CHAPITRE XLV
ObJecUoDs hbtoriques et crUiqaes.
Les prophètes d'Israël avoient depuis longtonps annoncé la mission du Fils de Dieu. Et il «t venu, ce Fils de Dieu ; et la lettre des prophéties a été accomplie.
Gne chose n'est pas prédite parce qu'elle arrimt , mais elle arrive parce qu'elle est prédite. Be cela les évangiles mêmes font preuve ; ils ont la naïveté de nous dire à chaque ligné : « Et Ksw fit cette chose , afin qne la parole duprat^tefûi accomplie. » Mais, sans nous arrêter à combattre votre futile argument , nous vous montrerons que cette annonce du Christ ne vient VK delà honteuse ignorance des Juifs : ils contrent en prédictions le calendrier céleste des %ptiens qu'ils n'entendoient pas. Là, on voyoit iMtle mystère de la Vierge et de son Fils, qui ne i^gQifioitautrechose que le lever et le coucher de diverses constellations Aes Hébreux , en sortant ^"Egypte, emportèrent ces signes, et les transiinnèrent bientôt en des fables les phis absurdes.
Dy a bien plus : c'est qu'il n'est pas du tout ^OQtré qu'il exista Jamais un homme appelé ^^, qui se fit crucifier à Jérusalem. Quelles
'Bitle; Leiireide Diderot au roi de Pntsse; ToLAND, jOW^k/iow». Philotoph.; HUME*S Philotoph. Ettay; le '^'^KiiafBvFrontetc.
sont vos preuves de ce fait? Les évangiles. Admettriez-vous , dans un procès , comme valides , des papiers visiblement écrits par l'une des parties ? Nous raisonnons ici comme si nous croyions à l'authenticité du Nouveau Testament ( ce que nous sommes bien loin de faire , comme on le verra par la suite ). Loin de rien trouver dans l'histoire qui admette la vérité de l'existence du Christ , nous voyons , d'après les auteurs latins , qui parlent avec le dernier mépris de la secte naissante ' , que les évangiles n'étoient pas même entendus à la lettre par les premiers chrétiens. G'étoient des espèces d'allégories , des mystères auxquels on se faisoit initier comme à ceux d'É* leusis.
Mais encore il vous a plu de supprimer une multitude d'évangiles , que vous appelez apocry • phes, qui cependant ne le sont pas plus que les autres. Là, on remarque tant de contradictions ( contradictions que vous n'avez pu même faire disparoltre des évangiles que vous nous avez laissés ) , qu'il faut nécessairement en conclure que, dans le principe, l'histoire du Christ étoit un conte qu'on brodoit selon son bon plaisir.
Les premiers schismes de l'Église viennent à l'appui de cette opinion. Les Pères ne s'entendolent pas plus sur le fond que sur la forme. Comment se peut-il qu'étant si près de l'événement ils ignorassent la vérité? Il est trop clair, par ce choc de sentiments opposés , qde le système chrétien n'étant pasencore formé , chacun lemodifioit à sa manière. Rien ne parolt donc moins prouvé que l'existence du Christ.
Allons plus loin. Admettons la réalité de sa vie et l'authenticité des évangiles. De la simple lecture de ceux-ci résulte le renversement de la divinité de Jésus. Nous voyons que tout ce qu'il y avoit d'honnêtes gens à Jérusalem , les prêtres, les magistrats, enfin cette classe d'hommes que, dans tous les temps, on croit de préférence à la populace , regardoit le Christ comme un imposteur qui cherchoit à se faire un parti. On lui demanda des miracles publics , et il ne put en faire; mais il ressuscitoit , il est vrai , des morts parmi la canaille. Dans ses réponses Une s explique Jamais clairement, il parle obscurément, comme l'oracle de Delphes. Quant à sa résurrection , un peu de vin et d'argent aux gardes en explique tout le mystère. A qui apparut-il après sa sortie
> Il Afliell suppUciis christiaDl, genos homioum supentitioDls nov» ac malofic». » ( SCET., in Néron. ) Tacite ii*eD parle guère mieux.
RÉVOLUTIONS ANQENNES.
triomphante du tombeau? A ses disciples , à des femmes crédules, à des gens qui avoient intérêt à prolonger Timposture. Il ne se montra pas aux prêtres , au peuple , aux magistrats , qui le virent expirer, et qui étoient bien sûrs quMln'étoit plus. Passons aux dogmes ' .