A ORLÉANS
Messieurs , lorsque Louis XYI, de sainte ef douloureuse mémoire , convoqua les états géoé«* raux 9 il voulut remédier à uq mal que la FraDce regardoit alors comme insupportable, mais nous paroit bien léger, aujourd'hui que rexj rience nous a rendus meilleurs Juges de Tadr site. Gomme il arrive presque toujours aux decins peu habiles, d'une blessure facile a guérir nous f imes une plaie locurable. L'assembléeco»^ tituante eut des intentions sages , mais le siède^ Tentraîna. Avec moins de talents et plus d'andaee, l'assemblée législative attaqua la monarelùe, que la Convention renversa. Les deui oonsdii se détruisirent par leurs propres factions. Soos k tyran , le peuple se lut , et ne retrouva la voix que sous le roi légitime. Au retour de Baonaparte, la Convention sembla sortir avec lui du tombeso: les deux fantômes viennent de rentrer ibdscibW dans Fabîme, laissant, en témoignage deifOf apparition, des calamités sans nombre, et six cent mille étrangers sur le sol de France.
Si Ton ne considéroit, messieurs, que les ré* sultats de ces assemblées , on pourroit se seotif découragé; mais nos fautes doivent nous scnir de leçons. Le moment est venu d'employer a l'affermissement de la monarchie cette nAw force populaire qui a servi à Fébranler. /amaft les députés de la nation n'ont été rassemblés dans
' 11 ne manque à celle ooUection de mes Opinf<»»*^J^ deux opinions rclaUvcs aux déliU commit dans U* tck^ du Levant: elles sont placées avant VJtiHcrain, avccB»i'«* sur la Grcof , tom. iv de cette éditloo.
OPINIONS ET DISCOURS
its circonstances plas graves : le roi a voulu les aTertir loi-méoie de Timportauce des fonctions qu'ils auront a remplir, en rapprochant le peuple da trône, en confiant quelques collèges élcetonox BQ noble patronage des princes de son sang. Hais il ne faut pas vous le dissimuler, mes* linrs, tout dépend des dioix que la France va frire. L'Europe nous attend à cette dernière ex- (èienoe ; elle est venue, pour ainsi dire, se placer an milieu de nous, afin d'assister à des résolutjoosqoi décideront de son repos autant que du afttre. Le peuple françois va voir des rois aux IrilHmes de ses conseils : après avoir jugé les iriocesde la terre, il sera Jugé par eux à son tour.
I s*agit de savoir si nous serons déclarés incapa- Hn de nous fixer a ces institutions que nous ATODS dierchées à travers tant d'orages, si nos BKcès seront regardés comme un jeu de la for* Ne, nos calamités comme un châtiment mé* tté; ou si, nous renfermant dans une liberté ip, nous conserverons l'éclat de notre gloire et
II dignité de nos malheurs.
Qae fout-il faire, messieurs, pour arriver à ce ànier but? Une chose facile : choisir les bons, inrter les méchants, cesser de croire que Tes- |rit , le talent , l'énergie , sont le partage exclusif ft ipiieonque a manqué à ses devoirs, et qu'il ity a d'habile que le pervers. Que la France apfsHeà son secours les gens de bien , et la France >n sauvée. L'Europe ne se sentira complètement nssQfée que quand ell^ entendra nos o/rateurs, tiop longtemps égarés par des doctrines funestes, jnfesser ces principes de justice et de religion , Mement de toute société ; nous ne reprendrons Mre poids dans la balance politique qu'en re- .imant notre raug dans Tordre moral.
Permettez, messieurs , que je vous parle avec h franchise du pays où je sois né : ce h'est plus k BMHnent de garder des ménagements qui pournient devenir funestes. Sans doute il faut éteindre les divisions , cicatriser les blessures , jeter <v les fautes de nos frères le voile de la charité dirétienne, nous interdire tout reproche, toute i*criminati<m , toute vengeance , et , à l'exemple fc Dotre roi , pardonner le mal qu'on nous a fait. Vais il y a loin , messieurs, de cette indulgence ''^ccssaire, à cette impartialité criminelle qui, obligée de faire un choix , le laisseroit tomber Memeot sur le bon ou sur le mauvais citoyen , ^ mettroit aucune différence entre les principes et les opinions, les actions et les paroles. Si , en
dernier résultat , il étolt égal d'avoir commis ou de n'avoir-pas commis de crime, d'avoir gardé ou d'avoir violé son serment; si , lorsque Forage est passé , on traite de la même sorte et celui qui a produit cet orage et celui qui la conjuré ; si Tun et Tautre jouissent du même degré de confiance^ delà même part de dignités et d*honneurs , Thonnéte honmie, messieurs, ne sera-t-il pas trop découragé? Ne rendons pas le devoir si difûcile. Voulons-nous réparer les désastres de la patrie , ne laissons plus dire à ceux qui profitoient de nos revers, que la vertu est un métier de dupe, expression dérisoire qui échappe quelquefois à la lassitude du malheur, comme à l'insolence de la prospérité. Enrichissons-la, cette vertu, de notre estime et de nos faveurs ; elle nous rendra nos dons avec usure.
Laisser à l'écart les artisans de nos troubles , c'est justice. La justice n'est point une réaction , l'oubli n'est point une vengeance. Il ne faut pas qu'un homme se croie puni parce qu'il n'est pas récompensé du mal qu'il a fait. Ceux qui ont amené dans vos murs ces étrangers que le bras de vos aïeux arrêta jadis à vos portes, mériterofentils d'obtenir vos suffrages? Toutefois , si de tels hommes se fussent rencontrés parmi vous , vous auriez pu les voir se présenter, et même avec un front serein; car, dans ce siècle, le vice a sa candeur comme la vertu , et la corruption sa naïveté comme l'innocence.
Mais, grâce à Texcellent esprit de ce département, vous ne serez point, messieurs, réduits à faire ces distinctions pénibles : on ne compte Ici que des sujets dévoués à leur roi. Déjà vos collèges d'arrondissements présentent à votre élection des candidats aussi distingués par leurs talents que par leur conduite courageuse et leur noble caractère. Heureux embarras des richesses, qui ne vous laissera que le regret de ne pouvoir tout nommer et tout choisir! La fidélité au tr6ne de saint Louis est chez les Orléanois une vertu héréditaire : ils conservèrent leurs remparts pour Charles le Victorieux , comme ils ont gardé leur cœur pour Louis le Désiré. Qui ne sait, messieurs, que votre ville, pendant nos tempêtes, fut le refuge de tous les François persécutés? Le prêtre fugitif y trouva un autel , Je serviteur du roi, un asile, pour y prier leur Dieu, pour y pleurer leur maître I N'est-ce pas vous encore qui , les premiers, demandâtes la liberté de l'illusti^eorphe- Une, aujourd'hui l 'orguei I et la gloire de la France?
POLITIQUE
Pour moi , messieurs , je regarderai comme un des plus beaux Jours de ma vie celui où J*ai été appelé à présider votre collège électoral. Le roi , qui tient compte à ses fidèles sujets, même de leur zèle , a trop payé par cet honneur mes foibies services. J*ai du moins quelque titre h votre bienveillance ; carj'ose croire qu'il n'y a point d'homme qui entre mieux que moi dans vos sentiments , qui apprécie davantage votre loyauté. Comme vous , je donnerois mille fois ma vie pour le meilleur des princes ; et mon cœur a toujours battu, mes yeux se sont toujours remplis de larmes au cri d'amour et de salut, au cri françois de Vive le roi!
OPINION