‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 95 sur 279 · LA RÉPUBLIQUE ET LE PROTECTORAT · texte numérisé non relu

LA RÉPUBLIQUE ET LE PROTECTORAT

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Ùm éUât religieuse , il y eut aussi des remords. L'£tioft BasUiké fit regretter Charles I«s de néme que le testament de Louis XVI a fait ad« Biicroedemierroi. V EikonBasilikévL^i\,^\xiX de Charles : le docteur Gauden en est aujourd'I^ul leconno Taateur. Milton eut Todiense commisikn d*éelaircir ce point dé critique : toute la sublinlté de son ^nie , appuyé de la vérité du fait , ■e pat néanmoins triompher d'une Imposture , oQvnge d*un esprit commun , mais fondée sur la lérilé du malheur.

Qoe restent- il aujourd'hui de toutes ces douknis en Angleterre? Une cérémonie établie par Charles second , et qui se célèbre le 30 janvier de chaque année. On est censé jeûner, et l'on ne jeûne point; les spectacles sont fermés, et l'on se dilertit dans les salons et dans les tavernes; la koorw est ansst fermée , au grand ennui des spécidatears, qui se soucient fort peu de trouver sur le chemin de leur fortune ou de leur ruine la tète d^OD xtL Les siècles^ n'adoptent point ces legs de ^1; ils ont assez de maux à pleurer, sans «charger de verser encore des larmes héréditaires.

D'une autre part , la confusion se répandit dans ks trois royaumes , après la mort de Charles 1^. Chacun avoit un plan de république et de religion. Les MiHenaires, ou les hommes de la cinquième VMinaiehIe, demandoient la loi agraire et l'abolitknde toute forme de gouvernement, afin d'atkadiele gouvernement prochain du Christ; il n'y aYoit d'après eux d'autre charte que l'Ecriture. Les Antoniniens prétendoient que la loi morale étoit détruite , que chacun se devoit conduire désormais par ses propres principes, et non plus d'après les anciennes notions de justice et d'hu- Bantté; ils réclamoient la liberté de tout faire : la ibniicatlon , l'ivrognerie, le blasphème, sont, disoient-ils, selon les voies du Seigneur, puisque c'est le Seigneur qui parle en nous. Ils n'étoient pas iom de devenu: Turcs , et se plaisoient à la lectoredu Coran nouvellement traduit. Les quakers, et surtout les quakeresses, passolent aussi pour aneseete mabométane. Des politiques, s'élevant cootre toute espèce de culte , vouloient que le pcmvoir ne reconnût aucune religion particulière; ^'antres prétendoient refondre les lois civiles et effacer complètement le passé. Dépouillés de leurs klensetde leurs honneurs, les épiscopaux gé- Bteoient dans l'oppression , et les presbytériens ^'«yowBt le fruit d'une révoluti<m qu'ils avolent

semée, recueilli par les Indépendants) lesagltateurt et les niveleurs.

Ces niveleurs étoient de plusieurs espèces : les uns, \esfouilieurs et déraeineurs, s'emparolent des bruyères et des champs en friche ; les autres , les guerriers et les turbulents , soulevoieot les sodats ou devenoient voleurs de grands chemins : tous demandoient la dissolution du long parlement et la convocation d'un parlement nouveau. Dans cette désorganisation complète de la société, au milieu des potences et des échafauds qui s'élevoient pour punir le crime et la vertu, on n'a- Yoit aucun parti arrêté : par une sorte de bonne foi que Tanarchie laissoit libre. Il étolt très-com* mun d'entendre des républicains parler de mettre Charles second à la tête de la r^ublique, et des royalistes déclarer qu'une république étoit peut« être ce qu'y y avoit de mieux.

11 restoit cependant à Londres deux principes de gouvernement et d'administration : le rutnp, et le conseil des ofQciers qui avoit déjà subjugué le rump.

On examina d'abord si la chambre des pairs faisoit partie intégrante du pouvoir législatif : malgré l'opinion de Cromv^ell qui , dans ses intérêts, vouloit garder la pairie , il fat décidé que la cfaam* bre héréditaire étoit inutile et dangereuse; sa suppression fut décrétée. La -monarchie éprouva le même sort : le maire de Londres refusa de pro« clamer l'acte d'abolition de la roytfUté.

Le royaume d'Angleterre se trouvant transformé en république, un nouveau grand sceau fut gravé; il représentoit d'un côté la chambre des communes, avec cette inscription : Le grand sceau de la république d^ Angleterre; sur le revers on voyoit une croix et une harpe , armes de l'Angleterre et de l'Irlande , avec ces mots : Dieu avec nous; dans l'exergue on ilsoit : Van pre* mier de la liberté, par la grâce de Dieu. 1 649. C'est une mauvaise date pour la liberté que celle d'un crime.

Cinq membres des communes ftirent chargés (Ludiow en étoit un) de composer un conseil de Quarante, auquel seroit dévolu le pouvoir exécutif. .Ce comité des Cinq présenta trente-cinq candidats; on leur adjoignit le comité des Cinq. Celui-ci fût en outre chargé d'examiner la conduite des parlementaires qui n'avoient pas slë^ à Westminster durant le procès du roi.

11 étoit convenable d'immoler des victimes ei^ l'bonneur des funérailles du prifluê : le duc d'Ha-

lia

LES QVATBI 8IUABT8.

nUtoii y le mtI 4« MoUaad ^t )^ Capell , prîMo* niçrs , furent décapités ; le premier contre le droit des gmit) les deux derniers eontre le droit de la gnerie* Tou» lee parti» regrettèrent lord Capell ) Çromweil fit de hii un éloge mugnifiqoe» maie il prétendit qu'on le devoit saorifler à eanee méise de sa vertu, Le noMe pair, étant sur réehafaud, s'adressa à l'ej^éouteur ; « Aves- vous eoupé la tête «de mon mattre? -^ Oui, *» répondit Texéeu* teur. « Oà est l'Instrument qui porta le ooup?» Le bourreau montra la haclie. «Êtes-vous sûr que « ce soit la même? » reprit lord GapelL Sur sa répcmse affirmative, le royaliste prit la hache, la baisa avec respeot , la rendit au meurtrier publie, en lui disant : « MiséraUeln'étols-tupas^rayé?» Le bourreau repartit : «lis me forcèrent défaire «.mon métier, J'eus trente livres sterl. pour ma • peine. »

Eh Men! le bourreau mentoît, il se vantolt d'une victoire qui tt*étoit pas la sienne ; il n'avoit souillé ni sanctifié ses mains et sa hache dans le sang de son roi. Cet homme , qui se nommoit Brandon, n'étoitque lebourmiuoidinaire;on nel'avoit point appelé (ou peotrétro avoit*il refusé par frayeur son ipinistère ) à la graudoexéeulkm. La peur cessant, li^ vanité revint ; Brandon songea à sauver ses droits et «m ktmneur ; le soir même de la mort de Chartes , Brandon tint dans un cabaret le pro? pas qu'il redit à lord Capell , se parant du ertnae qu'il n'avoit pas commis S

liNfd Capell livra sa tête après avoir déclaré qu'il mourolt pour Charles r% pour sou fils Charles U et pour tous les bérkiers légitimes de la fouronne,

. Le rump, fialguaut de céder à l'opinion puMi* que, s'occupa, en apparence, de sa dissqiutieA, f t rechercha les principes d'après lesquels mi parlement uouveau pourroit être élu» Le rump n'é* toit pas siasère; il ne songeoit qu'à se perpétuer C& attendant les événement, grands déhrouitleurs de la politique.

Cependant le comité d'OrmcDd , lord Iu(rtûquin et le général Preston avolent soulevé l'Irlande, où Monk) qui délendoit Duadaik pour le parlement, avoit capitulé.

Cromwell , malgré les prétentions de Lambert et de tlftirfax ^ fut nommé au gouvev nemenl mUitaira et cj vil d Irlande, Il partit accompagné dlreton , sou gendre, après avoir cherché k Seignmir ^vau( itaïQl'isan rt wgHm^ ks ^iturcs.

Il abordoà l'Un dévouéo avee dtirsepi Brilla vétérans et une garde paitlculièra de quatre-» vingu honunes, tous dflciers. Trédall est eai^ porté d'assaut; Cromweli monte lulHosAme à la brèche : tout périt du cAté des Irlandoia. L« oom« mandant, sir Arthur Ashton, est tué. Gu YimK militaire avolt une Jambe artifioicHe; elle pnssall pour être d'or : les soldats répÉUlealns se dispu^ tèient cette jambe royaliste, qui n'étoit que le trésor de bois de l'honneur et de ta fidélité.

Wexford est saccagé , Goran readhi par les soi* data; les officiers sont foslllés. Kilkenuy, Yos- ^11, Coke, Kingsale, Goloomell, Dungarvanet Carrik se soumettent. Cromirellet LretOB portent à ririande, comme ils Favtrfeat aanottcé, l'extermkuition et l'enfer.

Cromweli, au milieu de ses vldoircn^ est rap< pelé pour repousser les Écossois : oeux^ci s'étoient décidés à reooanottre les droitsde Charles aeeoni; et bien qu'ils eusseï^ pendu le royaUsIe MenHuss, parte qu'il n'étoit pas covenantaire, ils étoicnt eux-mêmes royalistes. Rien de phis commun qus ces inconséquences des partis dans les disouidcs civiles.

Les négociations entre Cha ries H et les ÉoesMâs avoient étë plusieurs fi>is interrompues. Ciiaries enfin , privé de toutes ressources , a 'étoi^ rendu à Edimbourg : là il avoit reprlsle sceptre de Maria Stuart, à la charge de publier cette déelanlisn désbanoranle :

n Que son père avoit péché eu prenant fuussM « dans une lamlUe idolâtre;

« Que le sang versé dans les deretècea guerres « dev<iit être imputé À son père ;

« Qu*il avoit une profonde douleur de hi mm* « vaise éducation qu'osa lui avoît donnée , et dei « préjugés qu'on lui avait inspirés contre la onuse « deDieu, etdsntU reconaoissoit âbpréseuànn* «justice;

» Que toute sa vie précédenle n'avait été qu'un « cours suivi d'inimitié contre Tcsuvre de tteu ;

« Qu'il se rcpentolit de ta camnûssieu donnéeè « Montross, et de toutes ses actions qui nveieni «pu scandaliser;

« Qu'il prolestoit devant Dtau qu'il éteK à pfé« « sent sincère dans eeltedéclarafttoft, el qu'il a'y « tieadioit jusqu'à son dernier soupir , tant en « Ecosse qi^4!n Angleterre et en Irtaode. •

Cepeiidant Charles II n'était ni sans lû sans courage. Jeune encore^ il avolt pouKsenpèie, àtatêt%d«9to<M#tmeelds

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