CHAPITRE V
Honseigoear le duc de Berry essaye de reprendre les armes et de passer en France. Magnanimité du prince de Condé et des Bourbons.
Les malheurs envoyés par la Providence faisoieut oonnoître chaque jour une nouvelle vertu de cette Maison de France si élevée au-dessus des autres, comme les torrents qui descendent du ciel mettent quelquefois à découvert l'or que recèle la montagne : M^ le duc de Berry perdit sa mère. Ce bon ills nous apprend par une de ses lettres avec quelle amertume il la pleura; il éprouva une longue maladie, et l'on voit encore dans la même lettre qu'il fut tendrement soigné par son père.
Heureux ce prince s'il eût moins aimé son pays, s'il se fût enseveli pour Jamais dans cette vie paisible qu'il goûtoit sur une terre hospitalière! Mais s'il n'eût tourné ses yeux vers sa patrie, auroit-il été François ? Il saisissoit avec ardeur toutes les occasions qui se présentoient de rentrer en France. L'expédition des Anglois à Copenhague paroissoît liée à d'autres desseins ; le prince partit, et se rendit en Suède , espérant de servir dans quelque armée. L'entreprise manqua, et il fut forcé de revenir en Angleterre , où le roi arriva alors.