CHAPITRE XX
Que les royalistes aont eu pijorité en Fraoee.
Loin que les royalistes soient en minorité en France , ils sont en mtgorité.
S'ils étoient en mi\Jorité , répond-on , la révolution n'eût pas eu lieu.
Et depuis quand, dans les révolutions des peuples , la mf^orité a-t-elle fait la loi ? L'expérience n'a-t-elle pas prouvé que c'est le plus souvent la minorité qui l'emporte? La nation vouloit-elle le meurtre de Louis XVI ? vouloit-elle la Convention et ses crimes? vouloit-elle le Directoire et ses bassesses 7 vouloit-elle Buonaparte et sa conscription?
Elle ne voulolt rien dé tout eda : maiselkéloit contenue par une minorité active et armée. Doiton inférer que parce que la majorité letait, sei intérêts n'ex istent pas dans un pays ? Dans ce os, il faudroit presque toi^ours conclure, contreropprimé, en faveur de l'oppresseur.
Mais délivrez du Joug cette majorité, et tov verrez ce qu'elle dira. L'exemple en est récent et sous vos yeux. Des collèges électoraux, ibmiés par Buonaparte , sont appelés à des élections loa le roi : que feront-ils? Entraînés par l'opinion populaire, et puisant, pour ainsi dire , eux-mênei dans cette opinion , ils nomment pour dépota lei plus déterminés royalistes. Je dirai plus : il a tt toute la puissance ministérielle d'alors ponri»| venir à foire élire certains chefii que l'esprit poMil repoussoit. Loin qu'on veuille encore des réro* lutionnaires , on en est las : le torrent de ropini«< coule aujourd'hui dans un sens tout à fiiit oppoii. aux idées qui ont amené le bouleversement de 1^ France. j
Renfermons-nous dans les faits. Que ciiaai se rappelle les départements , les villes, les vh lages , les hameaux où il peut avoir des rdationJ des Intérêts de famille ou d'amitié. Dans tonsee^ lieux, il lui sera facile de compter le trèsfei; nombre d'hommes connus par leurs principes lévolutionnaires. Y ena-t-il un millier par dépo" tement, une centaine par ville , une douaineitf village, bourg et hameau? Cest beanconp; ^ vous ne les trouveriez pas.
Ceux qui n'ont parcouru que nosprovineesif plus dévastées par deux invasions consécsliioi qui n'ont suivi que la route militaire, w^ par douze cent mille étrangers; ceux là fxA^ des paysans au milieu de leurs rootsaons détnites, de leurs chaumières en cendres. Seroit-l Juste de conclure que des propos arrachés à 11» patience de la misère sont la manifestattoaM opinion nationale? Et comment seftit-ilqoc^ provinces dépouillées aient nommé des dépili tout aussi royalistes que ceux du reste de II France? Ignore-t-on même que les départenflli du Nord sont remarquables par l'ardeur de 10 royalisme ? Voyagez à l'Ouest et au Bfidi , et vrt serez Arappé de la vivacité de cette opinkm, (fi est portée Jusqu'à l'enthousiasme. Voilà da M et des calculs.
liËUN6ES POLmQUES.
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