CE QUE LES MINISTRES DU ROI ONT FAIT POUR LA VENDÉE
Rome reconnoissoit que sa puissance lui venoit de sa piété envers les dieux. La liberté romaine, ayant ainsi au fond de ses lois une force sacrée, ne fut point emportée subitement de la terre; elle lutta longtemps dans une cruelle agonie contre la servitude des Césars.
La France, encore plus sainte et plus antique que Rome , s'est pareillement défendue dans la Vendée ; sa résistance offre encore un phis grand caractère.
Lorsque Pompée combattit à Pharsale , Brutus aux champs de Philippes, Caton à Utique, une partie du gouvernement étoit avec ces puissanta
eftoyens ; Its éloient cox-tnémcs les rote deBome ; Ils appartenoicnt à ce sénat qui partageott la souveraineté h\ec le peuple : des provlnecs considérables de l'Europe, de l'Afrique et de TAsIc reconnolssoient leur autorité.
Mais qu'étoît-ce que la Vendée? une petite contrée obscure, sans armes, sans richesses. Quels furent ses premiers chefs? des hommes jusqu'alors ignorés, quelques pauvres gentilshommes, un volturter, un garde-chasse. Aucun pouvoir politique légal n'ajoutdt de poids aux efforts de ees défenseurs des anciennes institutions, la Vendée rfavoit Jamais vu les rois pour lesquels elle versoit son sang : l'un étolt mort sur l'éehaftittd, rautrc dans les fer»; le troisième erroil exilé sur la terre. Que la Vendée dans cette position , abandonnée à ses seules ressources , ait été au moment de triompher d'une république dont les armes menaçoient le monde, n'est-ce pas un magnifique éloge de nos vieilles lois? Quel principe de vie devoit exister dans les entruilles de ce gouvernement pou^ produire une résistance «usai prodigieuse ! Quand nous verrons les pcttUqœs du jour souffrir pour leurs doctrinea ce que
les Vendéens ont sooffcrt pour leurs principes, alors nous dirons que ces doctrines sont fortes. Hais si les partisans de ces doctrines ont été depub trente ans du c6tédes oppresseurs, et jamais parmi les opprimés; si, au lieu d'élever contre la tyrannie une VenAêe républicaine , ils ont porté tour à tour le bonnet de Robespierre et la livrée de BoooiqMirte, alors nous dirons que leurs doctrines sont foibles, qu'elles ne pourront fbnder foe des sociétés périssables comme elles.
Le tableau des foits d'armes et celui des souffrances des Vendéens sont sous les yeux des lecteurs : ils cherchent sans doute à présent le troisième tableau ; ils espèrent lire en lettres d'or le catalogue des récompenses , après avoir lu en caractères de sang le dénombrement des services : ils savent que la France n'a jamais oublié ce qu'on a fait pour elle* JLe trésor de nos Chartes est rempli des grâces ^ des honneurs , des immunités accordées aux vides et aux provinces qui se sont dévouées à la cause de nos rois. Par une ordonnance du mois de septembre 1347 , « le roi « (Piiilippc de Valois) donne aux liabitants de Ca- « lais toutes les forfaitures, biens, meubles et hé- « ritagcs qui échoiront au roi pour quelque cause « que ce soit , coomie aussi tous les offices, quels f qu'ils soient , vacants, dont il appartient au roi
« on à ses enfants d>n pourvoir, pour la fidélité; «« qu'ils ont gardée au roi, et Jusqu'à ce qu'iiîî « soient tous , et un chacun, récompensés des jeti « tes qu'ils ont faites à la prise de leur ville. »
A-t'on donné aux Vendéens des meubles et del héritages? Ont-ils reçu des offices ^ quels quHU soient, vacants, pour la fidélité qu'ils ont gar^ dée au roi. Jusqu'à ce qu'ils soient tous et ufé chacun récompensés? Le Vendéen n*a point été dégrevé d'impôts. Les ministres diassent les roya^' listes de toutes les places; ils ne reconnoisseDt| que la naHon nouvelle. Mais si la politique a tei Ms nouvelles, la religion et la Justice ont leurs antiques droits; et quand ceux-ci sont violés i* tous les sophistes de la terre n'empécherolent paé une société de se dissoudro.
Le souverain d'une monarchie constilutionnelte ne se découvre pas dans tous les actes du gou ver- \ nement : fl sait, selon sa sagesse, quand il doit survenir, ou quand II doit laisser parottre ses ministres. Lorsqu'il s'est agi du sort de la Vendée, Louis XVni a pensé qu'il ne devoit pas se retirer dans sa puissance : il a voulu montrer sa main afl peapte généreux qui s*étolt donné pour lut en spectacle aux hommes. Ge que le roi a fait poor les royalistes de l'Ouest est admirable : non eott* tent de prodiguer à ces victimes les marques par^ ticulières de sa bienfaisance, il a exigé que ses ministres secondassent ses vues paternelles , que des actes du gouvernement assurassent à des sujets dévoués des secours mérités, une existence honorable : nous allons voir comment ses ordres ont été exécutés.
En 1 a 1 4 , on fit un travail relatif aux veuves et aux blessés vendéens ; dans ce travail on oublia une partie des malheureux qui avoîent des droite à la moniflcence royale. On s'occupa encmre moins de retirer quelques bons, de payer quelques dettes contradées au nom du roi pour la subsistance des armées royales , après que les chefr et les sol* dats eurent épuisé leurs dernières resoources. Les bons étaient à peu près semblables à ceux qoe la Convention avoit consenti à payer.
fioonaparte reparut. La Vendée, oubliée des ministres, n'hésita pas à prendre les armes : rboooemrcomplelespérilset non les récompenses.
Pendant les négocialions qui eurent lieu à Paris avee les puissances alliées , on fit taloir (on l'a déjà dit) l'existence des armées vendéennes et bretonnes comme contingent du gouvernement rogral. U était juau alors de s'occuper de ces ar«
tÊ LE VENDÉE.
bfci te roi le voulut : il ordonna à son ministre de la guerre de lui présenter un plan ; il approuva, k 27 mars 1816, une proposition tendante à aocofder aax officiers et soldats des paroisses une gniifleatfon qui leur tiendroit lieu de solde pour Utile 1^' avril ldl6, des comités furent HNDfflè dans chaque corps des armées royales 9e rOoest, afin d'en dresser les contrAles; ces cnlrMes forent remis au ministère de la guerre oi ib sont restés ensevelis.
Le tratail incomplet sur les blessés et les veuw, bit en 1814 , n'a produit de résultat qu'en \M : une ordonnance du 2 mars accorda des podoDS à des officiers et soldats blessés dans les gnerres antérieures à 1 8 1 5. Quelques officiers ont ei 80 , 90 , 1 50 et Jusqu'à 180 francs de pension ; lesioidats ont eu 30, 40, 50, 80 et 90 fr. A la Utoe époque on donna à d'autres royalistes biesliiBdDs grièvement une gratification une fois pifk. Ces gratifications ont été de 40 , 50 , 60 , M, 90 et 1 00 fir. Les veuves des Vendéens morts n champ d'honneur ont obtenu , d'après une or^ tonaoce du 10 novembre 1815, des pensions de So , 40 et 30 fr. , ce qui fait pour les veuves de ktraiilème classe 2 fr. so c. par mois. Le comité fOiiToitété chargé de dresser le contrôle du (Blrième corps, lequel comité étoit composé d*un tttael, d'un coDseiller de préfecture et d'un Mitissairedes guerres, trouva, en parcourant kieommunes, une si grande quantité de veuves ctde blessés^ oubliés sur le travail de 1 81 4 , qu'il erat devoir faire des propositions : Il fournit une B^e, courte à la vérité, car on auroit été épou- ^iBtê de trouver tant d'hommes fidèles. Voici
cette liste:
Qiqcent soixante-sept blessés dans les guerres Vi«teolieu depuis 1793 jusques et y compris ttUedeiêls.
Soixante-douze veuves dans les guerres anté- Henres.
Seize veuves dans la guerre de 1 81 5.
Six femmes grièvement blessées dans les an- *9fie8 guerres , et si pauvres qu'elles sont à la *^B8 de leurs paroisses.
Ce nouveau travail fut encore remis au minis- ^ de la guerre où l'on ne trouva pas le temps fc «'en occuper, et d'où on l'a retiré pour ne pas le perdre.
Tootebis, quelques blessés et les veuves des^ ^'î^les de 1815 ont obtenu de folbles secours , V^ qaHme ordonnance à laquelle on a bien
voulu obtempérer assimiloit heureusement les veuves et les blessés vendéens de 1 8 1 5 aux veuves et aux blessés de la ligne, c'est-à-dire des troupes qui avoient combattu à Waterloo et dans l'Ouest, contre MM. de la Bochejaquelein , Sapinaud , Su« zannet et Canuèl.
Le roi, qui n'oublie aucun service, et qui répare les injustices aussitôt qu'il les connoft, voulut enfin que son ministère cessât de récompenser des sacrifices réels par des récompenses dérisoires. Il oi-donna, au mois de février 1 8 1 7, la répartition de 250,000 francs de rente entre les officiers et soldats des armées de l*Ouest. Il plut également à S. M. d'ordonner que des épées, des sabres, des fusils d'honneur et des lettres de remerctment fussent distribués en son nom ; récompenses dignes des Bretons et des Vendéens. >
La part de la Vendée sur les 250,000 fr. fut de 1 15,000 fr., donnés sans beaucoup de discernement à quatre corps d'armée entre lesquels 11 pouvoit exister d'autre différence que celle du nombre d'hommes.
Le premier corps eut « 60,000
Le deuxième 1 8,000
Le troisième 40,000
Le quatrième 7,ooo
Total. .
ft.
115,000 fr.
Cette répartition ainsi arrêtée, on nomma àê nouveaux comités qui dévoient se transporter dans les chef^lieux pour distribuer ou plutôt pour promettre à chaque corps les épées, les sabres, les fusils, les lettres de remerciment, et pour assigner les pensions que les 115,000 fr. dévoient produire. Ces pensions étoient de 800, 200, lOO» et 50 fr. par an. Les divers comités ayant terminé leur travail, le portèrent aux bureaux de la guerre; voici ce qui en est résulté »:
Les armes d'honneur ont été fabriquées, re<* mises au ministère de la guerre , et définitivement déposées à Vincennes. A-t-on craint d'augmenter les armes des royalistes par quelques centaines d'épées, de sabres et de fusils de parade ; ou plutôt a-t-on voulu priver la Vendée d une marque de la satisfaction du roi? Il faut convenir que la Vendée méritoit bien une épée : il est triste pour la France que des étrangers se soient charge d'acquitter sa dette. Étoit-ce le roi de Prusse qui , au nom de l'armée prussienne, devoit remettre une épée au Jeune héritier de la Bochejaquelein?
Les lettres de remerciment ont éprouvé le
DE LA VENDÉE
même sort qae les armes dlionneur ; elles n'ont point été expédiées. Peut-être les ministres n'ontils su quel langage ils dévoient parler. Dans ce cas ils auroient pu prendre pour modèle la lettre que le roi écrivit Jadis à Charette; ils y auroient appris ce qu'ils ignorent, la convenance et la dignité; ils auroient trouvé dans cette admirable lettre pureté de style, noblesse de sentiment, élévation d'âme, enfin une sorte d'éloquence royale, qui semble emprunter sa majesté des adversités de Henri lY et de la grandeur de Louis XIY.
Quant aux pensions, M. leministre delaguerre, ne sachant sur quels fonds les imputer, porta la somme de 250,000 fr. dans son budget de 1 8 1 8 , et elle lui fut allouée. Les Vendéens avoient cru , et on leur avoit annoncé qu'ils auroient sur la somme votée des pensions royales; cependant on ne leur délivra ni lettres, ni brevets, et on leur fit entendre , lors du premier payement , que ce payement étoit un secours, et non une pen^ sion. Le ministre a reproduit la même somme de 250,000 fr. dans son budget de 1819, à titre de secours aux Vendéens. Ainsi, \e& pensions, devenues des secours, pourront cesser d'être des secours, aussitôt qu'il plaira à un ministre de la guerre de ne plus insérer la somme dans son bu4jet, ou aux Chambres de ne plus l'accorder.
Voilà comment les bontés du roi pour sa fidèle Vendée ont été sans cesse contrariées par l'esprit ministériel. Après la seconde restauration, quelques chefk royalistes, se trouvant à Paris, et voyant qu'on payoit aux officiers de Waterloo l'indemnité d'entrée en campagne, leur traitement , pertes, etc., crurent les circonstances favorables pour réclamer modestement Yégalité des droits. On refusa d'écouter leur demande sous prétexte qu'ils avoient fait la guerre sans mission. Ceux qui avoient reçu mission de Buonaparte pour fermer au roi l'entrée de son royaume furent payés , et ceux qui se battirent sans mission' pour rouvrir à leur souverain légitime les portes de la France ^ ne reçurent pas même de remerctment.
Arrêtons-nousàquelques exemples. Nousavons souvent cité le nom de M. Dupérat , de cet officier si brave et si loyal , qui fit aux envoyés de la G)nvention, lors de la pacification de Charette, la belle réponse que nous avons rapportée. M. Dupérat vit encore. Volontaire et aide de camp de M. de Lescure dès 1 793 , il fit les premières guerres de la Vendée. Après la défaite des
royalistes au Mans et leur déroute à Savenay , D se Jeta dans les bois, et travailla à l'organisatioi de l'armée bretonne. Revenu dans la Vendée, il commanda en 1795 l'infanterie de Charette, u trouva à tous les combats, et reçut plusieurs blessures. Charette ayant succombé, M. Dupérat fut proscrit. Arrêté à Nantes en 1 804 , il fut dV bord mis au Temple, ensuite enfermé à Vincennes, d'où il ne sortit que pour être envoyé, charge de chaînes, au château de Saumur. Il serdt mort dans les fers si la restauration n'étoit venue délivrer la France. Dix ans de guerre, autant de blessures , onze ans de cachot , la perte entière de sa fortune, ne lui avoient encore valu aucune récompense, lorsque le 20 mars arriva. 11 courut aux armes, et succéda au comte Auguste de la Rochejaquelein dans le commandement du quatrième corps de l'armée royale.
La campagne de 1815 étant terminée, M. Dupérat fut appelé à jouir du traitement et ensuite de la demi-solde de lieutenant général ; mais 11 plut à la commission de ne le reconnoftre que comme maréchal de camp. Depuis il a été privé de tout traitement et rayé des contrôles des officiers généraux. Lorsqu'on a faitdes réclamations, les bureaux de la guerre ont répondu que le brevet du général Dupérat étoit honorifique. M. Dupérat vit sans secours dans les bois où il combattit si longtemps pour la cause royale, comme s'il étoit encore obligé de se cacher du Directoire ou de la Convention.
La noble veuve de Lescure, qui est aussi la veuve de la Rochejaquelein, cette veuve de deux officiers généraux morts si glorieusement pour la défense du trône, n'a pas de pension.
Et la sœur de Robespierre touchoit en 1814, sous la première restauration, une pension qu'die touche peut-être encore : il y a des temps où les crimes d'un frère sont plus profitables que les vertus d'un mari.
Madame de Beauregard , sœur de Henri et de Louis la Rochejaquelein, veuve de M. de Beauregard, officier supérieur tué auprès de Ix)ui8 de la Rochejaquelein, dans la Vendée, pendant les CentJou rs, a été gratifiée d'une pension de quairt cents francs.
Et Buonaparte avoit offert à la veuve de M. de Bonchamp , le fameux général vendéen, une pension de douze mille francs, et il avoit donné une compagnie de cavalerie au Jeune Charette de la Colinière, neveu du général Charette«
DE LA YENDÉB.
Ihos avons parlé plus haut de ces autres yen* décnaes qui touchent cinquante sous par tnùis. Oui les temps d'abondance , cela fait à peu près iM doni-livre de pain par Jour, poor des femno ^t on a massacré les maris, égorgé les botinx, MUé les chaamières , et qui sont peutênc as» malheureuses a!]|jourd*hui, dans leur âélicise, pour avoir dérobé quelques-uns de leurs oànts aux colonnes infernales,
B ceux qui ont conduit ces colonnes, et ceux qri oot été dénoncés à la Convention même pour km cruautés. Jouissent de pensions considérabio. Nous ne les nommerons pas : on peut les dNidier sur la liste des pensionnaires de TÉtat.
Et une foule de paysans bretons ou vendéens Bililés meurent de Mm auprès des hôpitaux mi- Blaiia, qui ne lear sont pas même ouverts.
It ron a payé, placé, récompensé tous les iMwes des Gent-Jours; et l'on a soldé l'arriéré tefranltures des armées de Buonaparte, c'est- Mk que le trésor royal a payé Jusqu'aux balles fà pouvoient frapper le cœur de Ms^ le duc 'Ai^léme.
bfa , le bruit s'étdt répandu , il y a quelques Mil, que les frais du procès et de l'exécution fcfieorges Gadoudal n'avoient pas été entière- Mt acquittés ; et il s'agissoit, aux termes des Uiffen demander le montant à la famille du WBimné.
Oy ades r^ddes qui Umchent 94,000 fc. de F»te : seroit-ce aussi pour ftdre payer a la ^ifiHoM les frais du procès de Louis XYI?
Tut de faits étranges s'expliquent pourtant : ksmmistres, ayant embrassé le système des in- ^Mi anranx révolutionnaires , ont dû sentir Pw kl habitants des provinces de l'Ouest une Snsè aversion. La politique philosophique, le jade bascule, la nation nouvelle, le gonveme- ^■MM de fiiit , la supériorité de la trahison sur la ^9»ié, de l'hitérét sur le devoir, de prétendus ^*te sa le mérite réel , toutes ces grandes <^Bici Mot en effet peu comprises par des hom- "^9^ s'en tiennent encore au vieux trône et ^ ktieOle cnrix. De là il est advenu que , depuis h Rstauration , le système ministériel , qui s'ef- ^t de ne rien voir dans les afibires de Lyon rt de Grenoble, a voulu trouver quelque chose ^ les dispositions de la Vendée. Puisque la »«déc étoit en conspiration permanente contre hTéTolutlon,n'étolt4i pas évident qu'elle consl^^mtre la légitimité? Si les Jacobins de Lyon ai4TuiaMAii». — Ton ii.
avolent réussi , Ils n'auroient chassé que la famille royale ; mais st on laissoit faire les Vendéens , ils ôteroient des grands et petits ministères les hommes incapables et les ennemis des Bourbons : il y a donc péril imminent.
Quoi 1 la Vendée aura eu l'insolence de se battre trente ans pour le trône et l'autel , de ne pas reconnoitre les progrès de l'esprit humain , de ne pas admirer les écha&uds et les livres dressés et écrits par tant de grands hommes I Vite , met« tons en surveillance les vertus vendéennes : quiconque aime le roi et croit en Dieu est traître aux lumières du siècle.
On a donc cru devoir tenir les yeux ouverts sur la Vendée , placer un cordon de tètes pen* santés autour de ce pays tout empesté de religion, de morale et de monarchie. Jadis les médecins révolutionnaires y avoient allumé de grands feux pour en chasser la contagion , et ils ne purent réussir. La Vendée , frustrée en partie des récompenses de la munificence royale , a eu la douleur de voir qu'on soupçonnoit sa loyauté. Des espions ont parcouru ses campagnes ; on a cherché à l'aigrir, à la troubler : on sembloit désirer qu'elle devint coupable , qu'elle fournit une conspiration pour Justifier les calonmies, pour servir de contre-poids à la conspiration de Lyon et de Grenoble. L'ingratitude ministérielle a cru las* ser la longanimité royaliste; et pour attaquer l'honneur vendéen dans la partie la plus sensible ^ on lui a demandé ses armes;
C'est surtout après l'ordonnance du 5 septem* bre, lorsque le ministère, se Jetant dans le parti de la révolution, suspendit les surveillances, rendit la liberté à des coupables pour les envoyer voter aux collèges électoraux, fit voyager des commissaires , se permit d'exclure ouvertement des royalistes; c'est, disons-nous, peu de temps après cette époque que r<m commença à demander les armes aux habitants des provinces do l'Ouest. Des lettres ministérielles du 10 décembre 1 816 enjoignirent aux préfets de suivre cette mesure; l'injonction a été souvent renouvelée, et notamment au commencement du mois de mai de cette année. Quelques-unes des autorités qui ont requis la remise des armes vendéennes occupèrent des places pendant les Gent-Jours : c'étdt alors qu'elles auroient dû fidre leur demande ; aujourd'hui il y a anachronisme.
M. le conseiller de préfecture Pastoureau , par délégation de M, le préfet des Deux-Sèvres , ab-
SI
D8 LA YËNBÉB.
■eut , prit k 35 mal dernier FarrAté qu'on va lire :