CHAPITRE LX
SltaaUon politique de la Pêne à rinsUmt de U goerre SI édi* que; — derAllemagae à riDstaotdela guerre républicaine '. Dariui, JoMpb, Léopold.
Ce fût sous le règne de Darius, filsd*Hystaspe, qu'éclata la fameuse guerre Médique * dont nous allons retracer l'histoire. Ce monarque semble avoir réuni dans sa personne les différentes qualités des empereurs d'Allemagne, Joseph et Léopold. Réformateur et guerrier ' comme le premier, législateur^ comme le second, ileutàcombattre à peu près la même fortune que celle des deux princes germaniques.
Le roi des Perses, en parvenante la couronne, opéra une grande révolution religieuse. Les ma* ges, Jusqu'alors maîtres de l'opinion , et qui s'étoient même emparés du pouvoir suprême *, reçurent de la main de Darius un coup mortel ^. Non content de les avoir précipités d'un trône usurpé, il les attaqua à la source de leur puis-
* Ces prédictions sont très-peu certaines : le passage dos François en Allemagne, la réunion pendant plusieurs années de diverses provinces de cet etnpire à Tempire François, et surtout les principes de la révolution , ont laissé dans les populations germaniques un ébranlement cousidérable. La révolution françx)ise n'est pas d'ailleurs un i^lt isolé : le monde civilisé a marché , et continue de marcher vers un nouvel ordre de choses. La France, qui va toujours plus vite que les autres nations, les a devancées : par le mouvement de ses opinions et de ses armes, elle a sans doute pressé le pas de la foule autour d'elle, mais elle a trouvé partout les chemins préparés. La France n*a pas fait ce qui est , elle a seulement hâté la maturité d'un fruit qui tombera au jour marqué. (N. En. )
* Je me servirai désormais de cette expression pour Caire entendre U guerre présente, afin d'éviter les périphrases.
^ Les Grecs ne comploient la guerre Médique que depuis rinvasion de Xerxës Jusqu'à la défaite de Mardonius à Platée. Mol Je comprendrai sous ce nom toute la période entre la bataille de Marathon sous Darius, et la paix général^aous ArtaKereés. J'avertis que, parlant désormais de la Perse et de TAIIemagne ensemble, pour sauver les longueurs et les tours traînants. J'indiquerai seulement le changement d'un empire à l'autre par ce signe — .
* HERon., lib. v,cap. lxxxix; Ub. iv, cap. i; Plat., de Ley., lib. m.
* Plat, ibid. ; Dion., lib. i, pag. 85.
* Hcxon., Ub. III, cap. lxxx.
6 /cf., ibid.
sanœ , et , solwUtuant MpenUtion à lupenlttioi le culte des étoiles ' h l'ancienoe adoration d soleil, il les supplanta adroitement dans le on du peuple.
Ce fait, qui, si Ton considère la elroonstan des troubles de la Grèce , devient extrèmemei remarquable, et qui par Itti-mémeestun tfès-grv événement ^, a A peine été recueilli des écrivaiii Cependant les conséquimces durent en être viv ment senties. Si la science des hommes denwe en tout temps la même , et qu*ii soit permis < raisonner de reffetdes passions, d*aprèsla coi noissance de ces passiona, on peut hardime conjecturer que IMnsurrectipn de la Babylonie peut-être même celle de ilonie, pardescaos maintenant impossibles à découvrir, proviora de ces innovations '. Qui sait jusqu'à quel def elles n'influèrent point sur ie sort des armes dai la guerre IMiédique, et par conséquent sur la de tinée des Perses? Ces réformes sacerdotales ( Darius et de Joseph dans leurs États, presque i moment de Fabdlition de la monarchie en Grè| et en France, présentent un des rapports les pli intéressants de l'histoire.
Ce dernier prince n*eut pas plutôt touché an hochets sacrés, que les prêtres, alarmant IcstI les des Pays-Bas, leur persuadèrent qu'on en voi lolt à leur liberté, lorsqu'il ne s'agissoit qoej quelques couvents de moines inutiles. La révoli du Brabant a eu les suites les plus funestes, l peuple , dompté seulement par la force des u mes, froid dans la cause de ses maîtres , qu'il k gardoit comme ses tyrans, loin d'épouser la fw relie des alliés, a présenté aux François une proi facile. Observons encore la réaction de la justic générale : le clergé flamand soulève les Brabao çona contre leurs souverains légitimes, pour sai)
1 On croit que ce fut le second Zoroastre qui rétablit Tm den culte du soleil. Or, ce Zoroafttre vf volt loiit l^'^"^ Ainai les innovations deoelui-d n*aaroient •erviqa'à Uom ses États sans avoir obtenu le but qu*ll s'étoit proposé. (HtbI Mel. Pen., pag. 311 ; Bat. l^i, Z. Zur,; PutmkUt V^ ^ Slib., inZor.)
* De tous Ie3 rapprodiements présentés dans l'f <|*j Toilà le plus curieux et le fait historique le moins oh6tfT<
(N. ÉB.)
* HERon., lib. ni, cap. clx, clxi.
A U est imposaible qu*un ocdra reUgienx de la Rim B«J antiquité , et qui gouvemoit le peuple à son gré, wj'^ fliaiaaereri prascrirs, sans mettre en usage ^^ k^f^ ces de sa puissance. Et puisque Uicien nous appiend «ve son temps les mages existolent dans tout leur édat ^J^ U faut en oondun qunis obUnreot U Tidoirs sur n^q D*ailleufs, Pline et Arten parlent des magn to«»f'P»^ sous Xenès, et de ce prince lui-même comme diio r** sectaire du second Zoroastre.
AVANT i. C.
rer quelques parties de se* immenses richesses ; [orépablicains arrivent et s'emparent de tout *. Une guerre malheureuse veuoit de désoler la Pttse, —de rainer FAtiemagne. Darius, dans son coédition de Scythie, a voit perdu une armée lorlssante'. — Les États de Joseph s'étoient épuiiés pour seconder son entreprise contre la Poi*te. Miisicise (rouve une différence locale essentielle. Les troupes persanes, en se rendant parla Thrace aox bords de l'Ister, se rapprochèrent de la Grè* et— L'armée autrichienne, en se jetant sur la Turquie, s'éloignoit au contraire des frontières le Fraoce. Cette chance de position a décidé en firtiedu succès de la guerre présente; car, ou les nperears se fussent déclarés plus tôt conti*e la Rpiblique, et l'eussent trouvée moins préparée; n les François eux-mêmes n'auroient su pé- Érer dans le Brahant. Autres données , autres
Joseph étant mort à Vienne , son frère Léoloid, grand duc de Toscane, lui succéda. Celuid, accoutumé, dans une position moins élevée, ion horizon peu étendu , ne put saisir Timmenlitéde la perspective, lorsqu'il eut atteint à de kntes régions. La nature l'avoit doué de cette Toe microscopique qui distingue les parties de lofioement petit, et ne sauroit embrasser les liniensions plus nobles du grand. Il porta cepentotavec Darius quelquestraits de ressemblance: riQMKir de la Justice et la connoissance des lois. V>ii le prince persan considéra ses sujets du re- |ttd do monarque qui dirige des hommes * , et l^priDce germanique, de l'œil du maître qui surfile on troupeau. L'un possédolt la chaleur et h libéralité du chef qui donne ^; l'autre, la f roifar et réconomie du dépositaire qui compte ^.
* 0 y t quelque choêe d'asaex bîeo jugé dand cas remarg*' ^ert dommage qu'elles soient gfttées par la manifes- JJjJd'oB esprit antjreligfeax. Qull y ait eu des moines ■*», tont le monde en convient : on peut être encore ^nn catholique en convenant avec Fleury^ et tant d'au- 2^U prêtres, que des abus s'étoient gU&sés dans le ^; ioais je ne veux point avoir reooure à cette défense , *Mwe mieux dire ce qui est vrai : c'est que dans le parapjc qui fait le sqjet de cette note, l'écrivain étoit imbu * «etiines de son siècle. ( N. En. )
J Jrnu.. llb. TU, pag. ao6; HERon., Ub. iv, cap. mgocxu. , 2^*» ^W*A, tom. n, pag. I73.
• S*^**'!!** "' ^P* cxxxii, etc.;llb. vi, cap. cxx. *Wlcl d'après le livre des Instilutiatu toscanes de
rvjw, taiprlBiéen ftalien , et que J*al eu quelque temps en- .^T— "»'* " ouiie, sur ee que j'ai appris en Allemagne r^ eeicnperear, dans pluataun eooveraaUoos avec des "J^Uas; enfin par rhistoira générale de l'Europe à cette faEwi? *" cependant m^oUigede dire quej'al trouvé «<«BaiMb grands admirateurs des vertus de Léopold.
Tels étoient les monarqdes et l'état des deux empires, lorsque la révolution républicaine de la Grèce, et celle de la France, firent éclater la guerre Médique dans l'ancien monde, --* la guerre présente dans le monde moderne. Nous allons essayer d'en développer les causes *,