‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 122 sur 279 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

ObjetsUons deieonstitutionDels contre la Charte. Derinflaeooe ministérielle et de Topposition.

<t Mais, disent les constitutionnels, la Charte

• est incomplète : il faudroit que la Chambre des M pairs rat héréditaire; que Ton pût entrer plus « Jeune à la Chambre des députés; qu'il y eût un iK ministère et non pas des ministres ' ; que les « nnhiistres fussent membresdesdeuxCiiambres; -« que ces ministres fussent de bonne foi ; que Top- « position ne fiit pas une opposition sans richesyt tes, sans pouvoir, sans influence, sans moyen «dé contre-balancer Tinfluence ministérielle. « Qu'est-ce qu'une ancienne et une nouvelle no-

• Messe conservée? Qu'est-ce que des lettres d'a- «Doblissement, lorsque, par le &it, il n'y a < qu*ime noblesse politique? »

- Les François auront-ils toifjours cette impa-

■ rat proposé to«rtei ees améllofatlone à Gand , dans mon .Aopfwrl $Mr Véiat de la France : on a fait droit depuis à ee que |e demandoli alors. On voit do moins ma fidélité h mes mil. V«y«i d-aprtl ^tM^pporl^n rsf.

tienee déplorabla qui m^ leur permet ds iM st* tendre de l'expérience et du temps? Qooll ds> puis le printemps dernier il n'y a pas ea ami de miracles 1 Tout doit être aujourd'hui cooipkt^ parfait, achevé. La constitution angtoise iM k fruit de plusieurs siècles d'essais et de raaUioiii^. et nous en voulons une sans défaut dans six noU On ne se contente pas de toutes les gnrastiei. qu'offre la Charte, de ces grandes et praalèni bases de nos libertés ; il fhut sur-lenshamp arrim^ à la perfection : tout est perdu, parce qa*oiii pas tout. An milieu d'une invasion , dans leii gers et dans les mouvements d'une restanr subite, on voudroit que le roi eût eu le tempi( porter ses regards autour de lui , pour déeos! les éléments de ces choses que l'on réclame! voit-il tout précipiter? Ce qu'il a osé fiaire n'est-il pas prodigieux? Nous qui comme&çonsl gouvernement, ne nous manque4-il riea powi bien conduire? Ne vaut41 pas mieux qu'il ie< rige progressivement avec noua que de deïai notre éducation et notre expérience? Uo mA tide de la Charte place notre oonstitotioB sus de toutes celles qui ont été Jusqu'ici le admirées : nous sommes le premier peupli mondedont l'acte constitutiimnel ait aboli Ie( de confiscation ; par là est à Jamais tarid source effinoyable de corrapthm, de d^ d'injustices , de crimes. Et voilà le seul Ji 4}ue le roi ait porté sur la révolution , la condamnation dont il l'ait flrappéel

On parle des ministres : on se lisit une idée! dicule et exagérée de leur influence. D'aborl sont responsables ' ; et c'est déjà une chose menaçante pour eux que Ce glaive suspenda s9»'' leiir tète. Ensuite nous avons contre leur iacspi' cité une garantie qui tient à la nature même de nos institutions. Nous sommes à peu près tto que les hommes les plus distingués par leanti* l^ts seront appelés au timon de l'État; csr A hommeabsolument nul ne peutoccuper tongteaifi une première place sous un gouvernement lep^ sentatif. Attaqué par la voix pul>liqne et daas toi deux Chamlnres, il seroit bientM oUIgé de discendre du poste où la seule bveor Taurolt Mt monter. La nation est donc pour totyeurs à Tabii de ces ministi*es qui n'ont peureux que Thitrfgsii et dont l'impéritie a peràu plus d'filats qat M fautes mêmes des rois.

> Je conviens quitte ne le sont pas assez : H faut al)sdlttiMat uoelol«

MÉLANGES POLITIQUES

Soupçonner la bonne foi des ministres est ab- 1 qui tient an génie d'une nation particulièrement

iBde. Est-ce atee une nation aussi éclairée , aussi ififitselie, qu'on pourroit employer de petites )tises?Toiis les yeux seroient à-l'instant ouverts. l^JoBidliui il est dans l'intérêt du gouyemement lltwfdierà la tète des choses, et non d'être I Mdeles suirre : il n'y a donc rien à craindre itecMé.

Qwt à l'opposition , nous convenons qu'elle HfBM jamais être en France de la même nature fte Afigleterre. Parmi nous , les fortunes ne liifn assez grandes, le patronage des familles #ttfas assez étendu pour que l'opposition trouve ^AdlMDéine de quoi résister à l'influence miiMérielle. Mais si elle n'a pas cette force d'inqoe lui donnent ses ricliesses cliez nos , elle exerce en revanche une force d'opiblen pins vive. Qu'un homme de talent et té se trouve , non par contradiction , mais onviction, opposé aux ministres, il obtiendans les deux Chambres , et dans la France , une prépondérance que tout le poids de «Rinmne pourroit seul balancer. Un discours I et Jusfte remuera bien autrement notre des députés , qu'un discours semblable dans la Chambre des communes en An- . Sous ce rapport , notre nation est si senqa'il est à craindre qu'elle ne soit, comme , trop soumise aux inspirations de ses

fS.

Ln mystères de l'opinion et du caractère des

éetiappent à toutes les théories , et ne peu-

tee soumis à aucun calcul. Observez ce qui

klMe aujourd'hui dans la Chambre des dépu-

tltéeest laissée entièrement à elle-même;

MhUe que les ministres y exercent se réduit

tlf^ses politesses qui ne changent pas le sort Aamil député. Hé bien I qu'arrî ve-t-il ? La ma* ' ^ soft tranquillement sa conscience, louant, tihtoit ee qu'elle trouye de bon ou de mauvais. Ak Aose se fiait particulièrement remarquer : Mtt les fois qu'il s'est agi d'aflàires d'argent, h Chambres n'ont pas hésité ; le noble désinté* itiKBWDt de la nation s'est montré dans toute sa tecUse : ainsi la liste civile , les dettes du roi , ^•Bt pas rencontré d'opposition. On auroit pu Wta qoe la loi sur les émigrés alloit échauffer >* partis : au grand étonnement de tous, la î^Wnbre a été plus favorable que la loi. Les Fran- |fc se cnHent déshonorés quand on les force à ***8«ter de leurs Intérêts. Admirable générosité

monarchique et guerrière! Admirable nation, si facile à conduire au bien ! Oh I que ceux qui Pont égarée ont été coupables !

Mais a-t-on traité d'autres sujets, les Chambres se sont divisées selon les principes et les idées de chacun : l'opposition ne s'est plus formée de tels et tels individus; elle a grossi, diminué, grossi encore, sans égard à aucun parti : on auroit cru qu'il n'y avoit pas de ministres, tant on avoit oublié que c'étoient eux qui avoient proposé la loi , pour ne s'occuper que de la loi même. Nous ne connoissons rien de plus propre à honorer le caractère national que la conduite actuelle de nos deux Chambres; on voit qu'elles ne cherchent que le bien de l'État : généreuses sur tout ce qui touche à l'honneur, attentives à nos droits politiques, elles ont voté l'argent sans opposition , et défendu la liberté de la presse avec chaleur. C'est qu'en effet cette dernière question pouvoit diviser et embarrasser les meilleurs esprits. Quand on voit d'un côté Genève meflre des entraves à la liberté de la presse, et de l'autre une partie de l'Allemagne et la Belgique proclamer cette liberté, on peut croire qu'il n'étoit pas si aisé de décider péremptoirement.

Nous avons montré par les faits mêmes combien il est difficile , chez une nation brillante et animée, de maîtriser les esprits. Les François ont toujours été libres au pied du trône : nous avions placé dans nos opinions l'indépendance que d'autres peuples ont mise dans leurs lois. Cette habitude de liberté dans la pensée fait que nous nous soumettons rarement sans condition aux idées d'autrui : le député qui auroit le plus promis à un ministre de voter dans le sens de ce ministre , au moment de la délibération , pourroit bien lui échapper. Avec le caractère françois, l'opposition est plus à craindre que l'influence ministérielle.

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