UN6ES
MfjiésdVmelatteaiissI pénible, lag d*un dévoue*meotaossi mal apprécié, se retiroient des collèges éltetofaox ■ » les indép^dants obtiendroient ud Irionipbe complet
Bans cette circonstance, que fera le ministère? 0 eaïKia la Chambre I Le peut-il aujourd'hui , f après aon opinion même, sans danger pour lui n poar la légitimité?
Sans danger ]poor lui, si les élections sont roya^ ï0$ Il indépendante».
Saos danger pour la légitimité , si les élections pt {Hirsment indépendantes , à en juger par tout H qulla vouin noua faire entendre dans son at^ 4if M eaqtn les indépendants.
• Nf ieroit^ee pas une chose f qneate si le premier Mi qv*aa a fait de la loi des éteetiona mettoit, im la présent ministère) un obstacle moral à ffureiee de la prérogative la plus importante de haoaronne?
Que quelques hommes se Àissent trompés dana tan iatérte particuliers, il faudroit bien s'en iwsfilcr; cela prouverait seulement qu'ils ont SB tort de blesser les deux classes les plus nom** kmes de la France , en croyant qu'elles n^étoient Ém , et qu'ils étoient tout. Mois s'ils s'étoient •épris sur les intérêts de la mouarchie, il fau* Mt déplorer cette erreur. Il est bien à craindre la'Qne loi des élections , où Tinfluenee légale de h grande propriété , et le patronage des grands ^gaitaires, ne balancent paâ assea l'action pofaillie, ne sème de nouveau dans nos institutions hi|mDfs du républicanisme. Le projet de loi il neniteœent vient encore augmenter les crain* IK fa amis de la monarchie.
Gepi^et viole ouvertement plusieurs articles fch Charte : sans m'arréter à ses nombreux innamients, le titre de ravaneement dépouilivatt la eourenne de sa plus importante préro-^ lUife^lefoicesseroit, pourain9i dire, d'être le Mre de Tarmée, et une fatale confusion feroit IMcr le pouvoir exécutif au pouvoir législatif; ce ht la grande feute de l'assemblée constituante. Abttila révolution ne nous auroit rien appris! U même témérité qui nous poussoit au milieu des écoeils avant la tempête, nous suivroit encore ^ le naufrage.
Dansles républiques même, l'avancement dans Tarmée n'a jamais été réglé par une loi : dans >Be mooarehie, c*est tout au plus matière à une
' Dè> eette uoée, uo grand nombre d'électean royaUstes *t le sont point rendus aux élecUons : ils ont eu tort-
POUTIQUBfl; êM
ordonnance. Le roi même a*a pas le droit de se dépouiller de sa puissauce executive; elle est inbérente à la royaqté; elle existe une et entier^ dans la couronne, pour le salut dt^ peuple, pour la paix comme pour la gloire de la patrie.
On a encore reproduit cette année une triste loi d'exception pour les Journaux : la discussion de cette loi a donné lieu à un reproche auquel il faut d'abord répondre.
On reproche donc à la minorité royaliste qui vote aujourd'hui pour la liberté de la presse d'a^ voir laissé passer, en 1816, lorsqu'elle étoit ma^ jorité, la loi sur la censure des journaux,
Remarques d'abord que c'est la Chambre des députés de 1814 , et non pas eelle de isia , qui avoit établi provisoirement la censure : la Ghann bre de 1816 n'a fait que la proroger relativement aux journaux; mais dans quelle drponstanoe l'a* t*eile ikît? Après les Cent-Jours, au moment où la France venoit d'être bouleversée , où l'on étoit environné de tant de factions , où tant d'intérêts froissés, tant de passions émues menafoioBt l'existence de la monarchie , où tant d'hommes comblés des bienfaits du roi s'étoient livrés à la plus inconcevable trahison , où les alliés occn* poient Paris, Lyon, Marseille, la France, enfin, jusqu'à la Ix}irel
Si les deux Chambres, dans des ciroonstances aussi graves, ont cru devoir accorder une rtpression temporaire de la presse , sied-il bien an ministère, qui demande encore cette répression, de le leur reprocher aujourd'hui? Et parce qu'elles ont voté alors pour la censure , sont^elles obligées de maintenir cette même censure, lorsque les circonstances ont changé? Quand le parlement d'Angleterre suspend Yhabeaseorpugy s*oblfge4-!l à le suspendre d'année en année? Nous refusons la censure aujourd'hui , précisément parce qu'on Ta accordée hier, et parce que n'étant plus utile au salut de l'État, elle ne sert que les passions d'une autorité qui en abuse.
On insiste. Comment se ihit*il que la liberté des journaux (il ne reste plus à présent que cette question à traiter) ; comment se ftiit*il que cette liberté soit réclamée et par ceux qui pensent qu'elle est indispensable dans un gouvernement repré* sentatif , et par ceux quièa tiennent pour dangereuse? — Cela vient de l'abus que l'on a fait de la censure. Si on eût laissé une honnête liberté d'opinions dans les gazettes ; si aucun homme n'y eût été calomnié , sans pouvoir au moins s'y
JM
défendre; si l'on n*eAt pus fait de la censure ane arme de parti ; si tout oiivrage eût pu être annoncé avec louange ou blâme, selon Topinion du criti* que; si la censure se fût réduite à retrancher ce qu*elle eût voulu d'un article , mais sans y rien ajouter; si Ton n'eût jamais forcé un rédacteur à recevoir, contre son gré, ces paragraphes politiques qui sentent encore les bureaux d'où ils sortent ; si , enfin , on eût respecté les propriétés des Journalistes soumis à la censure, il n'y a pas de doute que , par cette conduite adroite , on eût diminué les partisans de la liberté de la presse parmi ceux qui n'entendent pas bien la question constitutionnelle; mais quand la censure ne sert qu'à faire le mal et à s'opposer au bien , quand les plus indignes libelles , quand les plus mauvais Journaux circulent sans olMstacles , tandis que les ouvrages les plus utiles et les Journaux les mieux intentionnés sont de toutes parts entravés, l'homme le moins favorable à la liberté de la presse devient partisan de cette lilierté : et puisqu'il se ■ent perdu par l'esclavage des Journaux, comme il craint de l'être par leur liberté, il aime mieux se ranger à une opinion qui lui donne un espoir de saiiit, que d'embrasser un parti qui, en le privant de tout moyen de défense, ne lui laisse pas même la chance du combat.
Mais ce ne sont là que des raisons tirées des opinions individuelles. En entrant dans le fond des choses , on sentira que des Journaux dans la dépendance de la police changent et dénaturent le gouvernement représentatif, au point qu'on ne te reoonnof t plus.
Sous le rapport de la politique extérieure, les membres des deux Chambres sont laissés dans une ignorance complète ; nous sommes réduits à chercher dans les feuilles publiques étrangères les choses les plus importantes pour notre patrie. Un correspondant de Paris écrit dans le Courrier anglais : il y. calomnie souvent les hommes; mais il apprend aussi aux Anglois ce que font nos ambassadeurs ; quelles négociations sont conunenoées» quels traités vont se conclure : nous, nous ne valons pas la peine d'être instruits de ce qui nous touche ', Ces nouvelles cependant seroient aussi bien à leur place dans nos gazettes que dans
* L*aonëe dernière , j*ai révélé à la Chambre des pain Pexittenee d*un traité ( entre la France et la ville de HamNKirg) , Imprimé dans toute TEurope, excepté en France. Celte année, le concordat a été Imprimé dans tons les Journaux de rEurope, et même dans quelques journaux de nos département, deux on trois mois avant qu'on en ait permis la publication dans les Journaux de Paris!
le Ckmrrier, et cela serpit phis hmioraUe pour la France.
Sous le rapport de la politique intérieure, ont dit ailleurs ' comment la censure attaque jtuqu*aux principes de Tordre Judiciaire, en défen* dant aux Journaux, lorsqu'ils rendent eaastfit d'un procès criminel , de parier de la partie da débats où se trouveroient mêlés quelques agests de la police '.
Au reste , la police a un si grand intèétàdi^ poser des journaux pour Jouir de i*impôt illég^ de650,000fr., qull est tout naturel qu'elieveiiilii les retenir dans sa dépendance. Si nous étions a possession de nos libertés , à quoi serviroit la police, et de quoi vivroit-elle? Espérons, pour IV venir, que, sa dépense étant portée au budget, elle sera plus libérale sur la censure des jon^ naux, qu'elle nous donnera le tableau de se»!» cettes et de ses dépenses , et imprimera la listi exacte de ses pensions I
liyaimprévoyanoedangereuseànepas aea», der aujourd'hui la lil)erté des Journaux aveesai bonne loi de répression. C'est une maxime d'Étiti qu'un gouvernement ne doit pas refuser pe «piell force des choses est au moment de lui ravir :aip Jourd'hui vous détiendrez une liberté de lapresK) demain on vous forcera peut-être d'en supporter la licence.
Tout le monde veut que les Journaux nosat libres, puisque ceux même qui s'opposent à IV bolition de la censure cette année nous la pi^ mettent dans un an. Si tout se réduit a ODeqM* tion de temps , tout se réduit donc à savoir ^ sera l'époque la plus favorable pour établir k liberté de la presse : or, pense-t-on qu*il m moins dangereux de raccorder lorsque les aliiésfi retireront, et que la loi des électicms aura efaia^ un autre cinquième de la Chambre des àèft tés? Ne seroit-il pas plus sage de nous habitocî à cette liberté tandis que nous savons eocoieÀ nous sommes,et que nous marcbonsdaDsnosvidix
sentiers? Du moins le premier effet serolt passé quand tout changera de face en Fraoce; cette explosion ne viendroit pas se joindre à celle (f^
• Voyex la Monarchie aehn la Charte. ^
* Faudroit-il croire , dans un antre genre de pmeédowi* Uve aux délits de la presse, ce que J*ai lu dans lei dertitni eoncimiont attribuées à MM. Comte et Duno}ier? Il nwH^ roit de ces conclusions que les auteurs du Ceiuew soroi» été recherchés pour des notes ooAtre les mitfioaoaiivj| contre des ofiiciers vendéens ; notes qu*on leur avoit ooof niquées , et qu'ils ont pu croire sorties d'une source nloi^ rielle. On attend encore l'explication, qui seule peal bii«o^ ser an parrU scandale.
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jnàviln néeessairement la délivrance de notre . territoire. Si I^on songeoit un peu plus aux intérêts de la patrie, et que l'on ne vit pas toujours dans la question des journaux les soucis particulien da ministère , on feroit attention à ce que je fisid.
N'apprendrons-nous jamais les affaires, et verrons-nous encore se passer sous nos yeux les èoses dont nous sommes les tristes témoins? En nin une majorité est acquise , si les lois qu*on lui fiàente sont tellement défectueuses que la raison les repousse, et que la bienveillance la plus décidée ne puisse les admettre sans amendements ; Ixtéede voter contre son penchant, cette majorité aceose par son vote les auteurs de la loi encore plus que la loi elle-même.
Le ooDcordat passera-t-il? Non pas vraisemiilal>lement sans éprouver une grande opposition ; cl cette opposition viendra peut-être du côté où le ministère a cherché son appui. Cela prouverolt
' fDll n*a pas bien connu les hommes. Des raisons
;lKrètes on publiques, comme on Ta dit un moment , feront-elles retirer le concordat ? L'opinion le pardonne guère ces tâtonnements ; et la déconiidération marche , pour les hommes d'État, à la nite des essais et des demi-partis.
' Enfin , remarquez le sort de la loi sur la liberté de la presse : on en sépare d'abord le dernier ar^ ttde de la manière la plus insolite, pour en faire
' Me loi particulière , sans égard au rang qu'il occopoit dans la série des articles, sans égard à hBlhence qu'il a pu avoir sur les opinions , sur la Bnière dont il a pu déterminer des amendements,
' itisoppressions ou des adoptions, lorsqu'il ûii- Mfftrtie de la loi générale. Vite on porte à la (^mbre des pairs ce qui n'étoit dans l'origine 01 BD projet de loi, ni un article d'un projet de liM') niun amendement de la Oiambre des dépu* 6 à un projet de loi , mais un amendement de h commission de la Chambre des députés, fait m dernier article d'une loi composée de vingt- Kpt articles. On ne sait précisément quel ^i*& le ^«ïoede l'existence de cet être extraordinaire, ^^pétissabie d'une loi immotielle à laquelle ^ étoit attaché : la durée de sa vie dépend de la dorée de la prodiaine session.
Tandis que la loi générale est discutée lentement dans laCbambre des députés, le malheureux ^ment de la loi a à peine le temps de paroltre à la Chambre des pairs : il faut qu'il soit voté •vant le z\ décembre, aflu que l'ancienne loi ex-
CBATCACeRli!!]). — TOIIE H.
pirante ait la consolation de voir son héritière avant de mourir : moins heureuse que l'esclave romain, la pensée n'aura pas même dans l'année un jour de fête où , sous la protection de quelque divinité, elle puisse déposer ses chaînes.
A peine les ministres étoieut-ils parvenus à faire distraire de la loi générale l'article concernant les journaux, qu'ils expioient ce succès en perdant la majorité sur un autre article : bientôt ils sont encore battus sur un autre. Ils ont triomphé, il est vrai, en faisant rejeter l'amendement en faveur du jury. Déplorable triomphe pour la France et pour le ministère lui-même 1 Quand on livre aux disputes humaines ces questions qui touchent à la fois aux intérêts les plus chers et aux passions les plus vives , il faudrait du moins que le prix de la victoire en compensât le péril. Enfin la loi est adoptée ! Quelques voix seulement la livrent, comme à regret, au ministère , qui ne craindra pas de présenter à, l'approbation de la Chambre des pairs, à la sanction du roi , et au respect de la nation, un projet de loi auquel une majorité de dix suffrages donne à peine un commencement d'existence !
L'article sur les journaux sera peut-être admis par la Chambre des pairs; mais comme il n'a d'effet que jusqu'à la fin de la session suivante, l'année prochaine les débats recommenceront. Rien de plus imprudent que de remettre chaque année en questiop les principes de l'ordre social. Que résultera-t-il donc de ces derniers débats? La profonde affliction que causent à tous les François de§ mesures si fausses, des projets si mal conçus , des méprises si fatales sur les choses et sur les hommes.
Il reste à considérer le ministère dans ses rap* ports avec la constitution , à examiner ce qu'est devenue la Chambre des députés sous son in* fluence , quelle notion il a du gouvernement re* présentatif , et quel est à cet égard son savoir ou son ignorance : cela fait, on aura parcouru tout son système.
La Chambre des députés présente un aspect aussi singulier qu'il est nouveau. Une main peu sûre l'a laissée se briser en plusieurs parties. Aux deux extrémités se présentent les hommes qu'on voulut exclure des élections en 1815 et en 1816. Ils forment deux minorités : ceux qui composent la première sont les plus nombreux.
Au centre, dans ce qui devroit être la majorité, s'est formé un tiers parti. Ce tiers parti semble
composé d'hommes éclairés (joi n*0Qt pu faire le sacrifice de leurs lumièrel à des ministres qu'ils {regrettent de ne pouvoir suivre.
Ici l*on doit sentir, spus le simple rapport du ministère, Tinconvéuient d'une représentation diminuée , et combien étoiént dans l'erreur ceux qui prétendoient qu'une Chambre réduite à deux cent cinquante-sept membres, seroit plus facile à conduire qu'une Chambre composée de quatre cents membres et plus. Dans une assemblée peu pombreuse , dix ou douze hommes qui se groupant et sisolent deviennent importants et changent fa majorité. Le ministère est forcé d'entamer des négociations avec ces petites puissances; il est à la merci de quelques voix , qu'il ne perdrait pas, peut-être , si l'assemblée , plus nombreuse , lui permettoit de les négliger.
La petite minorité , dont le germe existoit dans la Chambre dès la session dernière, a pris des forces cette année. Elle vient de paroftre avec mesure et talent , et a défendu , comme l'ancienne minorité, les principes conservateurs de la Charte.
Quant à cette ancienne minorité formée de la imajorité de la Chambre de 1815, elle est tout luste dans la position où elle se trouvoit l'apnée dernière : elle continuera d'émettre son opinion selon sa conscience. La religion , la légitimité, la Charte avec toutes ses libertés , poi^ pas arbitrairement sqspendpes par les lois d'except|op , inal^ sagemept réglées par des |o!s permanentes 1 voil4 ^ que veut cette minorité : tous ceux , saqs exception d*hommes, qui voudront venir sur ce terrain , sont sûrs de la trouver : c'est là que , (ans in tripes , sans ambition , elle tiendra d'une main ferme le drapeau blanc à la tribune , et soutiendra une opinion qu'on cherche à décourager. La lassitude des royalistes seroit le plus grand malheur qui pût arriver à la royauté ; pour ne pas ^ntir cette lassitude , il fapt avoir une dose peu commune de longanimité.
La politique adoptée en donnant naissance aux minorités royalistes des deux Chambres, a fait pn mal incalculable. Ce sont des minorités contre nature : on ne s'accoutume point à voir dans i'op-* position les plus fidèles soutiens du trône. Oe toqs les devoirs que les royalistes aient eus à remplir jusqu'ici, le plus douloureux peut-être est d'être pbligé de voter contre des projets qu'on leur présente comme émanés de la volonté du roi.
L'opposition naturelle aujourd'liui seroit une opposition démocratique combattue par une forte
mt^orité royaliste', ^yee cette opposîtipo^ k ministère et l'État marcheroicut sans craintes et sans entraves ; mais quatre-vingts n^equbres dans la Chambre des députés , soixante afi moins dau la Chambre des pairç, presque tous oonnps par leurs sacrifices et pour leur attachement à la monarchie, plusieurs au service particulier du ipo* narque et nobles compagnons ie. ses exils, forment des minorités trop extraordinaires pour ne pai annoncer un vice radical dans l'administration.
Vous avez beau dire que ce sont des homma honnêtes , mais égarés ; une erreur peut appart^ nir à un homme, à quelques hommes; ellen^est pas le partage d*un nombre considérable de sujets loyaux , dévoués , sincères , religieux. Qui peat donc les pousser k une opposition si pénible poor eux : l'ambition ? Mais dans ces nobles vieiliardl de la Chambre des pairs , fatigués des travenes d'une longue vie , on n'a Jamais remarqué que l'ambition de s'attaeher aux pas d'un monarf» 1 malheureux , de lui aider à soutenir sa couronne} lorsqu'elle pesolt sur sa tète royale. Gourtisagi des temps de son adversité, ils ne veulent points être ses ministres au Jour de sa fortune. Ils ooiv un plus beau titre à garder, un titre que la fidélilâ leur donne, qu'aucune puissance ne peut leor 1 ravir : ils sont les amis du roi. \
On ne voit dans l'ancienne minorité de la Chambre des députés que des citoyens modestes, fidèlement attachés ou noblement revenus dl trône. Qui les console dans leurs péoibla tu* vaux? Ont- ils, comme en Angleterre, des joip naux qui les défendent; des fbrtunes, une e# tenee, qui les dédommagent de la perte dfl faveur? Les rencontre-t-on chez les ministrrf Intriguent-ils dans les antichambres? Ils Tinrt entre eux dans la simplicité de leurs moeurs, san prétention , sans autre but que celui de ikirf triompher la moparchie légitime , sacrifiant (i silence Jusqu'aux intérêts de leur famille eov^ loppée dans leui' disgrâce , et n'opposant aui eilomnies que le témoignage de leulr conscience. Di ne tirent aucun parti de leur renommée; Ils il quittent pour ainsi dire avec leur habit, et ne il reprennent qu'à la tribune : ces hommes de bieO} si redoutables aux ministres, si estimés dans toute la France , sont à peine aperçus dans PVii
Une opposition pareille a nécessairement une Influence considérable sur l'opinion. Par queik
* On a le bonheur de «e rencontrer ici avec on orateaMJe U Chambre des dépatés , M. Beaoiit , qui a trb-bieB es(M e\ développé ceUe idée.
MÉUNOES
lifSlé i-t-^ bit deux choses de la royauté et fa royalistes? Les geos simples ne comprennent rien à eette distinction bizarre; ils ne savent où est la vérité , de quel cdté il faut qu'ils se rangent ; ainsi t^ trouve rompu ce faisceau de volontés sur jqoel la France doit 8*appuyer, et dont elle doit tirer sa défense et sa force.
Oo entend une clameur : Les royalistes voter 9feeks indépendants/ Les royalistes inscrits me eux pour parler contre la même loi! Quel f mikeureux esprit de parti!
Hais qui donc élève cette clameur? Qui donc
fH si jaloux de l'honneur des royalistes? Seroit-
9fBr hasard leurs ennemis? Ils ont donc une idée
ijn haute de notre vertu! Depuis deux ans on
ifmûk les royalistes de la manière la plus hon-
;i^: OQ essaye d*armer contre eux l'opinion pu-
iSfoe; tous les journaux, mêmes les Journaux
»lbaogers à la solde françoise, les déchirent; on
î|Mroit les perdre dans toute l'Europe; et quand
Abtoire fouillera les archives, aujourd'hui fer*
«pli les recherches, elle y découvrira peut-être documentsqui prouveront à quel point la haine iipNiniiivi la fldélité. On a tout fiiit souffrir aux içallstes; et parce qu'on s'est mis dans une poiribo périlleuse, on trouvera mauvais que les loyalistes ne s*empressent pas de tendre la main à leors imprudents persécuteurs? C'est la patrie, lit-ûn, qu'il s'agit de sauver ! Et qu'est-ce qui a Mpromis la patrie? N'est-ce pas une politique r Anite et passionnée qui a produit les divisions fristaates aujourd'hui? Si on ne change pas de • èrtèihe, le plus grand malheur ne seroit-il pas ^naintenir au pouvoir ceux qui nous perdent Il ce système? Leur retraite, dans ce cas , n'estm|Mlapremière condition du salut de la France ? Vneienne minorité de la Chambre des défHét noter a*'ec la nouvelle! Et pourquoi ceux pi le scandalisent de cette coïncidence de votes M-ib plus scmpuieux pour les royalistes que fNreoi-mêmes? Ne votèrent-ils pas pour la loi fa élcetioDs avec ces mêmes hommes dont la ftiimest passée at^ourd'hui ? On eut besoin des in- '^peadants pour faire un 6 septembre contre les >v^istes : voudrolt-on aujourd'hui employer les lojaiistes pour faire un autre 5 septembre contre bWépcndants?
Us royalistes défendirent l'année dernière la HCîté de la presse : falloit-il qu'ils changeassent 'tvis cette année^ parce qu'une autre minorité Wag^ leur opinion? Et que deviendroient leurs
POUTIQtJCS. 291
discours de l'autre session? S'ils pouvpient changer si subitement de doctrine sans raison palpable et motivée , ne seroient-iispaset ne mériteroientils pas d'être la fable de l'Europe et de la France? On disoit que les royalistes étoient incapables ; et on va trouver mauvais à présent qu'ils ne se précipitent pas sur des hommes qui sont d'accord avec eux dans une discussion capitale !
Grâces à Dieu, la querelle des hommes tire à sa fin entre tout ce qui ne veut pas ie despotisme ministériel : les bons esprits sentent la nécessité de se fixer dans des principes qui n'aient pas la mobilité des passions. Tout ministère>qui ne sera pas franc dans l'exercice de la constitution , qui n'embrassera pas le gouvernement représentatif avec toutes ses libertés, toutes ses conséquences, tous ses inconvénients comme tous ses avantages, tombera écrasé sous le poids de ce gouvernement. Bonne foi et talent, voilà ce qu'il faut maintenant pour nous conduire ; et In bonne foi et le talent ne sont point le partage exclusif d'une classe d'hommes. Les royalistes ne repoussent que la lâcheté et le crime ; ils ne sont point pnnemis des opinions. Quant à l'auteur de cet écrit , il pense qu^on peut rencontrer des amis sincères de la monarchie constitutionnellejusquedans les rangs des anciens partisans de la république ( lorsqu'ils li'ont pas commis de crimes ) , parmi ces hommes dont les premières erreurs ont eu un fond de noblesse; il croit encore que les enfants de nos victoires récentes sont désormais disposés à se Joindre aux vieux soldats de notre antique gloire : aimbr l'honneur, c'est déjà aimer le roi. Mais défionsnous de ces suppôts de la tyrannie , prêts à servir comme à trahir tous les maîtres, qui, toigours attendant l'événement, en ont toujours profité, esclaves que rien ne peut rendre libres , et dont la Charte n'a fait que des affranchis.
Que faut-il conclure de la rencontre des deux minorités dans des principes communs de liberté et de justice? Que cette réunion est la plus sévère critique du système que l'on suit, et l'accusation la plus grave que l'on puisse former contre ce système.
Enfin on s*écrie que c'est par esprit de parti que les royalistes combattent pour la Charte, pour la liberté de la presse; qu'au fond, ils n'aiment pas ces libertés. Cet argument est usé : la persévérance des royalistes dans leurs opinions détruit, à cet égard, toutes les insinuations de la calomnie; mais, pour trancher la question d'une façon
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péremptoire , qu'il me soit permis de citer un exemple.
Dans un rapport sur l'état de la France, fait au roi dans son conseil , à Gand , je m*exprimois de la sorte :
R Sire , vous vous apprêtiez à couronner les ins- « titutions dont vous aviez posé la base , en atten- « dant dans votre sagesse raccomplissement de
« vos projets Vous
« aviez déterminé une époque pour le commencent ment de la pairie héréditaire; le ministère eût À acquis plus d'unité ; les ministres seroient deve- « nus membres des deux Chambres , selon l'esprit « même de la Charte ; une loi eût été proposée afin « qu*on pût être élu membre de la Chambre des « députés avant quarante ans, et que les citoyens « eussent une véritable carrière politique >. On • alloit s'occuper d'un code pénal pour les délits « de la presse , après l'adoption de laquelle loi la « presse eût étéentièrement libre, car cette liberté « est inséparable de tout gouvernement représen- <i tatif '. On avoit d'ailleura reconnu l'inutilité , « ou plutôt le danger d'une censure , qui , n'empê- « chant pas le délit, rendoit les ministres res- « ponsables de l'imprudence des journaux .^. . .
« Sire, et c'est ici l'occasion^ d'en faire la protestation solennelle, tous vos ministres, tous les membres de votre conseil sont inviolablement attachés aux principes d'une sage liberté. Ils puisent auprès de vous cet amour des lois, de l'ordre et de la justice , sans lesquels il n'est point de bonheur pour un peuple. Sire, qu'il nous soit permis de vous le dire avec le respect profond et sans bornes que nous portons à votre couronne et à vos vertus, nous sommes prêts à verser pour vous la dernière goutte de notre sang, à vous suivre au bout de la terre; à partager avec vous les tribulations qu'il plaira au Tout-Puissant de vous envoyer, parce que nous croyons devant Dieu que vous maintiendrez la constitution que vous avez donnée à votre peuple; que le vœu le plus sincère de votre âme royale est ht liberté des François. S'il en avoil été autrement, sire, nous serions toujours morts à vos pieds pour la défense de votre personne sacrée, parce que vous êtes notre seigneur et maître, le roi de nos aïeux , notre souverain lé-
« gitime ; mais , sire , nous n'aurions plus été qœ R vos soldats, nous aurions cessé d'être \osooq- « seiilers et vos ministres '. »
Que ceux qui accusent les royalistes de n'étn pas de bonne foi dans leur attachement à h Charte , de n'avoir pris qu'un masque de circonstance; que ceux-là disent pourquoi à Gaad ai! royaliste qui ignoroit quel seroit le terme de soi exil et rissue des événements, qui n'étoitnipali de France, ni opposé à un ministère dont Teii» tence même ne pouvoit pas être prévue ; qu'il! disent pourquoi ce royaliste réclamoit si tante ment les libertés constitutionnelles. Qu'ils dised si le langage qu*il tenoît alors diffère de cela qu'il tient aujourd'hui; si sa franchise à la tri bune a surpassé celle qu'il a montrée dans k conseil. Un homme qui, suivant son prince mal' heureux, a pu faire à ses pieds, en terre étrangère , une pareille profession de foi, a peut-ébt quelques droits d'en être cru sur parole , lorsqa'ti soutient des principes généreux , et qu il lesallil à d'inaltérables sentiments d'amour et de fidéliV pour son roi.
Ce qui,^à chaque session, à chaque qnestioi nouvelle, semble remettre en doute TinflaeDCC du ministère sur les Chambres , c'est qu'il M s'est pas bien pénétré des doctrines du gouven» ment constitutionnel.
Lorsque la restauration est venue nous saoreri par un mouvement naturel on s'est reporté • commencement de nos troubles, et lesvingt-dof années de nos malheurs s'évanouissant cxaaà un mauvais songe, on a repris la monarchirl où on Tavoit laissée. Cependant les choses {tr toient plus les mêmes : le roi , dans sa magnatt* mité, nous avoit donné une Charte; aveccetH Charte nos devoirs a voient changé, mais les boD' mes appelés aupou voir virent que le rétablisseoMSt du trône avoit réveillé dans nos cœurs cet amoar inné des François pour les enfants de saint Looii lis se hâtèrent de profiter de ce sentiment potf échapper aux entraves de la Charte. Au liea de restera leur poste devant le roi , ils passèrentde^ rière, aûn de couvrir la responsabilité du txnsM
permis À aucun Journal â*onDonoer en MH^ iment à cause de la pn^face qui oûffloeoff >
* On peut remarquer que Tordoonance du 13 Juillet 1815 étoit ba.sée sur ces principes.
^ Voilà, je pense, la lil)erté de la presse ^uei franchement demandée, et répo<|ue de la demande n*esl pas suspecte.
« U n'a élé ges , apparemment à cause de la pn^face qui recueil, et de la Monarchie êelo» la Charte tpi ktaài\t»f ne suppose pas que la brochure de JiuonaparU el des *2 bout, les Réflexions poliiiqnes donlAouls XVni avoil <i*2 approuver l'impression, quelques moroeauK écrite à <^ pour les affaires du roi, et mes Opinions à la Owaàm *» pairs, soient mis à Y index de la police. Qui sait poorlMl-
( ^ote de Vancietuie éditmA
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de lloTiolabilitéda monarque. Ainsi retranchés, ils se flattèrent de conduire la monarchie nou- Telle avec les maximes de l'ancienne monarchie. De ta le combat qui s'est engagé entre le ministère et les Chambres : le ministère s'exprimant d*iin ton absolu, s^efforçant d'emporter tout de bute latte au nom sacré du roi ; les Chambres rédamantla liberté de leurs opinions , et voulant lenferaier le ministère dans les principes.
Telle est la première cause qui empêcha certiioes personnes de bien comprendre Tesprit de h Charte. Il y a une autre raison qui rend aussi quelques hommes étrangers à Tordre actuel : ils eoosenrent le souvenir des institutions de Buo- Mparte. On n'a d'un côté pour conduire la molarrtiie représentative que les traditions de la ■onarchie absolue , et de l'autre que l'expérience Al pouvoir arbitraire. Remarquez la manière Anton interprète les lois, le soin avec lequel il ^^ déterrer celles qui furent inventées par le fiDdalisme conventionnel ou par la tyrannie im- •|ériale; lisez les discours prononcés dans quelfoes tribunaux , vous y découvrirez une antipathie kerètefour l'ordre constitutionnel. Ne répète-ttt pas que les Chambres sont moins un contre- Jfoids qu'an conseil pour l'autorité royale? N'entend-on pas dire qu'on peut gouverner avec des iordounances; que les François ne sont pas faits pour uoe monarchie représentative^ qu'il sont las de ces corps politiques auxquels ils attribuent pf» leurs malheurs? Tantôt on confond le ministtreavec le trône; on soutient qu'attaquer le prepet c'est attaquer le second; tantôt, pour un Mre motif, on en fait une puissance séparée ; on prte des principes qui lient le ministère au roi y f^kfoiau ministère, créant ainsi en théorie de pctftssouverains qui sembleroient avoir des prin- %set un pouvoir indépendants de ceux du mottrque. On perpétue des lois d'exception qui perpétuent le ministère de la police générale ; tribunal d'inquisition politique, qui , dans un moment de Q^, a pu avoir son utilité , mais dont l'existence est définitivement incompatible avec un gouver* Mment constitutionnel. On a surtout horreur de c^ liberté des journaux qui déjoueroit tant de P^its projets, qui mettrait à nu tant de médio- <^. On introduit dans l'administration ce despotisme sauvage qui déplace les hommes, sans *pnl à leur position , afin de briser les volontés , tt de n'avoir partout que des machines. Buona-
parte a disparu , mais il nous a laissé les muets de son sérail pour étouffer la liberté.
Il est au fond de la nature humaine quelque chose qui semble militer en faveur du pouvoir absolu : ce pouvoir se présente comme une idée simple ; et sous ce pouvoir il faut moins d'habileté à l'ambition pour parvenir. Quand on n'a pas les vertus nécessaires pour n'obéir qu'aux lois, on a un penchant naturel pour être l'esclave des hommes; mais quiconque voudroit ramener avec la maison de France le despotisme de l'usurpateur, perdroit la légitimité.
Il est tout simple cependant que des hommes jadisen pouvoir sous Buonaparte aient un penchant secret pour son système d'administration. L'admiration qu'ils ont pour ce système est une illusion d'amour-propre. « Toutalloit bien , disent-ils « en eux-mêmes : nous gouvernions. » Et ils s'imaginent qu'ils avoient fait Buonaparte , et ils ne voient pas que c'est Buonapare qui les avoit laits! Instruments de la force, ils obéissoient comme des machines qui taillent le fer, qui font des ouvrages prodigieux par la violence du torrent qui les pousse ou du feu qui les soulève ; ôtez le moteur, il ne reste plus que des pièces inertes et impuissantes.
Les efforts du ministère entre les trois divisions de la Chambre des députés seront-ils couronnés du succès? Nous l'ignorons j mais nous savons que, dans une monarchie représentative, le gouvernement doit avoir une majorité compacte, sûre , imperturbable. Un ministère, obligé de négocier entra un tiers-parti et deux minorités pour acquérir la majorité ; un ministèra , forcé de s'appuyer de l'une ou de l'autre de ces minorités pour faire passer les lois; un tel ministèra n'est maître de rien , et doit tout perdra.
On serait tenté de regarder l'existence du mimistère actuel comme un phénomène. Il ne se rattache point à l'opinion royaliste ; il ne s'appuie pas sur l'opinion indépendante; une partie des hommes qui le suivoient semble se séparer de lui : à quoi tient-il donc? Nécessairement les opinions diverses des différantes parties de la Chambre des députés offrant la réunion cfimplète des opinions de la France , et le ministèra ne se trouve dans aucune de ces opinions. Auroit-ll conçu le projet de les combattra toutes, et de se maintenir par une portion de chacune? Plus d'une fois à ce jeu funeste on a perdu les Etats.
En y regardant de plus près, on trouve que le ministère, isolé de l{i nation, a cependant un parti.
Ceux qui dans Torigine donnèrent naissance au système politique si menaçant aujourd'hui, ce furent une trentaine d*hommes qui s'arrangèrent pour renfermer l'autorité administrative dans leur petit cercle , et la conserver a tout prix. Tenant entre leurs mains les places qui séduisent, l'argent qui enchaîne, les Journaux qui trompent, ils parvinrent à diriger les ministères, à créer wne opinion fectice, à faire un moment illusion à l'Europe. Ils nous ont mis à peu près dans la position où nous étions à Saint-Denis, lorsqu'on prétendoit qu'il étoit impossible d'entrer à Paris avec la maison du roi , une garde nationale et un peuple qui n*attendoient Louis le Désiré que pour le bénir. Une poignée de fédérés tenoit les barrières fermées; et, pour vaincre cette grande résistance, il ne s'agissoit rien moins que d'ouvrir une négociation et de prendre la cocarde tricolore. Ainsi quelques hommes sans force réelle gardent les avenues de la monarchie , et disent à la foule des honnêtes gens : «« Vous ne « pouvez pas entrer, personne ne veut de vous ; « vous n'êtes pas assez forts ; prenez nos cou- « leurs. »
Ces trente inventeurs du système sont donc des génies extraordinaires? Pas du tout : ce n'est qu'une coterie poussée par une fhction » : cette coterie a été forcée de prendre son point d'appui dans cette faction. (Test de là qu'elle tire sa puissance, c'est de là que viendra sa perte. Pour se maintenir elle sera obligée d'exagérer ses propres principes, parce que dans les choses humaines, tout ce qui ne croit plus est prêt à décroître. C*est par cette cause que le ministère, soumis malgré lui à l'action du système, tend continuellement à s'épurer, à se dégager des hommes qui ne sont pas assez prononcés dans un certain setis, pour les remplacer par des hommes plus décidés ou plus soumis. Il arrivera qu'à force d'épurations l'esprit du gouvernement se trouvera changé, qu'une opinion aura pris la place d'une autre sans qu'en s'en soit aperçu. Si alors. Justement saisi d'épouvante, le ministère veut reculer, il perdra l'appui de la faction; s'il continue d'avancer, la faction l'engloutira.
Des hommes plus zélés que Judicieux ont cou-
< Voyez la MotutrchU $elon la Charte,
iume de citer l'Europe en témoignage de la oh gesse du système qu'on se permet de combattre dans cet écrit.
Est-il certain que l'Europe favorise on systèiM dont elle a été la victime? Voit-elle sans inquiétude se rassembler les éléments des tempêtes qol l'ont ébranlée? Elle n'a rien à redouter des priacipes qui peuvent consolider en France la roona^ chie légitime; elle auroit tout à craindre des doctrines qui rétabliroient parmi nous l'empire di la révolution. Si Je traitois ce côté de la qoestioO} J'y trouverois de grands avantages, en inspinnt aux rois une crainte salutaire ; mais Je SQisarrW par un sentiment d'honneur : ma cause me sembleroit mauvaise, si Je tirois mes arguments d'me source étrangère. Je respecte l'opinion de TEi* rope, mais elle ne sera Jamais une jiutorité pour moi , en ce qui touche les intérêts particniien h mon pays : Je suis trop François pour oublier ta moment ce que Je dois à l'indépendance de h France.
J'ai dit quelques vérités; je n'ai pas croderol me tenir dans ce milieu d'où l'on ne peut atteindre à rien , et où aucun intérêt ne vient aboutir. Des raisons et des phrases affoiblies manqaeat leur effet : c'est avoir l'inconvénient et n'avoir pas le courage de soti opinion. Un imprttdeotsp tème a gâté le bien qu'il étoit si facile d'opérer. Si par des raisons de parti, des craintes malfoo* dées de réaction et de vengeance , on a cru deroir verser du côté de la révolution, a-t-on lAi songé où l'on seroit inévitablement conduit?i4' on pensé à ce qui arrivera, lorsque, la FiMI devenue libre par la retraite des troupes étrniil' res, nous nous trouverons seuls en présence» passions que nous aurons armées? Soromes-MM sûrs de pouvoir rétrograder? Sera-t-il temps de revenir? Déjà le mouvement nous entraîne,d^ ceux qui sont dans ce mouvement ne s'aperçoivent plus de sa rapidité. Ils nous crient que toot est tranquille, parce que le tourbillon qui les emporte roule et se précipite avec eux. Les iliasions sont grandes autour de nous. A t^aris, des devoirs à remplir, des plaisirs à suivre occupent la journée ; il faut conserver sa place , soigner sa faveur, f^nre son chemin , garder les blenséaoicesde la société, ne choquer i opinion de personne. L*atmosphère des cours a quelque chose qui portée la tête, et change l'aspect des objets. TouteM ceux qui ont vu Boonaparte dans ses succès , les
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rois de la terre formant son cortège, huit cent nulle soldats (et quels soldats !) soutenant sa couh)Doe, tous les talents travaiilant à immortaliser sa ffléinoîre, savent combien tl faut se défier du sourire de là fortune. Vingt-cinq ans ont suffi poorealever la légitimité et rusurpàtion du même palais : Tune avec to vieille monarcliie de (quatorze siècles, l'autre avec son vaste empiré de quatdilcf aiis : Transivi, et ecce non eraL Aien a*est stable que la religlôti et là Justice : heureusèment le tr6ne de Louiâ XVI étoit fondé àur ces lase^, et c'eétponr cette raison qu'il est aujourfM rétabli. Ah ! ne permettons |>as qu'il soit opbBé i (le nouvelles secousses; velliôns à là gvdè de la couronne du meilleur et du plus référé des monarques ; rétablissons nos autels ; épurons nos mœurs; corrigeons nos lois en fondant i» Bbertés : ne lassons pas la patience du ciel , k peor d'aller grossir le nombre de ces natioùs fmîiê^ pour des fhutès qu'elles n^ont pas voulu
Rconnottrfc, et des crimes qu'elles n'ont pas assez
pcurest
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stm LES AFFAItlES Dt MOMENT
Paris,aJiiiUetlSI8.
i'avois renoncé à la politique ; des travaux Intoriques, depuis longtemps entrepris ^ sollicitsfeat m<m retour à l'étude. Tout n'avoit pas été ivdii pour ces travaux dans mon rapide passage Itnrers les affaires bnmaines : les hommes apfiment à oonnoltre les hommes ; et Je portols , àairexameD des principes qui servirent à Téta- Iteneiit de notre monarchie ^ les lumières que favoii pu acquérir, en voyant de plus près les OQscsde sa destruction.
C'est au milieu de ces occupations, lorsque je fooillois dans les tombeaux de nos ancêtres ^ que , déroulant les vieux titres de notre gloire , Je cberdrâ à élever à la France un monument; c'est dam cet instant mémo que l'on me peint comme imiodigne enfant de cette Franèe ! La plus lèche et la plus noire eolomnie arrête ma plume , sur la
' Oeai'ert ni tfà Oov^asB,^ ill même one brodiore que J« PttSe. Qaaod lei joqrnaax cesseront d'être sous une censure ftf détroit le j;o<nrero<*nient représentatif par sa Immc, alors ^ KrmM aitafellemeol chargés de oomlmUre la calomnie : jè>qae-la tout borome qui Jouit de quelque liberlé est obligé, tt temcienee, de s'en servir pour éclairer l'opinion publique : ^^ pourquoi Je faUparoJlre cette réclamation.
(Avis qui pricédoit la première édition,)
ligne même où Je vénois d'exprimer mon amour et mon admiration pour ma patHè. Je recherchois l'origine de la noble tace de saint Louis , et voilà que Je àuis dénonce comme un ennemi de cette race dont J'ai cependant défendu les droits et partagé l'exil. On m'ârràche à tnès paisibles récherches ; on vtent me provoquer au milieu de la poussière des livres, j'étois déterminé ati silence, à là paix , à rotibll , et l'on ne veut ni de ce silence , ni de cette paix , ni de cet oubli : on me Jette le gant , Je le relève.
Non-seulement Je dois soutenir mon honneur, mais Je ddts défendre les royalistes'. Une trop touchante fraternité de malheur m'unit à cei hommes pour qu'ils he me retrouvent pds quand ils ont besoin dé mol. Tout conspi^e aujourd'hui cotitre eux , et nos Journaux , enchaînés par la censure , et les pamphlets libres , mais dirigés par une opinion hostile , et les feuilles étrangères sous finflueâce de notre argent ou de nos passions. On^ craint de plaider la cause de ces victimes de li fidélité ; on parle de leurs services avec les mena gements qu'on prendrait pour parler d'un crime ; leur innocence fait peur, et il semble qu'on n'osé en approcher : ils peuvent du moins compter sue moi. Trop longtemps les calomniateurs anony meè ont Joui de Tlmpunité ; ils ont trop espéré dans leu^ bassesse : Je cesse de reconnoitre leur privilège, et ils réclameront èti valnTlnviolabllité du mépris.
On n'a peut-être pas encore tout à fait oublia ta Monarchie selon ta Charte, Quel que soit le Jugement qu'on ait porté de cet écrit , on conviendra du moins que Je me suis peu écarté de la vérité. t}ti'on veuille bien Jeter les yeux sur les chapitres xxxvi, xxxvn, xxxviii, xxxix, xl, XL! , XLiT , xtiit , XLiv , de là II' partie , et l'oii verra que J'ai caictilé la suite des choses avec une précision effrayante. Les injures, les déclamations, les libelles ne détruisent point les faits : J'ai dit qu'on chasseroit les royalistes de toutes les places ; qu'après avoir épuré le civil , on ebercheroit à épuref l'armée : tout cela est arrivé j et si ponctuellement, que ce n'est pas moi qui semble avoir prévu l'événement, mais les auteurs
I C*est surtout dans un écrit de ce genre qu'il faut être clair^ et le faire entendre de tout le monde. On a dbnc été forcé d'employer les noms sous lesquels les diffiéreutes opioloos sont classées aujourd'hui. Ce n'est pas toutefois sans un profond regret : les royatlstes savent trop combien de souvenirt douloureuiL s'attachent à ces désignations , qui commencent par n'exprimer que des opinions et lioissent par marquer des Tictimes. ( iS'oiê tirée de Vécrit précédent iurle Système suivi par le ministère. )
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du système y qui paroissent avoir pris à tâche de Miivre la route que j'avois tracée.
J'ayois dit encore que la doctrine secrète des ennemis de la légitimité est celle-ci : « Une révO' lution de la nature de la nôtre ne finit que par un changement de dynastie '. J'avois dit que les plus grands ennemis du roi affecteraient pour lui le plus grand amour; qu'ils reconnoitroient en lui ces hautes vertus, ces lumières supérieures que personne ne peut méconnoitre; que le roi, qu'on a tant outragé pendant les Cent- Jours, deviendrait le trèS'juste objet des hommages de ceux qui Vont trahi, et qui sont prêts à le trahir encore. J'ajoutols : Que ces démons^ irations d'admiration et d*amour ne seraient que Vexcuse des attaques dirigées contre la famille royale; qu'on affecteroit de craindre r ambition de ces princes qui, dans tous les temps, se sont montrés les plus soumis des sujets; qu'on essayerait de leur enlever le respect et la vénération des peuples; qu'on calomnierait leurs vertus; que les journaux étrangers seraient chargés de cette partie de Pattaque par des correspondants qfficieux \ La prédiction s'est-elle accomplie? Y a-t-il eu un moment , un seul moment où Ton se soit écarté du système annoncé, où l'on ait cessé de se servir des mêmes moyens, d'employer les mêmes m/mœuvres? Lorsqu'une foison est sur le penchant du précipice , ceux qui ont eu l'imprudence de s'y placer sont entraînés sans i*essource.
Il faut, en effet, que nous soyons déjà bien engagés dans la descente , puisque nous en sommes aux conspirations. Depuis longtemps on murrouroit, dans un certain parti, la nécessité de découvrirune conspiration royaliste. Ne falloit*il pas un contre-poids aux conspirations de Grenoble et de Lyon? N'étoit-il pas affligeant de trouver que des jacobins s'étoient soulevés tandis que des Vendéens restoient tranquilles? N'étoit-il pas évident à tous les yeux que des hommes qui se sont fait massacrer pendant vingt-cinq ans pour le trône veulent le renversement de ce trône, comme les honunes qui ont conduit Louis XYI à l'échafaud?
Je vois, dans des journaux étrangers endoctrinés par des correspondants, que deux , que trois colonels dévoient échelonner leurs régiments, de Siint-Cloud à Vincennes , le Jour où un crime de-
* Monarchie Melon la Char le, chap. iiXTi de la il* partie. > Ihid, chap. \\\ii\ de la ii* partie.
volt être commis. En conséquenee de ces intliDes calomnies, le juge se trouve forcé d^envoyer tu mandat de comparution à Tun de ces coloaeb, afin qu'il vienne déclarer ce qu'il poorroit savoir d*une conspiration contre leroi. Ce brave militaire reçoit le mandat l'anniversaire du jour où son pm et son grand-père périrent les premierspoarlamonarchie 1 Qu'un autre colonel ne prétende pointen appeler aux cendres de ses deux frères; qu'il v vienne point montrer sur son visage les blessons qu'il obtint au service de sa patrie, nisur soneorps celles qu'il reçutpour son roi dans les Gent-Joan; qu'il cesse d'étaler l'orgueil d'un nom quirepié> sente l'honneur de la vieille France , et qoi reste comme un immortel débris d'un grand nanfinge, c'est un conspirateur contre le roi/!! il devoit.. Je n'oserois achever le blasphème dans le pays qui voit encore les ruines des chaumières deli Vendée. Les calomniatedrs franoois ont recalé eux-mêmesdevantleur propre calomnie ; ilsn'ooK osé la répandre que sur une terre étrangère.
Il faut que l'on sache qu'il existe une cerbùM correspondance privée dont la source est à Paris. Cette correspondance privée est confiée à des hommes qui osent tout, excepté signer ieor nom , ce qui prouve au moins qu'ils rougissent de quelque chose. Sous le voile de ranoDyme, calomniateurs sans périls, et par conséquent doublement lâches, ils n'ont pas même le courage de l'assassin , qui peut être tué par celui qaH veut égorger. Si dans votre patrie on porte da accusations contre vous, du moins onsaitqid vous êtes; vous êtes là ; vos amis sont là; le p blic n'est pas longtemps dans l'erreur. Haisfd redressera le tort qu'on vous fait, si l'on noirdt votre réputation dans un autre pays? Lesphs grossiers mensonges ne peuvent-ils pas être adoptés comme des vérités par des hommes qniiK vous connoissent pas? Une opinion étrangère se forme, s'enracine , se propage avant même que vous en soupçonniez l'existence , et vous pouva ainsi porter toute votre vie la marque de la sak main qui vous a souillé en vous touchant
Qu'est donc devenu en nous le sentiment de h dignité n^^tionale? QOoi I ce sont les lecteurs des journaux de l'Allemagne et de rAngleterreqœ nous instruisons de nos discordes? Dansquelnog inférieur nousplaçons-nousdonc? NousavoaoDS* nous vaincus , et , comme desesclaves, débattoosnous nos différends devant nos maîtres? Noos voyons ce que nous n'avions pas encore vu dans
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fhisloire de nos malheurs ; nous voyons desFraneoB' acheter au poids de l*or une place dans les feuilles publiques étrangères, pour y flétrir des François. Qu'on ne s*y trompe pas : ces outrages fiiits à des particuliers retombent sur la nation entière. Nous ne pouvons nous attirer que le mépris de DOS voisins , en nous déchirant ainsi dans leurs journaux. Si l'on y représente comme des scélérats les plus honnêtes gens de la France , fi'est-ee donc que le reste de la France ? Voit-on ks étrangers nous imiter, payer leur déshonneur 4iBS DOS gazettes? Qu'il seroit plus François, j/tn généreux , plus patriotique , de dérober nos Bisères aux regards des autres peuples, de nous parer des réputations et des talents qui nous restent I Nous avons souHert tant de vices, ne poulons-notts supporter quelques vertus?
Une correspondance privée dit donc que nous sommes coupables de haute trahison ; que les autnrs de certain Mémoire , entre lesquels Je suis (irticnlièrement désigné, sont aussi les auteurs k certaine conspiration. Je reviendrai sur ie Mémoire. Examinons auparavant ce que peut être une conspiration dans une monarchie constitotionnelle.
Plus on étudie le gouvernement représentatif,
plus on Tadmire. Indépendamment de ses autres
srantages, c'est encore de toutes les espèces de
gouvernement celui qui est le moins exposé aux
te^rs d'une conspiration. Dans les républiques,
k gouvernement peut périr, quand un des pou-
loiis de rÉtat attaque les autres pouvoirs. A
Borne, une partie des sénateurs et du peuple
ttedans la conjuration de Catilina contre une
Me partie des sénateurs et du peuple : ôtez
Ofkm^ et le Gapitoie est en cendres. Dans les
Mirchies absolues, un coup de poignard peut
Int changer : Henri III meurt, et la France est
Hnéeaux fureurs de la Ligue. A Gonstantlnople,
l> patiente servitude, le soir endormie sous un
!y^) le matin réveillée sous un autre , abaisse
ion front devant la nouvelle idole , ouvrage d*un
eunuque ou d'un Janissaire. Un homme étoit en-
^^à minuit dans une maison de détention : il
^hit les murs d'un Jardin , va chercher quel-
foes soldats à Yincennés, revient à Paris, tire
vn coup de pistolet dans la tète d'un gouverneur :
ill en eût tiré un second , il devenolt le maître
^ celui qui étoit encore le maître du monde :
^t est foible le plus fort despotisme !
' !• v«i UcB aooon ne pis les désigner aaUement
A quoi parviendrolent des conspirateurs dans notre monarchie constitutionnelle? Ils n'auroient de chance de brouiller que dans un seul cas : s'il s'agissoit de remettre le c^espotisme de ta révolution à la place de la légitimité et de la Charte. Alors appelant tous ceux qui ont servi ce despotisme, séduisant les soldats, alarmant les intérêts, ils parviendroient peut-être à exciter quelques troubles.
Mais si l'on suppose qu'il existe une conspiration dont les membres sont tous des serviteurs dévoués au monarque ; que cette conspiration ait pour but de forcer ce monarque à changer ses ministres, y a-t-il là une ombre de probabilité? Quand un ministère seroit enlevé ; quand un prince opprimé auroit consenti à tout, ne resteroit-il pas les deux Chambres? Croit-on qu'à l'ouverture de lasession aucune voixne se feroit entendre ; qu'une si abominable scène n'attireroit l'attention d'aucun pair, d'aucun député? Ce seroit alors que les deux autres parties du pouvoir législatif, restées libres, s'armeroient bien Justement, et qu'une loi forgée comme la foudre tombant sur la tête des conspirateurs, reodroit au roi^son inviolabi- ' lité ; à la nation, son indépendance.
Les conspirateurs se seroient débarrassés des Chambres? Je l'ai dit ailleurs, et Je le répète ici : La Charte est plus forte que nous; quiconque voudra la détruire sera détruit par elle. Quelle autorité auroit une poignée d'obscurs conspirateurs pour renverser ie produit du temps et Tceuvre de la sagesse du roi ? Retranchez la Charte , et demain vous n'aurez pas un écu dans le trésor.
Sur des renseignements qu'il ne nous est pas donné de connoitre , et qu*il ne nous est pas permis d'interpréter, des mandats de dépdt ont été lancés contre quelques personnes. Le magistrat a cru devoir agir par des raisons dont il ne doit comptera personne. Jusque-là tout est dans Tordre et dans les attributions de la Justice. Mais aussitôt l'esprit de parti s'empare de l'affaire ; les correspondances privées sont mises en mouvement ; elles répandent au dehors les plus odieuses calomnies. Au dedans, les passions se Jettent sur leur proie ; ceux-ci s'attachent par haine à certains noms; ceux-là se laissent troubler par foi* blesse; les uns adoptent les rumeurs populaires par amour de l'étrange et du nouveau ; les autres les propagent sans y croire , afin de cacher des desseins plus dangereux. La perversité , la cupidité , la bassesse , profitent de ce moment pour
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gagner leur salaire. On crie dans les rues , grande conspiration, quand il n'y a pas encore d*aecusés. Les Journaux impriment des articles injurieux % et les conseils des détenus ne peuvent obtenir, même par sommation judiciaire, qu'on leur déclare le nom des accusateurs de leurs malheureux clients. Le secret vient ajouter l'effroi du silence au scandale du bruit. lians ce chaos le bon sens se perd, le jugement s'égare : autanTde villages, autant d'opinions; ou plutôt, chose affreuse I tandis qu'on diffère sur les moyens, sur le but et les agents secondaires d*une conspiration qu'on ne connoft pas, la plus criminelle des calomnies demeure invariable; et c'est l'honneur, la religion et la vertu qu'on osé placer à la tête du crime I
Il n'appartient à qui que ce soit de se placer entre le juge et le justiciable. Je respecte profondément et l'auguste fonction du magistrat, et l'arrêt qu^il pourra prononcer : sans la soumission la plus complète aux lois et aux tribunaux , tout est perdu. Je ne préjuge donc rien des personnes maintenant détenues : mais je dois, avec la loi , les supposer innocentes, puisqu'elles ne sont ni accusées, ni même en état de prévention ; il m'est surtout permis de les plaindre parce qu'elles souffrent, et queje suis homme : 11 est dur pour le général Canuel, après avoir combattu dans la Vendée pendant les Cent- Jours , et sauvé le roi et la France à Lyon , d*êrre aujourd'hui plongé dans les cachots : l'Intérêt pour lui doit redoubler, puisqull est venu se remettre lui-même si noblement entre les mains de ses juges. J'admets donc, je dois donc admettre que les détenus seront pleinement justifiés, qu'ils recouvreront bientôt leur liberté.
Dans cette supposition , que tout bon citoyen doit adopter jusqu'à ce que la justice ait prononcé, il se présente une question.
Des hommes déclarés innocents par la justice peuvent -ils poursuivre leurs dénonciateurs? Quand ils ont souffert une détention plus ou moins longue, n'y a-t-il pour eux aucune Indemnité, aucun dédommagement? s'en Iront-ils tout simplement déplorer leurs malheurs dans leurs familles, et reprendre le cours de leur vie, comme si Hen lie leur étoit arrivé? Oui : tel est le vice de fratre code pénal : Il sufflroit seul pour détruire la Charte. tJû homme est soupçonné d'un complot ,
' Voyez les excellenles Obtervations préliminaires pour te barvH Canuel, par M. Bërryeb fils, avocat.
et en conséquence mis en prison : on peut Ty garder tant que le juge instructeur croira n'avoir pii complété rinstruction secrète. Celoi-ci peutappe* 1er tous les témoins qu'il lui plaît d'entendre, à si ces témoins sont aux colonies, il faudra les fidrè venir. La Charte n'existe plus pour un homoN frappé d'un mandat de dépôt : or, comme tootk monde peut se trouver dans ce cas, personne n'étant à l'abri d'une fausse dénonciation, il en résulte qu'avec le code pénal , s'il arrivoit jamab que des juges se laissassent intimider ou corrompre par la puissance, on pourroit toujonrs, et aussi longtemps qu'on voudroit, disposer de il liberté d'un citoyen. Nous n'avons rien à craindre d'un tel malheur aujourd'hui ; mais il n'en est pai moins Instant de réformer notre code pénal; ear il faut toujours faire dépendre la sâreté de la société de l'inflexible pouvoir des lois, et non delà volonté des hommes, sujets à changer et à Mlir.
Quand je disque l'homme détenu et déclaréiih nocent sort de prison comme il y est entré, je me trompe : on peut prononcer qu'il n'y a pas lieu i le poursuivre, que les preuves judiciaires ont manqué ; mais les ennemis n'ont-ils pas la ressource des preuves morales P N'est-ce pas deji ce que commencent à dire les correspondanca privées? L'infortuné éclinppé au glaive de laid n'échappe pas au supplice de la calomnie, hstè les prétendues preuves morales , tout est gagné: une source inépuisable de calomnie est on^tHs aux outrages, aux persécutions, aux destititions.
Quoi qu'il en soit , je suis encore à comprenh que des mensonges infâmes aient été insérésdflS les feuillesétrangères, qu'ils aient éfé répétésdatf quelques-uns de nos ouvrages périodiques; saoi qu'on se soit mis en peine de leur donner ao démenti formel dans nos journaux censurés. Est-ce par quelques phrases insignifiantes, jetées coœoM à regret dans nos gazettes , qu'on arrêtera ce débordement d'outrages? Si les ministres étolefll compromis, que de braves prendroient leur défense I que de champions en campagne ! Hais les personnages les plus aiigustes sont attaqués , et mille voix ne s'élèvent pas pour étouffer celle da mensonge! Quand il faudrait tonner, on reste muet ; quand on devroit Instruire les départements, les détromper, les rassurer, on laisse i> contagion se répandre. L'opinion est égarée; qol la redressera , si ce ne sont ceux qui disposent dd plus sAr moyen pottr la diriger? Le devcfir le plus
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impérieux des tiommes en puissance n*est-il pas de défendre la légitimité? « Apprenons à distin-
• gner les Trais des faux royalistes : les premiers « soot ceux qui ne séparent Jamais le roi de la fa- « mille royale , qui les confondent dans un même « dévouement et dans un même amour , qui
■ obéissent avec Joie au sceptre de Fun , et ne « craignent point Tinfluence de Tautre ; les se t conds sont ceux qui , feignant -d'idolâtrer le
■ illoiDflrque , déclament contre les princes de son tiang, cherchent à planter le lis dans unHésert,
• et ▼oudroient arracher les rejetons qui accomtpgnent sa noble tige. On peut , dans les temps
■ ordinaires, quand tout est tranquille, quand i aucune rétolutidii n*a ébranlé l'autorité de ta
< couronne , on peut se former des maximes sur
< la part que les princes doivent prendre au gouiterorment; mais quiconque, adirés nos mal-
■ lieurs, après tant d'années d'usurpation, ne « sent pas la nécessité de multiplier tes liens en- « tre les François et la faûiitle royale , d'attacher
■ les peuples et les intérêts aux descendants de t saint Louis ; quiconque a l'air de craindre pour
■ le trôife les héritiers du trône^ plus qu'il ne
• craint les ennemis de ce trône, est un homme « qui marche à la folie ou court à la trahison '. »
il seroit bien temps que le scandale finit. tJne
in grandes choses dont on se servoft pour le
propager, étoit uo certain Mémoire des royalistes
dont on ne parloit qu'avec horreur. Ce Mémoire,
tsoit-on , se lioît a ta conspiration ; 11 en expli-
qoott ie prétexté et le but. Dans ce Mémoire , il
àet^agissoit rien moins ( suivant lès bienveillants
irierprètes ) que d'engager les étrangers à rester
d France et à supprimer la Charte. De là on
IttMt pour traiter les auteurs de ce Mémoire de
ùttvais François , de gens abominables : on les
felaroit, dans une Correspondance privée,
. ^pables du double crime de trahison envers la
France et envers le roi. J'étols particulièrement
^l^gné, et par toutes les lettres de mon nom,
pwr l'auteur de ce Mémoire.
Avant d'aller ptùs loin. Je demanderai à ceux ^ donnent si facilement des brevets de conspi* nteunanm meilleurs serviteurs du roi , s'ils sont <<R*ilièmes des hommes si fidèles? N'ont-ils Ja- Ml abandonné Buonaparte? N'ont-ils point, pesdant les Cent- Jours, manqué à d'autres ser- >MBls? Où étolent-ils alors ? Étoient-ils a Gand , fcw la Vendée, sur les bords de la Drôme?
' Monarchie fefo» la Charte , ctiap. ixxvu de la U* partie.
Quelles places occupoient-ils? Vous qui osez nous appeler des conspirateurs, héritiers dé tous lès gouvernements de fait, êtes- vous bien descendus dans le fond de votre conscience? Au mot de Ira' hison ne devriez- vous point rougir? Quand vous accusez, ne vous condamnez- vous pas? Vous parlez de Biron! Ahl du moins, il àvoit servi longtemps son maître avant d'être coupable; è{ vous, vous n'avez Jamais su qiié trahir les vôtres j Accusé d'avoir fait le Mémoire secret. J'ordonnai sur-le-champ d'attaquer devant les tribunaux le Journal angloisoù Vint correspondance privée avoit déposé la calomnie. Il y atoit quelque chose de clair, de net , de tranchant dans mon affaire :Je n'ai fait ni rédigé de Mémoire secret d'aucune sorte.
Il paroit que la fermeté de cette dénégation a poussé à bout mes ennemis, et que pour n^en avoir pas le démenti, pour prouver qu'il existoit un Mémoire, ils ont tout à coup produit au grand Jour cette œuvre d'iniquité.
J'avoue que lorsqu'on m'apprit la publication d'un Mémoire, il me vint en pensée qu'on auroif fabriqué quelque pièce horrible pour la mettre sur le compte des royalistes. En ce genre les exemples n'ont pas manqué dans le cours de là révolution : les Mémoires de Cténj ont été falsifiés de la manière la plus infâme ; tout dernièrement, pendant les Cent- Jours, le manifesté du roi , si éloquemment écrit par M. dé Lall}'- Tollendai , à été interpolé , et mon rapport au roi défiguré.
J'ouvre donc en tremblant la Noie secrète. Quelle fut ma surprise! cette note devoit, assuroit-on, demander là prolongation du séjour des troupes alliées en France, et le renversement de la Charte. Ôr, voici comment l'auteur de la note s'exprime sur lé premier point. Il se fait cette question ; savoir : SI on peut partagea la France ou t'occuper militairement?
« J'avoue , dit-il , que mon sang françois se ré^ <i Tolte à cette pensée, et que Je ne pourrots la
« discuter politiquement La France
1 a deux fois souffert l'invasion , parce que M « aillés portoieht avec eux , et pour ainsi dire suf « leurs drapeaux, de grandes espérances, celles « d'un gouvernement qui avoit pour lui de grands « souvenirs dé bonheur et des garanties d'un re- « pos durable. Ces espérances ont été déçues; et « cette fois on ne les verrolt plus arriver qu'avec « l'horreur qu'inspire l'ennemi qui n'a plus rien
MÉLANGES POLITIQUES
« à nous offrir en compensation des maux de la « guerre. Le prince qui les rappelleroit, faute d'a- « voir su gouverner lui-môme, deviendroit odieux « à la nation entière; et le parti qui chercheroit tt son appui dans leurs armes seroit aussi ennemi « que les étrangers, et seroit repoussé avec eux. « D'ailleurs , que seroient cent vingt mille liom- « mes qui devroient occuper la France , contre le «c sentiment profond d'horreur qui s'établiroitcon- «tre eux dans toutes les classes de la nation? « Croiroit-on qu'on auroit le temps, les moyens 9 de rassembler encore une fois un million d'hom-
• mes pour les jetersur cette malheureuse France? « On ne le pourroit pas dans un an ; et dans vingt «Jours, la France entière seroit un camp, une « citadelle impénétrable, dont la population en- « tlère formerolt la garnison. »
Est-ce là un homme qui demande la prolongation du séjour des troupes alliées en France ?
Mais peut-être demande-t-il le renversement de la Charte. Écoutons-le :
« Quelle violence ne faudrolt-il pas pour arra- « cher aujourd'hui à la France les concessions « qu'elle a reçues du roi? Elles ont été consacrées « par les puissances qui le replaçoient sur le trône , « par l'usage qu'on en a fait, par les garanties « qu'on y a trouvées ; enfin , par leur adoption
• franche et entière de la part de ceux même
• qui y étoient le moins préparés.
." On ne pourroit pas rétablir ce qu'on appelle « Taocien régime; tous les éléments en sont brl-
• ses , et la poussière même en est dispersée. On « ne retrouveroit pas même le fantôme de ces « grands corps de l'État, qui à la fois défenseurs « des droits de la couronne et des privilèges des « peuples, se balançoient noblement dans le cer- « de qui étolt tracé, et garantissoient à la fuis les
• libertés de Ja nation et rinvlolabilité du trône. « Ce seroit donc un despotisme nu et hideux qu'il « faudroit mettre à la place de ces belles et irrépa- « râbles institutions des temps anciens; un des- « potisme sans force, sans institutions, sans ga- « ranties ; un despotisme tel que la France ne l'a « Jamais connu, et ne sauroit jamais le supporter ; « un despotisme enfin qu'il faudroit maintenir par « la force des armes, et qui attacheroit à la lé- « gltimité tous les Inconvénients et tous les mal- « heurs de l'usurpation. Un pareil gouvernement « répugneroit à la France entière , et répugneroit « bien plus encore au noble cai*actère des princes «légitimes
« Et en faveur de qui prétendroit-on exéeiitet « une pareille subversion? Ce ne seroit pas dans « les intérêts du pays , qui ne trou vernit plus dans « le gouvernement légitime aucun gage de stabi- « lité; ce ne seroit pas dans les intérêts de TEo- (I rope , qui s'engageroit à soutenir par la force « le gouvernement qu'elle auroit imposé par la 1 force; ce ne seroit donc que dans Tintérét de « quelques noms propres, qui croiroient ainsi se « maintenir plus facilement au pouvoir. ....
« Il restera donc démontré à tout esprit jadi- « cieux que toutes les tentatives que l'on feroit « pour détruire en France le gouvernement qu'on « y a établi seroient dangereuses; que ces formes « constitutionnelles sont les mieux adaptées aux ff circonstances où la France se trouve placée; « qu'elles conviennent à l'esprit des hommes et « des temps; qu'elles sont un pacte raisonnable « entre les institutions anciennes, qu'on ne saat roit rétablir, et les théories de la révolution, « qu'il est si essentiel de détruire '. »
Quel est le vrai François, quel est rhomme attaché aux principes de la liberté , qui ne voadroit avoir écrit ces pages? Ici je dois remarquer une chose qui fait grand honneur aux royalistes : c'est que toujours ce que l'on appelle Nr doctrine secrète est parfaitement conforme à leur doctrine publique. La minorité dans les deox Chambres ' a-t-elle parlé en public antrementqoe l'auteur du Mémoire en secret? Nos ennemis peuvent-ils en dire autant , et leur doctrine secrète est-elle bien la légitimité et la Charte?
On ne sauroit expliquer les vertiges qui s'enipirent quelquefois des hommes : chacun se dernaiA comment les ennemis des royalistes ont fait la sottise d'imprimer une Note qui justifie complètement ceux qu'ils prétendoient accuser : dans l'impossibilité de trauver la solution de cette maladresse, les uns disent que c'est un tour des royalistes; les autres mettent ce tour sur le compte des indépendants ; tandis que tout semble prouver que l'impression de cette Note a été l'œuvre irréfléchie de la colère. On aura été emporté par ridée de rendre publique la doctrine
' Ud écrit périodique a rendu compte de ottle oolt, K «■ a dté quelques passages. La passion ne se fait-elle pas trop voir dans le jugement du critique? Est-il bien équitable d'avancer que l^auleur de la note demande la ftrmamemee de Varmée d* occupation , lorsqu'il montre, au contraire, afee lant de chaleur, Timpossibilité d^occuper mititairnnflit la France? Est il bien impartial de dire qu'il agite la queslicn de savoir «* ait peut détruire le gouvernement repréBentatif, et de ne pas rapporter le beau passage de la note à oe sqjft?
> Voyez les notes, à la fin des Mélanges pcWiqHet.