‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 62 sur 279 · PIÈCES · texte numérisé non relu

PIÈCES

ras. N'ayant rien à mol, Je regarderois oomme une infamie de faire une dette.

Je Buis bien sûr que vous sentirez les raisons de mon empressement à connoltre mon sort , quand tous saurez que, dans un mois, je n*aurai, en vendant mes équipages, que de quoi rejoindre mon père.

CbàbleS'Febduiand.

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« Tandis que de puissants monarques étoient forcés â*abandonner leurs trônes au conquérant, un roi de France proscrit refusoit le sien à Tusurpateur qui l'occupoit.... »

Entrevue de Louit XVIII avec M. Meyer.

M. Meyer, président de la régence de Varsovie , fut introduit auprès du roi le 26 février 1803, en qualité d'envoyé du cabinet de Berlin. 11 étoit chargé d*annoncer k S. M. que Buonaparle étoit disposé à lui assurer des indemnités en Italie , si elle vouloit renoncer, ainsi que les membres de sa HimUle , au trône de France. S. M. répondit sur-leH;hamp :

a Je ne confonds pas M. Baonapaiie avec ceux qui Tout « précédé; j*esUme sa valeur, ses talents militaires; je lui « sai»gré de plusieurs actes d*administraUon , car le bien « que Ton fera à mon peuple me sera toujours clier. Mais « ii se trompe s*il croit m'engager à transiger sur mes droits : « loin de là, il les établiroit lui-même , s*ils pou voient être « litigieux , par la démarche qu'il fait en ce moment.

« J'ignore quels sont les desseins de Dieu sur ma race et « sur moi; mais je connois les obligations qu'il m*a impo- « sées par le rang où H lui a plu de me bire naître. Chré- « tien, je remplirai ces obligations jusqu'à mon dernier a soupir ; flls de saint Loius, je saurai , à son exemple, me « respecter jusque dans les fers; successeur de François r% « je veux du moins pouvoir dire comme lui : Kous avons « tout perdu t fors Vhonneur. »

^ H L'influence de Buonaparte s'étend sur toute r£urope. Ii*est-il pas à craindre , dit M. Meyer, qu'il ne force les souverains dont Votre Miyesté reçoit des subsides à les lui retirer.'

-— « Je ne crains pas la pauvreté , répliqua le roi ; s'il le « falloit , je mangerois du pain noir avec ma famille et mes n fidèles serviteurs ; mais ne vous y trompez pas , je n'en « serai jamais réduit là ; j'ai une autre ressource dont je « ne crois pas devoir user tant que j'ai des amis puissants ; « c'est de faii-e connoltre mon état en France et de tendre a la main, non au gouvernement usurpateiu-, cela jamais! « mais à mes fidèles sujets ; et croyez-moi, je serois bien- Il tôt plus riche que je ne suis. »

L'envoyé persista et fit pressentir au roi que Buonaparte pourroit contraindre la plupart des puissances européennes à lui refuser un asile.

« Je plaindrai le souverain, (goûta S. M., qui se croira

« forcé de prendre un parti de ce genre, et je m'en irai. »

. On oonnott l'adhésion des princes à la réponse de Louis

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