‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 234 sur 279 · POST'SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST'SCRIPTUM

Dimanche, i*' joillet I8S7.

récrirais aussi longtemps que durera la sure , que je ne pourrais suffire à noter tontes persécutions. Voici quelques nouveaux feits J'ai encore le temps de rapporter.

Le Journal des Débats donne le 37 joia article littéraire; la censure y trouve mots, quelques phrases à reprendre; elle l'article entier, et rend le reste approotédi Journal à onze heures du soir.

Le lendemain , 30 Juin , qu'arrîve-t-il?oû«* voie comme de coutume la double épreuve exig* à la censure. Le porteur de l'épreuve attend j«»» qu'à dix heures du soir, et demande TépreuTe qi doit être rendue avec le visa de la censure : • lui remet une des deux épreuves non visée, en W disant que les ceaseurs se sont retirés.

Le Journal des Débats avoit par hasardée reste d'une ancienne épreuve approuvée, il 5* sert pour que ses feuilles ne soient pas entièrement blanches ; et le journal paraît dans l'état où II France a pu le voir.

MÉLANGES POLITIQUES

ZiZ

•2me

If est-il pas évident quVn adoptant ce système i^ non-censure^ on peut, par le fait, supprimer mjoamal? Car si tontes les colonnes du journal loot non censurées y ou le journal paroîtra tout en blanc, ou il ne paroftra pas du tout; ou s'il larolt a?ec des articles non censurés, aux ter* BMS de la loi, Il sera suspendu.

FM-on Yoir une plus odieuse, une plus abomi-

I nble persécution de la presse? Y a-t-il des termes

ttseiforts, des expressions assez vives, pour ren-

^riDdignation qu'elle inspire?Quoi ! vous faites

loi de censure; j'y obéis, et vous refusez

de m*appliquer votre loi oppressive ! Vous

déniez la justice , irons me déniez Tesclavage ,

m'étouffer.

Quel est l'homme qui dirige un pareil système ?

le conseil de surveillance est réellement quel-

ebose, ne doit-il pas faire chasser à l'instant

pareil homme ? Ainsi c*est l'esprit de vengeance

les blancs, c'est la fureur contre les

es accusateurs des mutilations de la censure,

cette fureur qui amène ce dévergondage de

isme : on yeut tuer ceux que Ton a blessés ,

peur de laisser des témoins de sa violence, de

d'être reconnu , d'être jugé et condamné au

nal de l'opinion. Et c'est là ce qu'on yeut

faire passer pour de la liberté! c'est là ce

l'on appelle une censure contre la licence! Les

es tyrannies subalternes prennent le carac^

de labassesae dans laquelle elles sont engen-

D y a pourtant une ressource contre une telle

até : c*est de faire paroltre le journal non

§, après ayoir fait constater légalement, au-

que possible , le refus de la censure. Le jour-

lera suspendu : il y aura procès. Nous ver-

si les tribunaux condamneront un journal

^|Nr avoir transgressé une loi à laquelle il s'étoit

j' iiiniis, et dont on lui a refusé le triste bénéfice.

^flr enfin ce journal s'est trouvé, par ce déni,

Ite la position de paroltre non censuré, ou de

Mer d'exister. En principe de droit , on ne peut

^eer ni un homme ni une chose à s'anéantir

^rioatairement.

Ijd article du Courrier anglais, journal mi- ^^'^àîéy dévoué à M. Canning, m'arrive : je tf empresse de foire connoitre cet article ; car dé- Maais te France ignorera ce qu'on pense de ^>Qs en Europe, C'est encore un des bienfaits de ktensore.

' Lm journaux de Paris de dinumche et de

<*i1S%VaKUII»i — TOVE tu

lundi nous sont parvenus hier doir. Le Moniteur du 25 contient une ordonnance royale qui éta« blit une rigide censure de la presse. Cet exercice de la prérogative royale nous paroît être le résultat du retrait de la loi sur la presse , pi*ésentée aux Chambres dans la dernière session. Le but de cette mesure est d'enchaîner en France l'impression de l'opinion publique. La manière dont elle sera exercée dépendra de la discrétion et de l'humeur des personnes chargées de la surveiller. Nous ne pouvons pas découvrir le motif précis d'une telle ordonnance dans le moment actuel. Nous lisons avec attention les journaux de Paris, et nous avouons que nous n*y trou^ vous pas ce langage séditieux et incendiaire qui pourroit demauderune surveillance aussi sévère de la presse ; d'ailleurs il y a des preuves suffisantes que les tribunaux du pays ont le pouvoir d'en punir les excès. Un gouvernement doit être bien foible, ou le peuple qu'il régit bien porté à la désaffection , pour qu'on croie néces* saire d'établir une censure. Mais c'est une grande erreur de supposer que cette ressource soit aussi utile dans l'un ou l'autre cas. Un gouvemementn'acquiert aucuneforce en trahissant ses craintes , et un peuple mécontent ne redevient pas affectionné sous le poids de nouvelles entraves. »

( Courrier anglois du 37 juin 1837. )

OPINION

SUR LE PROJET DE LOf 1

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