DES ALLIÉS
A ne considérer d^abord que les raisons particulières, est-Il un homme au monde qui voulût Jamais s'en reposer sur la parole de Buonaparte? N'est-ce pas un point de sa politique commun , un des penchants de son cœur, que de faire consister l'habileté à tromper, à regarder la bonne foi comme une duperie et comme la marque d'un esprit borné, à se Jouer de la sainteté des ser* roents? A-t-ii tenu un seul des traités qu'il ait laits avec les diverses puissances de l'Europe? C'est toujours en violant quelque article de ces traités, et en pleine paix , qu'il a fait ses conquêtes les plus solides ; rarement il a évacué une place qu'il devoR rendre; et aujourd'hui même qu'il est abattu , il possède encore dans quelques forteresses de l'Allemagne le fruit de ses rapines et les lémoiDS de ses mensonges.
On le liera de sorte qu'il ne puisse recommencer ses ravages. — Vous aui^z beau l'affoiblir en démembrant la France, en mettant garnison dans les places frontières pendant un certain nombre d'années , en l'exigeant à payer des sommes considérables, en le forçant à n'avoir qu'une petite année y et à abolir ht conscription; toutcelasera
vain. Buonaparte, encore une fois, n'est point changé. L'adversité ne peut rien sur lui, parce l qu'il n'étoit pas au-dessus de la fortune. Il médi* tera en silence sa vengeance : tout à coup, après un ou deux ans de regoèj lorsque lacosUtionsen dissoute, que chaque puissance sera rentrée daoi ses États, il nous appdtera aux anses, prefiten des généraUjons qui se seront formées , ealèverB, franchira les places de sûreté , et se débordera de nouveau sur l'Allemagne. Ai^ourd'hui même il ne parle que d'aller brûler Vienne , Berlin et Monich ; il ne peut consentir à lâcher sa proie. Les Russes reviendront-ils assez vite des rives da Borysthène pour sauver une seconde fois TEbrope ? Cette miraculeuse coaliUon , fruit de viagitcinq années de souffrances, pourra-t-elle se renouer quand tous les fils en auront été brisés? Buonaparte n'aura-t-il pas trouvé le moyea ds corrompre quelques ministres , de séduire qoel» ques princes, de réveiller d'aaciewMS Jalonslei, de mettre peut'^tre dans ses intérêts queiqnes peuples assez aveugles pour combattre sous ses drapeaux? Enfin, les princes qui r^nentaijowd'hui seront-ils tous sur le trône, et ce changement dans les règnes ne pourroit-il pas amener oa changement dans la politique? Des puissances si souvent trompées pourroient-elies reprendre toot à coup une sécurité qui les perdrolt? Quoi 1 ëia aurolent oublié l'orgueii de cet aventurier qui les a traitées avec tant d'insolence, qui se vantoit d'à* voir des rois dans son antichambre , qui envoyoit signifier ses ordres aux souverains, établissoit ses espions Jusque dans leur cour, et disoit toot haut qu'avant dix ans sa dynastie seroit la plus ancienne de l'Europe I Des rois traiteroient avec un homme qui leur a prodigué des outrages que ne supporteroit pas un simple particulier I Use reine charmante faisoit l'admiration de rEun^e par sa beauté, son courage et ses vertus, et lia avancé sa mort par les plus lâches comme par les plus ignobles outrages. La sainteté des rois conune la décence m'empêchent de répéter les calomnies , les grossièretés , les ignobles plaisattteries qu'il a prodiguées tour à tour à ces rois et  ces ministres qui lui dictent aujourd'hui des lois dans son palais. Si les puissances méprisent personnellement ces outrages, elles ne peuvent ni ne doivent les mépriser pour l'intérêt et la nuyesté des trênes : elles doivent se faire req^ecter des peuples, briser enfin le glaive de l'usurpateur, et
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dtiMNXMrer poor toujoars cet abominable droit de laltfee, sor qui Baonaparte fondoit son orgaeii dsoB empire.
Après ces coDsidénitions particulières, il 8*en yréscDte d'autres d'une nature plus élevée, et fù Mlles peuvent déterminer les puissances coiiisces à ne pins reconnoitre Buonaparte pour mTcnio.
Il «porte au repos des peuples , il importe à bMé des couronnes, à la vie comme à ta fa- ■ie des souverains, qu'un homme sorti des npioierieurs de la société ne puisse impuné- ■ots'asseoir sur le trtoe de son maître, prendre plM parmi les souverains légitimes, les traiter k/rènSf et trouver dans les révolutions qui rot élevé assez de force pour balancer les droits de il légitimité de la race. Si cet exemple est une iÉ donné au monde, aucun monarque ne peut cnpier sur sa ecNuonne. Si le trône de Glovis |ntâre,en pleine civilisation, laissé à un Corse, Wisque les fils de saint Louis sont errants sur htetre, nul roi ne peut s'assurer ai^iourd'bui filrégneradeittain. Qu'on y prenne bien garde : tnrta les monarchies de l'Europe sont à peu près tt« dei mêmes mœurs et des mêmes temps; Hv ks fois scmt réellement des espèces de frères ■il por la rdigioo chrétienne et par l'antiquité ia MTeoirs. Ce beau et grand système une fois Mps, des races nouvelles assises sur les trônes À clks feront régner d'antres mœurs, d'autres inopes, d'autres idées, cen est fait de l'ancnaeEnrope; et dans le eours de quelques an- >é(i, vie révolution générale aura changé la sue- *t>ion de tons les souverains. Les rois doivent tepRDdie la défense de la maison de Bourl)on, ^^■UK Us la prendraient de leur propre famille. t^V^ot vrai, considéré sons les raf^rts de la 'Vvtê, est encore vrai sous les rapports natu- "dLlio'y a pas un roi en Eun^ qui n'ait du tttg des Bourbons dans les veines, et qui ne ^ve voir en eux d'iUustres et infortunés parents. ^ A'i d^ que trop appris aux peuples qu'on P^ reoMMr les trônes. C'est aux rois à leur monte Ve si les trônes peuvent être ébranlés, ils ^ peuvent jamab être détruits , et que , poor le koiiear du monde , les couronnes ne dépendent
Itt des snecès du crime et des jeux de la for-
taae.
U importe oicore à l'Europe civilisée que la ^''Me, ^ en est comme l'Ame et le cœur par *"* inie et pajr sa position» soit heureuse, flo-
rissante ,^^isible; elle ne peut Tètre que sous ses anciens rois. Tout autre gouvernement prolongeroit parmi nous ces convulsions qui se font senlir au lM)ut de la terre. Les Bourbons seuls, par la majesté de leur race, par la légitimité de leurs droits, par la modération de leur caractère, offriront une garantie suffisante aux traités, et fermeront les plaies du monde.
Sous le règne des tyrans toutes les lois morales sont comme suspendues; de même qu'en Angleterre, dans les temps de trouble, on suspend l'acte sur lequel repose la liberté des citoyens. Chacun sait qu'il n'agit pas bien , qu'il marche dans une fausse vole; mais chacun se soumet et se prête à Toppression : on se fait même une espèce de fousse oonsdeace; on remplit scrupuleusement les ordres les plus opposés à la justice. L'excuse est qu'il viendra de meilleurs jours , que l'on rentrera dans ses droits; que c'est un temps d'iniquités qull fant passer, comme on passe un temps de malheurs. Mais^en attendant ce retour, le tyran fait tout ce qui lui plaît; il est obéi : fl peut traîner tout un peuple à la guerre, l'opprimer, lui demander tout sans être refusé. Avec un prince légitime cela est Impossible : tout le monde , sous un sceptre légal , est en jouissance de ses droits naturels et en exercice de ses vertus. Si le roi vouloit passer les bornes de son pouvoir, il trouverait d^ obstacles invincibles; tous les corps feraient des remontrances , tous les individus parieraient; on lui opposerait la raison, la conscience , la liberté. Voilà pourquoi Buonaparte, resté maître d'un seul village de la Franoe, est plus à craindre pour l'Europe que les Bourbons avec la France jusqu'au Rhin.
Au reste, les rois peuvent-ils douter de l'opinion de la France? croient-ils qu'ils sentoit parvins aussi facilement jusqu'au Louvre, si les François n'avoient espéré en eux des libérateurs? N'ont-ils pas vu dans toutes les villes où Ils sont entrés des signes manifestes de cette espérance? Qu'entend-on en France depuis six mois, sinon ces paroles : Les Bourbons y sonUils? où sont ks princes? viennent^is? Ah! si Von voyoii un drapeau blond D'une autre part, Thorreur de l'usurpateur est dans tous les cœurs. Il inspire tant de haine , qu'il abahmcé chez un peuple guerrier ce qu'il y a de dur dans la présence d'un ennemi; on a mieux aimé soaffrir un invation d'un moment, que de s'exposer à garder Bwmaparle toute la vie. SI les amées se sent battues ,
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admirons leur coara^e et déplorons leurs malheurs; elles détesteoit le tyran autant et plus que le reste des François; mais elles ont fait un serment, et des grenadiers françois meurent victimes de leur parole. La vue de l'étendard militaire inspire la fidélité : depuis nos pères les Francs Jusqu'à nous nos soldats ont fait un pacte saint , et se sont pour ainsi dire mariés à leur épée. Ne prenons donc pas le sacrifice de Thonnenr pour l*amour de Tesclavage. Nos braves guerriers n'attendent qu*à être dégages de leur parole. Que les François et les alliés reeonnoissent les princes légitimes, et à Tinstant Tarmée, déliée de son serment, se rangera sous le drapeau sans tache, souvent témoin de nos triomphes, quelquefois de nos revers, toujours de notre courage, jamais de notre honte.
Les rois aIHés ne trouveront aucun obstacle à leur dessein, s*ils veulent suivre le seul parti qui peut assurer le repos de la FraAce et celui de FEurope. Ils doivent être satisfaits du triomphe de leurs armes. Nous François, nous ne devons considérer ces triomphes que comme une leçon de la Providence, qui nous châtie sans nous humilier. Nous pouvons nous dire avec assurance, que ce qui eût été impossible sous nos princes légitimes, ne pou voit s'accomplir que sous ce règne d'un aventurier. Les rois alliés doivent désormais aspirer à une gloire plus solide et plus durable. Qu'ils se rendent avec leur garde sur la piace de notre Révolution; qu'ils fassent célébrer une pompe funèbre à la place même où sont tombées les têtes de Louis et d'Antoinette ; que ce conseil de rois, la main sur l'autel, au milieu du peuple françois à genoux et en larmes, reconnoisse Louis XVIII pour roi de France : Ils offriront au monde le plus grand spectacle qu'il ait jamais vu , et répandront sur eux une gloire que les siècles ne pourront effacer.
Mais déjà une partie de ces événements est accomplie. Les miracles ont enfanté les miracles. Paris, comme Athènes, a vu rentrer dans ses murs des étrangers qui l'ont respecté, en souvenir de sa gloire et de ses grands hommes. Quatre-vhigt mille soldats vainqueurs ont dormi auprès de nos eitoyens, sans troubler leur sommeil , sans se porter à la moindre violence , sans faire même entendre un chant de triomphe. Ce sont des lil>érateurs et non pas des conquérants. Honneur immortel aux souverains qui ont pu donner au monde un pareil exemple de modéra-
tion dans la victoire ! Que d'iqjores ils avoiaità venger! Mais ils n'ont point confondu les Fn» çois avec le tyran qui les opprime. Aussi ont-ib déjà recueilli le fruit de leur magnanimité. Ili ont été reçus d^ habitants de Paris comme %% avoient été nos véritables monarques, oomai des princes françois, comme des Bourbons. Nom; les verrons bientôt les descendants de Henri IV; Alexandre nous les a promis : il se souvient qn le contrat de mariage du duc et de la duchés d'Angouléme est déposé dans les archives de h Russie. Il nous a fidèlement gardé le dernier acb public de notre gouvernement légitime; il h rapporté au trésor de nos chartes, où nous gl^ derons à notre tour le rédt de son entrée das Paris, comme un des plus grands et des ptai glorieux monuments de l'histoire.
Toutefois, ne séparons point des deux soln!^ rains qui sont aujourd'hui parmi nous, cet antn souverain qui fait à la cause des rois et au lefM des peuples le plus grand des sacrifices : qui trouve comme monarque et comme père la if compense de ses Vertus dans l'attendrissemeot) la reconnoissanoe et l'admiration des Fnmçoii
Et quel François aussi pourrolt oublier ce qui doit au prince r^nt d'Angleterre , au noble p» pie qui a tant contribué à nous affranchir? Les drapeaux d'Elisabeth flottoient dans les améa de Henri IV ; ils reparaissent dans les bataillooi qui nous rendent Louis XVIII. Nous sommes trop sensibles à la gloire pour ne pas admirer ce loid Wellington qui retrace d'une manière si frappaolc les vertus et les talents de notre Torenne. Ne si sent-on pas louché jusqu'aux larmes quand ook voit promettre , lors de notre retraite du Porti* gai , deux guinées pour chaque prisonnier fino* çois qu'on lui amènerait vivant? Par la seule force morale de son caractère , plus encore que par il vigueur de la discipline militaire , il a miracn* leusement suspendu , en entrant dans nos provioces, le ressentiment des Portugais et la vengeance des Espagnols : enfin , c'est sous son étendaitl que le premier cri de vive le roi! a réveillé notn malheureuse patrie : au lieu d*un roi de France captif, le nouveau Prince-Noir ramène à ^ deaux un rai de France délivré. Lorsque le roi Jean fut conduit à Londres , touché de la générosité d'Edouard , il s'attacha à ses vainqueur)} et revint mourif dans la terre de captivité : comme s'il eût prévu que cette terre serait dans lasoile le dernier asile du dernier rejeton de sa race, (1
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desTalbotet des Chath proscrite des la
f/ttjoorks
dos reeadlleroleDt la
Hifcet des du Goeselin.
Fiuçois, amis, oompagoons d'infortune , ou- Mmiiims qualités, nos haines, nos erreurs, livsnnrer la patrie; ernlHnssons-noiis sur les nlM denotre dier pays ; et qu'appelant à notre MMi rhôitier de Henri IV et de Louis XIV, flYfcne essdyer les pleurs de ses enbnts, rendre le bonheur à sa ftmllle, et jeter diaritable- ■ntsQf DOS plaies le manteau de saint Louis, à ■iiédéeUré de nos propres mains. Songeons tKtm les maux que noua éprouvons, la perte èMi biens, de nos armées, les malheurs de tkmion , le massacre de nos enfants, le trouble et la déeompoaition de toute la France, la (Rlede nos libertés, sont Touvrage d'un seul bNune, et que nous devrons tous les biens con- Mes à un seul homme. Faisons donc entendre ètoutes parts le cri qui peut nous sauver, le cri |ie nos pères fidsolent retentir dans le malheur emunedans la victoire, et qui sera pour nous le rigoal de la paix et du bonheur : Vive le roi!
COMPIEGNE,
ATEIL 1814.
LeioléCoitamKMoéau chàtean de Gompiègne inrie ss avril ; une foule de personnes arrivoient MbnellemeBt de Paris; tontes étoient, comme fa tenps de Henri IV , affamées de voir isn roi, Leitraopes en garnison ici ' étoient composées teifgjment suisse et de divers détachements fa hpde à pied et à cheval. On voyoit sur les v>^, dans r^ttente du souverain , un certain ■tinge d'étonnement, de crainte, d'amour et fa nipeet Des courriers se soccédoient d'heure <>brare,aBn(mçant l'approche du roi. Tout à ^ OQ bat aux champs; une voiture attelée de ils chevaux entre dans la cour où se trouvoient nigés, surdeux lignes, des soldats suisses et les Svdes nationaux de Compile; ceux-ci por- IVHBt, en guise de ceinture, une large écharpe ^liMhe; des lanciers de la garde se tenoient à dttval à l'entrée de la cour, et les grenadiers à |M étoient placés an vestibule. La voiture s'ar- >tedevant le perron ; on l'entoure de toutes parts ; voit descendre non le roi , mais un vénéra-
l)le vieillard soutenu par son ills : c*étoit M. le prince de Gondé et M. le duc de Bourbon. De vieux serviteurs de la maison de Condé, qui étoient aoeourus à Gompiègne, poussent des cris en recomioissant leur maître , se jettent sur ses mains et sur son habit, qu'ils baisent avec des sanglots. Ges princes n'étoient que deux , et tous les yeux cherchoient en vain le troisième ! Le comte de Lostanges s'étant nommé au prince de Gondé, le prince lui a répondu : Ah! oïd, le comte da Lostanges/ voHsétiezeoioneldemoti régiment d'EnghienP et il lui Jette les bras autour du cou. Le prince a monté l'escalier du vestibule , appuyé sur le bras de son fils, entre les grenadiers de la garde : J'ai vu, et tout le monde a vu comme md, ces braves soldats couverts de blessures, portant la décoration de la Légion d'Honneur, une large cocarde blanche dans leurs bonnets de peau d'ours, pleuror en rendant le salut des armes aux deux Gondé , à ces représentants de l'ancienne gloire de la France , comme ces grenadiers eux-mêmes sont les dignes témoins de notre nouvelle gloire. U est impossible de décrire la Joie et la douleur que l'on ressentoit à la vue des deux derniers rejetons du vainqueur de Bocroi , de ces princes si braves, si illustres, si malheureux : ils étoient tout près de ce Chantilly qui n'existe plus ; mais quand l'héritier manque , qu'importe l'héritage?
Enfin , le roi luinnéme est arrivé. Son carrosse étoit précédé des généraux et des maréchaux de France, qui étoient aUésau^evant de Sa Majesté. Ge n'a plus été des cris de vive ie roi/ mais des clameurs confàses dans lesquelles on ne distin^ guoit. rien que les accents de l'attendrissement et delaJ<ne.Quandleroie8t descendu de sa voiture, soutenu par Madahb , duchesse d'Angouléme , la France a cm revoir son père. Ni le roi, ni ManAi» , ni les maréchaux , ni les soldats ne pouvoient parler. On ne s'exprimoit que par des lar> mes* Les moins attendris crioient encore : Vive le roi! vive notre père /et c'est tout eequ'ils pouvoient dire. Le roi portolt un habit bleu , distingué seulement par une plaque et des épaulettes; ses jambes étoient Qiveloppées de larges guêtres de velours rouge, bordées d'un petit cordon d'or. Il marche difficilement, mais d'une manière nolileet touchante; sa taille n'a rien d'extraordinaire; sa tète est superbe, son regard est à la fols celui d'un roi et d'un homme de génie. Quand il est assis dans son fauteuil , avecseagnêtres à l'an-
CRITEACBIIIAMI. — TOME II.
i<is
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tiqae , tenant sa eatme ênlrd «et genoux , oo crol- Toît Toir Louis XIV à cinipiaiite ans^
Madame étoit vêtue «Tune simple robe blanche ; sa tête étoit cou verte d^in petit chapeau blanc
à l'angtoise. Si quelque chose sur la terre peut âomer l'idée d\in ange par la beauté , la nMdestie, la candeur, c^esteertainement lafltle del/mis et d'Antbinette : ses traits sont un mélange heureux de ceux de son père et de sa mère; «ne expression dedouceuret de tristesse annonce dans aes regards ce qu'elle a souffert; on remarque Jusque dans ses vêtements, un peu étrangers, des traces de son long exil. Elle ne cessoit de répéter en pleurant et en riant à la fois : Que je *m9 heureuse d*éire Aii milieu des bons Fmnfois! paroles bien dignes d\ine princesse qut regrettoit, dans le palais de l'étranger, les prisons de la France.
Parvenu dans I^appartement qui lui étoit préparé , le roi s'est assis au milieu de la foule. On lui a présenté les dames qui se trouvoient à Gompfègne : il a adressé à chacune d'elles les paroles les plus obligeantes. La même présentation a eu lieu pour Madame. Le roi, un peu fiitigué cft prêt à se retirer, a dit à MM. les maréchaux et généraux : Messieurs, je suis heureux de me trouver au milieu de vous ; et il a «Jouté avec un accent qu'A auroit Mlu entendre : Heureux et FIER I II a repris ensuite : f espère que la France êera désormaiê assez heureusepour n* avoir plus besoin de vos talents; moû dams îéus les cas, a*t-il lyoQté en aelava&t avee «ne gaieté noble qui raH^eloit le descendant de Henri IV, tout fouUeux qneje euiêjje viêndmi me mettre sm miMeu de voue; et il a traversé le groupe aux oris répétés de vive le foi!
Le dtnera été servi à huit heures. Le roi, Mai»AicB, M. le prinœ de Ctondé et M» le due de Bourbon, MM. lui naréehaux «t généraux^ les gentiMMMttmai de lerviee auprès du roi , les dames de Madame, duehessêd^Angoulême; madame de Montbolssler, fille de M. de Malertierbes ; méa- ^mes leaduohessesdeDwaa, aiadamela comtesse de Slmiane) et quelques autres personnes de dfetlnctlon, faivltées par ordre de Sa Majesté, étoient à table. La foule étoit si grande dans le salon, que l'on pouvolt à peine servir. Au mtHeu du dîner, le reiapifs un verre de vin, et adit à MM. les maridianx et généraux : Messieurs , buvons à rarmée. Après le dfner, Sa Mi^esté est retournée do» le salon. ToiA le monde vouMt se tenir
debout. Le nrf a fait asseoir MM, les martditai et généraux à sa droite. Cesbraveseapitiiaes«t paru singulièrement touchés de cette boaté ds souverain : ils se rappeloient que rétianger,iaii égard pour leur âge , leurs travanxetleirsUii» sureS) les fcrçoit à se tenir ddwut devant hi du heures eiilièrea, comme s'il eM efaerebé le mpoct dans les maux qu'il faisottseulfrir à sessenriina On sait que le roi Joint àrespritle pftas remaïqtt* ble la mémoire la plus étonnante ; il a dunoé dn preuves de ces rares qualités en causant «m ki personnes qui l'environnoient. En voyant nn^ eher avecdifSculté le maréchal Lefebvrs, on pn tourmenté parla gpatle,il lui dit : Hé Wea» m^ réeàaiy est-ee que vous êtes des nétres? Mû au maréchal Mortier : Moneiemrk maréekd^i lorsque noms n'éttons pas amis ^ veasam^ pour la reine, ma femme, des égards qn^dk m m'a pas ànssé ignorer, eije m*en souviemee^ jourd^hmi. S'adreasant au maréchal UumaAp Vous aivea été blessé en Espagne^ etvossvm pense perdre un bras?^ Oui, sire, a répoodslp^ « maréchal , mais je Tai retrouvé pour le ienl0| « de Votre Majesté. ^ Les maréchaux MacdonaHf^ Ney, Moncey, Serrurier, Brune , le prince dij Neuchâtel , tous les généraux, toutes les penos*] nés présentes , ont obtenu pareillement dQ roi lei paroles les plus affectueuses; et il n'y avoit poiiii de cœur.qui ne fût subjugué. Le roi sansanndi pouvoit dhre,ooHime on i*a ditde Henri IV,4iV régmait sur la Framee,
fit par dtoit aè «NMiaéto il H* 'IfeU 40 uiiMaes.
On entendoit de tous cMés : // verra emM nous te servirons! Pfous sommes à ha pour k vie. Tous les intéressants exilés revenus avec ledf maître , de la terre étrangère , tous les offiden di l'armée, se serraient la main connue des frèivS}* disant : Plus de factions, plus de parlisf M pour Louis XViif! Telle est en Prânoe la (bise du souverain légitime, cette magie attachée M nbm du roi. Un homme arrive seul defeiil, A^ poullléde tout , sans suite, sans gardes, laasif chesses : il n'a rien à donner, presque M ^ promettre* Il descend de sa veftnre, appsTéit i le bras d'une jeune femme; il ae montra à des* ' pitaines qui ne l 'ont jamais vu , à des grenadiei i qui savent à peine son nom. Quel est œtlionnrf Cest le fils de saint lioulsi e'est le rai! M tombe à ses pieds, l'armée, les grands, le peuple, un million de soldats brAlent de xuff^ pour lui ; on sent qu'il peut tout nouadsoMMi^i
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■ ciflots, notrt Tfe, notre ibrtttne; qu'il ne m ifBte plut en propre qne Thonnear, seul taitet noofine pouvons pes disposer, et dont B ni de Firanee n'exigera Jamais de nous le sa*
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