‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 64 sur 279 · JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

JUSTIFICATIVES

Mfrv âB mmuelpiimr l» prince âê Ctmdé à 8. A. R. MoRsisim , comte d*ÀrMs,

Londres, le 24 Janvier 1806.

ht cheralier de RoD vous rend compte , ainsi qae moi , Bondeor, de œ qui s^est passé liier. Un liomme arriyé la Talle,àeeqa*il m*adit, à pied» de Paris à Calais, liomme d*«a IM Ibrt simple et fort doux, malgré les propositi<w qall venoit faire, ayant appris que tous n'étiez pas ki, est T(ou me trouTer sur les onze heures du matin ; il Bi*a jnposé tool uniment de nous défaire de l'usurpateur pu k moyen le plus court Je ne lui ai pas donné le temps de ai*idiefer les déUils de son projet, et j'ai repoussé celle pn^position avec iMrreur, en l'assurant que si vous élia ià tous feriex de même; que nous serions toujours Iti eMMOiis de celui qui s*est arrogé la puissance et le de notre roi , tant qu*il ne le lui rendroit pas; que I aTÎOM combattu cet usurpateur à force ouverte, que IMS k combaltrions encore si l'occasion s'en présentoit; iB«k que jamais nous n'emploierions de pareils moyens , qà ut poavoieni convenir qu'à des jacobins; et que si , |ar hasard , ces derniers se portoient à ce crime, certaine- M«t MMS D'en serions jamais complices. Pour mieux conlaiwt eel homme que vous pensiez comme moi , j'ai envoyé dMfcher l'évèqae d'Arras; mais il étoit sorti. Alors jU tùk venir le bÉinn de Roll , à qui j'ai d'abord exposé le iqet ds la mission. Ensuite j'ai lait entrer l'homme , je lui a dit qae le btroD avoit toute voire confiance, qu'il oon- ■oissoit comme nM>i la grandeur de votre âme, et que j'élois bin aise de répéter devant un témoin aussi sûr tout es qoe je venoit de lui dire ; oe que j'ai lait. Le baron a pvlf comme moi. Après cela » j'ai dit k l'homme qui étoit voM qu'il n'y avolt que Texoès de son sèle qui eût pu le porter à venir ooas fidre une telle proposition , mais que et qrï avoit de mieux à faire étoit de repartir tout de Mfee , alIcBda qne ail étoit arrêté , je ne le réclamerois pas , d qae je m le fioorroli qu'en disant ce qu'il est venu IWre. J'opère, moDsieiir» que vous approuverez ma conduite, et qae f o«a ne doutez pas du lôidre et respectueux atiKbenai dont moa cœur est pénétré pour vous.

Loois-Josara db Boobboii.

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« Louis XVni fat obligé de quitter Mittau avec

Mahair... 9

Extrait du Journal inédit du comte de Hauttfort.

Ueonle de Caraman résidoit à Pétersbourg en qualité ^«èamdeor de Louis XVIIL Tout à coup il reçut l'orèede partir de cette capitale dans les viogt-«|uatre iieures ; laiÎTsIe 19 janvier à AUttau , où sa présence inopfaiée, et ecqs'fl raeooln de son expulsion soudaine, répandirent Xénm dans la colonie ftançoise. Ces crahites furent Uaiit joslillées. Le 21 janvier, époque fotale, le général lima, qai avoit toujours montré beaucoup d'égards pour Il rai,aMHita aa ebâteau; il étoit chargé de signifier à Sa Vitale qa'ele devoit quitter Mittau dans les vingt-quatre knm. Maatas n'était pis comprise dans cet ordre ; mais di iHMnça sarle^bamp qu'eue ne se sépareroit jamais iiMBaaele. M- Driesea, gouverneur de Mittau, avoit npitpirleiDéaie coarrier« l'ordre de délivrer des passe- IHtiilcenaira» poarkdépart d^ roi ^malapoor doue

personnes seulement. SanI la droonstance du 21 Janvieri jour que Madabc consacrolt ordinairement à la retraite et à la prière, le roi auroit désh^ partir le jour même; il remit au lendemain. On peut penser quelle étoit la désola» tlon de sa suite. Pour lui, toujours calme. Il s'occupoit à for^ tifier le courage de ceux qui i'environnoient. Il étoit sur* tout touché du sort de ses gardes du corps , que sa situation ne lut permettolt plus de conserver auprès de lui. Paul r' leur avoit fait jusqu'alors un traitement. Qu'ailoient-Us devenir dans ce revers? Le roi voulut du moins console^ ces braves et fidèles serviteurs par un témoignage d'es* timo. Il leur adressa en partant, le 22 Janvier, la lettre suivante , écrite de sa main : « Une des peines les plul a sensibles que j'éprouve au moment de mon départ est « de me séparer da mes chers et respectables gardes du K corps. Je n'ai pas besoin de leur recommander de me « conserver une fidélité gravée dans leurs cœurs , et si bien « prouvée par toute leur conduite. Mais que la juste dou* « leur dont nous sommes pénétré ne leur Ûisse jamais « oublier ce qu'ils doivent au monarque qui me donna asile, « qui forma l'union de mes enfants, et dont les bienfiiits ft assurent encore mon existence et celle de mes fidèles « serviteurs. Mittau, le 22 janvier 1801. Signé Lotiis. «

A cette lettre , où l'on retrouve eette grâce , cette mesure et cette sensibilité qui régnent dans tous les écrits partis de la même main, le comte d'Avaray joignit uns autre lettre ainsi conçue : « Quand le roi exprime lui-même ses « sentiments à ses fidèles gardes du corps , je dois me ran- M ger parmi eux pour jouir en commun des bontés Je notre « maître. Je n'ai donc qu'un but en ce moment, celui de a témoigner à tous ces messieurs le désir de vivre dans a leur souvenir, et de leur renouveler l'expression des « sentiments dont mon dévouement au roi et k MAn^az « sera le garant. »

Le roi se mit en route le 22 janvier, à trois heures et demie après midi. Son départ offrit un spectacle ton* chant. Ses gardes du corps, réunis à une foule d'habitants de Mittau , sembloient se disputer à qui lui témoignerolt plus d'mtérêt et d'attachement. Les uns et les autres paroissoient avoir un égal regret de son départ. On eût dit que c'étoit un père qu'on arrachoit à ses enfants; la vue de cette séparation douloureuse étoit le plus bel éloge de la conduite du roi, et la meilleure preuve des sentiments qu'il avoit su inspirer. La suite du roi se com« posoit de six voitures et deux chariots. Sa Majesté étoit dans la berline de MAOAas , avec cette princesse, le comte d'Avaray et madame la duchesse de Sércnt. La reine étoit alors aux eaux de Pyrmont, et monseigneur le duo d'Angoulême étoit à l'armée. Dans les voitures qui suivoient étoient l'abbé Edgeworth , le duc de Fleury, l'abbé Fleuriel, MM. Hardouineau, Hue et Péronnet, avec les gens de service ; en tout vingt-six personnes. Deux autres voitures ne partirent que le lendemain; elles étoient occupées par l'abbé Marie, mademoiselle de Cboisy, aujourd'hui madame la vicomtesse d'Agoult, MM. de Lukerque, le Faivre et Colon.

On avoit promis au roi cent mille roubles, montant de six mois du traitement que lui faisoit l'empereur ; il ne les reçut point , et on obtint avec peine d'un banquier de Riga trois mille six cents quatre ducats en avance sur cette somme. Le froid étoit rigoureux , et aucune précaution B'avoit été prise sur une route où il n'y a point de ressour*

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