AUX ÉLECTEURS
i Paris, le 5 septembre 1827.
î II n'y a qu*une chose qui doive fixer dans ce
.■ornent Tattention publique; qu'une chose dont
nous paissions entretenir nos lecteurs : la forma-
, tkmdes listes pour le jury. Ces listes, on le sait,
sont aussi les listes électorales; quiconque négli-
geroit de s*y faire inscrire avant le 30 de ce mois
perdroit son droit d'électeur pendant une année.
, Si nue élection générale avoit lieu dans le cours
I de cette année, le mauvais citoyen, car il faut
' truicher le mot, qui se seroit tenu à l'écart, de-
^droit coupable de tout ce qu'une Chambre des
dépotés, dévouée à radministration du Jour,
poorroit faire de mal à la France.
Remarquez que vous avez contre vous deux chances de dissolution, à deux époques diHërentes. Cne fois close le 30 septembre, la liste du Jury est Talable pour un an ; le ministère peut déterminer la couronne à dissoudre la Chambre des députés Avant la session prochaine ou après cette session ; fQe réiection précède seulement de quelques jours
' HoQ toar de tenir la plame n*ëlo!t pas revenu. Prévena liQpUrdqaefaaroto à remplacer momentanément un liommc de Uleol et de mérite, 11 m'a fallu dicter, revoir et livrer Mlle broehoreà rimpresslon dans quelques heures. Au reste, B oes'agM ki ni de PécHt ni de récrivain ; il s'agit de remplir » de\olr : Faite»-vous inscrire sur Us listes du Jury ; voilà Int ce que favota à dire, et œ sera toi^oors bien dit.
le 1*' octobre 1828, cest la liste arrêtée le 30 septembre 1 82 7 qui servira. De sorte que, s*il platt au ministère de faire encore une campagne avec la Chambre actuelle des députés , il le peut , résër» vaut sa bonne liste (si elle étoit bonne à ses fins) pour des élections qu'il placeroit au mois d^août ou de septembre 1 828 ; il gagnerait ainsi uneannée d*existence; il ajouteroit l'année qui va s'écouler aux sept années qu* il se donnerait ensuite. Y a-t-il en France un seul homme , autre qu'un serviteur ei^trémement humble , à qui l'arrangement puisse convenir? Encore huit années de la chose ministérielle! c'est un peu long. Voilà néanmoins ce qui arriveroit si les électeurs non serviles renonçoient à f e présenter à leur préfecture avant le 30 septembre. £t qu'ils se dépêchent, car nous sommes au cinquième Jour de ce mois fatal.
Déjà dans les bureaux on se réjouit des retards d'inscription; ou se vante que , ces retards con< tinuant, les quatre cinquièmes, ou tout au moins les trais cinquièmes des voix seront acquis à Tau^* torité. On va jusqu'à marquer le nombre des membres dont l'opposition future seroit composée : soixante députés de la minorité de gauche, huit députés de la minorité de droite , c'est tout ce que le ministère accorde aux besoins de l'opposition.
L'outrecuidance ministérielle est connue; elle a souvent annoncé des succès qu'elle n'a point obtenus. Elle se disoit sûre de faire repousser M. Delalot à l'élection d'Aogoulêroe, et M. Delalot a été nommé. ( Il en a été ainsi de quelques autres élections pq^tielles.) Elle se regardoit comme certaine du vote de plusieurs lois , et ces lois ùùX été rejetées ou refaites. Nous croyons même, 'et nous avons nos raisons pour cela, que dans les voix que le ministère s'attribue déjà sur les listes du jury, il aura de grands mécomptes. Ne noua effrayons donc pas des vanteries, mais qu'elles nousserventd'admonition : souvenons-nous qu'un seul suffrage peut décider de la nomination d'un député , et la boule de ce député, du sort d'une loi ou d'un ministère.
Mais si le ministère a l'intention de procéder à des élections , comment se fait-il qu'il soit le premier à solliciter rinscription sur les listes? Voyes les avertissements des préfets, les articles de journaux : n'est-ii pas évident que la censure ne laisseroit pas passer ces articles, s*ils contrarioient les plans des hommes du pouvoir? Il est donc clair que ces hommes ne veulent pas renouveler la Chambre des députés , ou qulls désirent que^
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l'élection soit sincère , que les opinions soient libres.
Nous aimerions à donner ces éloges an ministère; mais il a trop appris à la France à le Juger autrement. Il diroit aujourd'liui la vérité qu'on ne le croiroit pas : c'est peut-être ce qu'il y a de plus déplorable dans sa position, pour lui-même et pour le pays.
La défiance est poussée au point que nous avons vu des électeurs, au moment de commencer les démarches nécessaires, reculer devant l'invitation des autorités. « On nous presse, c'est « pour nous prendre dans un piège que nous ne « voyons pas. Le ministère n'a pas envie que nous
• votions contre lui ; or il nous appelle, doue il •« nous trahit. » On ne pouvoit les tirer de ce raisonnement.
Il est aisé d'expliquer la contradiction apparente entre ce qui peut être le vœu secret de l'administration et le Iflfugage public des autorités et des Journaux censurés.
Les raisons de principe agissent peu sur les hommes ; il n'y a que les raisons défait qui fhippent et qui soient entendues. Ainsi , quand vous crieriez du matin au soir « : Rien n'est si beau que n la fonction de juré , rien de si admirable que « le pouvoir électoral! Si vous vous exposez à le « perdre , vous vous montrerez indigne du gou- « vemement représentatif et de la lil)èrté cons- « titutionelle : Indépendant, vous renoncerez à
• votre indépendance; royaliste, vous roécon- « nottrez le bienfait de la Charte octroyée par le « roi votre maître. Sortez de votre apathie, et « assurez votre double*droit d'électeur-Juré. »
Ce langage est fort convenable ; mais déteYminera-t-il à s'inscrire vingt électeurs de ceux qui ne s'inscrivent pas naturellement? nous ne le pensons pas. Il n'y adonc aucun danger pour l'administration à laisser proclamer ces théories; elle sait très-bien que ce n'est pas avec de la métaphysique politique qu'on fidt mouvoir les électeurs; elle se donne ainsi, à bon marché, un air de candeur; ses partisans viendront vous dire à la tribune, en apologie de la censure, et après des réélections favorables pour eux : « Cette « Chambre nouvelle où le ministère a une majoft rite acquise, démontre que l'opinion réelle de « la France est tout en faveur du système que « l'on suit. Soutiendrez- vous que l'on a agi dèn loyalement , que Ton a écarté des collèges élec- « toraux nos adversaires? loin de là , on les a ap-
« pelés de toutes parts ; les préfets les ont instniiti tt de ce qu'ils avoient à foire. Quelle opinimi a été « enchaînée? Le Journal royaliste n'a-t-il paidé* « signé le candidat royaliste ; le Journal libéral, « le candidat libéral? »
Et l'orateur, en prononçant ces paroles, aaratt sous sa main une liasse de Journaux censurés et d'arrêtés de préfets, et, comme dans ie$ Plaideurs, il en montrerait tes pièces; et Perria Dandin, réélu, diroit avec attendrissement : Tni' ment il plaide bien!
Voulez-vous savoir si tout cela est fhmchise? sortez des théories , venez au fait ; dites aux élœ* teurs quils doivent se faire inscrire pour mettre un terme au système ministériel; pour préTenir le retour de ces projets de lois qui désolent et i^ ritent la France ; pour empêcher la perpétuité de la censure et la détérioration de la pairie; pour renvoyer les receveurs généraux dansieors départements, et dissoudre un syndicat dangereux ; pour rendre la caisse d'amortissement à sa destination primitive ; pour cesser d'être humi* liés par des pirates dont nous bloquons inlltil^ ment les ports ; pour que le commerce refleurisse; pour que des Injustices soient réparées : voilà ce que tout le monde comprendra ; voilà ce qui amènera la foule aux listes de jurés; mais voilà aussi ce que la censure ne vous permettra p» d'écrire dans les Journaux; voilà ce dont les préfets n'auront garde de vous instruire; voilà ce qui prouve ^ue la sincérité de l'appel ministériel* aux électeurs est une déception de plos.
Dans un pays où l'administration ne se sépareroit pas du peuple , ne regarderoit pasi'opinloa publique comme une ennemie, tout se passeroit dans l'ordre ; au lieu de chercher à profiter des difficultés et des lacunes qui peuvent exister daas une loi , au lieu de s'en tenir rigoureusement à h lettre de cette loi , une autorité paternelle atta»droit avec patience les citoyens et leur aplani-
roit les voies.
La loi actuelle sur le Jury a oublié de commander aux autorités locales de délivrer un récépissé des pièces qu'on doit leur fournir. Comment prouvera-t-on que ces pièces ont été remises en tcmp* utile,. SI par hasard elles segaroîent dansto bureaux , ou s'il convenoit à quelque Séide ministériel de nier les avoir reçues?
Des électeurs arrivent de la campagne ; Us «* fait plusieurs lîeues afin de remplir le vœn de la loi. L'heure est trop avancée; tel bwemai»*"*
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ptos ooverts : ces électeurs pourront-ils revenir? Les percepteurs des impositions des communes nnles ne manquent pas de prétextes pour retarder quelquefois la remise des extraits qu'on leor demande.
L'article S de Tordonnance de 1820 veut que
INB les dix Jours, pendant que les listes électo-
nb restent affichées, les préfets fassent publier
^ D rdevé des noms ajoutés ou retranchés. Les
ifateors-Jurés Jouiront-ils du bénéfice de cette
ffdoonance?
Pais viennent les dégrèvements , les chicanes fsr les pièces produites , les erreurs volontaires OQ infolontaires des percepteurs, maires, souspéfets et préfets.
H est dur d'énumérer les moyens que sauroit -MeD trouver le pouvoir ministériel de fausser une «ccllcnte loi ; mais ce pouvoir a été vu à l'œu- ^: le personnel de ce pouvoir n'est pas changé, m esprit l'est encore moins ; ce pouvoir a fait , •ss rongir, des professions publiques de son de»- IBtisme. Les mêmes hommes qui dirigèrent les ènières élections seront chargés de travailler aHes qui pourroient avoir Heu. Qu'attendre de kv justice?
Nos eraintes parottront peut-être prématurées, l'administration, répliquera-t-on, n'est pas d'hu- Beor & jouer le eertain contre l'incertain : elle fmt encore se tratner deux ou trois ans comme Me est : que chaque année elle emporte le budpt et remette la censure, elle n'en demande pas iaTantage. Elle tient la considération publique four niaiserie; les discours à la trilmne, pour MBut Vous lui direz que la censure a tout perdu, elle vous répondra que la censure a tout sauvé : » ee^ cHyture, ordre du Jour ; le compte des boukt réglera l 'af foire. A chaque Jour sulQt sa peine : tes trois ans 11 arrive tant de choses ! Et puis fiai on sera là, cm verra. Pourquoi les minis- ^ se troublerolent-ils le cerveau de toutes ces )rt¥oyaQces?On leur dit, dans leMoniieury qu'ils MBt'Iis premiers hommes du monde , qu'ils ont Ut des ehoses magnifiques , étonnantes ; on supplie, par le menu , tontes ces belles choses que li cemore environne de son inviolabilité. Le pa« tenë^politique est bien payé des deniers publics, tt ckacon s'endort. On n'est pas asses f m pour Mmt ee qu'on tient, pour risquer sur un coup de dés tgae fortune aequise. 11 n'y aura pas le plus peut diangement; les choses resteront comme As tout : rien ne presse donc de se faire inscrire.
Nous en conviendrons, c'est là l'esprit dé l'ad* ministration : pourvu qu'elle vive, elle est satisfaite. Devenue insensible à tout reproche, elle garderoit certainement sa position , si elle suivoit les habitudes de sa misère. Vous ne la toucheriez pas davantage en lui disant que dans deux ou trois ans les élections pourroient être dangereuses par l'exaspération toujours croissante des esprits. Qu'importe au ministère tout intérêt qui n'est pas le sien? Mais dans les circonstances où nous sommes , les agents de l'autorité suprême ne sont pas libres de s'abandonner au penchant de leur caractère; ils seront forcés d'agir.
Il est probable qu'après la session prochaine il y aura de nombreuses démissions : beaucoup de députés pensent que leurs pouvoirs légaux expirent au bout de cinq années. L'année 1828 peut donc amener des réélections partielles :voudroiton laisser ces réélections au profit de qui de droit? De plus, tout ne fait-il pas présumer que ces dé^ missions multipliées entraîneront une dissolution complète? Or, que des élections partielles, ou des élections générales aient lieu avant le 1" octobre 1828, notre précédent raisonnement subsiste.
Enfin, si l'on est déterminé à s'inscrire dans un temps quelconque sur la liste des électeurs-jurés, pourquoi ne pas le faire à présent, pourquoi ne pas prévenir les chances défavorables? La Chambre des députés ne sera pas dissoute : eh bien I l'on sera en règle, et Ton attendra paisiblement l'avenir.
Quant à ceux qui pourroient craindre d'exercer les fonctions de juré, ils doivent maintenant être rassurés. Il est prouvé que leur tour ne peut guère revenir, dans les départements, qu'une fuis tous les huit ans. Voudroit-on renoncer aux plus beaux des droits, aux droits électoraux, pour éviter une aussi petite peine? Mais alors même on n'y réussiroit pas ; ou ne serait plus électeur, et on resterait juré :1e préfet peut toujours vous inscrired'office, et les citoyens dont vous n*auriez pas voulu partager l'honorable labeur seroient les premiers à vous dénoncer comme étant apte à faire partie d'un Jury.
Ne cherchons pas dans le pouvoir ministériel , dans son amour du repos, dans son imprévoyance accoutumée, dans sa difficulté à pousser ses calculs au delà des besoins du moment; ne cherchons pas un prétexte pour autoriser notre paresse et notre négligence. L'administration pourroit sortir inopinément de sa nature : il n'y a
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personne qui ne démente une fois dans sa vie ses propres défauts. On veut sans doute du silence et de rimmobilité au dehors ; on secrifieroit la dignité de la France à une hausse de fonds de quelques centimes ; Jamais la prospérité delà patrie ne sera mise en balance avec la prospérité du trois pour cent. Mais s'agit-il de conserver une place de ministre , il ny a pas de coup d'État qui coûte : garde nationale, libertés publiques, pairie , tout y passeroit.
Audacieux avec légèreté, timides sans prudence, violents contre tout ce qu'ils sentent enchaîné par la loyauté, foibles contre tout ce qui oseroit pousser au dernier terme la vengeance d'un outrage, ingrats commedesnécessiteux,se figurant que leur colère épouvante et que leur faveur est quelque chose, des hommes ont creusé un abtme flous nos pas : eux seuls méconnoissent les symptomes alarmants d'une crise que leurs fautes ont préparée. Au lieu d'arrêter le mal , la censure Ta prodigieusement augmenté. Qu'a-t-elle empêché, cette censure? le ministère a-t-il vu se tempérer pour lui Tanimadversion publique? Les journaux étoient accusés de donner des ordres, de dicter des lois, d'ameuter la foule autour des cercueils. Eh bien! les gazettes sont demeurées muettes : les cendres de M. Manuel ont-elles été moins accompagnées à leur dernier asile? qu'a-t-on entendu à ces funérailles où la censure devoit joindre son silence à celui des tombeaux! N'y avoitil rien de plus qu'à l'inhumation du général Foy , accomplie sous les auspices de la liberté de la presse ? Tout devient résistance quand tout blesse ; tout est opposition aigourd'hui , les vivants et les morts.
La religion , nous l'avions prévu , souffre particulièrement de cet état de choses. On ne parle plus dans les journaux de missionnaires et de jésuites ; mais écoutez ce que l'on répète autour de vous : c'est le clergé tout entier que Ton accuse. Au dire de ses ennemis, c'est pour favoriser son ambition , c'est pour cacher ses fautes que l'on a mis la censure; il veut la ruine de nos institutions; la Charte est incompatible avec son existence. Telles sont les calomnies qu'a fait naître le système ministériel , calomnies indignes et absurdes "lans doute, mais populaires; or, les mensonges ont produit plus de troubles sur la terre que les vérités.
Il est malheureusement trop vrai que des ressentiments profonds fermentent dans les cœurs.
L^ petits Machiavels du temps sHmagjbMnt qoi tout marche à merveille dans une société qaaoC le peuple a du pain et qu il paye i'impdt Us igoo* rent, ces prétendus hommes d*Ëtat, qall y chez les nations des besoins moraux plus im rieux que les besoins physiques. Lorsque nations sont offensées dans leurs libertés, leurs opinions , dans leurs goûts, dans leur gueil , en vain les champs se couvrent de sons; un malaise général se fiiit sentir; et désordres sont à craindre. Dans Tordre polii les maux physiques causent les soulèvi et les souffrances morales font les révolnti Une nation ne manque de rien ; elle jouit de tes les richesses de la terre, de tous les du ciel, et voilà qu'elle tombe tout à coup le délire. Pourquoi cela? c'est qu'elle portoit sein une blessure secrète que son gouvei n'a su guérir. Rome est patiente aux plus les disettes, et s'émeut pour l'honneur de Y nie; Paris tout entier se laisse mourir dé plutôt que d'ouvrir ses portes à Henri IV. Ci la liberté , c'est la gloire , c'est la religioo, arment les hommes; les bras ne servent que intelligences.
On a voulu nous donner la censure pour raisons personnelles, et peut-être pour favi des élections dans le sens du pouvoir ad tif . Elle ne produira point ce qu'on désire qo'i produise; mais elle aura d'autres effets, efib funestes si l'on ne s'empresse d'en détraiie cause : on a pris pour des circonstances grav beaucoup de sottises faites : la médiocrité a peur de son ombre , et on lui a Immolé la li
Quand on verra réunies, à la prochalae sion , toutes les rognures des^ journaux, les méchancetés et toutes les absurdités de-la sure, toutes les destructions causées par les la* térêts personnels , par les petites passions politi* ques et littéraires, on restera stupéfiait. Forée sera d'écouter de la tribune l'histoire des bbmOf des dénis même de censure , des permlssioDS kcordées à tel journal , refusées à tel antre, ùor ment a-t-on pu mettre en tutelle T^ge viril d'as grand peuple? Gomment s'est-on figuré qw ee peuple oublieroit tout ce qu'il a voit appris, (|b1 se soumettrait sans indignation à ne parierdeses plus chers intérêts qu'avec lioenoe et privUég^» qu'il consentiroit à encadrer son génie danak* bornes de l'esprit étroit qu'on lui a dooaé poar mesure, à rétrograder jusqu'à l'enflince,àW*
Mer, dans des lisières , Tiinbécile langage de la Hère-rOie? Une nation qui , depuis quarante
I aanées, s'instruit au gouvernement représentatif;
! une nation qui a payé de son sang et de ses sneors ce rude apprentissage; une nation qui, depois cinq ans , a Joui de l'indépendance entière de sa pensée; une nation dont le droit écrit se rrtrouve dans la Charte et les serments de deux fob : une telle nation souffrira-t-elle longtemps les flagellations d'une censure famélique, qu*on foarroit nourrir de toute autre chose que des libertés de la France?
Taime bien mleax ces bonnéles enrants Qoi de Savoie arrivent tous, les ans , Et dont la mala légèremeiit essaie Ca longs canaux engorgés par la sale.
Voolefrvous faire cesser toutes les divisions,
tftiner toutes les inquiétudes , rendre la France
[fraspère, calme au dedans, Invulnérable au de-
'•kn, exécutez franchement la Charte; non parce
fi'elleest Charte y ConsHtuHony Code y Prin^
9ipey mais parce qu'elle est l'expression des be*
. Miosdu temps. Tout gouvernement qui mécon-
: lait la vérité politique dans laquelle il doit vivre
ittrefae à sa perte. Dans Tordre illégitime même ,
; Jnnaparte n'a péri que parce qu'il a été infidèle
jlia mission : né de la république , il a tué sa
.1ère. Il s'est liâté de jouir et d'abuser de sa
flaire comme d*une jeunesse fugitive ; il parois-
loit sur tous les rivages ; il inscrivoit précipitam-
■ nent son nom dans les fastes de tous les peuples ;
i jetoit en courant des diadèmes à sa famille et
im soldats; Il se dépéchoit dans ses monu-
Mts, dans ses lois , dans ses victoires. Penché
nr le monde , d'une main il terrassoit les rois ,
I k raotie ii abattoit le géant révolutionnaire ;
M en écrasant l'anarchie il étouffa la liberté,
ciflDit par perdre là sienne sur son dernier cliamp
de bataille.
EtDOQs, do milieu de notre infirmité, du fond fc nos chères ténèbres; nous, vieux malades fon antre âge, presque oubliés dans celui-ci, BOQS aurions la prétention de repousser ces pri]> ^P^t que Soonaparte, tout vivant, tout écla- ^9 tout enfant de son siècle qu'il étoit, n'attafia pas impunément ; principes qui laissèrent ce géant sans force lorsqu'il s'en fut séparé !
On ne peut se délivrer d'un système qui compranet les choses saintes, qui nuit à la couronne , fiitoe les libertés, qui opprime les opinions, fai divise les esprits, qui punit les services, qui
détruit l'industrie, qui paralyse le commerce, qui persécute les lettres , qui ne sympathise avec aucun des sentiments de la France ; on ne peut se délivrer de cet Ignoble système que par des élections indépendantes; il ne tient qu'à nous d'obtenir le triomphe : remplissons les formalités de la loi du 2 mai. Si nous négligeons de conserver nos droits électoraux , la politique à la fols mesquine et oppressive sous laquelle nous gémissons se perpétuera. Cette politique prolongée amèneroit tôt ou tard une catastrophe. Nous faire inscrire sur la liste du jury , c'est sauver l'avenir, c'est défendre le trône , l'autel , nos libertés , nos propriétés , nos familles.
Tel est le sentiment des Amis de la liberté de la presse i telle est en particulier l'opinion de celui dont la devise sera toujours : le Rai, la Charte et les honnêtes gens.