CHAPITRE XL
Noov«MX tiwiblff à Syraeoie. Tlmoléoo. Retraite de
Denys.
Benys ne resta que deux années en possession de son trône. Les intraitables Sy racosains se sou* levèrent de nouveau. Ils appelèrent à leur secours un tyran voisin, nommé Icétas^. Celui-ci, loin
> Djoo., iib* ^^I« l»g* &32.
' Plat., Epist, tu. '
* Je combats ici avec avantage cette fureur de donoer à des peuples des constitutions nniforroeS sans s'embarFasser du degré de civilisation où ces peuples sont parvenus. J*ai tenu h m6me langage à la tribune depuis dix. ans, soH comme membre de Topposition, soit comme ministre, souhaitant à toutes les nations une liberté mesurée sur retendue de leurs lumières. C'est le seul moyen d'élever les hommes à la liberté complète : autrement on échoue dans loat ce que l'on prétend fUre pour cette liberté. Ma vieille raison approuTC donc aujourd'hui ce que ma jeune raison dlsoit dans cette page il y a trente années ; je ferai seulement observer que, raisonnant toujours ici d'après le système des républiques anciennes, et fondant la liberté uniquement anr les mœurs , j'oublie cette autre liberté qu'amènent les progrès de la civilisaUoo. (N. Éd.)
^ IMoD., lib. XVI, pag. 457-170; Plut., in Timot,
de combattre pour la liberté de la Sicile , Ilech•^ cbant qu'à se substituer à Denys , traitasoos main avec les Cartbagioois. Bientôt la flotte puuique parut à la vue du port. Uancien tyran étoit alors renfermé dans la citadelle, où il se défen* doit contre le nouveau maltrede la ville. Danscette conjoncture , les citoyens opprimés envoyèrent demander du secours à Ck)rintbe, leur mère patrie, et contre Denys, et contre Icétas et ses aN liés '. Les Gorintbiens, toucbés des maibeors de leur ancienne colonie, firent partir Tiinoléoa avec dix vaisseaux \ Le grand bomme aborda en Sicile et remporta un avantage sur Icétas. Denys, voyant s*évanouir ses espérances, se rendit au général corinthien , qui fit passer en Grèce, sur une seule galère , sans suite , avec une petite somme d'argent , celui qui avoit possédé des flottes, des trésors, des palais, des esclaves, et du des plus beaux royaumes de l'antiquité.
Peu de temps après Timoléou se trouva mattre de Syracuse , battit les Carthaginois , et , appelant le peuple à la liberté , fit publier qu'on eût à démolir lés citadelles des tyrans ^ I^es Syracusaios se précipitent sur ces monuments de servitude; ils les nivellent à la terre j et fouillant Jusque dans les sépulcres des despotes, dispersent leurs os dans les campagnes , comme on sii^pend dans lei moissons la carcasse des bètes de proie poiv épouvanter leurs semblables*. On érigiea des tribunaux de justice nationale sur remplacement même de cette forteresse , d'où émanoient les ordres arbitraires des rois. Leurs statues fiirent0ibliquement jugées et condamnées à être vendues. Une seule, celle de Gélon, fut acquittée par le peuple 4. Le bon, le patriote Henri LY, qui n'étoit pas comme Gélon un usurpateur, n*a pas échappé aux républicains de la France. Les ^ ciensrespectoient la vertu, même dans leurs ennemis; et ceux qui accordèrent les honneurs dft; la sépulture à l'étranger Mardouius n'auroieni pas laissé les cendres d'un Turenne , leur oomft triote , au milieu d'une ostéologie de singes. Noil avons beau nous élever sur la pointe des pleti pour Imiter les géants de ta Grèce, nous ne seroif Jamais que de petits hommes K *
■ Dmid., Hb. XVI, pag. 407-470; Plut., m ' Purr., im TimoL; DiOD., Ub. xvi , pag. 40.
* Plut., in Timol. i
* L'image n'est que trop juste; mais il iieftot paspoo», ser la haine de la lyranoie jusqu'à approuver la violatifl^ des tombeaux . ( N. Éd. )
* DiOD., llb^ XVI , pag. 463; Plvt., m Timol.
^ C'est beaucoup d'humeur avec qu^qiie vérilé. te**