‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 119 sur 279 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

flkiol denrit nimixlfe les andeniiês fonnatot dans lo aetes émanés du trône.

Tieot ensuite un autre genre de plainte : comme as eo&nts gâtés à qui Ton ne refuse rien , nous

I ataTOttsàqui nous enprcndre de notre bont^eur. •le roi a voulu recevoir la couronne comme un

|>tkérit^, et non comme un don du peuple; Il

Eliot donné le titre de roi de France , et non de ni des François ; il a repris Tancienne formule : ftr la grâce de Dieu, etc. »

voulons une monarchie , ou nous n*en pdnt. Si nous la voulons , désirons-nous ileiie soit élective? Dans ce cas, nous avons de trouver mauvais que le roi ait daté sa e de Tan dix-neuvième de son règne, et s'appeler louis XVHL Mais si, connoissant ioconvénients de la monarcliie élective , nous à la monarchie héréditaire , încontestai \A meilleure de toutes , le roi a dû dire : règne , parce que mes ancêtres ont régné ; je ftgoe par les droits de ma naissance ; sauf à M à convenir avec mes peuples d'une forme ABtitotionqui régularise mon pouvoir, assure « h liberté civile et politique , et soit agréable à l^loas. > Rien alors n'est plus conséquent que la «Bdnite du roi : nous ne sommes point une repu- Mqpe, et il n'a pas dû reconnoitre la souveraineté 'Vfaqile : nous ne sommes point une monarchie ^w, et il n'a pu revenir par voie d'élection. S TOUS sortez de là , tout est confondu. Il semble movn, à certains esprits exaltés, qu'un roi iitantit la loi, ou que la loi va faire disparoltre )> roi : loi et roi sont fort compatibles , ou plutôt c'est une et même chose , selon Gicéron et te bon

Ml».

f (Test une chicane bien misérable encore que

tdltqpi regarde le titre de rot de France. Les

I AngUsne sout-ilspas libres? Cependant Char-

' kl Ui^ daté la déclaration donnée à Breda de

'«a ùwuième de son règne, et l'on dit roi d'An^

tftere (king qf Englaud) , et non pas roi des

^^^(kingo/ihe English), Est-il plus noble

'•iltairsque le roi soit, par son titre, proprié'

taire des François (roi des François] , que pro» prié taire de la France (roi de France)? Ne yaudroit-il pas mieux qu'il possédât la terre que l'homme? Car roi des François ne voudroit pas dire qu'il a été choisi, élu par eux, puisque la monarchie est héréditaire , mais qu'il en est le maître, le possesseur. Tous ces raisonnements sont , de part et d'autre, de méchantes subtilités : au fond il ne s'agit pas de tout cela. Sous la pre* mière race de nos rois , on disoit roi des Francs, rex Francorum.l^ovirquoï^ parce que les Francs étoient, non une nation, mais un petit peuple barbare et conquérant , presque sans lois, et surtout sans propriétés fixes : ils n'avoient donc alors qu'un général, qu'un capitaine, qu'un chef, qu'un roi, dux, rex Francorum. Sous la seconde race, le titre d'empereur se mêla à celui de roi, et n'emporta encore que l'idée d'un chef de guerre , imperator. Sous la troisième race , on conunença à dire roi de France , rex Franciœ , parce qu'alors le peuple franc , par son mélange avec les Gaulois et les Romains, étoit devenu une nation attachée au sol de ta France , remplaçant les lois salique, gombetteet ripuaire de la première race, les Capitulaires de la seconde, par l'usage du droit romain , par des coutumes écrites , recueillies vers le temps de Charles VIII < , substituant des tribunaux sédentairesàdes tribunaux errants, et marchant à grands pas vers la civilisation. Tout n'est pas dans le Contrai social^ étudions un peu l'histoire de France : nous ne serons ni si prompts à condamner, ni si superbes dans nos assertions.

La formule, j»ar la grâce de Dieu y se défend d'elle-même : tout est par la grâce de Dieu. Franchement, tâchons, si nous pouvons, d'être li« bres et heureux, et même, s'il le faut absolument, par la grâce de Dieu ! Cela est un peu dur, il est vrai ; mais enfin on n'a pas toujours ce que l'on veut. Pour nous consoler, nous penserons que les plus grands philosophes ont cru qu'une formule religieuse étoit aussi favorable à la politique qu'à la morale. Cicéron remarque que la république romaine ne dut sa grandeur qu'à sa piété envers les dieux. Nos petites impiétés politiques auroient fait grand'pitié aux anciens. « Soit qu'on bâtisse « une cité nouvelle, dit Platon, soit qu'on en « rebâtisse une ancienne tombée en décadence, « il ne faut point, si on a du bon sens, qu'en ce

* \a jAqm ancienne des coatumes recueillies est ceUe da Ponthieu, |Mir ordre de Charles VIII , im.

« qui appartient aux tieox, aux temples, on « fasse aucune innovation contraire à ce qui aura « été réglé par i*oracle. »

Enfin , dans toute constitution nouvelle , il est bon , il est utile qu'on aperçoive les traces des anciennes mœurs. Poui*quoi la république françoise n'a-t-elle pu vivre que quelques moments? C'est (indépendamment des autres causes qui Tout fait périr] qu'elle avoit voulu séparer le présent du passé , bâtir un édifice sans base , déraciner notre religion y renouveler entièrement nos lois, et changer jusqu'à notre langage. Ce monument flottant en l'air, qui n^avoit d'appui ni dans le ciel ni sur la terre , s'est évanoui au souffle de la première tempête.

Au contraire , dans le pays où il s'est opéré des changements durables , on voit toujours une partie des anciennes mœurs se mêler aux mœurs nouvelles, comme des fleuves qui viennent à se réunir, et qui s'agrandissent en confondant leurs eaux. Dans la république romaine, on conserva la plus grande partie des institutions monarchiques : « Le nom seul de roi fut changé, « dit Cicéron , la chose resta \ »

Ce nom même de roi fut jugé si sacré , qu'on le garda parmi les choses saintes , en l'attribuant au clief des sacrifices : rex sacrificulus ou rex sacrorum, A Athènes, la dignité de roi des sacrifices étoit le partage du second archonte, apyo>v padtXebç, et elle passoit pour une des premières de l'État. La constitution des Angiois porte de profondes marques de son origine gothique. « Le roi, dit Montesquieu, y conserve, f avec une autorité limitée, toutes les apparen- « ces de la puissance absolue. » Dans certains cas, on le sert à genoux , on lui parle dans le langage le plus soumis et le plus respectueux ; en un mot, on lui parle comme à la loi, dont il est la principale source.

Il y a plus : presque toutes les coutumes normandes et les lois saxonnes subsistent encore en Angleterre, même celles qui parolssent aujourd'hui les plus éloignées de nos mœurs. Ainsi , dans quelques comtés, un mari peut exposer sa femmeau marché public, ce qui remonteà l'ancien droit d'esclavage. Qui croiroit que dans un pays si libre on retrouve tout ce qui rappelle les si^les que nous appelons de servitude, et contre lesquels nous avons tant déclamé? C'est que nos voisins ont été plus raisonnables que nous; c'est que,

pour fonder quelque chose, 4b se sont sendi de la base qu'ils ont trouvée ; c'est qa ils ont le bon esprit de laisser les lois caduques mourir de morf, sans hâter leur destruction par une violence dangereuse. Quelques politiques pourront prendre tout cela pour de l'esclavage ; et c'est avec eetti exagération qu'on passe des excès de la démago* gie à la soumission la plus lâche sous un tyran: rien de bon sans la raison.

Enfin , ce Guillaume III, ce monarque qn'oi n'appela au trône d'Angleterre que sous la tion d'accepter la constitution de 1688, fat ai roi , lui et ses successeurs, de droit divin et par grâce de Dieu : ft was observedthat, dit S the king whojvasmade by thepeopk, hadit his poxver to rule withiMt them; to govem divino , though he was createdixirt huroano. « On remarqua que le roi choisi parle peoj « pouvoit, s*il le vouloit, gouverner sangle « et régner de droit divin, quoiqu'il eAt été « de droit humain. »

Les Angiois en sont-ils moins libres anj d'hui?N^eât-ce pas, au contraire, ce qui a chez eux la liberté , en lui donnant un cara< sacré? Ainsi les mœurs de nos pères, conseï dans de vieilles forinules , dans le souvenir notre ancien droit politique , porteront chose de religieux dans les institutions noa La monarchie françoise est un arbre antique il faut respecter le tronc , si nous voulons sur ses branches de nouveaux ftnits. Cet delà patrie, qui nous a donné ses fruits pen quatorze cents ans, peut encore en nourrir d*; beaux, quoique d'une autre espèce, si l'on bien profiter de sa sève. Fût-il d'ailleurs ai desséché qu'il est vigoureux , à l'ombre de la ligion, et j7ar la grâce de Dieu y il auroit bic«l repris sa verdure : le bâton d'Aaron refleurit l'arche.

II est fâcheux qu'une révolution si longue et terrible ne nous ait pas mieux instruits , que d en soyons encore à ces éléments de la politî(p*i à nous disputer sur des mots : ayons la cbose| i sans nous embarrasser comment nous l'avonSf ayons une liberté monarchique et sage : peu î» porte que nous la tenions des mains d'an chatf celier en simarre, et qu'elle parle le lao gothique des Harlay et des l'Hospital , ou pi il importebeaucoup qu'elle soit fillede nos mœui et qu'à ses traits nous reconnoissions notre saog^

» De Leff. m , 7.

HEUN6FJI

CHAPmC XI.

Piisage d*uoe pfoclamatioo da roi.

Yiiei im autre grief : «Le roi a dit» dans une t^ SCS proclamations, qoe tout le monde con* • «rfmt tts piaees , et cependant quelques per- •MM les ont perdues. •

Le Nprache est étrange ! Le roi a-t-il pu pren* èif«pgeimmt de ne déplacer absolument qui 'fiaftt? Quoil par le seul fait de la présence Y toutes les places de TÉtat seroient devefkees è vie! le moindre commis à la N seroit trouvé dans le cas du chancelé isoyenalors de gouverner? Louis XYllI , flngues Capet , auroit confirmé ou établi , «rivant, le système des fle&l il y auroit eu de petits et de grands souverains qu'il y et de petites places en France ! il ne ftas qo'à les rendre héréditaires. Le roi pa imnrayer un Juge prévaricateur, un liUèle, un honise repoussé par i'opifabiiqiie : ii aonMt&liu nommer, dans tous M, ini adminiataleur ca aHendant la dé- 00 la mort du titnlairt.

>cnt doue dire cette piurase : • Tout le conservera ses places? 9 Elle veut dire , kieai commun, qoe tout homme contre le* I n y aura pas de raisons invincibles , soit de la capacité , soit sous le rapport moral , dans le peste où te roi Taura trouvé, ou V'il aem appelé à d autres fonctions; elle diif qa'oo ne saeriflera pas un parti à un aufe le nom de royaliste et de républicain ne mdroitd*admiasion, ni une cause d*exclu- AfB'eofin les seuls et véritables titres aux la probité et l'intelligence. Dans ce baii a-a-t-il pas suivi exactement ce qu'il fiemii? Noos avons d^à bit remarquer que totalité des empi m étoit entre les mains pnonaes qal ont servi Tordra de chose dé- Mt perla restauration.

Alla pUate giénérale pasisant à la plainte par* , en cite les membres da sénat qui n'ont éléedmis dans la Chambre des pairs. Il ne pu teocher une pareille question : il ne pai rappeler au public que tel homme qui tomber la tfitede Louis XVI reçoit une peu-

Ël«,ooo francs de la main de Louis XVIII. i leplaindre ii folioit se taire i il blloit sen* ^ de pareils exemples produisent un tout *^effiet que d'attirer nntérêt sur ceux dont on

POLITiQUBSii t?0:

se fiiit les défenseurs. Tant de malheureux prof** ^ crits pour la cause royale, tant d'honnêtes répu*^ blicains qui n'ont par devers eux aucun crime» pourraient tomber dans le découragement. Les uns sont réduits, par leur loyauté, à la plus pro» , fonde misère ; les autres sont restés dans leur première iudigeuce, pour n'avoir pas voulu profiter de nos malheurs : ils se livreraient à des ré* flexions étranges à la vue de ces Juges du roi qui possèdent des châteaux, des traitements, des cor-» dons, des places même, et des honneurs. N'In* sistons pas sur cette idée : nous trau venons peutêtre que les honnêtes gens n*0Dt Jamais été mis à une plus rude épreuve ; et nous Jetterions sur le bien et sur le mal , sur les bonnes et sur les mauvaises actions, des doutes capables d'ébranler la vertu même.

Dans la vérité, on ne fait pas sérieusement aux ministres du rai te reproche que nous examinons; car on insinue qu'ils ont conservé dans la Chambre des pairs certains membres du sénat que (se<« Ion les auteurs des pamphlets) on auroit dû ren*. voyer; d'où il résulte qu'on est conduit dans ces plaintes plus par un esprit de parti que par un sentiment de justice; et qu'on est bien moins fâché que tel homme soit exclu de la Chambre des pairs , que fâché que tel autre homme y soit ad nis.

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