LIBERTÉ DE LA PRESSE
J'ai publié, le 80 du mois dernier, une brochure intitulée : Du Rétablissement de la Censure au 24 juin 1827.
Dans TAvertissement de cette brochure on lit ce passage : « La pressé non périodique doit venir au R secourt de la presse périodique : des écrivains « courageux se sont associés pour donner une suite « de brochures. On compte parmi eux des pairs, « des députés , des magistrats. Tout sera dit ; au- « cune vcrilé ne restera cachée. Si certains hommes « ne se lassent point de nous opprimer, d'autres « ne se fatigueront pas de les combattre. »
En effet, une société d'hommes de bien, également attachés à la religion , au roi , à la patrie, s*est formée dans le dessein de venir au secours de la première de nos libertés.
Les brochures qu'ils vont publier seront répandues gratis à Paris et daus les départements : ainsi elles n'auront pas besoin d'être annoncées pour être connues. Le public apprendra par elles et les vérités que la censure enlève aux feuilles indépendantes et les mensonges qu'elle laisse dans les journaux ministériels.
Les amis de la liberté de la presse placent leurs ouvrages sous la sauvegarde et sous la censure des tribunaux. De bons citoyens, des sujete fidèles, de vrais François, des hommes religieux qui veulent
UÉLANOES POLITIQUIK
\t liberté et non^a licenee , qui désirent la paix et non le désordre , n*ont rien à redouter des lois. Les uns signeront leurs écrits « les autres garderont Tanonyme. Taire son nom , ce n^est pas le cacher. Tel est le plan dont les amis de la liberté de la presse commencent . Texécution dès ce moment même. On ne peut 6*empécber de reproduire une réflexion détenue vulgaire : après cinq ans de pleine et entière jouissance de la liberté de la presse, il est triste d*étre revenu aux moyens de défense employés dans les premiers temps de la restauration : le pas rétrograde est effrayant. Quand on marche i Reculons , il est difficile d'éviter les précipices.