‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 96 sur 279 · LA RÉPUBLIQUE ET LB PBOTECTORAT · texte numérisé non relu

LA RÉPUBLIQUE ET LB PBOTECTORAT

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.Mais e'éMt bleo le p?hic« le moins Mt qQ*ll y cet ao inonde ponr entendre six sermons de piegbf léricns par jour . Lorsque, accablé de ees prédications , il eiierdioit qnelqoe distraction , il Be pmivoit sortir d^Édirobourg, sans passer snr les membres mutilés de Montross, attachés nporlesde laYille. Montrosa^en monranl, avoit spMté que aon corps lût mis en autant de mer* con qail y ayoit de villea dans les trois rojana», afin qu'on rencontrât partout des témoins ieift fidélité. Un de ses bras fut exposé sur «n gibel à Aberdeen; les habitants renleyèrent socrè> lement et le eachèrent : après la restauration , ils le fflireot dans une cassette conrerte de relours cramoisi brodé d*or, et le portèrent en triomphe dans toute lenr Yille.

Cromwell marcha contre les Écossois à la tête de dlx-hoit mille hommes. D les attaqua à Duntar, et les défit ( S septembre I6â0). L'année suivante, après avoir conquis une partie de l'Éessse, il s'attacha aux pas de €haries II, qui ^éloit avancé en Angleterre avec une armée : il Tatlngnit à 'Worcester. Le génie si fatal au père l'est pas moins fatal au fils; le combat se iirre fc 3 septembre 1 05 1 ,, Jour anniversaire de la ba- Mle de Donbar : deux mille royalistes sont tués ; Mt mille prisonniers sont encore vendus comme csdaves. On retrouve cette habitude de trafiquer ds hommes Jusque sous Jacques IL

Lejeoae roi fuit seul, seeoope les cheveux, da peor, comme Absalon ou comme les rois ehe- Ydos, d'être reconmi an bel ornement de sa tête. Gepriacenoos a latoé le récit de ses aventures : ni drgwhement en bAcheroo ; sa tentative pour ndnrdans le pays deOaNes avec le pauvre Pen- Mi; an Jonmée passée avec le cokmel Gardcss niunt da diéDequi retint le nem de chêne royal ; anaieotinres éba un gentllhemm« aippelé Lane , dus le comté de Straffovd ; son voyage à Bris* M, vcqrage qu'il fH à cheval menant en croupe ibfiRedessttlidle; so* arrivée chea M. Norton; A feacontre d'un des chapelains de la cour qui iqfléoil Jouer aux qalHes, etd*un vieux servitaor qui le nomna en iMidant en larmes ; son paagrdieg le ealonel Windham; to danger 9illeQU«tpnrla8af;acllédu maréchal qui, vi* iltaai les pieds des ehevanx, aAtamn qu'un de tts chataox avait été ferré dans le Nord ; enfin l^cnbarquement de Charles à Brightkelmstone , A ion dttarqttsflievi efr Normandie, firent, de ^msfcniieti vfeiisoe j^tnce, un moment de

gloire romanoesque qui lutta avec la gMra hirt» rique de Gromweil. Ludiow se contente de diri que Charles s'enfuit avec une mistress Lane.

Cromwell revint triompher à Londres. Le pnr« leroent envoya une députatioii au-devant de Int.

Le générai fit présent à chaque commissaire d'un cheval et de deux prisonniers : toi^rs ménie mépris des hommes parmi ces républicaîna. Les historiens n'ont pas remarqué ce trait de mœurs qui distingue les Anglois d'alors de tous les peoples chrétiens de l'Europe dvîUsée y et les rapproche des peuples de l'Orient Monk , laissé en Ecosse par Cromwell , Tacheva de soumettre; Le raymme de Mario Stuart fut réuni par aete du rump à l'Angleterre , ce que n'avoient pu foire les plus poissants monarques de la Grande-Bretagne.

Autant le corps législatif étoit méprisé , autant le conaell exécutif avait montré de vigueur et de talent : c'est ce qu'on a Vu en France, sons les fomeux comités émanés de la Convention. Les terres du clergé avoient été mises en vente aine que les domaines de la couronne ^ et ceux-ci tant en Angielerre qu'en Ecosse. Le» propriétés nationales, proposées d'abord au prix <te dix années de leur afSermage annuel , s'élevèrent avec loi succès de la république aux taux de quinze , seUe et dtx-sept années de leur revenu net : on vendoft les bois à part. Les royalistes dont les Mens avoient été séquestrés ou confisqués en obtenoient le ntour ou la main-levée moyennesit unefinanee plus ou moins forte payée argent comptant. Une taxe de 120 mille livres sterling par mois snffisoit, avee oes diffi^ntes sommes , au besoin des services de FÉtat

Toutes les puissances de PEurope , et PKspa^ gne là première, avoient reconnu la république. L'Irlande étolt élomptée , l'Ecosse soumise et réunie à TAngletcrre; une flotte , commandée par le fameux Robert BlalLC , devenu amiral de colonel qu'il étoit , gardolt les mers antoOr des lies Britanniques; une autre, sous le pavillon d*Édotiard Popham , croisoit sur les côtes do Povtugat. Les Indes occidentales, les Barbades et ta Virginie, soulevées d'abord , furent réduites à l'obéissance . Le fameux acte de navigation proposé par le conseil d'État au parleroint en I65f, rendu exécutoire le t*' décembre de cette même année, n'est point, comme on l'a écrit mille fois , Fouvrage de Tadralnistration de Cromwell , mais de l» république a%'ant l'établi^semeiit du protecld-

rat. Cet acte fit éclater la guerre entre la Hollande et la Grande-Bretagne en 1652. Blake, Aiskew , Monk et Dean soutinrent en onze corn* bats , depuis le 1 7 mai 1 652 ^ vieux style Jusqu'au 10 août 1658 , riionneur du pavillon anglois contre Tromp, Buy ter, Van Galen et de Witte.

Les classes populaires que les révoluti(ms font monter à la surface des sociétés donnent un moment aux vieux peuples une énergie extraordinaire; mais ces classes, chez qui l'ignorance et la pauvreté ont conservé la vigueur, se corrompent vite au pouvoir, parce qu'elles y arrivent avec des besoins violents et des appétits longtemps excités par la misère et l'envie ; elles prennent et exagèrent les vices des grands qu'elles remplacent , sans avoir l'éducation qui du moins tempère ces vices. Une nation ainsi renouvelée par l'invasion d'une sorte de barbares indigènes, ne conserve que peu de Jours son énergie ; n'étant plus jeune par nature, ellen'est Jeune que par accident ; or, les mœurs ne se renouvellent pas comme les pouvoirs , et tant que les premières ne sont pas changées , il n'y a rien de durable.

• Cromwell s'aperçut que ce reste d'assemblée , soumis d'abord et humilié, commençoit à être jaloux du pouvoir que lui, Cromwell , avoit acquis. L'autorité dictatoriale des camps avoit dégoûté le futur usurpateur de l'autorité légale : son ambition , comme son caractère et son génie , le poussoit à la souveraine puissance.

Il avoit manœuvré longtemps entre les divers partis , tour à tour presbytérien, niveleur et même royaliste , mais s'appuyant toujours sur l'armée ,où l'esprit républicain dominoit, autant que cet esprit peut exister au milieu des armes. Les officiers voulolent l'égalité et la liberté , avec la fortune, les honneurs et le pouvoir absolu : c'est ainsi que sous la tente , depuis les lésons romaines Jusqu'aux Mamelouks , on a toujours compris la république.

Cromwell, après ses victoires, ayant repris MU siège au parlement (16 septembre 1651), pressa la rédaction du biU pour mettre fin à ce parlement interminable : il ne le pûtobtenir qu'à la majorité de deux voix, quarante-neuf contre quarante sept ; encore l'exécution du bill fut-elle remise au 3 novembre 1654.

Ce bill procédoit à la réforme radicale parlementaire , si souvent et si inutilement demandée depuis. La chambre des communes devoit être composée à l'avenir de quatre cents membres,

LES QUATBE STUABTS.

sans oonq^ter les députés de l'Iriande et de l'Ecosse. Les bourgs pourris disparoissoient; oq ne donnoit le droit d'élire qu'aux villes et aux bourgs principaux ; deux cents livres sterling en oieaUn ou immeubles étoient la propriété exigée du citoyen pour Texercioe du droit électoral.

Cromwell ne désiroit la dissolution du runtf que dans l'espoir d'obtenir le suprême pouvoir, au moyen de députés choisis par son InflueDee, et dévoués à ses intérêts. Afin de préparer ks idées à un changement de choses , il avoit encosragé des discussions sur l'excellence du gouvir^ nement monarchique; mais n'ayant pu ameoer le rump à prononcer la dissolution, il prit a chemin plus court pour y parvenir.

Le rusé général avoit eu l'adresse de rempOr toutes les places de ses créatures : les soldats lui étoient dévoués. Depuis la bataille de Worcester, qu'il appela , dans sa lettre au parlement, la m^ toire couronnante, il dissimuloit à peine sa projets. La modération, besoin de tout homoK qui, près d'arriver au pouvoir, s'y veut maiBt^ nir, étoit devenue l'arme de Cromwell : il avoit fait publier une amnistie générale, et se montrait favorable aux royalistes ; il les trouvoit par priadpe moins opposés que les autres partis à Tautorité d'un seul , et à son tour il avoit besoin de fidélité.

Les communes, qui se sentoient attaquées, essayèrent de se défendre : tantôt elles seplaignoient des calomnies que Cromwell faisoit semer contre elles; tantêt elles songeoient encore à se per pétuer d'une manière moins directe , en procédant à l'élection des places vacantes au parlement. Cromwell ne s'eodormoit pas; il présidolt à des assemblées, à des colloques, à des traités entre les partis, et trompoit tout le monde. Le colonel Harrison , franc républicain , mais aveugle d'es* prit, prétendoit toujours que le général, loin de se vouloir faire roi , ne songeoit qu'à prépwer le règne de Jésus. « Que Jésus vienne donc vite, ré- « pondit le major Streater, ou il arrivera trop • tard, n Cromwell , de son c6té , dédaroit que le psaume cx« l'enoourageoit à mettre la nation en république; et à cette fin il engageoit le coniité d'officiers à présenter des pétitions qui dévoient amener, par l'oppositUm des parlementaires, la destroctkm de la républnfue. Une de ces péCItioas demandoit le payement des arrér^;es de l'anBce et la réforme des abus; une autre sollicitoit ia dissolution immédiate du parieoieiil et la noml*

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