CHAPITRE XLVL
Wflqwtttéffcuiedu f yftème été intérèU révoIaUoooaires.
Comment parlerai-je du dernier appui que Amhent les Intérêts révolutionnaires? Qui au- . ait Jamais imaginé que des François , pour con- «mr de misérables places , pour faire triompher . hi principes de la révolution , pour amener la iB^oetion de la légitimité, iroient Jusqu'à s*Bp« ^pjfx sur des autorités autres que celles de la pairie, Josqu'à menacer ceux qui ne pensent pas . mme eux de forces qui , grftce au ciel , ne sont jai entre leurs mains ?
Mais vous qui nous assurez , les yeux brillants iejoie, que les étrangers veulent vos systèmes (ee que je ne crois pas du tout ) , vous qui semblez Mtre vos nobles opinions sous la protection des hkMmettes européennes, ne reprochiez- vous pas MI royalistes de revenir dans les bagages des liBés? Me foislez-vous pas éclater une haine Airieose contre les princes généreux qui vouloient itt?rer la France de la plus infâme oppression ? (^lont donc devenus ces sentiments héroïques? hn^ si fiers , si sensibles à Thonneur, c*est Y^iQHaémes qui cherchez aujourd'hui à me per- Aader qu'on vous pebmet tels sentiments, ou 9<*0Q vous couMANOE tcilc opluiou. Vous ne Mmriex pas de honte, lorsque vous proclamiez pniâant la session qu'un ambassadeur vouloit (koloment que le projet du ministère passât , que ii proposition des Chambres fût rejetée. Vous mlez que Je vous croie , quand vous venez me lie aujourd'hui (ce qui n'est sûrement qu*une ^^lensecalomnie) qu'un ministre françois a passé tnis heures avec un ministre étranger pour aviser » moyen de dissoudre la Chambre des députés. VoQs racontez confldemment qu'on a communi- Vé mie (Htlonnance à un agent diplomatique , et 9^ Ta fort approuvée : et ce sont là des sujets 'oaltation et de triomphe pour vous ! Quel est
le plus François de nous deux , de vous qui m'en** tretenez des étrangers quand vous me parlez des lois de ma patrie , de moi qui ai dit à la Chambre des pairs les paroles que Je répète ici : « Je dois « sans doute au sang françois qui coule dcns mes « veines cette impatience queJ*éprouve, quand , « pour déterminer mon suffrage , on me parle d'o« « pinions placées hors de ma patrie ; et si PEuropc « civilisée vouloit m'imposer la Charte, Jlrois vi- « vre à Consf antinople. »
Ainsi la faction a mis les royalistes dans icette position critique : s*ils veulent combattre le sys* tème des intérêts révolutionnaires, on les menace de l'Europe pour les forcer au silence; si cette menace leur ferme la bouche , on fait marcher en paix^le système destructeur, et avec lui la conspi* ration contre la l^itimité.
Eh bien I ce sera moi qui , à mes risques et pé* rils, élèverai la voix; moi qui signalerai cette at)omlnable intrigue du parti qui veut notre perte. Et comment les mauvais François qui soutiennent leurs sentiments par une si lâche ressource ne s'aperçoivent-ils pas qu'ils vont directement contre leur but? Ils connoissent bien peu l'esprit de la nation. S'il ctoit vrai qu'il y eût du danger dans les opinions royalistes , vous verriez par cette raison môme toute la France s'y précipiter : un François passe toujours du côté du péril , parce qu'il est sûr d'y trouver la gloire.
Au reste , faut-il s'étonner que des hommes qui ont été offrir la couronne des Bourbons à qui* conque vouloit ta prendre; qui demandc^nt^ selon leur expression , une pique et un bonnet de Cosaque plutôt qu'un descendant de Henri tV ; faut-il s*étonner que leur politique ressemble à leurs affections? Comprendroient-ils qu^ ce n'est pas en se mettant sous les pieds d'un maître qu'on se fait respecter; qu'une conduite noble est sans danger? Tenez fidèlement vos traités ; payez ce que vous devez ; donnez , s'il le faut , votre dernier écu; vendez votre dernier morceau de terrQ^ la dernière dépouille de vos enfants, pour payer les dettes de l'État ; le reste est à vous ; vous êtes nus, mais vous êtes libres»
Éloignons de vaines terreurs : les princes de l'Europe sont trop magnanimes pour intervenir dans les affaires particulières de la France. Ils ont adopté cette haute politique de Burke. « La « France, dit ce grand homme d'État, doit être « conquise et rétablie par elle-même ,en la laissant « à sapropre dignité» Il seroit peu honorable , il se*
MÉLANGES PQUTlQUfiS.
f roit pea décent , il«enrtten6ore moins poUtkpie çpour les puissances étrangères, de se mêler des « petits détails de son administration intérieore , « dans lesqneb Ailes ne ponrrolent se montrer qu*i- « gnorantes,incapableset oppressives '.«Les alliés ont eux-mêmes délivré leur propre pays du Joug ^es François ; ils savent que les nations doivent jouir de cette indépendance qu'on peut leur arracher un moment , mais qu'elles finissent toujours par reconquérir : spoliatiê arma swpenunL Si, lors même que notre roi n'étoit pas encore rentré dans sa patrie , les monarques de l'Europe ont eu la générosité de déclarer qu'ils ne s'immisceraient en rien dans le gouvernement intérieur de la France, nous persuadera-t-on aujourd*bui qulis veulent s'en mêler? nous persuadera-t-on qu'ils s'alarment de ces débats, qui sont de la nature même du gouvernement représentatif? qu'ils ont trouvé mauvais que nous ayonsdiscuté l'existenoe de la cour des comptes et l'inamovibilité des juges? qu'ils vont s'armer, parce que nos députés veulent rendre quelque splendeur à des autels arrosés du sang de tant de martyrs , ou parce qu'ils ont cru devoir éloigner les assassins de Louis XVI ? N'est-ce pas insulter ces grands monarques que de nous les représenter accourant au secours d'un spoliateur ou d'un régicide, faisant marcher teurs soldats pour soutenir un receveur d'impêts qui chancelle , ou un ministre qui toml)e?
L'Europe n'a pas moins d'intérêt que les vrais François à défendre la cause de la religion et de la légitimité : elle doit voir avec plaisir le zèle de nos député? à repousser ies doctrines funestes qui l'ont mise à deux doigts de sa perte. Quand nos tribunes retentissoient de blasphèmes contre Bleu et contre les rais , les rois , Justement épouvantés, ont pris les armes : vont-ils aujourd'hui marcher contre ceux qui font des efforts pour ramener les peuples à la crainte de Dieu et à l'amour des rois? Qui a fait la guerre à l'Europe? qui l'a ravagée? ^i a insulté tous les princes? qui a ébranlé tous les trônes? Ne sont-ce pas. les hommes que les royalistes eombattent? Certes , si , par la permission de la divine Providence , on voyoit aujourd'hui les princes de la' terre soutenir les auteurs de tous leurs maux ; s'ils prêtoient la main à la destruction des autels, au renversement de la morale et de la Justice, de la véritable liberté et de la royauté légitime, il fkudroit reconnottre que
* « WemaHtê <m tkê poiicf t>f tkt oHieM tcith respect fo Ivvnif , pi|^ IIS» CWohtt ITSS»
la révokitioQ frMiçoIae n'csl que le eiNUMaeif ment d'une rév<rtutkNi phis terrible; il tnàM reconnottre que le christianisme, prêt à disj^ roltie de rEwope, la menace, en se reUnDitt,d'ii bouleveraeiBent général. Les grandes eatHtnphes dans l'ordre politiqM aocompagneat toi* Joun lesgraodesaltératioDsdaiM l'ordiereli^: tant il est vrai que la religion est kvnifoDdsBHI des empires!
Hommes de bonne loi , qui ne stf vei ^ pn une sorte de fatalité le système des intértemo! lutionnaires, J'ai rempli ma tâche ; vous êtes ito" tis; vous voyez maintenant où ce système vous mène : me crairez-vous ? Je ne le pense pas. Ton prendrez pour les passions dlm ennemi « fâ est la firanche et sincère eon vietion d'an boaiÂi homme. Unjourpeat4tre,il n'cnserapliistanfi) vous regretterez de ne m'avoir pas écouté : Ton reconnoitrez alors quels éUnent et quels a'âoinl pas vos amis. Vous vous confiez aujourd'hui kia hommes qui flattent vos passions, caressent TObi humeur, chatouillent vos foiblesses^àdes ho» mes qui vou^égarent, qui tiennent, derrièrevon, sur votre compte , les propos les plus méprisasti, et sont les premien à rire de ce qu'ils appeileiif votre incapacité. Ils vous poussent à desûtstia dont ils profitent. Vous croyez qu'ils vous seneot avec zèle : les uns ne veulent que votre place, ta autres que la ruine du trône que vous souteM Je vous le prédis , et j'en suis certain , vous n'f^ riverez point au but en suivant le système da intérêts révolutionnaires :vous pouvez y toucber; une fatale illusion vous trompe. Athaaias,joi^ d'une puissance ennemie, croyoit déjà reconfll' tre le port d'Ithaque ,* le temple de Minene,)! forteresse et la maison d'Ulysse; il croyoit d^ voir, au milieu de ses sujets tranquilles, àmfsù' tique palais de Laërte , ce roi si fameux par n sagesse , qui , revenu de l'exil, éprouvé par le malheur , avoit appris à connoître les hommes : mais quand le nuage vint à se dissiper, AthamasDe vit plus qu'une terre inconnue, où vivoit un peuple en butte aux factions, en guerre avec ses voisiS) et que gouvemoit un roi étranger poursaivi ptf la colère des dieux.