‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 205 sur 279 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

Cootinaation du même s^)et

La &eti0ii demande donc toutes les places dans m les ministères, et elle réussit plus ou moins les obtenir. Elle s'âeva avec chaleur contre inmovibllité des juges : de vertueux jacobins, N oe peaTCiLl plus être dépossédés, sont des

hommes trè&-utiles ; il gardent en &Areté le feu sacré, et tendent une main secourable à leurs frères.

Aux finances , et dans les directions qui en dé^ pendent , le système des intérêts révolutionnaires s'est maintenu avec vigueur. Un commis re-» tourne dans le village où il a été trop connu peiK dant les Gent-Jours. Que pensent les gens de la campagne en revoyant cet homme? Que cet homme avoit raison de leur annoncer la catas-» trophe du 20 mars avant les Cent- Jours, et qu'if a sans doute encore raison lorsqu'il se sert, en parlant , de cette phrase si connue : Quand l' aunt reviendra.

A l'intérieur, les intérêts révolutionnaires avoient d'abord succombé : l'alarme a été au camp; l'impulsion royaliste donnée aux préfectures a fait peur : le parti a réuni ses forces. On a d'abord mis un obstacle aux nominations et aux destitutions trop franches, ne faisant soumettre ces nominations et ces destitutions à l'examen du conseiid es ministres : de sorte que le ministre de la justice peut faire des officiers généraux , et lé ministre de la guerre, des hommes de loi.

Si cette bizarre solidarité étoit également ad<* mise pouf tous les ministres, il faudroit se cou'» tenter de rire; mais elle ne s'applique qu*aux ministres soupçonnés de royalisme. Ceux qui sont connus pour soutenir franchement le sys** t^ne des intérêts révolutionnaires ont toute lU berté de placer des hommes suspects, et d'éIoi« gner des hommes dévoués.

Ces arrangements n'ont pas rassuré le parti ; il est parvenu à faire renverser le ministre : alort les espérances se sont ranimées. On se flatte de faire perdre au royalisme tout le terrain qu'il avoit gagné dans cette partie de l'administration. La garde nationale a été attaquée. Déjà des préfets trop royalistes ont été rappelés; d'autres sont menacés. On aura soin surtout de déplacer les amis du trône, si on est assez heureux pouf obtenir la dissolution de laChambre des députés , et qu'il faille en venir à des élections nouvelles : alors il sera plus facile au parti de diriger et d'influencer les choix.

Page 1