POST'SCRIPTUM
Des Journaux nous donnent le traité conclu, disenHIs, ailre la France, l'Angleterre et la Rossie, pour la padficatioii de la Grèce. Geané* gociations , dHoameneées sous mon ministère, me paroltroient dans ee cas avoir eu une triste fin. Il seroit difficile de comprendre que les Ottomans, vataïqueufs presque partout, abandonnas*
MÉLANGES POUïlQLËS.
sent les forteresses qu'où leur a laissé prendre, livrassent toutes les propriétés turques à des rayas rebelles, et que les Grecs de leur côté reconnussent le sultan comme leur seigneur suze* rain, lui payassent un tribut annuel , et consentissent à laisser à la Porte une voix déterminante dans la nomination des autorités qu'ils se chpisiront.
Je disois dans ma note sur la Grèce qu'il étoit déjà trop tard, il y a deux ans, de demander pour celle-ci une sorte d'existence semblable à celle de la Valacbie et de la Moldavie, les Grecs paroissant être au moment de chasser les Turcs ou d'être exterminés par eux.
Je remarquois toutefois qu'il étoit encore possible de délivrer les Hellènes sans troubler le monde, sans se diviser, sans mettre même en danger l'existence de la Turquie, par une seule dépêche collective souscrite des grandes puissances de l'Europe : ce sont là, ^joutois-je, de ces pièces diplomatiques qu'on aimeroit à signer de son sang.
On en est venu à cette résolution : mais qtiand? Quand des flots de sang ont été versés, lorsque les Turcs sont rentrés dans les ruines d'Athènes, et que la torche de Mahomet, plantée dans les débris des monuments de Phidias, semble éclairer les dernières funérailles de lu Grèce.
La France, qui de voit prendre l'initiative dans cette question; la France, qui auroit pu avoir dans ce moment vingt-cinq mille volontaires en Morée, a été placée, par la foiblesse des ministres, à la suite des autres puissances. Les peuples ont tratné les gouvernements à la remorque dans une affaire où la religion, l'humanité et les intérêts matériels bien entendus réclamoient l'intervention de ces gouvernements.
On a déclamé contre les comités philhellènes; mais en quêtant du pain , ils ont nourri des veuves, des orphelins, une poignée de héros, et laissé le lerops à la chrétienté de rougir.
La Russie vouloit agir : qui Ta arrêtée? S'il est juste de secourir aujourd'hui les Grecs, eût-il été injuste de les secourir il y a quatre ans? S'étoit-on flatté qu'ils seraient anéantis? Ils ont malencontreusement résisté au delà de l'espérance. Maintenant leur renommée embarrasse : qu'en faire? Ne pourroit-on pas les en punir, en les rejetant sous la suzeraineté des Turcs? On n'a pas pu leur ôter la vie; ôtons-leur la gloire : ce sera toujours se venger de la liberté. Si la Porte n'accepte pas une médiation proposée avec
tant de ménagements et des paroles si modestes, combien de temps encore les massacres dureront-ils , puisque le traité ne porte pas une condition expresse d'armistice? Pendant les écban* ges de notes diplomatiques, les Turcs continueront-ils à égorger les Grecs sous les yeoi des médiateurs?
Si vous regardez ces Grecs comme des sujets rebelles, pourquoi vous occupez-vous d'eux? Si vous les considérez comme un peuple qui mérite \ d'être libre, quel droit avez- vous de fixer iei | conditions de sa liberté ou plutôt de prolonger ' véritablement son esclavage? Laissez-le mo&rir: la postérité lui rendra les derniers honneurs; il n'a pas besoin que votre pitié de parade et vo* tre admiration dérisoire viennent promener toi. pavillons en deuil sur les mers qu'il iilostn,! et tirer des coups de canon à poudre sur %\ tombe. I
Si les Grecs, comme ils l'ont décrété, érigenli une monarchie constitutionnelle et se choisis* sent un prince étranger, c'est donc le Graod* Turc qui, avec sa voix déterminante, nomnm. ce roi vassal?
Si les Grecs n'acceptent pas les chefs dés*; gnés par la Porte, qui décidera la question? puissances médiatrices, réunies en oonsdi censure, prendront-elles à tout momait les mes? '^
Il falloit éviter des détails où l'on a tout rFg|é| sans consulter lespartiescontendantes-Ondevoi^i selon moi , se contenter de dire : « La guerre es* « seraài'instant: nous l'exigeons dans l'iDtététdi « lareliglonetde l'humanité, dans rintérêtdeiA « sujets et du commerce. Nous reeonnoissons W « dépendance de la Grèce, et nous offrons nobti « médiation pour les arrangements qui seront h « suite de cçtte reconnoissance. »
L'Angleterre a reconnu l'indépendance deseoloniesespagnoles, la France, l'indépendaDced'ott république de noirs; et l'on en est à parler d'u rapprochement éventuel avec les Grecs! U France et l'Angleterre ne soutiendrolent-ellodcs principes généreux que lorsqu'elles n'ont à craindre aucune résistance ? Les Turcs sont-ils si ftrmidables? Il suffit que nos gens d'État se oiéleot de quelque chose pour que tout avorte : leur administration pauvrette n'amène rien à terme.
Si de tant de désastres on siiuve quelques 6milles, on devra sans doute s*en réjouir; mais qu'on ne vienne pas réclamer, au nom d'une me' sure incomplète et tardive « une popularité qo'M.
MÉLANGES POLITIQUES
^oa
ji'8 pas foéritée. FanMI croire à un article secret deveoQ ao article public? Dans tons les cas, cet piticle n'engageroit pas beaucoup les puissances ; or il y est dit qu'on établiroit avec les Grecs des relations commerciales, aiissi longtemps qu'il txislera parmi eux des aulorités en état de immtenir de telles relations.
Or, o'est-il pas évident qu'on pourrrtoujours
déclarer aux Grecs qu'on désiroit établir avec eux
des relations, mais qu'ils ne sont pas en état de
ks maintenir? Cette grande négociation flniroit
ainsi par une misérable moquerie. En tout , le ton
da traité , si ce traité est authentique , est timide ,
vagoe, embrouillé , sans franchise , très-peu digne
doiaogagedetrois grandes puissances de l'Europe*
On y sent i*amour des Turcs , les défiances de
rAutriche, la peur de la guerre, la mercantille de
vhdté de Londres , et Tagiotage de la Bourse de
Airis : on ne peut échapper au 3 pour 100.
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