CHAPITRE XLVI
Objections contre le dogme.
Il parolt, par les preuves internes et externes, que les évangiles ne furent Jamais prêches par Jésus, ni écrits par ses disciples. Ils furent, en toute probabilité, composés à Alexandrie dans les premiers siècles de TÉglise.
Après les conquêtes d'Alexandre, et Férection du royaume égyptien par les Ptolémées, les écoles de la Grèce furent transférées à Alexandrie , où elles prirent un nouvel éclat. De la situation de cette cité , qui formoit le passage entre rO« rient et TOccident , il en résulta que les opinions des brahmanes dès Indes , des mages de la Perse, des anciens prêtres de l'Egypte , et des philosophes de rOuest, vinrent se concentrer dans ce foyer conunun d'erreun et de lumières. C'est au milieu de la Mbliothèque d'Alexandrie et de cette foule de sectes, que les évangiles furent visiblement compilés. Il sont un mélange de diverses doctrines recueillies dans un corps et revêtues du langage figuré de l'Orient Leur auteur ou leurs auteurs furent sans doute doués d'un beau génie et d'une âme sensible. En rassemblant la morale de tous les sages, la simplicité , la pureté des leçons de Socrate^ l'élévation des principes de Gonfucius, de Moïse , ils mêlèrent une tendresse de cœur qui leur étoit propre; et, en y faisant entrer le roman touchant et allégorique du Christ, ils parvinrent à répandre le plus grand charme sur leur ouvrage. Telle est l'histoire de la partie morale des évangiles; quant aux dogmes, les voici :
Le mystère de la Trinité est emprunté de l'école de Platon : Dieu, l'esprit, ou les idées , l'âme du mondC) ou le Fils incorporé à la matière '. Du
1 Yoyei les auteurs cités aux chapitres précédents.
> Voyez les différents systèmes aux articles des philosophes grecs et persans. Il y a eu des modernes qui ont avancé que Jésus-Chribt n*éloil autre chose que Platon , qu*on disoit aussi sorti du sein d'une vierge. Les Indiens avoient de même une Irinité : Sree-Mun Narrain, Mhah Letcbimy, une belle femme (comme ie Fils, emblème de Tamonr), et le Serpent, ou Tesprit ( Skêtehei on ihe Mythohgy and CusUmu qf ihe Uindoos, page II. ) <t Thèse persons, » dit Tauteur du livre cité, « are « Bupposed by ttie Hindoos to be wboUy indivisible. The ooe « la thfce, ood tbe thiee are oae. » (Pag. la. )
Whisnou des brahmanes vient le mystère de rincamation>, qui correspond d'allleuh à fâme du monde des académiques. La Vierge, commi nous l'avons déjà dit , renferme un emblème as* tronomique. La persécution , le martyre cA la ré* surrection du Christ ne sont que le dogaie allégorique persan concernant le bon et le maoTaU Principe, dans lequel le méchant triomphe et détruit d'abord le bon ; ensuite le bon renaît, et subjugue à son tour le méchant. La doctrine de la rénovation des choses, et de la résurrection des corps, après l'incendie général du globe, se tire de la secte de Zenon, ou des fatalistes. Il serait aisé, disoient les philosophes, de moreeler ainsi tous vos évangiles et d'en montrer les pièces dé rapport; mais tenons-nous-en ici : il suffit d'avofip fait voir où vos dogmes fondamentaux ont été puisés. Nous allons maintenant parier de la dis* cipllne de votre Église *.