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» Eus. , Ub. VI , Hut. , cap. xvi ; Epipu. , de Mette, , B.I». '»•
HISTORIQUES
eopoSs en Épire, Uidlome des mattres du inonde
lYtail pas employé dans cet immense travail.
(Klqiies versions latines, faites sur la version des Septante, saffisoient aox besoins de l'Église de tae et des antres Églises d'Oceident. Les Grecs i*olHtiiioient à regarder la langue de Cicéron anme one langue barbare.
Les ooDciles se multiplioient , soit pour les benias de la communauté cbrétienne, soit pour régler la discipline et les mœurs , soit pour combtftie rbéfésie. Cyprien, Jeune encore, faisoit oindre sa voix à Garthage : bomme dont TéloqBeaee fleurie devoit inspirer l'éloquence de Fé- Mk», eomme la parole de Tertullien animer la luoledeBossuet.
Toot s*agitoit parmi les Barbares : les uns s'asmUoient sur les f rontièi-es, les autres s'introduiniatdans l*Empire , ou comme vainqueurs , ou «ne prisonniers, ou comme auxiliaires. Les cWtiens augmentoient également en nombre , et tedoient leurs conquêtes parmi les conquenBis.
* Maxime et Balbin se trouvèrent empereurs ipns la mort de Maximin ; le premier étoit enviraooéd*oD corps de Germains qui lui étoient attachés eomme les Suisses et les gardes écossoises à nos rois. Les prétoriens en prirent ombrage ; ils i*ipproavoient point une élection uniquement due ao sénat. Ils coururent aux armes dans le tonps que la ville étoit occupée des Jeux capitobs: les empereurs, arrachés de leurs palais, hnot égorgés avec les outrages jadis prodigués àViteliiiis. Il y avoit dans les archives de TËtat fa précédents pour toutes les espèces de meurtres et de vices. Maxime , fils d'un serrurier ou d'uo charron, étoit un bomme brave , liabile dans iagoerre , modéré , et si sérieux qu'on Fa voit surtttamé le triste. Balbin, d*une famille qui pastoit poornoble, sans être ancienne , étoit doux ctailable : on disoit du premier qu'il faisoit accorder ce qui étoit dû ; et du second , qu'il doni^aa delà. Le troisième Gordien, petit-fils de ^oïdien le vieux , avoit déjà été nommé césar ; les {■étoriens le saluèrent auguste : le sénat et le peul^t le reconnurent.
Ce prince régna trop peu : il eut pour beau-père
•ûo maître de rhétorique, Mysithée, qui l'arra-
^ aux mains des eunuques'. Gordien fit de
Mysithée son préfet du prétoire et son ministre.
Mysithée avoit été un homme obscur avant de
! ï^^* ^ Balbin , emp. Fabien , pape. An de J. C. 238. a<f<.^if9.,pag. 161.
prendre les rônes de l'État ; condition nécessaire pour parvenir lorsqu'on est né avec des talents. Dans la carrière politique on ne monte point au pouvoir avec une réputation faite.
La guerre , sous Gordien III , ne fut pas consi* dérable; mais elle offrit de grands noms. Sapor, fils d'Artaxerxès, attaqua l'Empire en Orient, et les Franks se montrèrent dans les Gaules. Aurélien , depuis empereur, commandoit alors une légion ; il battit les Franks près de Mayence, en tua sept cents, et en fit trois cents prisonniers. Cela passa pour une victoire si importante , que les soldats improvisèrent deux méchants vers qui sont restés :
Mllic Francos, mille Sarmates semel occidimos; Mille, mille, mille Penai qusrimus '.
Ainsi le nom de nos pères se trouve pour la première fois dans une chanson de soldats, qui exprime à la fois leur valeur et la frayeur des Romains.
Gordien III se prépare à repousser Sapor ; avant de sortir de Rome il ouvre le temple de Janus; c'est la dernière fois qu'il est question de cette cé* rémonie dans l'histoire. On présume que le temple ne se ferma plus : ce'fut comme un présage des destinées de l'Empire. Gordien passant parla &lœsie et par la Thrace, défit les Goths, et fut moins heureux contre les Alains. Il remporta quelques avantages sur Sapor. Il dut son succès à Mysithée , que le sénat honora du nom de tuteur de la république. Gordien eut la candeur d'en convenir en rendant compte de ses victoires au sénat ' : c'est être digne de la gloire que de la rendre à celui qui nous la donne.
Rome caduque ne portoit qu'en souffrant un grand citoyen : quand par hasard elle en produisoit un, comme une mère épuisée, elle n'avoit plus la force de le nourrir. Mysithée mourut , peut-être empoisonné par Philippe, qui lui succéda dans la charge de préfet du prétoire. Dès ce moment le bonheur abandonna Gordien : il y a des esprits faits pourparoltre ensemble, et qui sont leur complément mutuel. Les sociétés, à leur naissance, réparent facilement la perte d'un homme habile; mais quand elles touchent à leur terme , si des gens de mérite qui leur restent vien* nent à manquer, tout tombe.
Le nouveau préfet du prétoire étoit Arabe et fils d'un chef de brigands. Philippe, d'abord associé à Gordien , finit par l'immoler. Gordien s'abaissa
■ YOPTSC. , in vit. AurtUan, ; ttist. Aug, * HisU Avg., AURBL. YlCT.
ÉTUDB9
à demander suecessivemenl le partage égal du pouvoir, le rang de césar, la charge de préfet du prétoire , le titre de duc ou de gouverneur de province , enfin la vie : le meurtrier lui refusa tout, excepté de petites funérailles. Le dernier descendant des Gracques comptoit à peine vingt-trois années : Thumble tombeau du jeune empereur romain s*éleva loin du Tibre , au confluent du Cbaboras et de TEuphrate , à quelque distance des ruines de cette Baby lone qui vit pleurer Israël auprès des sépulcres des grands rois.
* Philippe , proclamé auguste , et son fils césar, conclurent la paix avec Sapor, et vinrent à Borne, Jugez de Tétat où Rome étoit parvenue : on ne sait si Ton doit placer h Tépoque de Tavènement de Philippe Texistence de deux empereurs, un Marcus , philosophe de métier, et un Severus Hostillanus. On ne connoit que les noms de ces deux titulaires du monda; on ignore même s'ils ont régné.
Cest liuSBi à compter de cette époque qu'on nomme tyrans y pour les distinguer des empereun , les prétendants à l'empire , lesquels, élus par les légions, n'étoient pas avoués du sénat. Il n'y a voit pourtant entre ces hommes également oppresseurs que Tinégalité de la fortune : on donnoit au succès le titre que Ton refusoit au malheur.
On est encore dans le doute sur la vérité d*un /hit grave : Philippe étoit-il chrétien? Les preuves sont foibies , et nous aurons dans la suite d'assez méchants princes de la Foi , sans revendiquer celui-ci. Mais c'est une marche historique à signaler que la coïncidence de l'élévation à Fempire d'un Goth dans Maximin, et peut-être d'un idurétien dans Philippe.
Philippe célébra les Jeux sécuhiires (348 an. 9 1 avril ) : Horace les avoit chantés sous Auguste ; jeux mystérieux solennisés pendant trois nuits à }à lueur des flambeaux au bord du Tibre ' , et ^'aueun homme ne voyoit deux fois dans sa vie: U» aeeompliseoient alors une période de mille ans pour l'ancienne Bonne; ils furent interrompus. Plus de mUle autres années s'écoulèrent avant fu'un prince de la Rome nouvelle les rétablit sous lenom de>ti&i/^, l'an ISOO de l'ère vulgaire. Boniface YIII ofdeia avec les ornements impériaux ; deux cent mille pèlerins se trouvèrent téunis à la fitte. Clément VI , Urbain Yl et Paul U
* Philippe, emp. Fabu» , pape. Ao de J. C a44-a49.J > aUMiH., Ub. II.
fixèrent «uooessivement le relow du Jubilé ; k premier à la cinquantième, le second À la trente* troisième, le dernier à la vingt-cinquième année { Clément, en considération 4e la brièveté de la vie ; Urbain , en mémoire du temps que Jésus- Christ a passé sur la tenre ; Paul , pour la remis» sion plus prompte des fautes. Les esclaves et Icf étrangers n'assistoient point aux jeux séculaires de Rome idolâtre : les infortimés et les voyagea» étoient appelés au jubilé de |lome chrétienne.
Philippe fit la guerre aux Garpiens, peupki habitants des monts Carpathes , dans le voislfiags des Goths. Ces derniers avolent commencé, dèi le règne d'Alexandre Sévère, à recevoir un tribot des Romains : tes Carpiens voulurent <ri)teairla même faveur, et furent vaincus»
Tout À coup s'élèvent deux nouveaux empe* reurs. Saturnien en Syrie, Marinus en Mcak, Dèce, dont le nom rappelle la première granda invasion des Barbares, étoit né de parents obscurs ; élevé au consulat ou par ses talents oa par les révolutions qui faisoient surgir indistincte* ment le mérite et la médiocrité, le vice et la verto, Dèce se trouva chargé de punir les partisans da Marinus : ils le forcèrent de prendre sa place, de marcher contre Philippe et de lui livrer bataille, Les crimes étoient tombés dans le droit commun, et les guerres civiles formoient le tempérameot de l'État. PhiUppe fut vainca et tué à Vérone', son fils égorgé à Rome.
On raconte de ce jeune hmnme que dépoli l'âge de dnq ans il n'avoit Jamais ri; il ne monts point au trône, et perdit les Joies de l'enfonce: il les eût gardées s'U fût resté sous la tente de l'Arabe. Dans ces temps, un prince ne périsedt presque jamais seul ; ses enflants étoient massacrés avec lui. Cette leçon répétée ne corrigeolt personne : on trouvoit mille ambitieux , pas un père.
Tel étoit l'état des hommes et des choses à I'a« vénement de Dèce : tout hAtoit la dlssolutioa de l'État
Les Barbares n'avoient rien devant eux, sanf le christianisme , qui les attendoit pour les ren* dre capables de fonder une société , en bénissant leur épée*
I ZosiH. , Ub. i; ZONAE. , Ub. xii.
HISTOBIQUES.
SSœNDE PARTIE.