, VÉtat delà France auk octobre \%{k,kK(^porl/ait au roi dans son conseil à Qand^ efc., a restera prouTé que je suis un ennemi de la légitimité, (BOM il appert par le Génie du Christianisme que je Mb ■ impie, comme il appert par les Réflexions politi* fia(pe,dès 1814, Je ne Tookiis pas de la Charte.
Ibû si je ne suis pas un impie i je suis tout au moins m philosophe; en ?oici la preuTe. J*ai dit dans la nouvelle Mce de YEssai historique : « Je crois très-sineère- *wat;j*inùs demain > pour ma /ai, d'un pas ferme *àréeke{faud,
• k ne démens pas une syllabe de ce que j'ai écrit *éam U Génie du Christianisme ;jamaf< un mot n'é' •cksfpen à ma bouche, une ligne à ma plume, qui
• Êùt en opposition avec les opinions religieuses que •ftApr^essées depuis vingi<inq ans.
«Voilà ce que je suis.
t Void ce que je ne suis pas :
> Je se suis pofait chrétien par patentes de traBquant •a Niision : mon brevet n'est que mon extrait de bap- •ttae. J'appartiens à la communion générale, naturelle «ttpiibliiiaede loua les hommes qui, depuis b création» •icioBt entendus d'un bout de la terre à l'autre pour piîer
• Dies.
« Je se bis pomt métier et marchandise de mes opi- «Hw. Indépendant de tout, fors de Dieu , je suis cfaré-
■ lies laas i^iorer aies foiblesaes, saus me donner pour " Mtte, lans être persécuteur, hiquisilMir» débiteur;
* aneqMNmer mes frères, sans calomnier mes voisins. ' Je ne sois point on incrédule déguisé en chrétien , qui
' pnpose la religion comme un frein utile aux peuples. Je I ifeiplique point TÉvangtle au profit du despotisme, mais " M imfit do malheur*
« Si je D'étols pas chrétien , je ne me donnerois pas la " pose de le parotlre : toute contrainte me pèse , tout
■ aa«|iie m*éU>une ; à la seconde phrase , mon caractère
■ i'coporteroit et je me trahirois. J'attaclie trop peu d'iro-
* portaace à U vie pour m'amuser à la parer d'un men-
* Se coofonner en tout à l'esprit d'élévation et de dou- « ccor de TÉvangile, marcher avec le temps , soutenir la < liberté par Fautorité de la religion , préclier l'obéissance
* ^ h Cliarle comme la soumission au roi , (aire entendre « dn haai de la diaire des parolesde compassion pour ceux ■Tûiouiïrent, quels que soient leur pays et leur cnlle,
* rédiuiffer la foi par l'ardeur de la charité , voilà , selon *>^,ceqal pouvoit rendre an clergé la puissance légi- ■ te<p'îldoit(d>tciLr : par le cheftinoppMé , sa ruineesi
« certaine. La société ne peut se soutenhr qu'en s'appuyant « sur l'autel ; mais les ornements de l'autel doivent changer « selon les siècles , et en raison des progrès de Tesprit hu- « main. Si le sanctuaù« de la Divinité est beau à l'ombre^ « il est encore plus beau à la lumière : la croix est l'éCendard « de la civilisation.
« Je ne redeviendrai incrédule que quand on m'aun « démontré que le christianisoM est incompatible avec la « liberté; alors je cesserai de regarder comme véritable « une religion opposée à la dignité de l'Iiomme. Comment « pourrois-je le croire émané du del, un culte qui élonf- K feroit les sentiments nobles et généreux, qui rapetisseroil « les âmes , qui couperoit les ailes du génie , qui maudfa^t « les lumières au lieu d'en faire un moyen de plus poor « s'élever à la contemplation des œuvres de Dieu? QueUe « que fût ma douleur, il faudroit bien reconnoltre malgré M moi que je me repaissois de chimères : j'approcherois « avec horreur de cette tombe où j'avois espéré trouver le « repos et non le néant.
« Mais tel n'est pomt le caractère de la vraie religion ; le « christianisme porte pour moi deux preuves manifestes de « sa céleste origine : par sa nK>rale , il tend à nous délivrer « des passions ; par sa politique, il abolit Tesclavage. C'est « donc une religion de liberté : c'est la mieime. i>
Pourroit-on croire que, dans ces pages où je déclare qne/iroi« demain, pour ma foi, d'un pas ferme à l'écha/aud, que je ne démens pas une syllabe de ce que j'ai écrit dans le Génie du Christianisme; pourroit-on croire que des hommes charitables aient trouvé contre moi
une accusation de philosophisme? — Comment cela?
£h! n'avez-vous pas remarqué cette abominable manifestation de l'erreur? J'appartiens à la communion générale, naturelle et publique de tous les hommes qui, depuis la création , se sonl entendus d'un bout de la terre à Vautre pour prier Dieu^
En bonne logique, ne puis-je appartenir à la gnmde communion des hommes qui ont prié Dieu depuis les patriarches jusqn*aux gentils des temps modernes, ignoraoU encore de l'Évangile ; ne puis-je , disje, appartenu* à cette communion , sans cesser de connottre et de prier Dieu à la manière des chrétiens? Mais passons.
Je suis bien plus coupable encore ; je joins V hérésie aa philosophisme, témoin ces mots : Je suis chrétien. C'est du protestantisme tout pur ; je devois dire : Je suis catho^ lique, apostolique et romain. Bien : je suis hérétique parce que je me sois servi du mot fameux des martyrs alhmt au supplice : « Je suis chrétien 1 *
Mais si j'ai déclaré, dans le même paragraphe, que firois, pour ma foi, d'un pas ferme à Véchafaud^ que Je ne dépiens pas une syllabe de ce que j'ai écrit dans le Génie du Christianisme, reste-t-il quelque doute sur mes sentiments? L'ouvrage dont je ne démens pas une syllabe n'est-il pas l'apologie la plus complète de la
lit
FSÉPACEt
rdigîon catholique, aposiolique et romaine? Ahl mes pieux commentatearSy ce lie sont pas là les phrases qui TOUS blessent! Vous me trouveriez très-orthodoxe si^ avant et après cet moU,>e $His tkrétlen, on ne lisait pas ces divers passages : Je ne iUis point chrétien par patentes de trqfiquant en religion — Je ne/ais point métier et marchandise de mes opinions.... Indépendant de tout, fors de Dieu, je sois chrétien sans ignorer mes foïblesses, sans me donner pour modèle, sans élrepersécuteur, inquisiteur, délateur ; sans espionner mes frères, sans calomnier mes voisins.... Je n'explique point VÉvangih an profit du despotisme, mais au profit du malheur.,.. Èfarcher avec le temps; soutenir la ilberté par Vtiutorité ife ta religion ; prêcher rohéaganeê à Ut tunen comme ta mmmission en Rot... Uéilài selonmoi, ce quipourroit rendre au clergé ta puissance légitime qu'il doit obtenir: le christianisme porte p&w moi êeux preuves de sa céleste orig^e : par m motate^ H ^dàtioui délivrer des passions; par m politique, H abolit Vesctavage. Cest donc une reli- ^oM délibère; c'est la mienne.
Détester la persécution , l'intrigue et te mensonge ; désirer que te religioii s'allie avec te liberté et s'étende avec tes Inmlèiesdu siècle, toilà ma véritable hérésie, mon phlloiopliisme f^l, mon péché irrémissible. Un homme ^i tetit la ChâHè, eta te séparant de l'Ëvangite, prêche «ne diictriae stérile ; mais un homme qui demande que la Charte soit déposée sur l'atiiet est assis dans une chaire Mconde en sédobtions diaboliques : la foule trompée flniroit par se ptelre à Toeuvre réprouvée que l'ancien Diagon Inspira à^ouls XVIII et fit Jurer à Charles X.
Pour tout esprit droit et tout apur sincère , il ne peut ♦ avoir rien d'équivoque dans les phrases incriminées, si on les rattache aux phrases dont elles sont précédées ou suivies; mais voulant trancher la question, et ne laisser aocune oecasion d'anatlième aiix nouveaux docteurs, je âéctere donc que je vivrai et mourrai catholique, apostolique eiromain. Voilà qui est clair etposiur. Les trafiquants de religion seront-ils satisfiiits, me croiront-ils? Pas du tout; Ils me jugent d'après eux.
Je me serais bien gardé de rappeler de misérables critiques dans une préface, si ces critiques ne torobuieutsur iin point religieux : le mépris ou Tinsouciance en pareille matière seroit coupable. Je professe ma croyance religieuse aussi publiquement que ma croyance politique : j*ai toujours été d'avis qu'il n'y a point de liberté durable si elle à'est fondée, comme la sf»ciété tout entière, dans te religion ; seulement il ne feut pas prendre Thypocrisie pour te foi , rardeur de la calomnie pour le zèle de la charité, et fabos que Ton fait des choses saintes pour les choses Mintes elles-mêmes.
Je parierai maintenant de l'écrit placé à la tète de ce tolume : Louis XVlil vouloit bien dire que cet écrit lui •voit valu une armée.
Buonaparte est jugé avec rigueur dans cet opuscule approprié aux besoins de l'époque. A celte époque de trouble et de passion les paroles ne pouvoient être rigoureusement pesées ; il 6'agissoit moins d'écrire que d'agir ; c^toit nne bataille qu'il falloit gagner ou perdre dans l'opinion; et, perdue, elle dispersoit pour toujours les' 4ébris du trône légitime. La France ne savoit que penser; fKurope, stupéfaite de sa victoù«, hésitoit; Buonaparte éloit à Fontainebleau, tout puissant emeotei etenTlroMié
de quarante milte TéCérans; tes négoetelioiis atee loi n'éloioit pas rompues : le moment étoit décteif ; foite éloit donc de s'occuper sentement de rbomne à craindre, sans rediercher ce qn'il avolt d'émioent; Padmiratioo mise imprudemment dans te balance l'aurait fait pencher dn Gdié de l'oppresseur de nos libertés. La patrie éloit écrasée sous le despotisme, et livrée par l'ambition insensée de «s doivpottome à l'invasion de l'étranger; nos blessures récentes saignoient : le donjon de Vinrennes, les exfls, les fusillades à te plaine de Grenelle, ranéanttesanent de notre indépendance, te conscription, les banqoeronles répétées, l'iniquité de te politique napoléonienne, llngimte persécution suscitée au souverain pontife, l'enlèvemefit do roi d'Espagne, les désastres de te campagne de Russie; ente tons les rims de l'arbitraire, toutes les vetatioos da gDQteraement de Tempire, ne teissoient à personne 1è sang-froid nécessaire pour prononcer an Jogement W ptrttel. On ne Toyott que te moitié do tableau ; les déitatt étolentett saillie dans te hmifère, les qaaHtés plonf^ l'bmbre;
Le temps a mardié; Napoléon a dtepam : lé devant lequel tant de rois fléchirent te gmon , te quérant qui fit tant de bruit, occupe à peine, dans on é> lence sans fin , quelques pieds de terre sur un roc au ndlteé de rocéan. Usurpateur du trdne de saint Louis et des droiis de te nation!, ^^ ^ montrait Buonaparte quand f esqutesai ses t raits pour te première fois. Je te jugeai d'abord avec les générations souffrantes, moi*mème nne de set victimes ; de|)ois , j'ai dû parier d'un sceptre perdn , d'une épée brisée, en lilstoren consciencieux, en citoyen qnf voit l'indépendance d.Mon pays assurée. La liberté ntà permis d'admirer la i^ are : assise désorniais sur tm tombeau solitairo, cette glohe ne se lèvera point pour endialner ma patrie.
En 1814, j'ai peint Buonaparte et tes BourBons; en 1127, j'ai tracé te parallèle de Washington et de Buonaparte; mes deux plâtres de Napoléon ressendïlent ; nuds l'un a étéoooM sur la vie, l'autre moddé sur te mort , et la mort est plus vraie que la vie.
Cessant lui-même d'avoir un intérêt à garder cofitr« mbi sa colère, Buonaparte m'a volt aussi pardonné et rends quelque justice. Un article oit je parlois de sa fbrce étaat tombé entre ses mains , il dit à M. de Montholon :
« 61, m 1 8 1 4 et en f 8 1 5, te confiance royale n'avolt poht « été placée dans des hommes dont Tâme étoit détrempée N par des circonstances trop fortes, ou qui, renoua « teur patrie, ne roient de salut et de gloire pour le trône « de leur maître que dans le joug de la Salnte-Alliaoee; d « le duc de Ricbelied , dont l'ambition Hit de délivrer son « pays des baionneties étrangères; si Chateaubriand , qui « venott de rendre à Gand d'éminents services , avoient eu ff te direction des affkireS, te France seroil sortie poissante « et redoutée de ces deux grandes crises nationales. Clia- « teaubriand a reçu de te nature le feu sacré : ses ouvrages R l'attestent. Son style n'est pas celui de Racine, c'est celd t du prophète. Il n'y a que lui au monde qui ait pu dire Im- « punément, à te tribune des pairs , que la redingote grise « et te chapeau de Napoléon, placés au bout d'un bâton « sur la côte de Brest, /croient courir V Europe aux « armes '. Si jamais H arrive au timon des affaires , Il est
' Toid le passage auquel Buonaparte telt aUusioa» et 0fU avolt mat retenu :
« lalé an militii des won oé te Ounoéns plaça te géfiiê Ses
MiumBs POunQuts.
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• p0MAIifitChalMBMDd0*4fW8 { tant d'autret y OBl
« tmif é Jfur perte ! mais, ce qui est certain , c'eat que tout
• ceiiQi est grand et national doit convenir à son génie ,
• Il qt'fl dU repoussé aTectndignation ces acies infamants
• ë fiÉÉiiiiti ilion d'ilofi. • {MéimlrÉs p0tar servir à tBatmrtii France sons Napoié^nt pv M. os Monta»* iii,taB.iT,pag.348.)
tafioi ne conTiendrois-je pas que ce jugement/a/Ze §mm etmr Vorgneilieusc faiblesse? Bien de petits iPBtt à ipii j*il roda de giîuids serriees ne m*om pas iH^a lionblaiml que le géant doni j'evoto oeé déwrttriroine* et altaqner la puissance.
9Hi qo*n en soit, en rapprochant l'écrit de Biionaparie êàsÈHÊThonsàû parallèle de Buotiaparie et de Wasksilm^ë, ds quelques pages de ma Polémique^, en ■nipMprèi loat ee qu'il y a àdife en bieo du ea mal àfleUqne les peuples appdèrent on fléau : les flëaox k Dira eooserfent quelque ciiose de réternlté et de la pméBmàt ce courroux divin dont Us émanent. Ossa eridâ.,. Mù voMa âpirHum, et viveris, (Ézécoiel. ]