CHAPITRE XIIL
1^ Il Charte* Qa*e1I« convient aox deux opinions qoi partagent la France.
Ici finit ce que notre tâche avoit de pénible : n'avons plus desujets douloureux à rappeler. J^ principal écrivain que nous avons combattu ..inim dans les dernières pages de son ouvrage ; Hms dit « que la Charte offre assez de garan* ' te ponr nous sauver tous ; qu*il faut nous créer • one opinion publique, nous attacher à notre , • patrie. » Belles paroles auxquelles nous souscri- ^îMsde grand cœur. Et qui pourrait se plaindre ^ eette Charte? Elle réunit toutes les opinions , "Mise tontes les espérances, satisfait tous les ***is. Examinons-eo l'esprit : nous trouverons, •»» cet examen , un nouveau sujet de reconnolspour le roi.
Les François , indépendamment des divisions politiques , naturelles et nécessaires à une monarchie, se partagent aujourd'hui en deux grandes classes : ceux qui ne sont pas obligés de travailler pour vivre, et ceux que la fortune met dans un état de dépendance : occupés de leur existence physique, les seconds n'ont besoin que de Ixhh nés lois; mais les premiers avec, le besoin des bonnes lois , ont encore celui de la considération. Ce besoin est dans tous les cœurs; il n'y a point de puissance humaine qui parvint aujourd'hui A le.détruire, ou qui le choquât impunément. C'est une conséquence nécessaire de l'égalité qui s'est établie dans l'éducation et dans les fortunes. Tout homme qui Ut passe ( et trop souvent pour son malheur) de l'empire des coutumes à l'empire de sa raison ; mais enfin ce sentiment est noble en lui-même : le heurter serait dangereux.
De plus , il faut se souvenir que depuis soixante ans les François se sont accoutumés à penser librement sur tous les sujets : depuis vingt ans, ils ont mis en pratique toutes les théories qu'ils s'é* toient plu à former. Des essais sanglants sont venus les détramper; cependant les idées d'une indépendance légale et légitime ont survécu : elles existent partout, dans le soldat sous la tente, chez l'ouvrier dans sa boutique. Si vous voulcs contrarier ces idées, les resserrer dans un cadre où elles ne peuvent plus entrer, elles feront explosion, et, en éclatant, causeront des bouleversements nouveaux. Il est donc nécessaire de chercher à les employer dans un ordre de choses où elles aient assez d*espace pour se placer et pour agir, et où cependant elles rencontrent une digue assez forte pour résister à leurs débordements.
C'est ce que le roi a merveilleusement senti , et c'est à quoi il a pourvu par la Charte; toutes les bases d'une liberté raisonnante y sont posées; et les principes républicains s*y trouvent si bien combinés , qu'ils y servent à la force et à la grandeur de la monarchie.
D*une autre part , vous ne pouvez pas arracher les souvenirs , ôter aux hommes les regrets de ce passé que Ton aime et que l'on admira d'autant plus qu'il est plus loin de nous. Si vous prétendez forcer les sentiments des vieux royalistes à se soumettre aux raisonnements du Jour, \ous produirez une autre espèce de réaction. Il faut donc trouver un mode de gouvernement où la politique de nos pères puisse conserver ce qu'elle a de vénérable, sans contrarier le mouvement deSLiiè*
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MIÎLAN6ES POUTIQUES.
ito. Bé Menl la Charte présente eneore cette heureiise Inititattoa : là se tnmveet consacrés tons les principes de la monarchie. Elle convient donc également , eette Charte , à tons les Fran* ÇQls : les partisans du gouvernement moderne parlent an nom des lamières qui leur semblent «édairer ai^ourd'hui Tesprit humain; les défenseurs des institutions antiques invoquent Tautojritéde rexpérience : oeux-ci plaident la cause du passé, eôox-là Tintérét de l'avenir. Les répubU* eains disent : « Nous ne voulons pas, de constituai tion en constitution , nous égarer dans de vains
• systèmes , abandonner ces idées morales et rek ligieases qui ont fait la gloire et le bonheur de « nos aïeux. » Aucun de ces excès n*est à craindre dans l'espèce de monarchie rétablie par le roi : dans cette monan^ie viennent se confondre les deux opinions ; Tune ou l'autre comprimée pro- ^uinrtt de nouveaux désastres. Les Idées nouvel- •hs donneront aux anciennes cette dignité qui naft de la raison, et les idées anciennes prêteront aux •nouvelles cette majesté qui vient du temps.
' La Charte n'est donc point une plante exotique, un accident fortuit du moment : c*e8t le résultat de nos mœurs présentes; c^est un traité de paix signé entre les deux partis qui ont divisé les François : traité où chacun des deux abandonne quelque chose de ses prétentions pour concourir à la glohv de la patrie.