SOI
secrète des royalistes. Qui sait si, dans la séduction de cette idée, on se sera donné la peine de lire la Note? En France, les personnages les plus graves sont bien légers. Cependant, il est certain qo on étoit mieux placé pour le succès dans les ténèbres : en parlant mystérieusement d'un Mémoire honteux, en annonçant un crime invisible dans lequel se trouvoient enveloppés tous ceux qo'on vouloit proscrire , l'attaque étoit plus formidable, plus difficile à repousser. La publication do Mémoire est vraiment la Journée des Dupes. Pour rendre la chose complète, il a fallu que le ridicule vint se joindre ^es déplorables men- Mnges : au titre simple de Note, qui étoit apparemment le titre original , on a cru devoir Joindre cette phrase à Fusage de la populace : Note se^ erète exposant les prétextes et le but de la iemière conspiration. On ouvre le livre, et Ton trouve que les prétextes et le but de la conspiration sont de prouver que les alliés ne peuvent fil partager ni occuper militairement la France , et que le gouvernement représentatif est le seul qui convienne aujourd'hui à notre patrie. Une pré&ce , peut-être écrite par un homme d'esprit qoi n'en avoit pas ce jour-là , déclare que la Note est un acte de souveraineté, un manifeste et un plan de conspiration; et cet acte de souveraineté a été exercé par un souverain que l'on ne connoft pas, et ce manifeste est une Note secrète, et ce plan de conspiration est pour le maintien de la légitimité et de la Charte !
L'auteur de la Note examiue cinq questions , m'oir : si l'on peut partager la France , ou Toccoper militaii^ment ; si l'on peut changer la dytttie; si Ton peut renverser la Charte; si les ministres peuvent revenir aux principes qui sauîeroient la monarchie ; enfin , s'il seroit désirable qne le roi changeât ses ministres. Les éditeurs ont imprimé ces titres de chapitres en caractères ordinaires, excepté le dernier, qui se lit en caractères italiques. Occuper la France, changer la dynastie , renverser la Charte , revenir à de meilleurs principes; propositions indifférentes, qu'il est Uts-loisible d'examiner ; mais agiter la question 4e savoir s'il seroit heureux que le roi changeât ses ministres, ^tie/ crime abominable, surtout dans un gouvernement représentatif! il faut souligner ces mots affreux pour dévouer à l'exéeration de la postérité le conspirateur qui a osé la écrire, Qne les royalistes ne se laissent ni abattre , ni
effrayer de tout ce bruit : leur innocence, tôt ou tard , percera le nuage. Je dois surtout les avertir de ce qui pourroit les égarer. J'entends quelquefois dire : Les royalistes sont sans force parce qu'ils sont isolés, dispei*sés sur la surface de la France; personne ne les rallie, ne combat pour eux en public. C'est là une grave erreur : les royalistes n'ont point de chef et ne doivent point en avoir.
Dans un gouvernement représentatif on ne se place point derrière un homme, mais derrière une opinion. Les royalistes sont aujourd'hui dans l'opposition : leur guide alors est la minorité des deux Chambres. C'est là qu'ils doivent mettre leur espoir : tous leurs efforts doivent tendre à augmenter cette minorité : ils doivent se rendre aux élections,-se secourir, s'entr'aider; ils doivent avoir leurs choix faits d*avance , et les maintenir invariablement. La maxime connue des ministériels est celle-ci : « Alliance avec les jacobins le plus tard possible; avec les royalistes, jamais. » A cette haineuse et iilibérale maxime les royalistes doivent opposer celle-ci : « Alliance avec les honnêtes gens de toutes les opinions. »
Les royalistes sont sur un excellent terrain : il n'est plus possible de nier qu'ils se soient ralliés franchement à la Charte. Toute leur force est là. Tant que dans les deux Chambres ils soutiendront le parti de la liberté , ils auront un immense avantage, car ils ajouteront alors à leur force politique toute la force morale de leur caractère. On les représente comme un parti foible , repoussé par l'opinion , sans'capacités , sans esprit , n'ayant pour tout éclat qu'une fidélité surannée. Cela est faux : ils sont plus nombreux que les indépendants , et il ne faut pas qu'ils s'élèvent bien haut pour atteindre à l'esprit ministériel. Enfin, puisque j'ai tant parlé de conspiration , persuadonsnous bien que sous l'empire de la Cliartie il n'y a de vraies conspirations que celles de l'esprit et des talents. « Ce fut ainsi que M. Pitt conspira « contre ses opposants , et qu'il les chassa du mi- « nistère. »
Il faut que j'ôte en finissant un espoLr et une joie aux ennemis de la légitimité : ils croient qu'en persécutant les rayalistes lis les fatigueront, les dégoûteront , et enlèveront ainsi à la maison de Bourbon son plus ferme appui. Pauvres gens I vous avez déjà usé voséchafauds contre notre fl- ' délité , et vous espérez encore nous vaincre 1 Elle a comparu , cette fidélité , devant vos tribunaux
802 MÉLANGES
révolutionnaires , et elle se rit des conspirations que vous pourriez inventer. Noire fol , éprouvée par vingt-cinq ans de maliieurs, s'est encore accrue par la vertu du sang de nos pères et de nos frères immolés. Souvenez-vous que la balle qui si souvent a cassé la tête des serviteurs de Lou s XVI, de Louis XVII et de Louis XVIII, n'est Jamais arrivée assez vite pour eropéclier le dernier cri de vive le roi!
PREUIÈRE LETTBS.
A UN PilR DE FRANCE.
Paris, 8 Dovembra 1814.
Vous voudriez , mon noble ami , que J'examinasse dans des lettres qui vous seroient adres* Bées, les questions politiques du Jour : vous y voyez un moyen d*éclairer le publie et de servir le roi, surtout aux approches de la réunion des Chambres. Votre idée me parott utile. Je l'adopte, sans toutefois admettre que mon influence sur l'opinion soit aussi considérable que votre amitié se platt à le supposer.
Au moment de la mort de Louis XVIII , Je n'ai pu. Je n'ai dû penser qu'à son successeur; Je me serois à Jamais reproché toute parole qui n*eût pas été pour le nouveau règne. Maintenant que Je me suis acquitté de devoirs chers à mon cœur, vous me pressez d'en remplir d'autres assez pénibles; vous croyez que J'aurai un peu plus de force et d'autorité pour développer des vérités Importantes, après avoir prouvé, comme Je Tai Mt , qu'aucun ressentiment ne conduit ma plume.
Qui plus que moi désire voir cesser les oppositions royalistes? Le penchant naturel des cœurs vers un monarque qui les enchaîne par tant de qualités a disposé les esprits à Tunion. Il n'y a plus qu'un seul combat, c'est celui de l'opinion générale contre le ministère; mais ce combat qui se reproduit sur tous les points de la France trouble le bonheur public et fait gémir les honnétt s gens. On prétend que la liberté de la presse le prolonge , et l'on entend répéter une objection que Je crois important de réfuter.. Je vais faire de l'examen de cette objection le sujet de ma première lettre , et J'entre tout de suite en matière.
On dit donc, mon noble aini :
« En affectant de rabaisser les agents du pou- • voir et d'élever le monarque Jusqu'aux nues ,
dePciK
POLITIQtlES.
« on ne trompe personne. Loin d*agréer feaceBi « qu'on lui prodigue , la couronne le rejette avec « dédain ; on Veut détacher le prince de ses meil- « leurs serviteui*s , on veut semer la division entre « l'administration et le souverain; on n*y par- « viendra pas. >•
Il faut espérer qu'on ne s'aperçoit pas de ee qu'il y a d'injurieux pour l'autorité royale dam cette manière d*argumenter.
Quoi ! parce que les ministres seroient tombés dans des erreurs , il faudroit s'interdire toute ouicque d'admiration pour le roi , de peur que les ministres ne la considérassent comme un repioche Jndirect à leur pVsonne; ou bien il faodroit ne pas exposer les erreurs des ministres, dam ia crainte que la couronne ne s'en voulût rendre solidaire? Quelle confusion d'idées I
Ensuite , pour diviser des'hommes , il feut fil y ait entre eux égalité. Dire que Ton peut naître la division entre les ministres et le que , c'est supposer que les ministres sont m puissance capable de lutter avec le pouvoir avancer qu'on flatte le roi dans le dessein gagera renvoyer ses ministres, c'est sappoiOf qu'on ne le loue que condltionnellement, et qu'os cessera de le louer s*il ne fait pas ee qu'on atteoi de lui; toutes suppositions indignes , etqoipoivroient aller Jusqu'à mériter la répression desloii
Non , mon noble ami , il n'y a point de coais^ tence entre le roi et les ministres : il est tout, cl ils ne sont quelque chose que par loi. Il les brisi ou les conserve comme des instruments fragûei dans sa main puissante. Il n'entre point dans Icoi étroites vanités; il n'épouse point leurs pettt querelles. Il ne peut pas être plus flatté des Im» mages qu'on lui offre à part de ses ministres, qu'il ne seroit Jaloux des éloges qu'on leurdae" neipit s'ils les méritoient. On ne peut l'unir ani ministres par la raison qu'il n'y a rien de cooi' mun , dans l'espèce , entre le maître et les serviteurs : des ministres qui prétendroient qu'on oe les blâme et qu'on ne loue le roi que pour seroer des mésintelligences , seroient des téméraires qui n'auroient une idée Juste ni de leur néant, ni de la grandeur de la royauté.
Je vois quelque chose de plus dangereux que cette prétendue confusion qu'on voudnût fiire) et qu'on ne fera Jamais du prince et de ses délégués : ce seroit un ministère ou un ministre qui s'attribueroit tout l'honueur de la prospérité de l'État , qui insinueroit que rien ne se fiiit que par
MÉLANaES POLITIQUES.
W, qui 9e mettroit sans cesse devant le trône ^ lui sul)stJtueroit son nom à celui du monarque, pi se proclameroit indispensable, laissant encadre que sans lui il n*y ^ point de nxy'onté ians les Chambres. Heurenseroent le péril ne croit pas auJour4'bul de longue durée : sans jitterie comme sans critique , nous avons plus pie Louis XIII et moins que Bicbelieu.
Ao raisonneipeiit que Je viens dp combattre on t ajoate un autre qui n'est pas plus logique : « Ces attaque^ multipliées, dit-oi^ ) produisent un effet tout opposé à celui qu'on espère; elles Hftfeot l|i majesté royale , et il importe à la [ dignité de la couronne 4e ne pas çédef lorsqu'on ipitteàd lui eolever le ministère, pp^r ainsi dire répée à la main. »
Il n'est pas question ici de la dignité de la ooupae. La royauté tient ses attributs du souverain ipltre : elfe n*a ni colère ni humeur; elle rejette kl prières injuste^; elle accueille les vœux légi- Ipii, Dieu renverse les tyrans quand le cri des ipqlfS opprimés e^t monté jusqu'à lui; un roi jpfoie $es ministres quand la voix publique les lepftTiipcus ou de forfaiture ou d*incapacité. Ce seroit entièrement méconnoitre le gouverlinent représentatif que d'exiger le silence de fepîDion. Quelle que soit la supériorité du prince , peoie faut-il qu'il soit instruit des faits. Où sont IHoouri souveraines, les ordres privilégiés, les illUde province qui li|i adresseroient d'humbles npréseotations? Dans son conseil, il n'entendque jlflaidf^rie d'une des parties intéressées. Vous piin dans la monarchie constitutionnelle , pour ^1^ aux cprps de la monarchie absolue , que )|t^rté de la presse. La conséquence néces- ^k cette liberté, c'est que chacun dise ce fl'OfeQse.
Us esprits impartiaux répondent qu'ils ne ûpodaronent point une opposition; mais qu'ils la voudraient modérée, toujours dirigée contre les '''Ofes, jamais contre les personnes.
Ceci est véritablement puéril. Les génies sont djveis; chacun écrit avec son talent et son caracto : toutes les troupes n'ont pas la même arme, w Angleterre, l'attaque est personnelle, et l'on M croit pas que tout est dans les choses, quand *>ivent les choses ne sont mauvaises que par les wwmes. La forme sans doute fait valoir le fond ; ■«isle fond peut être excellent, lors même que k forme est défectueuse.
Ainsi, le raisonnement que j'analyse pqrte à
faux : on oublie toujours les Institutions sous lesquelles on vit; on argumente toujours comme dans l'ancien ordre de choses. Si la presse devoit être muette, il s'ensuivroit que les ministres prévaricateurs seroieut plus à l'abri dans la monarchie représentative que dans la monarchie absolue, puisqu'ils n'auroient à craindre ni les remontrances imprimées d'un parlement , ni les dénonciations des corps privilégiés deTÉtat.
« Ils seroient renversés par les Chambres, » réplique-t-on.
Inconséquence de l'esprit humain I on ne veut pas que la couronne s'éclaire de l'opinion librement exprimée par la presse, et l'on est d'avis qu'elle se rende aux instances des Chambres ! On prétend qu'elle doit se soustraire à une influence morale qui n'a d'autre force que celle des faits qu'elle allègue, et on la vei*rolt sans alarmes se soumettre à une espèce de violence physique e:^ercée par des pairs ou des députés 1 On ne trouveroit aucun danger à mettre en lutte les pouvoirs politiques de l'État I
Allons plus loin : Topinion extérieure peut, non-seulement dans un cas particulier, être un meilleur guide que les Chambres législatives, mais elle peut encore servir de sauvegarde contre l'autorité égarée de ces Chambres.
En effet, des ministres corrupteurs ne pourrolent-ils pas se rendre maîtres des votes de deux Chambres ambitieuses ou intéressées? Si même ces ministres, sans parvenir à séduire les pairs et les députés , n'apportoient à la tribune que des lois insignifiantes ou des lois commandées par une impérieuse nécessité , où seroit le point d'attaque ? Dans l'adresse ? Rien n'est plus hasardeux et plus difficile ; dans le budget? reAise-t-on , en France , et peut-on refuser un budget? Alors il est évident qu'il ne resteroit aucun moyen d'éclairer la couronne sur les dangers d'un ministère, s'il falloit s'interdire toutes réclamations par la voie de la presse.
Serrons nos adversaires ; et leur raisonnement nous mène à ce résultat , savoir : que la couronne seroit perpétuellement et nécessairement en lutte . avec Topinion publique, puisque celle-ci demande toujours quelque chose. Or, s'il sufflsoit que cette opinion parlât, pour qu'aussitôt on crût de la dignité de la couronne de ne pas l'entendre , la division seroit éternelle. Quoi de plus absurde !
Mais on insiste, mon noble ami :
« Il importe, s'écrie-t-on , surtout au commen-
MÉLANGES POLITIQUES
« cernent d*an règne , que la couronne se montre « ferme et libre. Une fois qu'on aurott appris Je « secret de sa foiblesse, tout seroit perdu. Si on « lui arracboit un ministre aujourd'hui , on lui « en enlèverolt un autre demain. C'est ainsi que « Louis XYI a succomi)é; on le louoit aussi, le « roi maityr, aux dépens de ses ministres! C'est « ainsi que les monarchies périssent; c*est ainsi « que les souverains, de concession en conces- « sion, s'enfoncent dans l'abtme, en obéissant à « une prétendue opinion qui varie sans cesse, à « une opinion quelquefois pervertie tout entière, « et qui n'est souvent que l'expression de la haine « et des passions. »
Un mot d'abord sur les louanges qu'on donnoit à Louis XYI aux dépens de ses ministres. Qu'est-ce qu'il y a de semblable dans les temps et dans les hommesde 1 789 et de 1 824 ?auxJoui*s de la révolution , étoit-ce l'opinion royaliste qui parloit, comme elle parle au jour de la restau* ration? Sans doute 11 y a des louanges intéressées, des censures suspectes; mais il faut savoir de quelle bouche elles sortent, et ne pas comparer ceux qui verseroient la dernière goutte de leur sang pour le roi, et ceux qui ont répandu ou contribué à faire répandre le sang du roi.
Nous trouvons des exemples dans deux augustes frères : Louis XVI a cédé à l'opinion révolutionnaire ; il a renvoyé des serviteurs fidèles, et il a succombé. Louis XVIII a prêté une oreille indulgente à l'opinion monarchique; il a écarté des hommes qui s'égaroient , et il a été sauvé. Sa puissance en a-t-elle été amoindrie? Voit-on que dans la guerre d'Espagne les soldats n'aient pas obéi à un roi constitutionnel? Les ministres actuels ont trouvé très-bon que l'opinion les appelât ; il est tout simple qu'ils trouvent mauvais aujourd'hui que l'opinion les rejette ; il est encore tout simple qu'ils érigent leur intérêt en principe ; mais cette inconséquence est-elle une raison?
Ceux qui renient l'opinion et ceux qui veulent qu'on la méprise en reconnoissent plus que moi l'ascendant; car dans leur système il y auracoercitiou pour la couronne, soit que l'opinion, en désignant des ministres, la force à les prendre, soit qu'en les attaquant elle l'oblige à les garder. Et n'est-ce pas d'ailleurs toujours l'opinion qui, soQS toutes les formes de gouvernement , et dans toutes les espèces de monarchies, désigne les sujets à choisir? Où un roi les prendroit-il, ses ministres, s'ils ne lui étoient indiqués par une re-
nommée de probité ou de talent? Ne pas admettre cette vérité obligeroit à conclure que les hommes ne peuvent arriver aux affaires que par les intrigues de cour, ou la protection des valets, des favoris et des maîtresses.
Maintenant est-il vrai que la couronoe, en consultant l'opinion publique , lorsqu'elle est gé" nérale et appuyée sur des raisons frappenfa, s'engagea l'écouter toutes les fois qu'elle parlen, dans une position qui ne sera pas la même? b cas extraordinaire où nous nous trouvons peutl se représenter? Quel est ce cas extraordinairet C'est, mon noble ami , de voir, non une portioQ, mais l'universalité de l'opinion se prononcer cootre un ministère , et ce ministère cpnsenier il position.
Un fait unique dans Thistoire des mena existe au moment où J'écris : l'acquiescement néral et complet au nouveau règne, Vo\ générale et complète à l'administration.
Les royalistes, les constitutionnels, les ministériels sont aux pieds de Charles X, et lèvent à la fois contre le ministère : leur opi compose dans ses trois divisions l'opinion t de la France.
Le fiiit que nous signalons est inouï an eo» mencement d'un règne , mais incontestable. I est certain, très-certain, que le monarque dl aussi populaire que le ministère l'est peu. U causes de la popularité du roi sont multipliésl l'infini.
Louis XVIII avoit succédé à la révolution :ll partis fatigués pouvoient regarder son i^ji comme une trêve, non comme une paix : lasÉ^ tionde la question étoit dans l'avénemeat defli^ ritier de Louis XVIII.
Le fondateur de la monarchie représeotatift meurt au moment où l'expédition d'Espagne i ruiné toutes les espérances de discorde : dL\ d* de liberté ont rendu le peuple reconnolssant : sH mois de gloire ont donné une armée fidèle H drapeau blanc. Charles X monte au trône, appoyi sur le sceptre de son frère, couronné deslanrios ,de son fils. La légitimité triomphe de toottf parts; car, pour quelques anciens opposants 1 principes antilégitimes, le droit est devenu ^ fait, et en reconnoissant le nouveau sonverai»! ils semblent rester fidèles à leurs doctrines.
Charles le Bon , qui raériteroit mieux ce $o^ nom populaire qu'un grand prince de sa race,* montre digne de sa destinée : il subjugue too$ic>
MÉLANGES PomiQtJES.
cMrs l'il aeeneUIe tons ses sujets, dans quelque opposition qolls aient Jadis été placés. On trouve avec ravissement un monarque tout Topposé du portrait qn*en avoit tracé la calomnie révolutionndre : modéré ^ indulgent, sans cesser d*étre juste; il écoute, il observe, il étudie la France; ton oreille n*est fenociée à aucune réclamation. Il issemble souvent ses conseils , se livre avec une BsidQité religieuse à ses devoirs de roi : on voit ^ p'd en connoit l'étendue, qu'il sent le poids du 0^; et pour se soulager dans ses fonctions ^aérées, il associe son glorieux fils à ses tranox.
Lerol et là France parolssent plus grands qu'ils a le root jamais été. A la mort de Louis XYIII, :lilégitimité'afait trois choses immenses : elle a sans effort le diadème au front du nonmonarque ; elle a , par la volonté de ce moe, rétabli les libertés publiques; enfin elle nliié au trône une opinion qui en étoit restée fée depuis 1814. La France, trouvant sûreté d^nitédans la couronne, a poussé un cri d'aet de reconnoissance.
f Tandis que tout ce qui sortoit du principe de fc monarchie au début du nouveau règne avoit Jkit de simplicité et de grandeur, que faisoit lUministration? Je n'en sais rien, mon noble JÊÊÀ : elle se reposoit peut-être dans sa légitimité; ||ik pensolt que les successeurs des trente-huit 0aaAfî& de la restauration n'avoient pas plus à bre pour recueillir une couronne que l'héritier ||k soixante-neuf rois.
Charles X, qui est venu déranger bien des :plils arrangements, a rompu, en montant au
SÔS
Mk, les toiles d*araignée qu'on avoit suspendnoiu marchepied de ce trône. Par le seul acte de l'abolition de la censure il a déclaré qu'il vouait entendre l'opinion publique, puisqu'il lui mdoit la voix. L'opinion est un pouvoir qui fcbppe aux vivacités de l'impatience comme iu foreurs de la persécution : s'irriter contre elle M folie ; ne pas y croire est péril.
On affirmera que si cette opinion ne se trompe |Bs à l'égard du roi , elle peut se tromper sur les iBîDistres.
h conviendrai de très-bonne foi que l'opinion, tomme on l'a dit, peut être quelquefois entièrei>«ït pervertie; mais ce n'est jamais que dans ks grandes crises intérieures de l'État , ou lors*- 9^ les animosités politiques d'un peuple contre *û antre peuple ont'été réveillées par quelque
OAnAOBHAïaK «» TOME II.
circonstance majeure. Ainsi , pendant les guerres civiles, Mazarin étoit détesté; le ridicule de la Fronde n'empéchoit pas le sang de couler. Aiml l'on a vu en Angleterre un ministère, devenu odieux parce qu'il n'étoit pas assez antifrançois, se retirer devant lord Chatham,dont le génie étoit sa haine pour la France. Au commencement des troubles de la révolution, des ministres honnêtes gens, et même quelquefois' capables, se' sont abîmés devant les violences populaires et les fureurs antimonarchiques; mais on n'a Jamais vu qu'en pleine paix, sans guerre civile, sans mouvements précurseurs des révolutions , l'opinion se soit tout entière égarée sur le compte d'un ministère.
Il est possible qu'aujourd'hui la voix de quel* ques intérêts particuliers se mêle à celle des intérêts généraux et vienne augmenter le bruit ; mais les causes de l'impopularité du ministère sont aussi faciles à trouver que les causes de la po* pularité du monarque ; et tous les jours la presse périodique signale et révèle les unes et les autres.
Je sais que , pour convaincre ropiniob générale de prévention conti*e les ministres, pour démontrer que cette opinion n*est qu'une coalition d'amours-propres froissés et d'ambitions déçues, on cite les prospérités de la France.
Il y a sans doute en France des prospérités; mais des prospérités qui tiennent à la légitimité", aux vertus, à la présence de nos rois, à l'admirable conduite du prince libérateur, à la bravoure de l'armée, aux institutions de la Charte, à des lois que Tadministration actuelle n'a pas faites, et qu on l'accuse d'avoir voulu corrompre ou détruire.
L'ordre monarchique tempéré produit de luimême un bien qu'il ne faut pas confondre avec cette félicité qui naît d'une gestion habile. Lorsque, dans un Etat, la base politique est bonne î comme en France; que les principales libertés ont résisté aux entreprises de Tarbitraire ministériel; que cet arbitraire n'a pu descendre encorç jusque^dans les classes inférieures de la sodété^ une certaine exubérance de richesses natives se fait remarquer : c*est une terre féconde qui étale ses trésors, bien qu'elle puisse être mal cultivée.
Avancer qu'on n'a pas droit de se plaindre parce qu'on jouit, tellement quellement , des lois fondamentales, et qu'après tout le soleil brille et les récoltes sont abondantes, cette manière de
ao
ooaelure seroit étrange. En Angleterre, tous les ministères seroient bons : ils ne périroient jamais q^e par la mort, comme les monarques; car, dans ce pays, il n*y a rien à faire au fond des choses, et le crédit, l'industrie, Tagriculture, y ont atteint leur plus haut point de perfection. Souvent une administration pèche moins par ce qu*elle fait que par ce qu'elle ne fait pas , ou par ce qu'elle veut défaire. Il suffit même, pour qu'elle trébuche, d'être antipathique au génie du peuple qu'elle conduit : si ce peuple vivoit de gloire et d'honneur, ie régime contraire conviendroit mal h son tempérament; si une monarchie étoit toute grandeur, il ne faudrait pas qu'une petite administration s'accrochât au manteau rayai pour retenir les pas de cette monarchie. La politesse grecque et la splendeur latine auraient repoussé un instinct obscur et grossier.
Il n'y a donc , Je le répète, ni division , ni partage dans les esprits; et l'opinion qui repousse l'administration est en général celle qui, depuis trente ans, soutient la couronne. Il seroit singulierxfue l'administration eût raison contre cette opUiion.
Ajoutez que le sentiment des magistrats , blessés dans leur indépendance, se réunit à l'opinion générale, et que la Chambre des pairs met comme le sceau à l'opposition de la magistrature et de la politique.
. Voilà, mon noble ami, toutes les choses qu'il est essentiel d'observer lorsqu'on parle de la cou- |X)nne et de lopinion; lorsqu'on dit que, si la première favorise une fois la dernière, elle sera obligée d'en supporter ensuite les caprices. Les circonstances et les faits, en résumant ce que je viens de déduire, sont faciles à distinguer. Il faut savoir :
l"" Si l'opinion tout entière est pervertie par nne faction armée dans l'intérieur, par l'approche d'une grande révolution , par des haines nationales de peuple à peuple ;
2" Si cette opinion est l'expression de la majorité ou de la minorité, si elle est générale ou limitée;
S"" Si ce sont des amis ou des ennemis qui parlent , des hommes qui dans tous les temps oi^t combattu pour le trône, ou des hommes qui cherchent à le renverser.
Que l'on imagine un nouveau ministère choisi ou parmi les royalistes, ou parmi les anciens ministéipiels , ou parmi les constitutionnels, réuni-
MÉLANdES PQUTiQUE».
rait-il contre lui let constitutionnels, les aaeieiii ministériels et les royalistes? Sans doute il y aurait ^toujours une opposition; mais serait-elle toujours générale? Cette opposition pourrait même être virulente : M . Fitt a été poursuivi avec acharnemait, quelquefois avec de sanglants outrages; mais M. Pitt n étoit-il pas défendu avec la même chaleur qu'il étoit attaqué? George III s'est-il cru obligé de le sacrifier à une opinion divisée, à la miaorité violente de l'opinion , à la majorité même de la Chambre des communes, qui étoit d'abord ea contradiction avec la miyorité de ropiaiou eité* rieure? Non; il l'aurait abandonné au vœudelV pinion (complète et générale.
Pour que la couronne soit éclairée , sansj être accablée par l'opinion, elle n*a rien à que de rester ce qu'elle est par sa nature, im sible. Le point juste où elle doit se tenir est où elle trouve gloire et tranquillité : elle sera cée dans ce parfait équilibre lorsqu'elle aura contré des ministres, non sans oontradictei ce qui est impossible, inais sans ennemis rai nables ; des ministres, en un mot, qui seront tés par la me^rité d'une opinion iodépendajii
Enfin , s'il étoit de la dignité de la coi d'éciiapper aux vœux de ses sujets , voyons ce pourroit arriver à l'ouverture de la proe! session.
Nous supposerons que la Chambre élective éprauvé l'influence de l'opinion publique; car n'est possible de raisonner que dans l'analogie choses. Cette influence pourroit avoir au l'opposition dans cette Chambre : la majorité perdue depuis longtemps pour les ministres la Chambre héréditaire. Les ministres im roient-ils la couronne, afin qu'elle sollicitât voix pour accroître ou former leur miyorité?
Si , au contraire , la couronne n'agissoit elle laisseroit donc les ministres succomber? cl| se rendrait donc au désir de la Chambre paA laire ? Et l'on parle de la dignité de la oourôofiit , et l'on ne voit pas que , dans ce système, sa cotte descendance serait bien plus marquée que i^ celui où elle prendrait d'elle-même riaitiatif| d'après l'espèce de rendu-compte ou de doléaB(|, de l'opinion 1
Lorsqu'on soutient qu'en s'élevant contre « administration on veut fcurcer la counmneàll dissoudre, on prend l'effet pour la cause. Oo a*| pas l'audace coupable de dire à la oooroooe : « Renvoyez vos mimstres; parce qu'ils ne WH
uÈumv»
■ ewvfeBiiMit pat; » OB dit ; 4 Les miBistres ont ■fût telle» et telles butes. » Un montre le mal fioa Tdt 00 Qu'on eroit voir ; o^ n'indique point ieranède; on sait seulement qu'il existe dans la RNiromie j d'où vient le salut de tous.
Od ne peut se dissimuler , mon noble ami , que i lotte engagée entre le ministère et l'opinion leproduise une scission de la nature la plus grave.
Si la haute adminiiitration peut résister quelque BBps, l'administration Inférieure est prompte*- KDtéiiraniée. Cliaque ville, chaque bourgade, kiqoe luiraeau devient un champ de bataille, É, depuis le préfet jusqu'à l'adjoint du maire , B fonctionnaires publics ont des assauts à souteir : perdant confiance dans la durée du pouvoir lileonotiefs, bientôt ils ne leur obéissent plus,
iibaecioissenl Topposition , en exécutant leurs
;. A peine toute la majesté de la couronne ,
famonr qu'on porte au roi , suffisenMIs pour
le contre-poids du mal produit par une ad-
itson que chacun repousse.
Il y aumit un dénoùment fort simple à cette pupHcation politique; un parti que l'honneur iRieille serait pris sans hésiter par de vrais roy a- ^ qui vouaient soulager la couronne , dusittit-ils croire quMls succombent à une injuste |léTentieo. Lorsqa'une positimApolitiqueestgâtée k maDière qu'on ne puisse plus faire le bien , il pttsXt qu*à se décider entre l'estime personnelle Itime puissance flétrie.
M^ puissance ministérielle, 11 faut qu'elle en
nicDBe, s'est porté elle-mépie de rudes coups.
is'a poiot oublié, on n'oubliera jamais les eircuélectorales , le système de captation avoué de la tribune , la violence cliargée d'ache- ^loBvrage de la ruse, l'attaque directe aux Mtttoi et aux libertés publiques , la censure Mot, comme une espèce de banqueroute, solfe rarriéré des brocanteurs de consciences, et iMi^t de force au silence des écrivains qu'on w^t plus besoin de payer pour les faire parler ■•«taire. On n'efface point de pareils souvenirs : P POttYoir tiré de la corruption ne ressemble |iht à Torde Vespasien : il retient toujours quelle «bose de son origine.
Admettrons-nous qu'une généreuse Impulsion PVoisse être donnée à des intérêts ministériels? p^itéréts, qui tantôt acmt si scrupuleux sur la 1%^ de la couronne , quand il s'agit de se couler q«i tantôt font si bon marché de cette di-
P^î quand ils ont besoin qu'elle s'abaisse pour
POUTIQim»; %fi7
les sauver; ces intérêts, disons-nous, s^hstine^ rolent-iis à vouloir que le prince leur servit tou-« jours d'égide , et condamnât l'opinion publique au silence?
Le prince pourroit tout ce qu'il voudroit : on; oI)éiroit; personne n'a la prétention de résister| ou de donner des leçons à la volonté souveraine ^ mais quels seraient les meilleurs serviteurs du^ rai , ou de ceux qui conseiileroient une politique, opposée au génie des institutions octrayées , oude ceux qui, ayant une plus haute idée du trône, pensejroient que sa gloire est de vivifier les insti^> tutions qui découlent de liii? Dans ce second cas y Topinion écoutée dev|endroit une force nouvelle pour la monarchie ; dans le premier cas , Topinion^ dédaignée se soumettroit avec une respectueuse résignation. Le^ hommes qui valent quelque» chose, et qui comptent chez les peuples , se tien^ draient à l'écart; ils diminueraient l'existence publique de tout ce qu'ils donneroient à leur vie privée. La couranne serpit tovyours chérie, tou-« jours vénérée ; on serait toujours prêt à lui sacrifier raiK>s, fortune, famille et vie; on n'en offri-« rait pas moins pour ell^ les vœux les plus ardenta au ciel; mais les bénédictions qui sortent d*un cœur attristé out-elles la même puissance pour la prospérité des États?
Veut-on que le moment de se mettre d'accord avec l'opinion générale ne puisse jamais arriver pour des ministres? Veut4>n qu'ils se maintiennenS au pouvoir en dépit de cette opinion? Alors se présenterait une question toute nouvelle en po« litique.
Si, après avoir censuré jusqu'aux arrêts des tri'* bunaux; si, après avoir bravé ou la majorité oit une minorité parlementaire imposante , des mU nistres bravoient encore la liberté de la presse , dont la foree est doublée par l'évidence des falt^ qu'elle expose ; si tous les matins , traduits au tribunal du public , ils usoient le reproche , déficient les vérités comme les Sauvages défient les tour-^ ments, et fatiguoient le fouet de Topinion, que deviendrait un peuple sous de tels hommes?
Je n'ai point , mon noble ami, de solution à ce prablème. En tous temps, en tous lieux, Topinion publique , armée du bon drait , a remporté la vic^' toire ; comment nous seroit-il possible de dire ce qui arriverait , si cette opinion étolt vaincue pai' la faculté dont serait doué un ministère de tout souffrir, de tout dévorer? Des Mithridates politiques qui se seraient habitués à digérer les poisons-
so-
nous placeraient dans on ordre de choses où Texpérience ordinaire ne peut plus servir de guide.
Que Ton recherche , si l'on peut , sans être épou- Tante, ce que deviendroit un peuple dont les institutions seroient entièrement perverties; ce que deviendroit un gouvernement prétendu représentatif dont l'opinion ne seroit plus le principal ressort ; un gouvernement qui n'auroit plus d'affinités avec ses propres éléments, et qui mentiroit à toutes ses doctrines. Queseroit-ce que deux Chambres législatives, passées au service d*un ministère contempteur de la liberté, qui ne seroient plus que des machines d'oppression , battant monnoie , forgeant des conscrits et Imprimant des lois pour des esclaves appelés constiCuiionnels ?
Non , la France ne produira point de ministres capables de porter ainsi la gangrène Jusqu'au fond des entrailles de la société I Toutefois si la Providence, par un conseil impénétrable, permettoit Jamais A de tels hommes de paraître au milieu de nous, nous leur dirions :
n Épargnez au monde une corruption effrayable ; épargnez-nous la moquerie de tout ce qu'il y a de \msy , de saint et de Juste. Rendez-nous un service, dont nous serons reconnoissants ; détruisez franchement la liberté; mettez les mœurs publiques en réserve dans le despotisme ; elles s'y conserveront peut-être de la même manière que la dépouille des'morts dans certains caveaux funèbres. Du moins quelque Innocence pourra se cacher encore dans le sein des femilles y du moins nous pourrons conserver la foi de la vertu , nous figurer qu'il existe hors de votre influence des gouvernements sincères, des institutions généreusement observées ; et peulrétre nous sera-t-il permis de nous consoler quelque- .fois , en rêvant , au delà de vous et de votre siècle , des jours d'indépendance et d*honneur pour notre postérité délivrée. » Ecartons ces tristes présages; il y aurait une sorte d'impiété à s'y livrer. J'aime à le redire, mon noble?ami , nous n'avons point à craindre de pareils ministres, et, s'il s'en trouvoit, ils ne réussiraient pas; les traits de l'opinion publique ne seroient pas lancés impunément contre eux : on n'est pas invulnérable parce qu'on est insensible , et la dépravation ne produit pas le même effet que la vertu. Des hommes de cette nature seroient aussi sans influence sur les Chambres. Il y a chez les François un sentiment d'indépendance et d*honneur que rien ne peut étouffei.
1IÉIAN6BS POLITIQUES.
Enfin , dominant et l'opinion et la pcdmiKe parlementaire , Charles X ne seroit-il pas là pour nous secourir? n'a-t il pas déclaré qo*il maintiendroit comme roi ce qu'il a Juré comme sujet? Rien ne peut se détruire que par sa volonté, et sa volonté n'est point soumise aux hommes qa'ii daigne admettre en sa présence. Il retirera si main quand et comment il le voudra. L'opinioa publique ne sera point méprisée, car i'opinjoa publique est sur le tr5ue dans la peisonnemèitt de notre auguste monarque. S'il étoit Jamais quel* ques hommes qu'il trouvât à prapos d'éloigner de ses consdis , il pranoncerait la sentence, et li France appliquerait la peine : l'oubli.
Je termine ici ma première lettre : Je me pis- {KMe de vous entretenir dans les autres de Fia* demnité des émigrés et des intérêts desrentieiS| de l'indépendance de la magistrature, desloiii faire , du rôle que la France pourroit Jouer (^ Europe , de la position de l'Espagne et de ses eo^ lonies , des destinées futures de la Grèce, etc.
En attendant, tout à vous , mon noble anu.