CAPTIVITÉ DU ROI
IMipopiitaiieàGoildhall, et pnUiésensoite avec demolet, par «HdreduparlemeDt , sous ce titre : leportefeuiiie du roi ouvert, etc. Ces papiers et en lettres ( du roi et de la reine ) prou voient trop qw Charles ne regardoit pas sa parole comme famfe, qu'il songeoit à appeler des armées
, et qu'il étoit toujours entêté des
du pouvoir absolu '.
Cesteneore ainsi qu'avant de quitter Oxford fWttHvrer aux Écoêsois , il avolt écrit à Digby f» li kêf^fBsàyiériens ou les indépendants ne MjoigBOlent à lui, ils s'^orgeroient les uns les ntifs, et qu*alor8 il deviendrait roi.
Lorsque saisi à Hoimby par l'armée, Charles M conduit à Hamptoncourt , il adressa à la reine me lettre dans laquelle , après s'être expliqué iv sa position, il ajoutoit : « En temps et lieu <]e saarai agir ooraroe il le ftiudra avec ces co*
• qohis-là. Je leur donnerai un cordon de chanvre
• 10 liea d'une Jarretière de soie. » Ireton et Crom- ¥ell, qui traitoient avec le roi, retirèrent cette lettre des panneaux d'une selle où elle a voit été rafennée. Comme homme , Charles étoit natu- Rilemeat sincère ; comme roi , l'orgueil du sang et du poQvoir le rendoit méprisant et trompeur. Heotross, allant au supplice, employa plus no- Hcment cette image des cordons. « Le feu roi ,
• dit41 , m*a fait l'honneur de me gratifier de
• l'ordre de la Jarretière ; mais la corde rend ma
• porition plus illustre. »
Le&niveieurSy à la politique desquels Cromwell dot sa puissance , étoient une autre faction engendrfe par les indépendants , et poussant les prindpes de ceux-ci à leur dernière conséquence.
Effrayé par des menaces, ne pouvant s'entendre avec l'armée et le parlement qui traitoient ■(paiement avec lui , le roi eut ta foiblesse de é'édiapper de Hamptoncourt, laissant sur sa table ue déclaration adressée aux deux chambres , et dirers papiers. Huntingdoaprétend queCromwell
< M d^ dlé en ptfrfen et cet lettres. Malgré la eandear éatamti, et le» certifié» conformes, 11 ne m>st pas prouvé f» le telle sott religirasemeot oooservé. Outre les raisons MlMsIlss et morales que je pourrols apporter de mon opiniott, Je remarquerai que ce fut Cromwell , le plus grand des favtes, qai valoqall les scmpales des parlementaires et les ^iftnânà h fsire pablier œs documents. Sous le Directoire, ^HrOQ pas faUiné et Interpolé les Mémoires même de uâyt So«s Baonaparte même oo employoit eea odieui ■^^(Wi bien indignes de son génie et de sa pui^sanoe. Pen- *JM« Crol-Iours, ne publlat-on pas à Paris les lettres Mets deHsr le due d^.ingouléme à S. A. R. madame la du- "y d'Anpooléme , et Jusqu'à une fausse édition de mon ^^ff^/au0m roi dûm ton cotueil i Gand? Les partis sont ^ <<>NkMt : fcMikof est boQ pouf fféuwlr»
avoit éerit une lettre au gouvemear defiamptoTh court pour l'avertir du danger de Charles.
Ce prince eroyoit sa cause bien abandonnée | puisqu'il n'essaya pas de s'enfoncer dans l'Angle^f terre et d'y retrouver son parti , quoiqu'il eût ua moment la jpensée de se retirer à Berwick. Après avoir marché toute la nuit, accompagné seulement du valet de chambre Legg , et de deux gen« tilshommes , Ashburnham et Berckley , il arriva sur la côte ; il ne vit qu'une mer déserte. Celui qui oonunande à l'abtme , et qui le mit à sec pour laisser passer son peuple, n'avoit pas même permis qu'une barque de pécheur se présentât pour ouvrir un chemin sur les flots au monarque fugitif, Charles alla frapper & la porte du chAteau de Tichfleld , où la comtesse douairière de Southamp* ton lui donna l'hospitalité ; il prit ensuite le parti désespéré de solliciter la protection du gouverneur de l'ile de l^ight , le colonel Hammond , créature de CromwelL
Prévenu par Jacques Ashbumham et par Ber^ ckley , Hammond refusa de promettre sa protection à Charles , et demanda à être conduit vers lui. Le roi, apprenant l'arrivée inattendue du gouverneur , se crut encore une fois victime d'une de ces trahisons dont il avoit l'habitude. Il s'é^ cria : « Jacques, tu m'as perdu 1 » Ashburnham fondant en larmes proposa à Charles de poignar^ der Hammond qui attendoit à la porte. Charles refusa de consentir à l'assassinat d'Uammond , assassinat qui l*eût peut-être sauvé.
Le roi devint une seconde fois prisonnier de la faction militaire, au château de Carisbrook. Cromwell, qui par ses tergiversations étoit devenu suspect au parlement et aux soldats , assembla les officiers : dans un conseil secret il fut résolu f quand Tarmée aurait achevé de s'emparer de tous les pouvoirs, de mettre le roi en Jugement pour crime de tyrannie; crime que cette indépendante armée employoit à son profit, le regardant sana doute comme un de ses privilèges ou Tune de sef libertés.
Or le parlement, tout mutilé qu'il étoit déjà| essayoit de résister encore; il continuoit de traiter avec le roi. Lorsque les commissaires de cette assemblée devenue impuissante furent introduits au château de Carisbrook, ils demeurèrent frap* pés de respect à la vue de cette tête blanchie et découronnée, comme rappelle Charles dans quelques vers qui nous restent de lui. Les débats entre les commissaires et le roi s'ouvrirent sur des
LES QUATRE STUARTS
points de discipline religieuse, et Ton ne s'entendit point : tel étoit le génie de Fépoque ; on sacrifioit tout à l'entêtement d'une controverse. Cependant les libertés publiques, et notamment la liberté de la presse, pour lesquelles on prétendoit tout fiedre, étoient sacrifiées aux partis tour à tour triomphants. Des brochures intitulées , Cause de Parmée, Accord du peuple ^ étoient déclarées , par les parlementaires, attentatoires à l'autorité du gouvernement; la force militaire, de son c6té, obtenoit, sur la demande du général Fairfax, que tout écrit seroit soumis à la censure, et que le censeur seroit désigné par le général. Les factions, même \e& factions républicaines, n'ont Jamais voulu la liberté de la presse : c'est le plus grand éloge que l'on puisse faire de cette liberté.
Cependant les niveleurs poussèrent si loin leur politique de théorie , qu'ils donnèrent des craintes sérieuses à Cromwell. Il se présente tout à coup à l'un de leurs rassemblements avec le régiment rouge qu'il commandoit , et dont les soldats étoient surnonmiés côtes de fer. Il tue deux démagogues de sa main , en fait pendre quelques autres , dissipe le reste. Que disoient les lois de ces homicides arbitraires , dans ce temps de liberté légale? Rien.
Les Écossois , honteux d'avoir livré leur maître , courent aux armes ; Cromwell les bat , et fait prisonnier leur général , le duc d'Hamilton ; des royalistes, obligés de capituler dans la ville de Colchester, sont exposés au marché comme un troupeau de nègres , et encaqués pourla Nouvelle- Angleterre : Charles II, rendu à sa puissance, oublia de les racheter : l'ingratitude des rois fit de la postérité de ces infortunés prisonniers des hommes libres , sur le même sol où ils avoient été vendus comme esclaves des rois.
L'armée victorieuse demanda, d'abord en termes couverts , et ensuite patemment , le jugement du roi. Diverses garnisons du royaume appuyèrent cette demande. Louis XYI fut victime de la violence d'un corps politique. Charles l^ ne succomba qu'à l'animosité de la fection militaire : ses accusateurs, une partie de ses Juges, et Jusqu'à ses bourreaux, furent des officiers.
Épouvanté de tant de démarches audacieuses, le parlement presse les négociations avec l'auguste prisonnier, afin d'opposer le pouvoir de la couronne au pouvoir de la soldatesque : pour toute réponse , Cromwell marche sur Londres.
En même temps l'ordre est expédié au colonel
Hammond, dans Tlle de Wight, d'aller reJoindR le général Fairfax et de remettre la garde 4e la personne du roi au colonel Ewers.
Le parlement défend à Hammond d'obéir; Hammoni se seroit soumis aux ordres de l'aolorité civile; mais trouvant les soldats de la gu^ nison disposés à la révolte , il partit pour le camp, où on l'arrêta. Le roi M saisi , c<mduit de Tile de Wight au château de Hurst, et bientêt à Windsor. Charles avoit envoyé son ullimfUum an communes, et avoit promis à Hammondd'atteodn vingt Jours dans l'Ile de Wight la réponse définitive du parlement ; il ne tenta donc point de s'échapper, ce qu'il auroit pu faire aisément : sa fidélité à sa parole le conduisit à l'échafaud; ThoBneur du prince fit le crime de la nation.
Les indépendants avofent précédemment ex» puisé de la chambre élective les presbytériens les plus probes; ils en alloient être chassés à teor tour. Ce fut la seule circonstance où ces fameasd communes montrèrent du courage : à la face de l'armée qui assiégeolt les portes de Westminster, elles déclarèrent que les conditions venues de ille de Wight étoient suffisantes et qu'on pouvât conclure un traité avec le roi. Les grandes résolutions tardives ne réussissent presque jamais, parce que, n*appartenant ni à l'inspiration delà vertu , ni à l'impulsion du caractère , elles ne sont que le résultat d'une position désespérée qui fait un moment surmonter la peur; alors, ou foo manque du courage suffisant pour soutenir œs résolutions, ou des moyens nécessaires pour les exécuter.
L'équitable histoire doit remarquer que ce vote des communes fut principalement l'ouvrage de Prynne, de ce presbytérien si persécuté par le parti de' la couronne et de l'épiscopat, de cet homme qui , pour l'indépendance de ses opinions, avoit subi deux fois la mutilation, trois fois l'ex* position au pilori, huit années de prison et des amendes considérables.'
Le lendemain de la résolution parlementaire, le colonel Pride , charretier par état , arrêta quarante-sept membres des communes lorsquMIs se présentèrent aux portes de Westminster. Le jour suivant , l'entrée de la chambre fht refusée à quatre-vingt-dix-huit autres ; Prynne déclara qu'il M se retireroit jamais volontairement, et l'on fut obligé de l'entraîner de force. Après diverses épurations, le long parlement se trouva réduit à soixante-dix-huit membres, et blentêt à do*