DE DÈCE OU DÉCIUS A CONSTANTIN
* La véritable histoire des Barbares s'ouvre me le règne de Dèce. On les ya maintenant ■ieia connoitre; ils vont donner nn autre rooufsnent aux affaires; ils vont mêler les races, nltiplier les malheurs, accomplir les destinées AiTieux monde, commencer celles du monde mreaiL Aux courses rapides, aux incursions fMagères que les Calédoniens faisoient dans la Giande-Bretagne , les Germains et les Franks àas les Gaules, les Quades et les Marcomans sur k Danube, les Perses et les Sarrasins en Orient, la Vaores en Afrique , succéderont des invate formidables : les Goths parottront; les autres Mares , campés sur les frontières, les pous- «ratf, les suivront II semble déjà que le bruit fa pas et les cris de cette multitude font trem- UerleGapItole.
Les Goths, peut-être de Tancienne race des hères, et séparés d'elle par Cotualde ; les Goths, Ibdes conquérants de la Scandinavie, dont ils i\aleDt peut-être chassé les Gimbres, avoient tétodn leur domination sur une partie des au YnBaifaares, les Bastames, les Venèdes, les- Sttiges, les Roxolans, les Slaves , ou Vandales, M bdavons, les Antes et les Alaîns , originaim du Caucase *. Odin , leur premier législateur,
*Maa, CDD. F4SIS5, Cobnbiub, papei. An da J. C
M-ftl.
* Conriltt, pour oâlte Uftlolre embroolttée des Baibares ,
^tCittacr, Addung, Schlœzer, ReineggiB, Maile-BruD,
^de. On avaDls boinmes ont des syitènm contradictoires :
(^■vollCB GenaaoieqvedeftSoèves, etdes nonSoèves;
Fa^ fCQt que les Slaves soient les Vandales ; oelQi-ci fait des
^^te Veoèdes, et reconnolt des Slaves mêlés et des Slaves
dits. Les Sttèvet deriemieBt des Allamaos, les
d'aqjourd^iii , etc. etc. Au' mllien de tout cela , U
trouver place pour le système par la division des
(, U laoe fianoise, caacaaienoe, que saisH^? J'ai pré-
"^ Id ao leoleur, et dans Vexposition de ce discours, ce
V^B^teoMé le moins obscur. Je crois avoir été le premier
^yôffir les noms et le nombre des bordes de TAmérique
^^Mmile ( F09a§e mi Amirifme ) ; malgré l'aridité et la
2^^ des tradiUons de ces Sauvages , U est moins dilll>
**^Wm iiifB «M idée approximative qoe de répandre
2JVtt daclé sur l'histoire 4es peaftles germaniques. Les
??^i foi Ignoraient les langoos de ces peuples , ont tout
!***^;et quand «es peapies se aont civilisés, d^à loin
r^<Ki|loe, Ils n'ont plus trouvé que quelques dmn-
^'^^ traditions orales mélangées de fables et de chris-
MalbeuieuMment la grande Umtoire de» GoOu de
est podue, et U ne nous en reste que Tabfégé de
Gratins a donné une édition des écrivains gotbs.
i^MilOttt Pfooope, offrent une des grandes sour-
^^V^Moire gothique, lomandès parle de quelques oliro-
é« G(4|is, en ^^g^^ dXém par Ablavins; et Ton a,
*"' des quatre ÊvangUfls par Ulphilas, le plus
de la Immm tantooiona^ U art dH qu^
fiit aussi leur dieu de la gnerre, à moIiM qu'on ne suppose deux Odin : en le plaçant dans le del , ils ne firent qu'une seule et même chose de la loi et de la religion. Odio avott un temple à Upsal, où Ton immoloit tous les neuf ans deux hommes et deux animaux de chaque espèce, si toutefois Odin , Upsal et son temple existoient dans ces temps reculés % ou si même ils ont ja« mais existé.
Dans le siècle des Antonins , an moment oà l'empire romain arri voit au plus haut point de sa puissance , les Goths flr^t leur premier pas , et s'établirent à Tembouchurede la Vistule. Lescoio* nies des Vandales, ou sorties de leur sein , on Slaves enrêlés à leur suite , se répandirent le long des rivages de i'Oder, des côtes du Mecklembouiy et de la Poméranie. Les Goths séparés en Ostro* goths et en Visigoths^ Goths occidentaux et Goths orientaux, se subdivisèrent encore par bandes ou tribus, sous les noms d'Héruies, de Gépides, deBurgondes'oa Bourguignons, de Lombards \ Si l'on ne veut pas que ces derniers soient d'ori* gine gothique, il faudra du menus admettre qu'ils éix)Éent devenus Gotiis par la omquête , et qu'en* suite détachés de la confédération gotliique, quand celle-ci vint à se l>riser, ils fondèrent les monarchies des Burgondes et des Lomliards»
Les Goths levèrent lear camp, firent un se« cond pas, se montrèrent sur les confins de la Dik de, et bientôt arrivèrent au Pont-£uxiii. Le roi qui gouvemoit alors leur monarchie héréditaire se nommolt Amala ; il prétendoit descen* dre des Anses ' ou demi-dieux des Goths»
trième siècle. Ulpbllas avolt été obligé d'inventer des lettrea inconnues pour exprimer certains aons delà langue desGotha. Le serment de Charles, en allemand, dans Mithard (842), est postérieur de plus de quatre cent quatre-vingts années à la traduclion dIJIphilas, et de plus de doq siècles au ebant teutoniquc qui célèbre la victoire de Louis, fils de Louis le Bègue, sur les Normands, en 881. La chronique de Ifariua, qui commence à Tan 46& et finit à Tan 681 , contient des renseignements sur les Goths et sur les Bourguignons. On a une généalogie des rois gotbs, publiée d*apvès un nanoscrit du monastère de Moissac
1 Adam de Brème , Saxo gram. Les Bââat, les Saggat, VHittoire de Suède, ete, etc.
s On fait descendre les Burgondes ou Bourguignons des Vandales, Slaves ou Venèdes conquisipar les Goths. Usétolent ennemiftdes Allamans. (Ammien BIaiicblun, liv. \%\m; Purs, Hist. nai., iv.) Une tradition les Taisolt venirdes soldats romaine qui gardolent vers les rives de l'Elbe les forteresses de Arusus. (Ono&B, liv. vu. ) Paul Wamefrld (le diacre) plaoe le berceau des Gotbs et des Lombards dans la Scandinavie. Entre les règnes d*AugU8te et de Trn|an , on trouve les Lombards établis sur TElbeet TOder. ( Velleius Paterculcs , ii.)
* Proceres suos non pnroa bomlnes, sed seml-deos, id est Anses vocavere. — Horum ergo , ut suis fidiuiis feront, primus fuit Gaapt , qui genult Halmal ; Halnial vero genuit Aagls , Augis genuit eum qui dictus est Amala , a quo et origo Amaionim deoiuxlt.( Jobnamd.;, de JM. Geêk., pag. 407.)
ÉTUDES
Trajan, en subjognant les Daees au delà da Danube, rendit, sans le savoir, TEmpire voisin de ses destructeurs. Les Goths ne furent connus sous leur véritable nom que pendant le règne de Garacalla : quand Rome l'eut appris, elle ne l'oublia plus.
Fiers de leurs conquêtes, grossis de toutes les hordes qu'ils s'étoient incorporées, les Gotbs, comme un torrent enflé par des torrents, se pré* cipitèrent sur l'Empire vers l'époque de la chute de Philippe et l'élévation de son successeur.
Conduits par leur roi Cniva, ils inondent la Dacie, franchissent le Danube, forcent Martianopolis à'se racheter, se retirent , reviennent , assiègent Nicopolis, emportent Philippopolis d'as, saut , égorgent cent mille habitants, et emmènent une ifoule de prisonniers illustres ". Qiemin faisant, ilss'amusent à donner un maître au monde ; sauvages demi-nus, ils acco/dent la pourpre à Priscus , frère de Philippe , qui la leur avoit demandée. Dèce accourt avec son fils pour s'opposer à leurs ravages; trahi par Gallus, qui veut aussi recevoir l'empire de la main des Barbares , attiré dans un marais, il y reste avec son flis et son armée *•
Dèce , prince remarquable d'ailleurs , qui vit commencer la grande invasion des Barbares, s'étoit de même armé contre les chrétiens : impuissant à repousser les uns et les autres. Il ne put faire face aux deux peuples à qui Dieu avoit Il vré l'Empire. Cette persécution an^ena des chutes que saint Cyprien attribue au relâchement des mœurs des fidèles ^. Dans raraphithéâtre de Carthage , le peuple crioit : « Cyprien aux lions ! » L'éloquent évéque se retira ^. Denis d*Alexandrie fût sauvé; ses disciples le cachèrent. Grégoire le Thaumaturge- invita ses néophytes à se mettre en sûreté, et se tint lui-même à Técart sur une colline déserte. L'exécution du prêtre Pionius à Smyme, de Maxime en Asie , et de Pierre à Lampsaque , est restée dans les fastes de la religion. Le pape Fabien confessa d'âme et de corps le 20 de janvier l'an 250. A compter de son martyre, les années du pontificat romain deviennent ceitaines, comme l'ère du Christ est fixée à la croix. Alexandre, évêque de Jérusalem; Babylas, évêque d'Antloche, qui avoit obligé
■ ÀMMiiiv. Mahobl., lib. ixxi, cap. ▼.
* AiTHEL. Vicroii. , cap. xxu ; JoRWARoto , cap. xviii ; Zo- SWE , lib. I : ZoMAR , Ub. xil ; Hi$t, Aug. , pag. S2S. »EpUt. II.
« £pU(. 10, 90, 69, 60.
l'empereur Philippe et sa mère à se mettre au rang des pénitents la nuit de Pâques , périrent dans les cachots : l*un, vieillard, étoit éprouvé pour la seconde fois; l'autre voulut être enterré avec ses fers '. Origène , cruellement torturé , résista,.
Un jeune homme de la Basse -Thébaide, nommé Paul , fuyant la persécution, trouva une grotte ombragée d'un palmier, et dans laquelle couloit une fontaine qui donnoit naissance à un ruisseau. Paul s'enferma dans cette grotte, y vécut quatre-vingt-dix ans , et remporta cette gloire de la solitude qui a fait de lui le premier ermite chrétien*.
Divers évoques fondèrent des églises dans les Gaules : Denis à Paris, Catien à Tours, Stremoine à Clermont en Auvergne , Trophime à Arles, Paul à Narboune , Martial à Limoges.
Après le martyre de Fabien, trois évéques proclamèrent pape Novatien, premier antipape, chef du premier schisme. Le clei^é avoit élu de son côté Corneille, homme d'une grande fermeté. Il y eut vacance du siège pendant seize mois. On comptoit alors à Rome quarante-six prêtres, sept diacres, sept sous-diacres, quarante-deux acolytes, cinquante -deux exorcistes, lecteurs et portiers , quinze cents veuves et autres pauvres nourris par TÉglise '. Seize évéques avoient coocouru à l'ordination de Corneille, confirmée par le peuple. Les soldats de Jupiter faisolent des tyrans, les soldats du Christ, des saints; différence des deux empires.
Gallus, proclamé auguste avec Hostilien, second fils de Dèce , s'engage à payer aux Goths un tribut annuel. Ils consentent, à ce prix, à respecter les terres romaines : on tient les conditions qu'on reçoit , non celles qu'on impose ; les Goths manquent à leur parole. Une peste effroyable se déclare. Gallus fait exécuter Hostilien, fils de Dèce, et le remplace par son propre fils. La per«
> vincuHs...... cam qulbassoom oorposwpeUii juao*
daviL ( MartjfToL , 2ijan. )
> Pnidentlssliniis adolesoens ad moDttain doerta fti^ tandem reperit taxeum mootem. Ad cutfiM radloeni moA procui erat grandis spelunca qu» lapide daudebatar :J^ remoto, avidius explorant, anlmadvertit intus grande voU' bulum, quod, aperto detoper cœlo, palulis àittof^J^ vebu palma oontexerat, fontem lacidissinum <'^°^^?^? Jus rivam tantommodo forai erumpentem stalim ''^'^'^ raroine eadem qus genuerat aquas (erra sortelMt (Hinoiit m f t/a PauH Eremiim , pag. 338. BaftilesB. )
3 Inqnatamen non ignoral>at(Noval09)preabyttfo*jT qaadraginla eex, diaconoa septem, acôlutlios ^V^^^^ duos, exorchlasei lectorea una cam ostiarlis ^(>*i>^^^| duos , viduaa et aiios roorbo atqoe egealate afllidM Dune qatogeoU». (Embb., UiMi,, Ub. vi, cap. xxxv, pif- <^'
HISTORIQUES
Mm oontiniie. Deux pq^ , GomeOle et La-
d^r, y snecombèreDt.
• ÉBiliea bat les Gotiis en Moesie , et prend la fwpK. Gallos marche contre loi. Les troupes è6âun se révoltent, le tuent lui et son fils, et pMcbt fous les aigles d'Émillen. Yalérien âme* Boit SB wooors de Gallos les légions de la Ganle. Cdlef-d, en apprenant la mort de l'empereur, pndunat Yalérien lÉmilien est assommé à son iBirpar ses soldats '. Yalérien partage la puis- Mre ïïne son fils Gallien. Un tyran s*étoit élevé HK le rigne de Dèoe, un autre sous celui de GiDiis.
** Éprouvédans les emplois militaires et civils, àfOtéda deux premiers Gordiens au sénat , Ya- Imse trouva mêlé à toutes les affaires de son tB^kLieensure lui fut déférée d'une ooomiune foiX} kMsqoe les deux Dédus rétablirent cette ■^tMntore , réunie àia dignité impéfiale. « La vie de Yalérien , disoit-on , censure perpétuelle , nba^t les mœurs de la vénérable antiquité. » BMrtut Yalérien n'étoit qu'un génie raccourci fri n'atoit pas la taille de sa fortune.
GalUen, que uxa père avolt fait auguste, alla nmiaiider dans les Gaules. Le père et le fils cou* rakgt de tous cAtés pour s'opposer aux Barbares : bctoîeot aidés d'habiles capitaines. Posthume , Onde, Aorélien, Probus, qui se formoient à fénle des armes par des crimes et par la néces- ^ Les Germains, peut-être de la ligue des F^uiks, envahirent la Gaule Jusqu'aux Pyré> ■te, traversèrent ces montagnes, ravagèrent Mpaitîede l'Eq^agne, et se montrèrent sur le iî*V de la Mauritanie, étonnés de cette nou- ^ née dlMmioies '. Us furent comlwttus et i^Misés par Posthume sous les ordres de GaLlea. Les Allamans, antres Germains, au nombre fc trois eent mille , s'avancèrent en Italie Jusque dus le Toîsinage de Bome. Gallien les força à la iMte. Les Goths, les Sarmates et les Quades ocrent Yalérien en lUyrie, qui les contint, Mté de Claude , d'Aurélien et de Probus.
Li Seythie vomissoit ses peuples suf l'Asie-Ml- '^ et sur la Grèce. Il est probable que ces MnBorans, qui se débordèrent alors, n'é- ^ astres qu'une colonne de Goths , vain-
^^^' ^siusat emp. Coaitcnj^ , Lucros I**, papes. An
L^î"**-' ^- "I ; Eotbop., lib. IX, cap. yi.
'AuaiBH GàuiEif , «mp. finsNiiB, Sam II, Denis, '7*Aûdej.c.î5S-aao.
cniop., ub. IX, cap. vi ; Aoasuos TicnNU
ci&iKunuArai. — T0« i.
qneurs du petit royaume du Bosphore. Ils s'eoh barquent sur le Pont-Euxin , dans des espèces de cabanes flottantes , se confiant à une mer ora« geuse et à des marins timides. Bepoussés en Ck»!*chide, ils reviennent à la charge, attaquent le temple de Diane et la ville d'Oéta, qu'immorta- Usèrent la Fable et le génie des poètes; emportent Pythionte, surprennent Trébizonde, rava* gent la province du Pont, et, enchaînant les Bomains captifls aux rames de leurs vaisseaux, retournent triomphants au désert ^
D'autres Goths ou d'autres Scythes , qu'encoib rage cet exemple, font construire une flotte par leurs prisonniers, partent des bouches du Tanals, et voguent le long du rivage occidental du Pont- Euxin ; une armée de terre marchoit de concert avec la flotte. Us franchissent le Bosphore , abordent en Asie, pillent Chalcédoine, entrent dans Nicomédie , où les appeloit le tyran Chrysogonas; saccag^t les villes de Lius et de Pouse, et se retirent à la lueur des flammes dont ils embrasent Nicée et Nicomédie '.
Pendant ces malheurs, Yalérien étoit allé à Antioche ; il s'occupoit d'une autre guerre à lui fatale. Sapor, invité par Cyriade aspirant à l'empire , étoit entré en Mésopotamie : Nisibe, Garhes et Antioche devinrent sa proie. Yalérien arrive , rétablit Antioche , veut secourir Édesse , que pressoient les Perses, perd une bataille, et demande la paix. Sapor lui propose une entrevue ; il l'accepte , et demeure prisonnier d*un ennemi sans foi. La simplicité n'est admirable qu'autant qu'elle est unie à la grandeur, autrement c'est l'allure d'un esprit borné. Yalérien étoit un homme sincère, de même qu'il étoit un homme nul ; ses vertus avoient le caractère de sa médiocrité.
En sa personne firent expiés la honte et le malheur de tant de rois humiliés au Gapitole. Enchatné et revêtu de pourpre, il prètoit sa tète, son cou ou son dos en guise de marchepied à Sapor lorsque celui-ci montoit à cheval ^. Sapor croyoit à tort fouler la puissance : l'emj^re persan
I ZosiH., lib. i; Grec. Thauh. , EpUL ap. Mate,
^ Zmim., lib. I.
* Rex Penamm Sapotes qui eam ceperat, st quando Ubiwrit aot Tehicalom asonidere aat equam, iDcUnaie silil Remaaum Jubebat ac terga prsben, f mposilo pede soper donum cjus. (Lagt., de Morte pertecuU, cap. y, pag. 60.)
Valerianitt sclUcet In caplfvltalem ducUia a Sapore, non gladio 8m1 ludU)ffk> , omnibus vita suc diebus mérita pro factis peroepit, lia ut quotiescumque lex Sapons equum eooscendere rellet dod manibus , sed Incurvato dono et in oervice i^us pede poslto, equo membra levar et ( Eumop.» in FUa PunHi manutcripia; apud Lact., pag. SO.)
ÉIUDES
ae s'étott pas élevé; e'étott l'enpiie raBudu qui i'étoit abaissé.
* Valérien mort, sa peau en^^llée, tannée «t teinte en ronge , resta sospendoe pendant pluaienrs alèoles aux Toutes du principal temple de Perse '. Qn*est-ee qnela ?ne de oe trophée fit an monde? Rien. Oallien Ini-méme , regardant le malheur eoraine nne abdieation , se eontenta de dire : « Je savois que mon père étoit mortel *• » Il prit rentre moitié de la pourpre que Valérien avoit laissée, emnme (m dérobe le linceul d'un mort.
Il existe de très-belles médidlles de Valérien , représentant une femme couronnant l'empereur a^ec ces mots : ResHtutori Orientis, La fortune démentit l'effronterie de cette adulation. Oallien ne songea ni à- racheter ni à yenger son père ; 11 en Ht un dieu ' : cela coûtoit moins.
L'empire présente à cette époque un spectacle affreux , mais singulier; c'étoit comme une scène anticipée du moyen âge. Jamais, depuis les beaux jours de la république , on n'avoit vu à la ibis tant d'hommes remarquables : ces hommes, nés des éTénements qui forcent les talents à reprendre leur souveraineté naturelle, ne possédoient pas les vertus des Gaton et des Brutus ; mais , fils d'un autre siècle , ils étoient habiles et aventureux. Rentrés malgré eux sous la tente , ces Romains de Fempire avoient repris quelque chose de viril par la fréquentation des mâles générations des Barbares.
Trente ou plus sûrement dix-neuf tyrans parurent pendant les règnes de Valérien et de Gallien : en Orient, Gyriades, Macrien , Baiiste, Odénat et Zénobie; en Occident, Posthume, Lokien, Vlctorin et sa mère Victoria, Marias et Tétricus; en Illyrie, et sur les confins du Danube, Ingénus, Bégilien et Auréole; dans le Pont, Saturnin; en
* Galuem » emp. Denis , pape. Au de J. C. 960>26$.
' TaDdem a Sapore rege Penaram Jussos excorfari, salefoe oonditos » lo senpitaraoni toi Infortanil trofMeum ante omnion ocalos slatuisti. (Euseb., Orat. ConsU, pag. 442.)
Direpla este! catls , et enita visopribas pellis , infecta rubro folore ut tn tenplo barixararum deoroaD ad menoriam trimnphi clarissimi pooeretur. (Lact. , de Morte penecut. , cap. v, pag. 69.)
Agathias fait entendre que Valérien fut éoorebé vif. OonslaoUo, éedvant à Sapor II en livaor dci chcéttna, loi parie et l'honiMe trophée qœ i*ao voU enoon, dihil, dan aos paya. ( Eosbb. , f'iL ComL)
' Ui>i de Valeriano paire oomperit quod eaplot evet, M qood phUoeophoram ciptiraos de lilio aniMo dixlMe fBftar : Beiebam me yemmÎMae marêalem; dixit ille : 5oif6diiijMAr«iii meum etee murialem. (Gall. m Hi^l. Aug.)
3 Patrem inaltom reliqult. {HùL Aug.^ pag. 4M.) Hw Inter deM quidam, niai coadoi, cetalU qaom BBortum disset. i,lhii,f pag. 468^)
l8anrie,Tiréhdlien;eBTheHali0,Pi9a»;ciiCMoft, Valens ; en Egypte , Éraiiiea ; en Afrique, Ceini, La plupart de ces prétendants, cpii déCnidirent Tempire eontre les ennemii du dehors , et qai se le voulurent approprier, auroi»* été des piinoei e^^aUes.
Maerien, vieillard msé, polltftqua et hardi, étoitestropié ' : il iaisoit parter tesomemeoUioh périanx par ses denx fils, Jemiea et vigonieu, an lieu de les traîner lul^méma *•
Odénat , qui repoussa SapcNr, et "vensea Valé* rien, estencore plus connu par sa feaune ZànMâ et par le rhéteur Longin ^.
Baiiste^ Ingénus, étoleiit dHUnsIrai capKai-
On donnoit à Galphnntoi Plaon le non d'AoffiMa.
RégiHen ftil si renommé que le sénat lui dé* eema les honneurs du triomphe, malgré sa ié« volte contre Oallien ^.
Posthume, qui étendit sa doodnatiottior kl Gaules, l'Espagne et peut-être la Grande-Bistt* gne, eut du génie.
Scm successeur Vletortn poesédelt de gra&ds talents , mais avec la foiblesse qui souvent les se* compagne , l'amour des femaies *•
Victoria, mère de Vlctorin , qui se doDBOit k titre d'auguste et de mère des armées, fût la Zé« noble des Gaules ; eelle-ei dlsolt d'elle : « J'aoroii « voulu partager Tempire avee Victoria , qai m « ressemble. » Il n'y eut pas jusqu'à l'ararari^ Marins, élevé au rang d'auguste par VIctoriSf qui ne se trouvât être un partisan de earaotèie. Amis , dlt-tt à ses compagnons d'armes de? ennf ses sujets, on me reprochera mon premier état; plaise aux dieux que je ne sols jamais amolli par le vin, les fleurs et les fcmmesl Qa^onme reproche mon état d'armurier, pourvu que ki nationsétrangères apprennentpar leursdéAiM que j'ai appris à manier le fer ! Je dis eeel pawo que la seule chose que pourra me reproch* « Gallien ,. cette peste impudique, c'est qaefal « fabriqué des armes ^. *
' IKfl, A%§.t pag. lie, IV^rMi Tfn^
* ZONAR., pag. 296.
3 fihU Atiff., pag. SIS.
4 Ibid., pag. 194. . L. «-.
» Jbid., pag. 137. Capidltas volaptatli nmliettri» «ic P^
• Scio, oommilitonee, posae mihi objid arlev P''*^^! ci^us miiii oronea testes estls. Scd dleal ifÊM» ^^Zmm atiiiam sen^er femm exereMBil Bon fino, wii ^^ non roolicrcalis , non popinis, ut ftMdt Galiieaai^n^^
patie suo ei Mtf geMsit asUHtsta, dBpenttt. Ait ■>■ ^
HISTORIQUES
Mvtai Ait tué ptr un sMàty Jadis outrier
ÉMia bOQtl<|oe, qui M paisa son épée au tralasda eorpa, en lui disant : « G^est toi qui i*as tfefgée '. >
Afrti la mort de Mariui, Victoria ne s'effraya pUL : cette Gauloise fit encore un empereur, Tdrieos, gouverneur de l'Aquitaine, qui prit la ynipit à Bordeaux.
De ces diTers tyrans un seul étolt sénateur, et hm seul étoît noble. Il descendoit de Numa |tt ses pères; ses allianees lui donnoient le droit èdéeorer ses fbyers des images de Grassas et éeFonpée. Les Calphumiens avoient échappé m proscriptions : on les retrouve consuls depuis ÂBgvste Jusqu'à Alexandre Sévère. Rome; se envnA de plantes nouvelles : quand ses vieille «oehes poussoient quelques rejetons, ils se iIrMeiit vite, et ne se renouveloient plus.
Itatres hommes de mérite , tels qu*Aurélien, Ûkode ti Probus, servoient Gallien en attentait la souveraine puissance. Lui-même ofTroit. noractère sinon estimable, du moins peu commun.
Orateur et poëte * , Gallien étoit indifférent à M,méine àTempire. Lui apprenoit-bn que TÉgvptes'étoit révoltée : « Ëh bien ! disoit-il , nous «nras passerons de lin'. » La Gaule et l'Asie Mt perdues : « Nous renoncerons à TapEronitre,
• DOQs ne porterons plus de sagum à*Arras ^. » lais ne touchez pas aux plaisirs de Gallien I Si le irtiU ffune rébellion ou d'une invasion trop voi- ^menace sa paix , il court aux armes, déploie fc la valeur, écarte le danger, et se replonge avec «tliité dans sa paresse. Féroce pour conserver ni repos, n éeriyoit à Tun de ses officiers après
' hitToHe dlngennus , en lllyrîe : « N'épargnez ■pas les mâlesy quel que soit leur âge, enfants ou
* billards. Tuez quiconque s'est permis une pa-
2^lKftilft,4iMi nectfslene geolBi attreetasM ralscla- • moffMMaiBi in Ilalia. Denkfae ut onmis AUemaooia, ^~^ Genaania cam céleris qa« a^Jaœnt genUbus Ropopsiui r«n«tan pute&t «mten , ot specialiter ta ^^rram timeant Vos tamen cogUetis velim, fecisse vos {'"i^ qui Duoquam quidqiiam sctverit traciare ulsi fer- ^Qw^tMdfODdieo.qttUscio miU a loxurioeiasina lila PBwamQ o|»poQi posse niai lioc, quod gladionim armonimf^^fetftMrin. ( ASrt. Juff., Trig. Tyran., pag. tWO. )
*t tu gladiv» qttem ipêe JecùU, (Hiat. Aug,, Tng. 'ÎWi , pag. 600.)
ygiteaim (quod negari non pote8t)oraUone, pocmate ■••«■■IN» aitlbiiiclaiw. («W. Aug^ pag. «9.) gw MtlalaB eti ei «gypttin diaMicaissp, dixlMefn^
^^"•wtoi ▼astalam Aaimi... Qmd, infuft, «me aphra. 3lf?!f^ '^«'«•MNiwA* Perdilt^aHIa... arrisisseetdixisse iSTt • ^^ •*'"« ^trtbaUs sagU tata TCspubliea est?
« fole, une pensée contre mot '. > H eantemiolt à mort quatre ou cinq mille soldats rebelles ^ tout en bâtissant de petites^ambres avec des feuil« les de roses, et des modèles de forteresses avec des firuits '. Un marchand avolt vendu des perles de verre à Timpératrice pour de vraies perles : Gallien le condamne à être Jeté aux bètes , et fldt lâcher sur lui un chapon K
A chaque nouvelle désastreuse, Gallien rioit, demandoit quels seroient les festins , les jeux du lendemain et de la Journée ^. Le monde périssolt, et il eomposoit des vers pour le mariage de ses neveux : « Allez, aimables enfants, soupirez « comme lA colombe, embrassez-vous comme le « lierre, soyez unis comme la perle à la nacre '. » Il philosophoit aussi ; il accordoit à Plotîn une ville ruinée de la Campanie pour y établir une république selon les lois de Platon *. Au milieu de la société croulante , couché à des banquets parmi des femmes 7, cet Horace impérial ne vouioit de
' A Gallienus Tari«no.
«Non milii satisfacies, si tantam armatos oocideris, quos et fors MU interimere polaisaei. Perimendus est omirissexus virilis , si et senes atque impubères , sine jrepKfaenskMie nostra occidi possent. Occidendus est quicumque maie voluit ; oeddkMluB est qoicamque maie dl&it oontra me , contra V«leriaoi fiUum, oontra tôt principom patrem et fratfem. Ingenmis faicfus est imperalor: Lacera, occide,tx>ncide : animum meum intelllgefe potes , mea mente irasœre, quia hoc manu mea acripsi. » (Tbebell. Poix, Trig, lymii., rfc Ingemno; Hitt. Aug.f pag. BOO.)
'TernamUlfa et qualrana rattltam, stngulla diebosocddit (pag. 476); Gui>icttla de losis fecit, de pruois casteUa composait , uvas triennio sen^avit , hieme summa melones extiibalt; mosfom quemadmodun tolo anoo haberetur docuit, etc. etc. ( nui. Aug, , pag. 475.)
' Idem , quum quidam gemmas vitrras pro verts vendidisseteiuiaxori, atqoe iila, te prodita vindiearl reilet, snrripl quasi ad leonem venditorem Jussit, deinde e cavea caponem emitti; mlrantibusque cunctis rem tam ridiculam , per curioneai did josiil : ÊnfpatimmHfeeU êtpmmt esL ( NUL Aug.p pag. 471.)
^ Sic de partibus mundi cum eas amitteret JocaI)atur (pag. 4<4>, nac ad talia movebatur.... Sed ab lis qui drca eom eraot requirebat : Ecguid habemuê in prandio? ecqua «oluptatet paratatuntP et gualis cras erltscena? qualet circentes ? {HitL Aug., pag. 487. >
» Jocari se dicebat quum orben temrum uodique peididisset (pag. 475). Hujus est illud epithalamium... quum iUe manos sponsonm teneret , saepftus Ma dlxtaw feitur :
Ite , ait . 0 pnerl , pariter sndate mèdullis Onalbas Ifiter tm : non n^mwra vestra en^gaïAK, Brachla non bedern , non vincant osrnla coàchx.
< Hiik Amg. , pag: 4fo.)
'■ Gatlienns et nxor ejus Ploiioum honorabant; hic'igitur eofOB IwnevoleBtia fiwiua oravit ut dirutam qaamdam oUm In Campaniadvitatem phiiosophis aptam instauraret, regionemque cireonfusam culUe dvitaU dônarel conCederetque, civitatem habllaturis Piatonis legibus gut)ernari atque ipsam civitatem Platottopolim appellari.... Quod fadle impetrasset nist quidam imperatoris familiares invidia vel indignatione acriter obstitissent (Plotini Titaejus operibus prxl^xaauctore. )
'> Goncnblnie In eJus tricllniissappe accubuerunt. (Porphyu., mu. Aug. , pag. 47G.)
la vie que le plaisir j loat flit tfoablé soi» «m règne ', exoepté sa personne; il ne maintenoit le calme autour de lui et pour lui , qu'à la Imigueur de son épée*
Beprésentez-Yous l'État en proie aux diverses usurpations , les tyrans se Itottant entre eux, se défendant contre les troupes du prince légitime, repoussant les Barbares ou les appelant à leur secours : Ingennus avoit un corps de Roxolans à sa solde , Posthume , un corps de Franks. On ne sa- Yoit plus où étoit l'empire : Romains et Barbares, tout étoit divisé, les aigles romaines contre les aigles romaines, les enseignes des Goths opposées aux enseignes des Goths. Chaque province reconnoissoit le tyran le plus voisin ; dans Timpossibilité d'être protégé par le droit, on se soumettoit au fait. Un lambeau de pourpre faisoit le matin un empereur, le soir une victime , l'ornement d'un trôné ou d'un cercueil. Saturnin, obligé d'accepter la souveraine puissance , s'écria : « Sol- « dats, vous changez un général heureux pour « faire un empereur misérable *. »
Et, à travers tout cela, des Jeux publics, des martyres , des sectes parmi les chrétiens , des écoles chez les philosophes, où l'on s'occupoit de systèmes métaphysiques au milieu des cris des Barbares.
La peste, continuant ses ravages, emportoit dans la seule Rome cinq mille personnes par jour : disette , fhmine , tremblement de terre , météores , ténèbres surnaturelles, révolte des esclaves en Qlicie, rél)ellion des Isauriens, qui renouvelèrent la guerre des anciens pirates; tumulte effiroyable à Alexandrie : chaque édifice , dans cette immense cité , devint une forteresse ; ciiaque rue , un champ de bataille : une partie de la population périt, et le Brachlon resta vide. Et, parmi ces calamités, il faut encore trouver place pour la suite de la grande invasion des Goths.
Sapor, rentrant dans l'Asie romaine, reprit Antioche, s'empara de Tarse en Gilicie et de Césarée en Cappadoce. Des Goths se jetèrent sur l'Italie ; d'autres Goths ou d'autres Scythes sortirent une troisième fois du Pont-Euxin, assiégèrent Xhessalonique , ravagèrent la Grèce ^, pillèrent Corinthe, Sparte, Argos, villes depuis
* Orbem terraram triglDU prope tyrannis vastari fecit, Ita ut etlam muUeres meliui eo imperarent. {HisL Aug., pag. 476.)
* CommiUtones, bonam ducem perdidistis el malum prindpem fecistis. {,Hi$t, Avg.; Trig, Tyran,, pag. 522.)
* Les aateura varient sur Tépoque de cette invasion ; les uns la placent sous Valérien, d'autres sous Gallien , d'autres cocon soui Claudo , et même Jusque sous Auréiien.
longtemps oubliées, qui apparolnent dans œ si de cmnme le fimtôme d'un autre temps et d'un autre gloire. En vain Athènes avoit rétabli m murailles renversées par Lysander et Sylla : u Goth voulut brûler les bibliothèques , un auti s'y opposa : « Laissons, dit-il, à nos ennemis ce « livres , qui leur ôtent l'amour des armes ^ » L patrie de Thémistocle fut cependant délivrée pa Dexippe l'historien, surnommé le second Tba cydide ', et le dernier des Grecs dans ces âge moyens et dégénérés. Athènes revoyoit les BarlM res : du temps des Perses, ses grands hommes k sauvèrent : ses chefs-d'œuvre n'ont point permi! aux Goths de faire périr sa mémoire.
Enfin , les Goths allèrent brûler le temple d'Ëphèse sept fois sorti de ses ruines et tom'ours pliu beau ^ : il ne se releva plus. Un conseil éternel amenoit des désastres irréparables ; il s'agissoit, non de la conservation des monuments, mais de la fondation d'une nouvelle société. Partout oo le polythéisme avoit mis des dieux, un destracteur se présenta; chaque temple païen vit un homme armé à ses portes ; la Providence n'arrêta la torche et le levier que quand la race humaine fût changée.
Toutefois l'heure finale n*étant pas sonniée, fl y eut repos. Odénat vainquit Sapor et soute* gea l'Asie; Posthume contint les nations germaniques; les autres ennemis furent repoussés tantôt par les tyrans, tantôt par les généraux des empereurs. Les tyrans eux-mêmes s'entre^létraishrent; et lorsque Claude parvint au pouvoir, il ne trouva plus à combattre que Tétricus dans les Gaules et Zéuobie en Orient. Elle s'étoit décterée indépendante après qu'Odénat eut été massacré dans un festin.
Auréole ayant pris la pourpre en Italie, le bruit de cette usurpation pénétra Jusqu'au fond du palais de Gallien, qui s'en importuna ; il quitte ses délices, et assiège Auréole dans Milan: une flèche , lancée en trahison , le tue , lorsqu'à peine armé il oouroit à cheval , Tépée à la main, pour repousser une sortie.
Marcien , qui venoit de battre les Goths en Iltyrie , étoit le principal chef de cette conspiration.
* ZoNÀR. , lib. xn. ^^^^
* Il avoit écrit V Histoire des temps depuis Alexandre Sév«f Jusqu*à Claude, V Histoire des Guerres ds Scythie, et qoaU« livres de V Histoire des sueesssewrs d^ Alexandre. H nous iw deux fragments des Guerres de Se^thie dans les B'^^^Jt: Ambatsades. ( Phot., Bibtioth. , oap. uuxu; Voss. , delft»* gr^, , pag. 343.)
* Hist, Aug., pag. 178; JUMAND. , CS|>. U«
HISTOMQUES,
Vm innoYation de Gallien resta : il interdit ■X sénateurs le service militaire, soit que Vu- ■pitkmde Pison Teût plus alarmé que les auto, soit que le sénat , en repoussant un parti de Intoes qui s'étoit avancé Jusqu'à la vue de tome, eAt agi avec trop de vigueur. Alors s'étaliift la distinction d*homme de robe et d'homme iéfk. Les sénateurs formèrent un corps de magistrature, dont les membres, ignorés du soldat, perfimttoute influence sur Tarmée. Ils murmumtnt d'abord, mais ensuite leur lâcheté regarda eomme un honneur le droit qu'elle obtint de se cKher. L'édit de Gallien acheva de rendre militiiR la constitution de l'empire, et prépara les pasds changements de Dioctétien.
'Onde II, désigné à la pourpre par Gallien, le RB^. Lfss grandeurs avoient cessé d'imposer; iMit étoit Jugé, apprécié, connu; on tuoit bjirôwes comme d'autres hommes, et cependant étom vouloit être souverain : Jamais on ne fut Mi rampant , aussi prosterné aux pieds du pou- Tdir qu'au moment où l'on n'y croyoit plus. Le itet confirma l'élection de Claude, et se porta vu dernières violences contre les amis et les pa- RSb de Gallien.
n oe fout pas croire que ces décisions du sénat l^t le résultat de raisons graves, mûrement ruminées ; ce n'étoient que les acclamations d'un Inopeau d'esclaves qui se hâtoient de reconnoltreleor servitude, comme si, entre deux règnes, b enssent craint d'avoir un moment de liberté. Anemblés en tumulte au temple d'Apollon (ils ne tt porent réunir assez longtemps au Capitole, à owc d'une fête de Cybèle) , les sénateurs s'é- ^'ière&t ' : > Auguste Qaude , que les dieux vous •««servent pour nous ! » Cette acclamation fut i^ée soixante fois. « Claude Auguste, c'est vous ■fliTotre pareil que nous avions toujours souhaité ■(qoarante fois). Claude Auguste, la république •▼wsdésiroit (quarante fois.) Qaude Auguste, •^«B êtes un père , un frère , un ami , un excel- •tat sénateur, un empereur véritable (quatre-
•^ fois). Qaude Auguste, délivrez-nous d'Au-
i^"* n, emp. FÉLIX, pape. An de J. C. 268-270, *« in Claodiam dicta snnt : Ànguste Claudl , dii te noUs J^tntdHetomaeugiei) : Qaadi Auguste, priDcipem aot J"«" ta es lemper optavimos (dictum quadragies ) : Claudl ^w, te fopublica requirelMt (dictum quadragies) : iSr «»"*"***' la frater, tu paler, tu amicus, tu bonus se- 1^ w »ere prtDceps ( dictum octuagies) : Claudi Auguste , "*»•» Aoreolo vindica (dictum quinquies) : Claudi Au- ^ w nos a ZcDobU et a Victoria libéra (dictum septies ) : «^ àiiçste, Tetricu» nlhll fedt (dictum septies). (ffist.
« réolel (cinq fois). Gande Auguste, délivrez-nous « de Zénobie et de Victoria I ( sept fois). »
Et c'étoient là les héritiers d*un sénat de rois! Claude ' extermina, en Macédoine , une armée de Goths , et coula à fond leur flotte , composée de deux mille barques. Parmi les prisonniers, il se trouva des'rois et des reines. Les vaincus furent incorporés dans les légions, ou condamnés à cultiver la terre ■.
Claude , surnommé le Gothique, ayant triomphé, mourut. Son frère Quintillius ' prit la pourpre en Italie, et se tua au bout de dix-sept Jours.
* Aurélien, autre soldat de fortune, reçut l'empire à la recommandation de Claude. Sa mère étoit prétresse du Soleil dans un village de 111lyrie où son père étoit colon d'un sénateur romain. Passionné pour les armes, et toujours à cheval; vif, ardent; cherchant querelle et aventure, ses camarades lui avoient donné le nom d'Aurélien fépée à la main, pour le distinguer d'un autre Aurélien ^. C'est le premier Romain, comme Je vous l*ai dit , qui eut affaire aux Franks.
Aurélien, devenu chef souverain, rencontra deux ennemis redoutables, deux femmes : Victoria la Gauloise, Zénobie la Paimyrienne. Victoria mourut lorsque Aurélien passa dans les Gaules ; il ne trouva plus que son ouvrage, le tyran Tétricus , qui trahit ses soldats et se rendit à Aurélien.
Zénobie s'étolt emparée de l'Egypte : Aurélien marcha contre elle, la battit à Émèse, l'assiégea
I Deleyimus trecenta viglntl millia Gotborum , duo mlllia naiium meislmus : tecta sunt ihtmina scutis : spathis et lanoeolis omnia Uttora operluotur. Campl ossibus laleot tecti« nullum iter purum est; ingens carrago déserta est. Tantam mulierum cepfanus, ut binas et temas multeres Victor sibi miles possit adijuogere. {HisL Jug,, in Fil, div* Claud. , pag. 545.)
* Plerique capU reges; capte divenarum genUum nobiles
femins implets barbaris servis senibusque cultoribus romans provincis ; factus miles barbaruset colonusex Gotbo. Nec ulia fuit regio qua Gotbum servum.triamphaU quodam servitlo non halieret ( Utid. )
Quotquot autem incolumes evasere vel in ordines roman os recepU sunt, vel terram oolendam nancti totos agricultura se dediderunt. (ZosiN., Hitt., Uh. i, pag. 13. Basileie.)
3 QttinUlUns inde Claudli fraler dtctus est imperator, qui ubi per pauoos menses vixisset... neoessarii ejus auctores fusrunt ut mortem sibi oonsciscereti ac multo mcliori vero sponte sua de imperlo cederet. Quod feciase perbibetur, a medico quodam vena secta continuatoque fluxu sanguinis donecex»ruisset. (ZosiM., t6i<f.)
QuinUllius frater ^usdem delatum sibi omnium Judido susoeptt imperium... et septima décima die, quod se gravem et serium erga milites osteoderat... eo génère quo Gal^, que ' Pertinax tnteremptus esX.{Hist, Aug,, pag. 2ii.)
* AtRéuEN , emp. FÉLIX, Eutichien, papes. An de J. C. S7<Ki75.
^ Manuê adferrum, {HitU Aug. , pag. 2ll.)
dans Palmyre, el la fit (HlacmBière lorsqu'elle fùyoit. Palmyre (ùt livrée au pillage, et le philosophe LongiQ oondamné à mort, pour le courage de ses conseils. Tous les tyrans détruits, TÉ^pte soumise, la Gaule pacifiée, Fempereur voulut triompher à Borne. Avant de marcher en Orient, il avoit délivré Tltalie d'une espèce de Hgue des Allamans, des Marcomans, des Juthongues et des Vandales.
Ce fàt à l'occasion de ces courses de Barbares qu'Aurélien fit relever, ou plutôt bâtir les murailles de Borne. Jadis les sept collines, dans une circonférence de treize milles, avoient été fortifiées; mais Bome , se répandant au dehors avec sa puissance , ajouta , par d'immenses et magnifiques faubourgs, plusieurs villes à l'antique dté '. Zosime écrit ' que , du temps d'Aurélien , l'ancienne cKVture étoit tombée : cdie de cet empe^ reur ne fut achevée que sous Probus ^ , et il parott qu'on y travailloit encore sous Dioclétien ^. On voit aujourd'hui mêlés aux constructions subséquentes quelques restes desconstructionsd'Aurélien. Les murailles de Bome ont dles seules donné lieu à une curieuse histoire ^ où Içs infortunes de la ville étemelle sont comme tracées par son enceinte; Bome s'est, pour ainsi dire, remparée de ses calamités. Un siècle et demi devoit encore s'écouler avant qu'elle subit le Joug des Barbares , et déjà Auréiiea élevoit les inutiles bastions qu'ils dévoient franchir.
Aurélien , dans son triomphe , outre une multitude de prisonniers Goths, Alains, AHamaps, Vandales, Boxolans, Sarmates, Suèves, Franks, traînoit après lui Tétricus , sénateur romain , revêtu de la pourpre impériale, et Zénd)ie, reine de Palmyre. Elle étoH si chargée de perles, qu'elle pouvoit à peine marcher; les grands de sa cour, captife comme elle, la soulageoient du poids de ses chaînes d'or. Aurélien étoit monté sur un char traîné par quatre cerfs , autre espèce de dépouilles et de richesses d'un roi goth. Ce char alloit attendre Alaric au Capilole ^.
Aurélien donna à Tétricus le gouvernement de la Lucanie en échangé de l'empire : Tétricus n'avoit pas le génie de Victoria : U se contenta d'être heureux.
* ExspaUantta tecU maltos addere urbes.
* ZosiM. , lib. I, pag. 665.
» M,, ibid.
J BoLL. , ao jan. . |Mg. 278, tu AcL $. SebtuL, ao 287.
^ IBBIa
xxiu^uix.*"^' •lif^/.-^t/^, pag. 22a; Trig, Tyrw, „p.
Quant à Zénobie , vous savez fu'elle était peutêtre Juive de naissance; Longin fut son maître de lettres gi*ecques et de philosophie : elle avoit composé à son usage une histoire abrégée de l'Orient. Elle inclinoit aux sentiments des Hébreux touchant la nature de Jésus-Christ. On Tapeuse d'avoir fait mourir le fils qu'Odénat avoit es d'une autre femme, et peut-être Odénat lui-méo^. Elle eut trois filles et trois fils, dont run,Yaballath, devint roi d'un canton inconnu en iûie'. Ses trois filles, captives avec elles , se marièreat; et saint Zénobe , évéque de Florence du temps de saint AmbroiM, descendoit de la reine de Palmyre. Le courage de Zénobie se démentit avec la fortune ; elle demanda la vie en pleurant. La belle élève du magnanime Longin ne fut plus à Rome que la délatrice de quelques sénateurs entrés dans une conjuration vraie ou supposée contre Aurélien. Elle habitoit une maison de campagne à I\bur , non loin des jardins d'Adiien et de la retraite d'Horace, laissant, avec un nom célèbre, des ruines qu'on va voir au désert.
Aurélien étoit naturellement sévère; la prospérité le rendit cruel. Il ne vouloit pas que Je soidat prit une seule poule au laboureur; il disoit que les guerriers doivent faire couler le sang des ennemis et non les pleurs des citoyens * : béas sentiment et noble maxime I II eut à soutenir une singulière guerre au sein naême de Rome, h guerre des monnoyeurs, qui lui tuèrent sept mille soldats dans un combat sur le mont Cœlios ', Les châtiments que l'empereur falsoit inffigcr étoient affreux. Il méditoit une persécution générale contre les chrétiens * ; et, lorsqu'il se rendit en Orient, dans le dessein de porter la guerre chei les Perses, il fût tué par les officiers de son armée, entre Héraclée et Byzance *.
L^ monde demeura sept mois sans maître : le sénat et l'armée se renvoyèrent le choix d'un empereur. L'un refusoit d'user de son droit, Tautre de sa force •. Les deux derniers souverains avoient tellement affermi l'État, que rien ne bougea ; mais Rome ne reprit pas sa liberté : î^'ca eût-elle fait?
* Claudius Tacite , sénateur, âgé de soixantequmze ans , fût enfin proclamé par le sénat. Telle
est la souveraineté naturelle du génie : il 0*7 *
X Le canton det Uerimw,
* HiU. Jug. , pag. 8S3.
^ St'iD. pag. 491.
* Eta., Chnm,
A Hi»t.Aug,, pag. SIS.
• Voriic,i/i«l.^ii^.,pag.sss. ^^
♦ Tactte, emp. EunoMSUi pa^ AadsI.C ST5« ^^
HISTOBIQUES.
ftàthBtoûê qd ne préllMt mjoari'hfil avoir àÏÊàk rUitoriai à Tadte i'emperear. Cdnl* dMbto craiDdfv k niaïque dont MRi aMl atott m kê tjnoi ; il vécut rar la pourpre ooniM apànee «1 dans fat fray«ir dv pëntrada Ti'»
LtepmQr rendit an iénat qnriqnas-Q&eB da MpèogatiTe»; et la sénat, danssadéerépitode eononpie, enit voir lenattre la chaste enfluioe èhfipQUiqne *. Tadte, allant se mettre à la itoderannée, en Thraee, poor rspoassnr une anqie des Alains, à qnt les Bonudns avolent ■sqeédefei, monrot de IMgue onftit tnéà One^eBàTyaiMS, on dans le FMit, selon les lodoudiffireotes des historiens \ Pen de temps mail mort, la lomhe de son père s'étolt onnli, Hil avoitTO l'ombre de sa mére« Le tom- \mk nos pères s'oinrre toajonrs pour nous; BÉ I tr a id quelques soovenlrs contas du se* fdeRA'Agrippitie t le génie de l'UsWIen dobM rtmagioation de Tempereur.
*Florien, frère de Tacite, se fit déclarer ■gnteen Asie, Probus en Orient Une guerre mile de deux ou trois mois termina la lutte en ftmor do dernier. La dé&dte des Franks, des toorgoignaDS , des Vandales, des Logions ou Lyges^ qui 8*étoleiit emparés des Gaules , signala k ooflUDinesment du règne de Probus. Il tua ivtre cent mille Barbares, délivra et rétablit nixasts-dix vHles, transporta dans la Grande- Imagns des colonies de prisonniers , poumit une intiede r Allemagne, obligea les peuples Taincds à» retirir an delà du Necker et de TËlbe, de ner aux Bomains un tribut annuel en blé , vadei, hebis, et de prendre les armés pour la ^^faae de Templre contre deà nations plus éloipto^ : enfin il bâtit un nmr de deox cent milles de loQgoeor, depuis le Rhin jusqu'au Danube ^ Mm eonçQt leplan régulier de défendre Temlitiantie les Barbares avec des Barbares* Quand
JM» eopin des Annales e( te Hiêtoirts deroieot ékn Mi MMMUaBcntf par ordre de Claadluf Tadte , dflOf ks «NUVM poblIqiMs : fi œt ordre Avolt élé exéouté , U «et pkMe qoe nous potiéderioos entiers les c!ieliMl*QBavro que ■«*! do temps a matilés. Claadios Tacite étoU de la faaUle •(^aèOm Tacite-, anis M D'eat pas certain qull desoeadlt •%K «fiela de rhistorleB. ( Hitt. Aug. , fiU Tm.)
I ^mÊujmm,; koML. Yicroft. ; Eosbb. , Chron.
^ ^^1 «Bp. EcTiGBiUf , pape. An de J. C. 97S-3t2. ^|«** f'it., ttUL Ang,, pag. 338 et seq.; Z^es., Itb. l) ■•jnii HitL Bêlg, , liS. III, pag. I ; HIER., Ckron,
^y Mer atienon alqoe Daoubium aU Hadriano im- \^^ '^SDflo nmro amnitue, a GenDanIs sob Aurelio ever- ■*« • Piobo mUoratos, et muro lapldeo fuit ttrmatuf*
la répnbUqae réonlsnlf des peophs à écs domrt* nes , elle leur apportoit la vertu en échange de là force qu'elle rèeer oit d'eux. Que poUToient les Bomabis du siècle de Probus pour les Barbares?
Une poignée de Franks auxiliaires, que Proboè avoit relégués sur le rivage du Pont-Eulln , s'en*» nuyèrent ; ils s'emparèrent de queli|oea baïques, franchirent le Bosphore, désolèrent les cétes de la Grèce, de l'Asie et de l'Afrique, prirent et pillèrent Syracuse , entrèrent dans l'Océan , et , aprèsaToitf cfttoyé les Espagnes et les Gaules, ThtrtntdAaN quer dans teof patrie aux embouchures du BbÉn ' ^ laissant le moïkle étonné d'une audaee qui annon* çolt un ^rand peuple.
Prebus passa en Egypte, défit , dans la Th^ btide , les Blemmyes « sauvages d'Ethiopie , donl on ne sait presque rien; de ià il marcha contre les Perses. Assis à terre, sur l'herbe, au haut d'une montagne d'Arménie , mangeant dans un pot quelques pois éhiohes, habillé d'une simplo casaque de laine teinte en pourpre, kt tête ooih verte d'un efaapesta, parce qn^il étoit ciiàuve, sans se lever, sans discontinuer son repas, PnM bus reçut les ambassadeurs étonnésdu grand rsié Il leur dit qu'il étoit rempereur, que si leur mattffO reAisdt Justice amt Romiyns, Il rendrolt M Perse aussi nue d'arbres et d'épis que sa tite l'é^ toit de cheveux; et il éta son ooutre*diefi * Aven* « vous fahn? r ^{oiita ce Fopilius de l'empUUf «partages mon repas; sinon, |MffeE*vooa^ »
Probus donna des terresen Thraoe à cent mlM Bastames ,( nation Scythe ou gothique ), qui S'at^ tachèrent au sol. Il en avolt partagé d'autrei aux Gépides, aux Juthongues, aux Yaadiries,
' Itidem cam Frand aid imperatorefti àoéessissent , et ab eô sedes obtinalssent , pars 6oram qusedam defectlonem moUta» magnamqne navhim coplam naocla, tôtam Grseciam oonturbavlt. In Sicillam quoque delata, et urbem Syracusanam adorta, magnam tn ea Cipdem edidit. Tandem cum et In Africain adpalisset, ac refecta folsset , adduclls Cartliaglne copllsy nlbliomlnns domum redire nulluin passa detrlmentum potulU (Zosiv. , llb. 1 , pag. 20, edit. BasUeie. )
■ Quo In. habita deprehensam a legatls ChMnlim alaat« Purparea vestis humi per herbam Jaœbat ; cUnis aatem erat pridtanom ex Ipcis ditts pabnentum , in bisque frasta qu«* dam et inyeterata poref naram camiam salsameiita. Eoa ergo (Partborum iegatoa) com vidiuet, neqoe auneilaM neqtte qaidquam mataaae fertur, led, e ▼eittglo Toeatls, dtxisse : Se qaidem illoa aeire ad sese Tenfre, se enim Carinam ease, Juveniqae régi is eadem die rentiûtiarent Jabere, ni saperet omnem ipsomm saltam , campoiûqae omnem intra lunare spatlbin darini capite foie nodiorem, aimulqae dieentem detracto pileo capalotleodiaM nlbilo galea ai||aeme Tiilosias : ac si qaidem esurlrent, ut manum una in ollam immitterent permissarum , sin minas , jabere se eadem bora recedere.
Synetli episcopf Cyrenes de regno ad Arcadum imperat. , interprète Diouysio Petavlo lesu Presbylero. (Pag. 18. Lutetic, 1633. ) -- Oo sait qtt'il<y a erreur daoa le textedeSynésiui, et quii faut rappwler à Ffwftut et qiTift itttibat k Carin .
ÉTUDES
aux Franks : tous eeox-ci se «mlevèreiit à diveniDtervalles.
On peut fixer aa règne de Probus la fin de la première grande invasion des Barbares , bien que les mouTements 8*en fissent encore sentir sons Cams , Garin , Numérien , et qu'ils se prolongeassent sous Dioclétien jusqu'à ravénement de Constantin à l'empire.
Probus , délivré des guerres étrangères , étouffa les révoltes deSatumin , de Proculus et de Bonose. Bans le retour d'une si grande paix , il affirmoit qu'on n'auroit bientôt plus besoin d'armée. Il oc* eupa les troupes oisives à planter des vignes dans la Pannonie, la Mœsie et les Gaules; et, selon Yopiscus, Jusque dans la Grande-Bretagne : on croit que la Bourgogne lui est redevable de ses premières ricbesses. Probus , guerrier si digne du sceptre, n'en fût pas moins tué par ses soldats dans une guérite de fer, d'où il surveilloit les légions employées au dessèchement des marais de Sirmich, sa patrie ^
* Garus , qui vint après Probus , étoit né à Narbonne, selon les deux VicUnr. Il se disoit origi^ naire de Rome, et il n'est pas sûr qu'il vit jamiJs cette capitale du monde, dont il étoit souverain. Il fut foudroyé après des victoires remportées sur les Perses, non loin de Ctésiphon, qu'il avoit pris '. Quand la guerre fiittguée discontinuoit le meurtre de ses princes, le ciel s'en chargeoit,
** Les fils de Carus, Garin et Numérien, reconnus empereurs, célébrèrent à Rome les jeux romains ^ , que Gaipumius ou Galphumius , poète oublié comme ces Jeux , a chantés ^.
' 1 ViCT.,^p., Eut.
* Carus, emp., et ses deux fils, GARiif et NimâUER. Eu- TiCHiEM , pape. An de J. C. 282 , 283.
* Ctpsipbontein usqae perrenit... at aUl dieunt morbo, at plures fulmine interremptus est. Negari non potest eo tempore qao periit, tantum fuisse subito tonitruum, ut mulUterrore Ipso exanimaU esse dicantur : cum igitur sgrotaret atque in tentorio Jaceret , ingenti exorta tempestate, immani ooruscatione, inunaniori, ut diximus, tonltru exanimatus est. ( Carus. HisU Aug. , pag. 666. ) ^
** Car» et Numérien I"% empereors. Caius pape. An de
3 September habet dies 30. — 27. — Liidl ramanianl. JSgi" dit Bucherii,
4 Venlnn» ad ledes , obi imlla sordida Teste , Intrr feiBl&eas specUbat turba cathedrat. lîam qaaecnnique p atent sob «perto Ubera codo Aut equcs aut nlvet loca densavere tribunU : Stabam deflxus
Tam mlhl Mnlor Qald « ^
Ad tantaa mlrarU opes ? <|iil neacfus aarl Sordida lecU , casas et sola napalla nOstt P
En ego etIaU
Factus In urbe senex , stopeo tamen ..
Baltens en geramls , en llUta portlcua auro CertaUm radiant. Nec non ubl finis arens , ProxUna marmoreo peraytt spccUcula moro : Stemttnr adjonctls ebor nlrabile tnmds , Kl oolt ta rocalaa , tcreti quB lobrtcaa axis
Numérien*, revenant de la Perse', fut toé pi Aper, préfet du prétoire, dont il avoit épousé i fille. Montesquieu remarque que les préf<^ d prétoire étoient à cette époque auprès des empi reurs , ce que sont les vizirs auprès des sultaos Le Jeune prince avoit versé tant de larmes sur 1 mort de son père , que sa vue en étoit affoiblie ; o le portolt dcms une litière au milieu des légion Aper, qui oonvoitdtla pourpre , s*étoit trop hâté son forfait avoit devancé ses brigues ; le cadavr de Numérien, assassiné dans la litière ferm^ tomba en pourriture avant que le meurtrier eât pi s'assurer du suffrage des soldats. La présence di crime et le néant des grandeurs bumaines Aireai dénoncés par l'odeur qui s*en élevoil *•
L'armée tint un ocmseil à Calcéâ(^ne, alii d'élire le chef de l'État. Dioclétien, qui oommaiidoit lesJofDciers militaires du palais , fut choisi \ Tout aussitôt, descendant de son tribunal, il perce Aper de son épée , et s'écrie : « J'ai taé le « sanglier fatal. » Une druidesse de Tongres lai
Impositos soblta TerUgiae falleret nngiies, Bxcnteretque feras. Auro quoqae tota retalgeat Retia , quac tortls in arenam denUbua exstant
DenUbos equatia.
......YIdl genoa omne feranim ,
Hic nlveos lepores , et non sine condbns apros
Menticoram
Vldlmus et Uoros......
JEqaarciM ego cum certantiboa unia
Spectavl vitales
Ahl trepldl quotles..^.. amuB
Vldimus in part», mplaqne Torairlne terne, BoicrslBse feras i et elsdem sa^ latebrls Aurea cum croeeo crèveront arbufa libro.
( CALTuairn eeloça tepUma. )
Tal plis place inr des banei , au millea des sièges des fanmes, d*où la popalace, dans les sales baJUfs desamisèni regardoit les Jeax; car toute TeDceinte qui se Iroure en pieia air est occupée par les tribuns aux toges (blanches ou par la cbevaliers Tadmirois.... Alors un vieillard :
Pourquoi t*étonner de tant de richesses? toi qui rnooDOOfs pas l*or et D*as Jamais habité que sous un toit au baaicaa, puisque moi-même, que cette ville a vu vieiilir, je soii
ébloui L'or resplendit au portique, et les pierreries ta
pourtour. Au bas du mur de marbre qui en^lronoolt rarèoe étoit Une roue formée de morceaux dMvoire rapportés avee art, qui, par son axe arrondi et par sa surface gllssantoi fuyoit subitement sous les ongles des bètes féroœs, et empéchoil leur approche. Des filets dorés étolenl enlacés sur Tartos
à des dents d*éléphant toutes égales Tai vu toutes aortd
d^animaux , des lièvres blancs , des sangliers armés de corocs, une menUcore ( un phoque) , des taureaux , des veaux mariosi combattant contre des ours.
Ah ! eomblen de fols n*al-Je pas été saisi de freyeur, lonqw rarèoe s*entr*ouvrant, des bétes sauvages sortoleot du gouF* tre ! souvent aussi du brillant abîme poussotent des arboanert aux tiges saftranées.
* Grandeur et décadence des Romains, ^ ^
> Pâtre nM>rtuo, cum nimio fletu oouks dblere csphwt** dum lectlca portaretur, factione Arril Apri soceri soi, 4» invadere oonabatnr imperium , occisus est Sed cum P^J^v?^ rimos dles de Imperatoris salute qusreretur a milite» cocionaretur que Aper Iddrco illum vider! non posse , q"odocuws invalides a vento et sole sobtraheret, fetori tamen cadaver» res esset prodita : omnes invaserunt Aprum , eomque anw signa et prlncipia protraxere. (Flav. Vopisc. , Numemw»^ Hist.Aug,,pHg.9ê9,)
* DomêsHeui regetu. (Car, Aug. fié., pag* *^'
HISTOBIQUES.
9à pranto Tcmpire ^luid il wnàLt taé un miHeff en laUn aper \ A cette éleetlon, du 17 i^iabn 284 , commença l'ère fameuse dans filjSK^ «nnue sons le nom de l'ère de Dioelé' As on des Martyrs *•
fiiodétien livra divers combats à Garin , dont kl fflORDs lappeloient celles des princes déréglés, friàteemam des empereurs militaires. Garin MNDfèa, mab ses soldats victorieux lui 6tèrent h lie i rittstigatimi d'un tribun dont il avoit Moaoré la coœbe. Ils se soumirent à Diocléta.
Ton aurez à considérer plusieurs choses sous kiè^des derniers empereurs, Gallus, Émilien, Taiéfte, Gallien, Claude, Aurélien, Tacite, fnÉQs, Girus et ses iils, par rapport aux chré-
tequetous lesévéques portassent le nom de pfBy fonité de l'Église s'établissoit : un traité èadBtCyprien la recommande^.
GalhnetValérien excitèrent des persécutions : ostR CCS persécutions générales , il y en avoit de putteolières. Les empereurs ayant publié des ttits eoDtradictoires au svyet de la religion nou- TfSe, et œs édits ne s'abrogeant pas mntuelle- Dot, 9 arrivoit que les délégués du pouvoir, 1^ leurs caractères], leurs principes et leurs F9ogés, usoient de la tolérance ou de Tintolénottâelaloi^
Les popes Corneille , Etienne , Sixte II , succonbèrent Celui-ci avoit transporté les corps de nîBt Pierre et de saint Paul dans les catacombes ^ servoient de temple et de tombeau aux chrétas. En parlant des mœurs des fidèles , Je vous neooterai ^dqae chose du martyre de saint laoreiit
Cyprien eut la tête tranchée à Carthage ; trois cote chrétiens sans nom égalèrent , à Utique , la fanieté de Caton : ils furent précipités dans une Imk de chaux vive ^ Théogène, évéque, souftt à Hippone , Fructueux à Taragooe , Paturin àldobose, Denis à Lutèce ^ ; première illustration
^tttte bourgade inconnue : comme un arf^re
^ le dos des morts, le christianisme poussoit
JJtmaikHiregHU» ( Car, Aug, FU. pag. S63. ) ÀTaot le Wic d*iper, il avoit eootaoïe de dire qu'il taott toujoun ■"•■snui, Buds qii*iio autre les mangeoit : utitur pulpa-
Bk Knrit kmgieflips au eomput de la fête de PA^es, "pcitoieore employée par les Oophtea et les Abyssins.
1^ MMats Eodesls catbollc», vulgo de simplidtate '7r»».(0îwni Cyp.,pag.S06.) . gP-f^S. SU; CaUth§. Bdchsv.
'>«>m^PBusf0B», 11.—* MaHi/t., umaL
vigoureusement dans le champdes mar^. Grégoire le Tliaumaturge, près d*expirer, demande s*il reste ^core quelques idolâtres dans sa ville épiscopale; on lui répond qu*il en reste dix-sept. « Je laisse donc à mon successeur autant d'inil- « dèlesquejetrouvai de chrétiens à Néocésarée\ »
Les Barbares, en entrant dans l'empire, étoient venus chercher des missionnaires : les envoyés de la miséricorde de Dieu allèrent au-devant des envoyés de sa colère , pour la désarmer. Des évéques , la chaîne au cou , guérissoient les malades en préchantla sainte parole. Les maîtres prenoient confiance dans ces esclaves médecins ; ils se figu« roient obtenir par eux la victoire, et demandoient le baptême. Les prisonniers se changeoient en pasteurs ;'des Églises nomades commençoient au milieu des hordes guerrières rentrées dans leurs forêts comme sous leurs tentes. Ces diverses nations se combattoient les unes les autres , se formoient en confédérations, dissoutes et recomposées selon les succès et les revers ; gens féroces qui brisoient tous les Jougs, et se soumettoient au frein de quelques prêtres captifs.
De tous les corps de l'État, l'armée romaine étoit celai où le christianisme faisoit le moins de progrès. Leschrétiensrépugnoientàrenrêlement, parce qu'ils regardoient les festins, la mesure et la marque comme mêlés de paganisme. Maximilien , appelé au service , disoit au proconsul Dion , à Tebeste en Numidle : « Je ne recevrai point la « marque ; j'ai déjà reçu celle de Jésus-Christ *. » D'une autre part, le légionnaire attaché à ses aigles renonçoit difficilement à l'idolâtrie de la gloire.
Les hérésiarques et les philosophes continuèrent leur succession : Manès, avec sa doctrine des deux principes; Plotin et Porphyre, beaux esprits, ennemis du Christ.
* Dioclétien associa Maximien au pouvoir suprême , et nomma deux césars , Galère et Constance : l'Orient et l'Italie tomboient dans le département des augustes; les césars eurent la garde du Danube et du Rhin , en deçà desquels se plaçoient les provinces de l'Occident. La possession romaine se trouva divisée entre quatre despotats , ce qui prépara la séparation finale des deux empires d'Orient et d'Occident.
L'armée, obéissant à quatre maîtres, n'eut
> Gbkg. NtsSm pag. 1006. D.
* Milita et acclpe signaculum. — Noo aoodpio signaculnm.
Jam babeo sIgDum ehrIsU nel met {jicUt rincera RmnartH,
pag. 310.)
* DiocLÉTiBN et MAxnaEii,emp.;GjdusetlCÀacBUN, papes.
An de J. C. 384-)os.
plosaMtf de ibrfie pour lei eréer; il n'y enl plus ânes de trésors dans l'une des qaatre divisions territoriales pour fimrnir à un usurpatenr le moyen d'acheter l'élection. Dioctétien diminna le nombre des prétoriens et leur opposa deux nou< veiles oobortes , les Joviens et les hereuliens.
Mais œ qui fit la sûreté du prince causa la ruine de l'État : ces lésons « qui oboisissoient les empe* reurs , repoussoîeot en même temps les Barbares ; c'étoit une république militaire qui se donnoit des inaltres nationaux et n'en vouloit point d'étran* gers. Lorsque Dioclétien eut opéré ses changements î lorsque Constantin , continuant la même politique, eut cassé les prétoriens; lorsque, au lieu de deux préfets du préUHre , il en eut nommé quatre; lorsqu'il eut rappelé les légions qui gardolent IcÈ frontières pour les mettre en garnison dans le cœur de l'empire , le règne des légions expira , le pouvoir domestique prit naissance. Le droit d'élection fut partagé entre les soldats et les eunuques ' : la liberté romaine , qui avoit commencé dans le sénat, passé au forum, traversé l'armée, alla s'enfermer dans le palais avec des esclaves à part de la race humaine ; geôliers de la liberté qui n'avoient pas même la puissance de perpétuer dans leur famille la servitude héréditaire.
Le sénat partagea rabaissement des légions. Rome ne ^it presque plus ses empereurs; ils résidèrent à Trêves, à Milan, à Nicomédie, et bientôt à Gonstantinople. Dioclétien modela sa cour sur celle du grand roi ; il se donna le surnom de Jupiter; au lieu de la couronne de laurier, il ceignit le diadème, et i^outa au manteau de pourpre la robe d'or et de soie. Des officiers du palais de diverses sortes , et partagés en di* verses écoles^ furent constitués : les eunuques avoient la garde intérieure des appartements. Quiconque étoit introduit devant l'empereur se prostemoit etadoroit. Les successeurs de Dioclé> tien, et peut-être lui-même, se firent appeler votre Éternité, et ils vécurent un Jour \ .Sachez
I Adrien de Valois remarque qu'autre chose étoit milites «bel les Romaim et autni cJiose exercitiu; à l'appsl de sa tnmqvm il cite le passafe dldaoe : Afud Conêtautinopolù Mttrcitmut a HiLiTifits et ab exergitu , instante etiam sorore Theodosis Pulcheria Regina, ^ffkitur impêfator. Le sataAt kistorieo entend par exsrcUu la cour et les officiers du palais : n a raison. Grégoire de Tours, et d^autres auteurs, emploient la mémedislioclion : la suite des faits démontre que Télcotion éloH defvesae double, «Testràniire qu'elle s*opéroit par le oMMoan des officiers du pakis et de mus de Tamiée. ( /^alesiafM, pag. 79. )
> Ara. Vwt., psfr SIS; EvTBOP., pag. sss; Qiio. Naz. , or. 3 ; Atb., Apolog, coni. Arian,; AMMiAlk llAMX|i.»ttbi «r«
néanmoini ijiie lel finpepelnv iTarlQgèvsift n titre par une espèce de droit d'héritage. Roms se sumommoit la ville éterndle ; le peuple re« main avait vu dans Timmutabilitédu dieu TemM le présage de la durée de sa puissance : « usurpant iai pouvoirs poUtiqnes, les despota utin^tèrent aussi les forces religieuses. Toutefois cette transttissIoD du sort de l'e^èee au dsrtia de l'individu n*étoit qu'une fausseté impie : \m oatloDS qui changent de mceun, de lois, di nom, de sang, ne meurent point, il est vtsit mais est-il rien de plus vite et de plus mortel ps l'homme?
Ce ne fût guère que six ana'aprèe l'eMeistîoi de Maximien à l'empire que Dioclétien %*9i^ goit les deux césars Galériua et Constanoe. Oa vit dans les Gaules, sous le nom de BagauteS une insurrection de paysans, asses semblablf à celles qui éclatèrent en France dans le moyoi âge. OEiianus et Amandus, chefs de ces psysanii prirent la pourpre. Leurs médailles nous sont parvenues* , moius comme uae preuve historiqoi du pouvoir d'un maître, que comme qd moDa« ment de la lilierté ; on a cru qu'OEUaaus et Amandus étoient cbréUeus ^. Maximien soumit ces hommes rustiques dont le nom reparut au cinquième siècle. Salvien, à cette dernière époque, excuse leur révolte par leurs souffrances; la faction de la misère est enracinée^
Carensius dans la Grande-Bretagne , Achillée en Egypte, furent vaincus, l'un par Constance, l'autre par Dioclétien , après une usurpation plus ou moins longue. Galérius, d'abord défait par les Perses, les défit à son tour.
Dioclétien, grand administrateur, homme fin et habile ^ , répara et augmenta les fortification»
> Aim. Ticr.,psg. m4.
' EuTROP.^ pag. 585; GoLTZii mes. rei, antiq., pag. Il
» A^fY. S. Bahol. in Ané. Du CA. ffist Fr. Senp.
4 rai tracé dans les Mar^gn les portraMs de Ploeléllea, OS Galérius et de Constantin, avec ta fidélité historique la pla senipaleuse i aa llea de les tefaire, qu'il ne soit pMnb ^ les rappeler.
« Dioclétien a d*ém{nente8 qualités; son esprit ^^l^' n paissant, bardt; mais son sancltre, trop touvent Mfm, o ne soutient pas le poids de son génie. Tout ce au'il wi » « grand et de petit découle de Pune ou de l'autre de m «a'' « oes. Ainsi Ton remanfne dans sa Tto les setiois lai P^ « opposées : tantôt c'est un prince plein de fermeté, «eiu- « mlèrct et de courag», qo» brarv 1» sort, 4»><»naoft w « dignité de son rang , q«l loioe Galérius à suivre à piM w « ehar inspéiial eomae le dernier des soldats} lanUM c est w « homme timide qui tremble devant ce même Galérius, q« <! flotte Irréuia entre mille projet», qel t'abMidoMie aai >•- « persdtlons les plus déplorables, et qui ne se soustrait ans « frayeurs du tombeau qu'en ae faisant donner les titres mb- « pies de Dieu ol d'Étenûté. Réglé dans ses mœu«»f P*"^ « dans ses entreprises, mm piaisir» et sao» iMooti""
« croyant pajpt am vsgtai» tf itismUwÉ rtte ds laiwwe**'
HISTQBIQUES.
*ilMtlères; battit, à l'aide de aat asaodéi
éàmgèoérmiy les Bkmniyes en Egypte,
fci Jlaores en Afrique , les Franks, les Allamans ,
kiSmates en Europe ; il sema la division parmi
taMhf, les Vandales, les Gépides, les Bour»
|ÉgM»s, qai se eonsnmèrent en guerres intesti-
ao. Ooi des Barbares do Nord que l'on avoit
Ml prisonniers furent on distribués comme es^
dtm aux habitants des territoires de Trêves , de
Lngici) de Cambrai , de Beauvais et de Troyes ,
«adoptés comme colons, nommément quelques
Hmde Sarmates , de Bastames et de Garpiens.
Ad moment de triompher, le christianisme
oit à KVQtenir one persécution générale. Poussé
fv Galérius, qu'excitoit sa mère, adoratrice
àadkoi des montagnes, Dioclétien assembla
BcoBseil de magistrats et de gens de guerre.
Ciomeil fut d'avis de poursuivre les ennemis
do nlte public. L'empereur envoya consulter
iroUoa de Milet : Apollon répondit que les jus-
iaitpiodos sur la terre Tempéchoient de dire la
■M,«D fOTÉ peut élre oe ebef de )*empife m MpoiiRI«r éêk^aufn par néprU poar ki hommei, et alio d*appOMbc à la (err« qu*n étoit aussi facile è DiocléUen de deseadrado tfôM qae d'y monler.
• 8ott fbiUauc, loU oéceialté, soit ealoul, Dloolétiea a wàa partager sa puissance avec Maiimien , Constance et Gdnta. Par une poUUqufl dont il le repenUia peut-être, ilaprisMin que ces princes fassent inférieurs à lui, et quUls «Tiveot seulemeot à nbaosser son mérite. Constance seul UdoHwItqQflkiae ombrage, à cause de ses vertus; 11 l*a idcgné loin de la cour, au fond des Gaules , et il a gardé fitide loi Galérius. le ne vous parlerai point de Maximien, ■ifMis, foerrier aMez brave , mais prince ignorant et groslier, qui D*a aucune influence. Je passe à Galérius.
• Hé dans ka Inities des naces, ee gardeur de troupeaux a Miiri dès sa Jenneese, sous la ceinture du cbevrier, une iBUtiofi efbénée. Tel est le malheur d*un ÉUt où les lois tfM polit flié la eoeoeieion au pouvoir; tout les coBurs ■BtcnOésdes plus vastes déairs, il n*est personne qui ne puiM prétendre à rempire; et comme Tambitlon ne sup- |wp» tontovm. le taieiit, pour on bemme de génie qui ^dtie, vous avfs vingt tyrans médiocres qui faUguent le
Bondc.
• OMMicmbie porter sur son front la marque, ou plutôt la flétrlssuxe de ses vices; c*est une espèce de géant dont Is voix est effrayante et le regard borrible. Les pâles fc^^i.ifiti> des Romains croient se venger des frayeurs i|K leurs inspire ce césar, en lui donnant le surnom â*Armentaritn. Comme on homme qui fut affamé la moilié de é\k, Giiériae pasae les Jours à table, et prolonge dans btéoa)rc9 de la nuit de basses et crapuleuses orgies. An ■Un de ern satorMles de U grandeur, U fait tous ses efioib 90V dé^iiser sa première nudité sous Teffronterie de «s luxe; mais plus H sYnveloppe dans les replis de la robe keémr, plus OB «perçoit le tayondn berger. •Ovtie la soif insatiable du pouvoir et Tesprit de cruauté dderiolenoe, Galérius apporte encore à la eoor une aatie Sqmittoo bien propre à troubler Pempire : c'est une futtw avenue oootre lea dirétiena. U mère de oe césar, ptynoM grassiète et superstitleiiae , offroit souvent , dans lotiHKaii, des eacrifioee aux diTinités des montagnes. iDdipiée que les disciples de rÉvanglle refusassent de parler un idolâtrie, die avoit inspiré à son fils Taversiou qii'cDe wDtoit pour le» lldèlei. Galérius a d^jà poussé le fcttile ctlMib«e llaximtea à persécuter r£gUae; mais il «^ PS Tablai «iHifi Is iSi» HwMnUfNi de remp«nnr- »
vérité ; la pytbeplsse se plaignolt d'être muette. Les aruspices déclarèrent que les justes dont parloit Apollon étoient les chrétiens. La perse* cution fut résolue. On en fixa l'époque jt la ftte des Terminales 9 dernier Jour de l'année romaine >| jour réputé heureux, et qui dcvoit mettre fin à la religion de Jésus. Dioclétien et Galérius se trouvoient à Nicomédie* V L'attaque commença par la démolition de la basilique bâtie dans cette ville, sur une colline , et environnée de grands édifices *• On y cherche l'idole qu*on n'y trouva point.
Le décret d'extermination portoit en substance : Les églises seront renversées et les livres saints brûlés; les dirétiens seront privés de toue honneurs , de toutes dignités , et condamnés au supplice sans distinction d'ordre et de rang ; ils ^pourront être poursuivis devant les tribunaux, et ne pourront poursuivre personne , pas même « en réclamation de vol, réparation d'injures ou d'à* dultère ; les afiRranchis redeviendront esclaves ^ C'est toujours par l'effet rétroactif des lois om par leur déni , que les grandes iniquités sociales s'accomplissent : le refus de justice est le point où l'homme se trouve le plus éloigné de Dieu* Un édlt particulier frappoit les évéques, ordon*noit de les mettre aux fera, et de les jforcer à abjurer.
La persécution, d*abord loeale, s'étendit co* suite à toutes les provinces de l'empire. La maison de l'empereur fut particulièrement tourmen*' tée. Valérie, fille de DiocléUen, et Prises sa femme, accusées de christianisme, sacrifièrent j Dorothée, le premier des eunuques; Gorgonlus, Pierre, Jodes, Mygdonlus et Mardonius, souffrirent. On mit dv sel et du vinaigre dans les plaies de Pierre ; étendu sur un gril, ses chairs firent rôties comme les viandes d'un festin *. On jeta péle-méle dans les bûchers femmes, en« fents et vieillards; d'autres victimes, entassées dans des barques , furent précipitées au fond do la mer *.
'isMvflerSOi.
* Buiss. , Itb. Tii , csp. n.
a Id., ibid,
* Lact. , âe Morte penee. martyr,, M déc.
> Voici le tableau de cette persécuUon , encore emprunté des martyrs : ce tfest qu'un abrégé exact du long rédt d'Eu- 8èbe et de Lactance (Euseb. , cap. vi, VU, vm, a, x, w,
Ub. iv;Lact.)î ^ ^ , j
« La persécuUon s'étend dans un moment des borda du « Tibre aux extrémités de Vemplre, De toutes parts on en- « tend les églises s'écrouler sous les mains des soldats; les a magistraU dispersée dans les temples et diuis to» tfiDqffSBZ»
ÉTUDES
Labassesse , comme tonjonn^ se trouva à point nommé pour faire i'apologie da crime : deux philosophes' écrivirent à la lueur des bâchers contre les chrétiens.
Le martyre de la légion thébéenne , massacrée par ordre de Maximien, est de cette époque. Nantes , dans l*Armorique , se consacra par le sang des deux frères Donatien et Bogatien \
Amobe et Lactance défendirent le christianisme; le dernier nous a peint la mort des per^ sécuteurs et Textinction de leur race ^ : Licinius , Galérius et Candidien son fils ; Maximien avec son fils âgé de huit ans , sa fille âgée de sept , sa femme noyée dans l'Oronte où elleavoit fait noyer des chrétiennes ; Dioclétiçn , Valérie et Prisca fogitives, cachées sous de misérables habits, reconnues, arrêtées, décapitées à Thessalonique , et
, « forcent la malUlade à aacrifler; quloonqae refuse d*adorer « les dieux est Jugé et livré aux bourreaux; les prisons re- « gorgent de vicUmes : les chemins sont couverts de troa- « peaux d*bommes muUlés qu*on envoie mourir au fond des « mines oo dans les travaux publics. Les fouets, les cheya- « lets, les ongles de fer, la croix , les bêles féroces, déchirent « les tendres enfants avec leurs mères ; ici Ton suspend par « les pieds des femmes nues à des poteaux, et on les laisse « expirer dans oe supplice honteux et cruel; là, on attache « les membres du martyr à deux arbres rapprochés de force : « les arbres , en se redressant, emportent les lambeaux de la « victime. Chaque province a son supplice particulier; le « feu lent en M^potamie , la roue dans le Pont , la hache en « Arabie , le plomb fondu en Cappadooe. Souvent, au milieu « des tourments, on apaise la soif du confesseur, et on lui « jette de l'eau au visage, dans la crainte que Tardeur de la « fièvre ne bâte sa. mort Quelquefois, faUgué de brûler se- « parement les iidèles, on les précipite en foule dans le bù- « cher : leurs os sont réduits en poudre , et jetés au vent avec «leurs cendres
« Les villes sont soomlses'à des juges militaires, sans con- « DoissaDon et sans lettres , qui ne savent que donner la « mort. Des commissaires font les recherches les plus rigou- « reuses sur les biens et les propriétés des si^ets; on mesure « les terres, on compte les vignes et les arbres, on tient re- « gistre des troupeaux. Tons les citoyens de Fempire sont « obligés de slnscrlre dans le livre du cens, devenu un livre « de proscription. De crainte qu'on ne dérobe quelque partie « de sa fortune à l'avidité de l'empereur, on force, par la m violence des supplices, les enfants à déposer contre leurs « pères, les esclaves contre leurs maîtres, les femmes contre m leurs maris. Souvent les bourreaux contraignent des mal- « heureux à s'accuser eux-mêmes et à s'attribuer des ricbes- « ses qu'ils n'ont pas. .NI la caducité, ni la maladie, ne sont « une excuse pour se dispenser de se rendre aux oïdivs de « l'exécuteur; on fait comparoitre la douleur même et l'inlir- « mité; afin d'envelopper tout le monde dans des lois tyran- « niques, on i^oute des années à l'enfance, on en retranche « à la vieiUesse : la mort d'un homme n'dte rien an trésor de «: Galérius, et l'empereur partage la proie avec le tombeau. «Cet homme, rayé du nombre des humains, n'^t potnt « effocé du rôle du cens, et il conUnue de payer pour avoir « eu le malheur de vivre. Les pauvres, de qui on ne pou- « voit rien exiger, sembioient seuls à l'abri des violences par « leur propre misère; mais ils ne sont point à l'abri de la « pitié dérisoire du tyran : Galérius les fait entasser dans des m. barques, et Jaler ensuite au fond de la mer, afin de les gué- « rir de leurs maux. » {Hartyrt, liv. xviu.)
' Paci, an. 302, n* I3; Epipbam. h^rts, 68. ' * jiet, iinc. , pag. S9(.
' * De Morte peneaU,
Jetées dans la mer : victimea de la tynouiie i Licinius, elles n'étoient coupables que d'appai tenir à un sang maudit
DIociétien et Maximien étolent venus trion pber en Italie, l'un des Égjrptiens, Tautie è peuples du Nord; c*est le dernier triomphe ai thentique qu'ait vu Rome. L'empereur ne de cendit du char de sa victoire que pour monter Nicomédie sur le tribunal de son abdicatkx Cette scène eut lieu dans une plaine qu'inondoi la foule des grands , du peu^Ae et des soldati Dioclétien déclara qu'ayant besoin de repos, 1 cédoit l'empire à Galérius. En même temps i indiqua le césar qui devoit remplacer Galérins devenu auguste : c*étolt Dala qp Daza Maximin fils de la sœur de Galérius. Il jeta son manteau d( pourpre sur les épaules de ce pâtre % et Diodetien, redevenu Dioclès, prit le chemin' de Salone , sa patrie.
Cet homme extraordinaire avdt les larmes aux yeux en déposant le pouToir ; il avoit également pleuré lorsque Galérius , dans un entretieo secret , lui signifia qu'il prétendoit être le maître, et que si lui , Dioclétien , ne vouloit pas s'éloigner, lui , Galérius , l'y sauroit contraindre. D'autres ont écrit que Dioclétien renonça au trône par mépris des grandeurs humaines'. Soit que ce prince ait quitté l'empire de gré ou de foroe, avec courage ou foiblesse , sa retraite à Salone a donné à sa vie un caractère de philosophie qui fait aujourd'hui sa principale renommée.
Dioclétien habitoit, au bord de la mer, une maison de campagne^ que Constantin le Grand dit avoir été simple^, et que Constantin Porphyrogénète'' a crue magnifique. Maximien Hercule se dépouilla de l'autorité souveraine à Milan en faveur de Constance Chlore , et nomma césar Yalérius Sévère, obscur favori de Galérius, le même Jour que Dioclétien accomplissoit son sacrifice à Nicomédie. Maximien , ayant dans la suite ressaisi la pourpre , fit inviter Dioclétien à suivre son exemple. Dioclétien répondit : • '^ « voudrois que vous vissiez les beaux choux qoe « J'ai planta , vous ne me parleriez plus deTem- « pire 7. » Paroles démenties par des regret?*
t EUTROP. , pag. 66 ; VICT. , SpiL
* Rhe✠imposUue, dit le texte.
» EiTTROP. , lib. IX , cap. XTiîi. AOBBL. ViCT. I^men renegyr. vet vu, 15.
* Peut-«tre Spalatro.
^ Ad emhtm eanet., cap. xxr; Edseb.
* De jidmmisi. imp, ad Ram.Jll, , pag. 7t « 86, 8S.
' Vicr., Ep.jpÊg, ta»; Bonop. « pi«. 600.
Maat les neof aimées que Dioclétien vécut
i&iooe, sa femme et sa fille périrent misérailBMBt, et il ne put les sauver, obligé qu'il fut àB de reooDDoltre l'impuissance d'un prince ■qad il ne reste d'autorité que celle des larmes. è par Constantin et Licinius, peut-être pir le sénat' , il résolut d'abréger sa vie. Obest ineertain du genre de sa mort; on parle èposon, d'abstinence, de mélancolie'. L'emferearsaDS empire nedormoit phis, ne mangeoit |to;ii8oopiroît; il gémissoit : saint Jérôme Waeeoteodre qu'avant d'expirer, il vomit sa higne rongée de vers^
lipiûlosoj^ue fût aussi inutile à Dioclétien, pNrmoarir, que la religion à Gharies-Quint : tadem eurent des remords d'avoir abandonné k fimir ; le premier, sur son lit et sur la terre , oÉflKfouloit au milieu de ses larmes ^ ; le secmiym fond du cercueil , où il se plaça pour asâkrà la représentation de ses funérailles'.
BMétlen multiplia les impôts ; il couvrit l'empedeDxwuments onéreux qu'il falsoit souvent >httre , et recommencer sur un plan nouveau. La ^kvfideoeea voulu qu'une salle des Thermes du pnécuteor des chrétiens soit devenue , à Rome , ^é^dj^Noire-Bamedes Anges. Dans le clof- ^1 jadis vaste dmetière de cet édifice , l'espace K tvomre ai^ourd'hui trop grand pour la mort ;
* Ua., de Morte pers,
• II, iw. ; eoscbm MÏ>' vni , cap. xvii'; Vicr. Bpit jSaiMteiB dkenias, omnes persecutores qui arfllxerunt ■Mia Domiiii , nt taceamus de Altarls cniciatibiu , etiam <f pnKnU Moalo noepUse qaa feoerint Legamos ecclesias- Inihinofias : qald Valerianiu, quid Dediu, qoid Diocle- ^■■Mte. , paasi iIdI, et tanc rébus probablmos ettam Juxta ■MpiopbeUa veritatem esse oompletam : quod oompa- Mil can» eoram , et ocuU contabuerint , et Hugua io pe- Mctiiaicm dissolota slL ( Commentariar. D. Hieron. , I^ZitW., Ub. ni, p» uv, pas- 870-h. Ronue, ta «dibus po- Iifinatta,i57i.) 'Ucr.,drAforf.|»eri.
^ jyMlyed to ceirhrate hia owd obsequies before bis death. ■ ertaed bis tomb to be erected In tbe chapel ol the Mo- ■jMBy. Hh domestika marehed thltlier in fanerai procession, y « tapers in their bands; be btmself foHowed bis ■i«d,lie was laid in his ooflln with much solemniiy. The 1^ for tbe dead was chanted , and Charles joined in Uie 2**Mch were ofléred up for the rest of his sou! , min- ^ Ml teirs witb tfaose which his attendants shed , as if ^«d becn eelebrating a real lùneral. The ceremony r**'^ sparlkling hoty water on the cofûn in the usual J**i «»d at tbe assistants reUring , the doors of the chapel •Jwrt. Tben Charles arose ont of tbe oofQn. RoniaiT- ■^ffirf. <ïf CAarf. F, vol. U)e tbird, pag. 817, 1780.) "■«mac TinoU aoprema oTOcia repnesentari suoque 2 "■ni iolerase volait atratos. Itaque monachis immilyortoalesacmm canentibos, «temam sibimet requiem y* «pwito inter sedes beatas apprecatus fdit , mijori r^jMBtinm inetn qnam canta : et genibus nixus sammo 4? S^'^ animam soam hamill precalione commen- ^ ♦ y iater gemenUum famatonim manas in œllam iuaiàR£, HUt, Hup. coHUnuaHo ab Mmmanuêle ^ IB»* ▼» Pi«. 918*, tOOL IV. )
un petit retrancbement , pratiqué au pied de trds ou quatre colonnes, suffit aux tombeaux dimi* nuants de quelques cbartreux qui finissent aussi , et qui , dans leur abdication du monde , ne regret* tent rien de la terre.
Les faits sont comme 11 suit après l'abdication de Dioclétien.
* Ck)nstance gonvemoit les Gaules , l'Espagne et la Grande-Bretagne; il étoit doux, juste, tolérant envers les chrétiens , et si dénué de fortune, qu'il étoit obligé d'emprunter de l'argenterie lors* qu'il donnoit un festin '. Suidas l'appelle Cons* tance le Pauvre * , un des plus beaux surnoms que jamais prince absolu ait portés.
Il eut d'Hélène, fille d'un hôtelier, sa femme légitime ou sa concubine , Constantin le Grand ; et de Théodora , fille |de la femme de Maximien Hercule, trois filles et trois garçons. On le força de répudier Hélène , comme étant d'une naissance trop inférieure.
Ckmstantin avoit alors dix-huit ans : entraîné dans rhumiliation de sa mère, il fut attaché à Dioclétien, et porta les armes en Egypte et dans la Perse. Galérius , jaloux de la faveur dont le fils de Constance jouissoit auprès des soldats , se voulut défaire de lui en l'excitant à se battre , d'abord contre un Sarmate , ensuite contre un lion ^. Constantin , sorti heureusement de ces épreuves , se déroba par la fuite aux complots de Galérius ; afin de n'être pas poursuivi, il fit couper de poste en poste lesjarrets des chevaux dont il s'étoit servie. Il rejoignit son père à Boulogne, au moment où celui-ci, vainqueur deCarrausius, s'embarquoit pour la Grande-Bretagne. Constance mourut à York. Les légions, par un dernier essai de leur puissance , sans attendre l'élection du palais , proclamèrent Constantin empereur, au nom des vertus de son père. Galérius n'accorda à Constantia que le titre de césar, conférant à Vaière celui^d'auguste.
Galérius avoit ordonné un recensement des propriétés, afin d'asseoir une taxe générale sur les terres et sur les personnes ; il y voulut soumet-
* Galérisn, Constance, emp. Harceun, pape. An da 1. a 300.
> Eut. , pag. 687. Àdeo aotem cQltaa modld , at feriatia die» boa, ai cum amicis namerosioribus esset epalandam, priva« torum ei argento oatiatim peUto tricUnia aternerentur. (Eu- TROP. Rer. romanar., llb. n, pag. 136. Basllès, anno 1532.)
' Paaper ita Tocabatur Constantlos. IlaûTrep o^cù êxdtXctto XfovoTavTtoc* (Suinx Leaictm, tom. il. Geuevx, 1690.)
3 Photii Bib, , cap. Lxir , In Praxag.; ZoNAR. , Jnn, Fitm DiocL
« Zouii.,]ib. n,el]fi»deasYicioR.
ÉTUDES
tre r Italie : Rome le MMlève, appelle à la pourpre Maxenoe , gendre de Oalérlas ^ et fils de Maxi* Hiien Hercule. Le vieil empereur abdiqué sort de sa retraite , le joint à son fils. Sévère, réfugié dans Ravenne, qu'il rend par capitulation à Haximien Hereale> est condamné à mort, et se (ait ouvrir les veines.
^ Maximien s'allie avec Constantin, lui donne Fansta , sa fille , en mariage , et le nommeauguste. Oalérius fond sur ritalie avec une armée : parvenu Jusqu'à Nami , et foreé de retourner en ar* rière, il élève Ucinius, son ancien compagnon d'armes , au rang d*où la mort avoit précipité Sévère. Maximin Dala, le césar qui gouvemoit TÉgypte et la Syrie , enflammé de Jalousie , se décore aussi de la dignité d'auguste. Six empereurs (ce ({Ui ne s'étolt Jamais vu , et ce qui ne se revit Jamais) règneni à la fois : Constantin , Maxence et Haximien en Occident; Licinius, Maximin et Galérius en Orient
La discorde éclate entre Maximien Hercule et Maxence, son fils. Maximien se retire en Illyrie, ensuite dans les Gaules, auprès de Constantin, aon gendre. Il conspire contre lui, et sur une fausse nouvelle de la mort de ce prince , s'empare d'un trésor déposé dans la ville d'Arles. Constantin , occupé au bord du Rhin à repousser un corps deFranks, revient, assiège son beau-père dans Marseille , le prend , et condamne à mort un vieillard dont l'ambition étoit tombée en enfance'.
Galérius meurt à Sardique d'une maladie dégoûtante * , attribuée par les chrétiens à la vengeance céleste. Galérius avoit été le véritable auteur de la persécution. Maximin Dala et Ucinius se partagent ses États. Licinius fiiit alliance avec Constantin , Maximin avec Maxence. Constantin, vainqueur des Franks et des Allamans, livre leur prince aux bétes dans l'amphithéâtre de Trêves '.
Maxence , oppresseur de l'Afrique et de l'Italie, invente le don gratuit^ que les rois et les seigneurs féodaux exigèrent dans la suite pour une victoire , une naissance , un mariage , et pour l'admission de leur fils à Tordre de chevalerie : sous les Romains, il s'agissoit du consulat du Jeune prince. Maxence immole les sénateurs et déshonore leurs femmes. Sophronie, chrétienne et
* GONSTAHTIN , COlp. M ARCELLDS , EcSÈBB , HSLCBIADE/Sllr VE9TRE I*', (Hipet. A.n de J. C. 3U7-3Si.
' n y a divers récits oontradictokcs de sa mort
' Lact., de Morte pen, EcsEB., oap. XTl.ÂClua. VlCX., Spit,
* Paneg. Oral, int. vet, paneg, 4 AcREL. Vicr., pag. 620.
fbmme du préfet de Rome) ee poignarde afin i lui échapper'.
Maxence. médite d'envahir la Gaule. CodsIs tin , décidé à prévenir son ennemi , voit dai»! airs le Labarum , et commence à s'instruire de foi. Maxence avoit rétabli les prétoriens; son a mée se oomposoit de cent soixante*dix mitle ta tassins et de dix-huit mille cavaliers. Constaatj ne craignit point d^attaquer Maxence avec qn rente mille vieux soldats. Il passe les Alpes Goi tiennes sur une de ces voies indestructibles qi n'existoient pas du temps d'Annibai ; il emport Suse d'assaut, défait un corps de cavalerie pc santé aux environs de Turin , on antre à Bresse Vérone capitale : la garnison captive est liée de chaînes forgées avec les épéesdes vaincus * ; Cou tantin marche à Rome, et gagne la bataille ol Maxence perd l'empire et la vie.
Cette bataille est du petit nombre de celles qol expression matérielle de la lotte des opinions deviennent, non un simple fait de guerre, raù une véritable révolution. Deux cultes et den mondes se rencontrèrent au pont Mil vins; den religions se trouvèrent en présence, les anima la main , au bord du Tibre , à la vue du CspHoie. Maxence interrogeoit les livres sibyllins, sacrtfioit des lions, faisoit éventrer des femmes gros* ses , pour fouiller dans le sein des enftots arrachés aux entrailles maternelles : on supposoit qw des cœurs qui n*avoient pas encore palpité, ne pouvoient receler aucune imposture. ConstaotIO) dans son camp, se contentoit de dire, ce qu'os grava sur son arc de triomphe , qu'il arri voit par l'impulsion de la Divinité et la grandeur de son génie'. Les anciens dieux du Janicule rangéreot autour de leurs autels les légions quils iiTof<st envoyées à la conquête de l'univers : en face de ces soldats étoient ceux du Christ. Le Labarum domina lesaigles, et la terre de Saturne vit régner celui qui prêcha sur la montagne : le temps et le genre humain avoient fait un pas.
Six mois après la victoire de Constantin , Maxi* min Dala voulut enlever à Licinius la partie de l'empire qu'il gouvemoit ; vaincu auprès d'Hém* dée, il alla mourir à Nicomédie. Des six empereurs il ne restoit plus que Constantin et Ucinim*
* RcPiN. , HiU. €ccU, |»ag. I4(. .^
* Tu divino monitus iostinctu, de sMiis eoraa g«"g manibus aptari dauntra JusaisU, ut servaceot |i«jfgg^ soi , quos noo defeoderent répugnantes. ( /«««f^ ^^SS^i
Rhenum, 1787.) > Inttinclu Divinitotlê, wieniiê magniUidim,
Mk, muid d'opeseeoDdo , amènerait les batail* bde QMit, de Mardie, d'Andrinople et de Of^ipolîs , oùGoDstantiii fut heureux. UeinloS) Rrié au maint du Yainqoear, fut exiléàTbes- •tauqae. Quelque temps après , on lui demanda •tflt, soqs prétexte d'une oensi^ration ourdie fvWdiDsIes ftrs : oe moyen decrime, sisouml {«produit dans l'histoire , accuse de stérilité kisteiiUoM de la tyrannie*
GoHtantin , demeuré en possession du Okonde y Mit , nrs la fin de sa Tie , de d<mner une semé» espîtale à ses États : ConstanUnople s'é* Im sv l'emplacement de By sanee y au nom de liiiftChrist, eonuoe Rome s'étoit élerée sur les d'Évaadre, au nom de Jupiter ', Le de l'empire ohrétien déclara qu'il hé*»
ttasthnoufelle cité par l'ordre de Dieu * : il ra- MM qa'endonni sous les murs de Bysance, il nittndans un airoge une femme, aeeÂléed'ans tfdlnfinnités, se changer en une Jeune fiHe bril« iMlf dsisatéet de grâoSi laqueUe il luisemUoit (crétir dm ornements impériaux K Constantin , tepiétant ce songe , obéit à Tayertissement du (ict; amé d^une lance, il conduit lui-même les 9tmm qpï traçaient l'enceinte de la ville. On U Ut ohBsrver que l'espace déjà parcouru étoit {■sans : « Je suis, répondit'il , le guide invis^ Me fsi marche devant moi ^ Je ne m'arrêterai fa fisndil s'arrêtera 4.
La cité naissante fàt embellie de la dépouille il la Grèce et de l'Asie : on y transporta les iUiidis dieux morts, et les statues des grands kmiaeft ^ ne meurent pas comme les dieux. U Yiniie métropole paya surtout son tribut à sa Ns rivale, ee qui fait dire à saint Jérôme que ^^iMmtiDople s'étoit parée de la nudité des Mrs YUles ^. Les familles sénatoriales et éques- ^ tarent appelées des rivi^es du Tibre à ceux
Tectt vident , que mme romajui potenUa c«Io *•»»«. (Vae.)
, J^|B«*m» pas. 444, eonq, Ot ComU, tt?. u
2*Ckroo. , pas. 181. NuditoM, qoi n*«»l pas de la bonne ■""Me peut élre employé id qae dans le sens de la Bible. î*|yi>^o^fUd'artUwiportésàCoiwte»Uno^ "»» Kipsnts qui soatenoieot, à Delphes, le trépied d'or ■J«««a BéBiolre de la défaite de Xerxès, le Pan égale* gacnwaetépartoqtoitosYmctdelaCrtce.gtlesMaaea *^WL U latue de Rbée fat enlevée ao mont de Dyndéme ; ^i^ <>** bariMrie digne de oe alèele, on changea la ^^tosMiMdeladécsae.poar loi donner noeaUitoda Jg^» et <» la sépara des Uoos dont eUe étoit aooom-
du Boq^Kore, pour y trouver des palala semblables à ceux qu'elles abandonnoient. Constantin éleva réglise des Apétres, qui, vingt ans après sa dédicace, étoit tombante; et Constance bâtit Salnte-Sopbte, plus célèbre par ion nom que pat sa beauté. L'Éj^te demeura diargée de lurarrir la nouvelle Rome aux dépens de Tancienne*
U y a des Jugements que les bistorîens répè* tent sans examen; vous auras souvent lu que Constantin avoit bftté la diute de la puissance dea césars en détruisant l'unité de leur siège : c'est , au contraire , la fondation de Constantinople qui a prolongé Jusque dans les siècles modernes l'exis* tenee romaine. Rome, demeurée seule métropole, n'en eût pas été mieux défendue ; l'empire se serolt écroulé avec elle , lorsqu'elle succomba sous Alaric , si la nouvelle capitale n'eût formé une seconde tète à cet empire; tète qui n'a été abattue que plus de mille ans ' après la premièru par le glaive de Mahomet II.
Mais , ee qui fut flavorable à la dorée du pouvoir temporel tel que le créa Gonstantfai , devint contraire au pouvoir spirituel dont il se déclara le protecteur. Fixés dans l'Ocddent, sous Yia^ fluenee de la gravité latine et du bon sens dea races germaniques, les empereurs ne seroienc point entrés dans les subtilités de l'esprit grec : moins d'iiérésles oorolent ensanglanté le monde et l'Église. Constantinople naquit chrétienne} elle n'eut point, comme Rome, à renier un an« cien culte, mais elle défigura l'autel que Cons« tantia lui avoit doofié. ,