CHAPITRE LIX
Philosophie. Les deux Zoroastre. Politique.
Le nom du célèbre Zoroastre ' rappelle le foa< dateur de la philosophie persane et cehii deTor dre des mages. De même que sa morale, ses do^ mes étoient sublimes. II enselgnoit Texisteiicedêi deux principes, l'un bon, Tautre méchant, qii se disputoient Tempire de la nature '; la durif du premier embrassoit tous les temps éoonlÀc! à venir. Uexistence du second devoit passer avei le monde.
Cet ancien sage fut suivi , vers le temps de Di rius, fils d'Hystaspe, d'un autre philosophe di même nom, qui altéra quelque chose à la doe trine de son prédécesseur. Tel que le premier Z||
> JfvoJidrv, acte m , sotee v.
* La littérature allemande a rédkment quelque km! Uance avec U littérature orientale ; mais il est évidedi ^ l'époque où j'analysois Klopstock , je connoissott pes I première ; car comment n'aurois-je pas cité 'Wiélaad , Gsi the , etc? J'ignorois les diOérentes révolutions qoe les ai teurs de la langue germanique avoient rapideinent épNi vées; j'en étois encore à Klopslook et àCessner.
Je ne puis aujourd'hui trouver sublime ce que je RgM dois comme tel dans la composition du Messie, Toutes h fois que Ton sort de la peinture des passions, et qoe Ts se jette dans les inventions gigantesques, rien n'est ph focile que de remuer l'univers : il n'est pas besoin d'aisi du génie. Qu'on arrête les gidbes dans l'espace, qu'oo tel arriver des comètes, qu'on place dans des mondes diva les morts et les vivants , le passé et revenir, tout cela B*a qu'une stérile grandeur sans sobllnsllé , une débaoebef magUiation qui pourroit être le rêve d'un enfant , oo corf de fées. Le morceau de Klopstocl( que j'ai cité n'oAre jt un trait à retenir : l'auteur passe souvent auprès d'« beauté sans l'apercevoir. Quand les deux anges de lanM s'approclient du Christ, qui ne s*attend, pareieoiple» quelque chose d'extraordiiiaire ? Tout se réduit à des Iîm communs sur la mort, et le poète est si embarrassé de s anges, qu'il se hâte de les renvoyer on ne sait oà.
(N. En,)
> Ce premier Zoroastre est le Zoroastre ehaldéeo, dootp d<ià parlé. Aristote le place six mille ans avant te prise i Troie.
* Hyde raconte quelque chose de enrieux an i^|el daia chant pouvoir. Lw Persans en écrivoicnt leiiooi •» *•* io vertics ; Il s'appeloit A rimanios , et le bon , <
AVANT J. C 509. :i^ OL. 67.
Mlfe, lladuietMt les deux natures; mais il les dérifoit d'uD être primitif, dont les regards im- Mttcs ne tomboient Jamais sur la race impereeptible des hommes '. Il disoit que ces pouvoirs ■Iwdoiiiiésrégneroient tour à tour sur la terre, dÉom dorant une période de six mille années ;. qw le méchant génie seroit à la fin subjugué par iebon,etqu'alorsleshabitantsd'ici-bas, dépouiU lés de leur enveloppe grossière, sans besoins et àmsoD parfait état de bonheur, erreroient parmi des bois enchantés comme des ombres légères*.
Les écrits du premier Zoroastre ont péri dans liinohition des empires ; quelques-uns de ceux il second ont été sauvés. Le plus considérable fntieenxest le Zend^, qui existe encore parmi baociens Persans dispersés sur les frontières des Ues. Ce livre sacré se divise en deux parties : he tndte des cérémonies religieuses, l'autre arienne des préceptes moraux.
Ifaos possédons en outre les fragments d'un irtre ouvrage du même philosophe, sous le titre Is Oracles de Zoroastre ^.
Il théorie des gouvernements semble aussi iVBir été fiBunilière aux sages de la Perse. Quel- VKS anteors représentent Zoroastre Tancien sous b traits d'un législateur; et Hérodote introduit dkors les seigneurs persans, après Tassassinat iinMige, âélil)érant sur le mode de gouveme- Mkt à adopter pour l'empire. Othanès propose la iCmocratie. « Le tyran, dit-il, ri \»h y^tp, 66pet iaopi|]AtMç, cp&i tcoXXà xal âTCxoOaXa - xk Si «pOovcp, Mt gonflé de haine, tantôt d'orgueil , commet fa actions horribles. » Mégabyze opine à Toll- 9Riiie, et représente les ftireurs du peuple. 1^ parle en faveur de la royauté, et remise*.
La mages et les autres prêtres soumis aux Pertsexeelloient dans les études de la nature. On Ktt juger de leurs connoissances en astronomie lirunesérie d'observations dedix-neuf cent trois ^■nées, que Calllsthènes, philosophe grec , atta- ** à la suite d'Alexandre , trouva à Babylone *. jToQblions pas la seience rojrstérieuse appelée du
j^w.,Iitt et OiirU, tom. H, pag. 155.
. ^I^niges ootfonDé on épitome de ce ttvre , sons le nom
iH!^ <P>*Oi liseat an peuple lei Jours de fêtes.
™ciiii en publia trois cent vingt-trois vefs h la soile de te u '^^^^'^Mm 4e VHtvertiê, imprimée à Ferrare en ^T'.^tfM pu ms procafér cet ouvrage assez tôt pour rimgry*g en artide. SI Je puis le découvrir, Je donnerai U 7jf'««dseB8 v«i è la fin du volume.
,*P^iW>»ni,cap. Lxxx.
•■«-• Bb. n, rfe CœU>,
a4TB%|;niAllll. — TOME I.
nomdelasecte quila pratiqua ^ La magie prouve deux choses : l'ignorance des peuples de TOrient, et les malheurs des hommes d'autrefois. On ne cherche à sonder l'avenir que lorsqu'on souffre au présent. .
- Il est impossible de supposer que tant de lumières pesassent dansundes basons de la balance sans un contre-poids égal de corruption '^. Aussi trouvons-nous qu'un affreux despotisme s'étendoit sur l'empire de Gyrus ; que les satrapes, devenus autant de petits tyrans dans leurs provinces, écrasoient les peuples prosternés à leurs pieds, et qu'un virus de luxe et de misère dévoroit et les grands et les petits *. Il résulte de ce tableau moral et politique de l'Orient, considéré au moment de l'établissement des républiques eu Grèce, qu'il étoit arrivé à ce point de maturité où les révolutions sont inévitables , ou du moins à ce degré de connoissances et de vices qui rend une nation plus susceptible d'être ébranlée par la conunotion des troubles politiques des États qui l'environnent. Favorisée par ces causes internes , l'influence de la révolution républicaine de la Grèce surla Perse fut directe, prompte et terrible, parce qu'elle se trouva déterminée vers les armes, en conséquence des événements que je vais décrire.
Remarquons encore que le principal effet de la révolution françoise sur l'Allemagne s'est aussi dirigé par la voie militaire. Mais cet empire, étant
* DIOD. Sic., Itt). XI, pag. 83; Nacd^ci Jpol. pro Fir. Mag., Magim Suspect., cap. viii.
* En lisant avec attention VJEssai, on découvre sous le rapport politique que mon dej»ein est de prouver, sans admettre ei sans rejeter le gouvernement républicain en théorie y que la république ne pourroit s'établir en France, parce que les mœurs D*y sont plus assez imiocentes. Je fiûsois même de cette observation un principe général; en donnant pour eontre-poids la corruption aux lumières, je ne supposoîâ pas la république possible chez un vieux peul^e civilisé. Ce système , né chez moi de Tétude des républiques anciennes, comme je Tai d^à dit, étoit faux, et même dangereux, en tant qu'appliqué à la société moderne ; car il suivroit de là qu'aucune liberté ne pourroit exister chez une nation policée, et que la civilisation nous condamneroit à un étemel esclavage. Heureusement il n'en est pas ainsi : les lumières, quand elles sont descendues , comme aujourd'hui , dans toutes les classes sociales , composent une sorte de raison publique qui rend impossible rétablissement du despotisme, et qui produit pour la liberté le même effet que l'innocence des mœurs. Seulement, dans cet âge avancé du monde , la liberté est plus aimable soos la forme monarchique que sous la forme républicaine, parce que le pouvoir exécutif, placé dans une famille souveraine , exclut les ambitions individuelles, toujours plus vives dans l'absence des mœurs. ( N. Éd. }
> Plct., in jépophtegtn., pag, 213; Pl4T., Hb. m , de Leg., pag. 697 \ Cgrop., lib. viii , pag. 330.
SI
BtiVOLUnONS ANdENNES.
dans une antre position morale que eeini de Qr* rus, ne peut ni n'a à craindre les mêmes maux *. Voulee-voos prédire i'avcnir, considères ie passé* C'est une donnée sûre qui ne trompera jamais , si Yous partez du principe : les mœurs.
Avant d'entrer dans le détail de la guerre Médique et de la guerre présente, il ftiut dire un mot de la situation politique de la Perse et de l'Allemagne , vues quelques moments avant ces grandes calamités.