L'histoire confuse de cette époque ne laii
pas voir les causes de ces mouvements divers. L
partis s*^ccusent mutuellement : tantôt c'est ÂIi
rie représenté comme un chef sans foi , se jouai
des serments qu'il prête tour à tour aux dei
empereurs Arcade et Honorius ; tantôt c'est Si
con supçonné de vouloir faire tomber la coorou
sur la tète d'Ëucher son fils, et suscitant à dessd
les Barbares : mais cette fièvre à redoublemeDi
n*étoit que l'effet de la décomposition da cor|
social dans sa maladie de mort. L'Italie fut oooi
ternée à la seconde irruption d' Alaric. Borne ri
para les murailles d*Aurélien; Honorius, prêt
fuir , trembloit dans les marais de Ravenne. StiU
con attaque les Goths à Pollenoe, sur les cooûi
de laLigurie, et remporte une victoire chèrema
achetée \ Les Goths avoient d'abord refusé I
combat, à cause de la célébration des fêtes de h
ques (403 ). La femme et les enfants d' Alaric di
meurèrent prisonniers entre les mains de Stiliooi
et , pour les délivrer , Alaric consentit à évacofl
ses conquêtes. Dieu avoit, au milieu de l'emplf
ronaain, deux armées de Goths investies de u
justices : l'une conduite par un Goth cbrétieD
Alaric ; l'autre par un Goth païen , Radagaise, o
Rhodogaise, selon la forme grecque. L'armée 4
celui-ci étoit composée de toute la race godl
transdanubienne et transrhénane. Il meaoit ^
l>atailles deux cent mille soldats.
Radagaise monta à son tour en Italie (40fi) comme une haute marée remplace celle qui ^ descendue. Stilicon rassemble des Alains, 4 Huns , et d'autres Goths commandés par Sali Les ennemis pénètrent Jusqu'à Florence. Silf Ambroise apparoitàun chrétien dont jadisilavi été l'hôte dans cette ville, et lui promet une ^ livrance subite. Le lendemain Stilicon, parfoil ou par famine , contraint la multitude barbafft Aiir ou à se rendre. Radagaise est pris , chargél
* Deus Doster refugium et virtos ; nint qucdam ^^M^ quisque quum fugerlt magis inlirmatur quam coalinD4 Conrugis, veri)i gratia, ad aliquem In secuio maguaniM. UN hqjiis seculi inœrta sunt et lia potentum ruios quolkila crebreacunt, ut quum ad taie nfugium pervenerto* V^^ Uniere Incipias. (A,u«;., Enarraiiomê in Psalmoit xLf* ▼•) pag. 289,cap. IV.)
> Claud. , de Bell, Gei. , pag. 173 ; Pruo. , in Sifm. , IU>>i Oaos., lib. vil, cap. ixxvii; JoRN., pag. 663. Polienoetftl OQffe un peUi village dan^ le Piémont, aor le Taoaco»
BISTORIQUES.
I, d enfin exécuté : ses compagnons , par^ féen troopeaux , sont vendus un écu pièce. Ils Murent presque tous à la fois : ce qu*on avoit ^Kff&é en les achetant fut dépensé pour creuser kinfones.
Un an après la défidte de Radagaise (406) , les AUds, les Vandales et les Suèves envahirent les Gaies, toDjours , supposoit-on , excités par Stilian, qni renversoit les Rarhares par ses batailles , û les reieToit par ses intrigues.
Les BoorgQigimns et lesFranks suivirent les ttto, les Vandales et les Suèves dans les Gaukif en 407 , et n'en sortirent plus.
Uslégkms de la Grande-Bretagne élurent cette itee année, pour empereur, Marcus, qu*ils ■Maerèrent ; et ensuite un soldat , nommé Gons- Intii. Gdni-d passa dans le continent , battit ce fflRiieontra, et s'établit à Arles. Il ftit reconnu Il MM par Honorius, qui faisoit paisiblement Al lojsassez bonnes pour des sujets qu'il n'avoit |hi n proscrivit les prisdilianistes et les donafite.
Goûtant, fils de ce Constantin, empereur fAries,d'abord moine , ensuite césar et auguste, KRndit maître de l'Espagne. Il en ouvrit la porte ■I Barbares, en retirant la garde des Pyrénées toUèles et braves paysans chargés de les déli*e'.
Honorios épouse, en 408, Tbermancle, seiMfc fine de SHlicon.' Alaric traite avec Stilioon ftr^lépités : il obtient la qualité de général des Ma d*Honorius, dans l'Illyrie occidentale. ^, donné en otage à Alarlc, passa trois ans •FTtedeluL
Ahric, non encore satisfiiit, s'avança vers 11- Ue, et demanda quatre mille livres pesant d'or, VeStilicon lui fit accorder.
BoDorios commençdt à se défier de Stilicon , à >hiion oncle et son beau-père, et accusé de *8Br à la pourpre pour Eucher, son fils , ou ver- ^■ttt attaché au paganisme.
^camp réuni à Pavie, secrètement travaillé ^ Olympe, fevorl d'Honorius, donna le signal *^révolte. Stilicon apprend celte révolte àBo- Jji, en devine la cause , et se retire à Ravenne. ^■x ordres d*Honorius arrivent, l'un pour ar- '^i Tantre pour tuer le sauveur de l'empire, ^^ ennemi public : il eut la tête tranchée le îî d'août 40S; c'étoit Rome qui portoit sa tête •"'féchafeud. Héradien exécuta StUicon de sa
**^»p*g. an.
ca&mtiUAso.
foie L
propre nmtn , et fût fait comte d'Afrique : par une vertu d'extraction , le sang d'un grand homme anoblissoit son bourreau. Eucher, qui vouloit les temples, et qui chercha à Rome un abri dans \eê églises , ftittué; Thermancie , femme d'Honorius, eut le même sort. Olympe hérita de la faveur dont avoIt Joui Stilicon.
Durant ces^ troubles de l'Occident, l'Orien€ avoit été gouverné par Arcade, successivement gouverné lui-même parRuÛnet par Eutrope ; l'un mauvais favori , qui se croyoit haï à cause de sa fortune, et ne t'étoit que pour sa personne ; l'autre, hideux eunuque, devenu consul, d'esclave d'un palefirenier qu'il avoit été; avide pubiicain qui prenoit tout , même des femmes ; qui vendolt tout par habitude, se souvenantd'avoirétévendu*. Vous avez vu la mort de Rofin.
Eutrope, pour défendre sa bassesse, inventa des lofs qui restent dans le Gode comme un monument de la honte humaine*. Ges lois appliquent le crime de lèse-majesté à ceux qui conspirent contre les personnes dévouées à l'empereur; elles punissent la pensée , et s^appesantissent jusque sur les enfants des coupables de lèse-favoris. Ges lois , qui ne mirent pas même leur auteur à l'abri , firent trembler des esclaves, et n'arrêté* rent pas des Goths. Tribigilde , chef d'une colonie d'Ostrogoths établie par Théodose dans la Phrygie , se révolta à l'instigation de Gainas , cet autre GoQi , meurtrier de Rufin. Tribigilde , opprimé tant qu'il fut ami, fût respecté quand il devint ennemi; on reconnut qu'il avoit été fidèle lorsqu'il cessa de l'être. L'eunuque régnant , accusé de ces désordres, les paya de sa chute. Il avoit osé insulter l'impératrice Eudoxiei Saint Ghrysostôme , qui devoit le siège épiscopal de Gonstantinople à Eutrope , eut le courage de défendre son bienfaiteur ; s'il ne put le sauver du glaive de la loi , il l'arracha du moins aux fureurs populaires; il le peignit trop vil pour être égorgé, et réclama en sa faveur l'inviolabilité du mépris. Eutrope, tout tremblant, la tête couverte de poussière, s'étoit réfugié dans l'église à laquelle il avoit retiré le droit d'asile. « Elle lui ouvrit son « sein , dit Ghrysostéme ; elle l'admit au pied de « l'autel ; elle le cacha des mêmes voiles qui cou- « vroient te lieu sacré : elle ne permit pas qu'on « l'arrachât du sanctuaire dont il embrassoit les « colonnes'. *
' CL.ai>., in Eulrop, eun,^ lib. t, pag. Oi et seq. > Cod, Th. , loi du 4 septembre 307.
^ HomtUa iv, pag. eo«
tl
IM
ÉTUDE9
Eutropg Alt beani dans l'tle do GbyprOi ramené à Pantique, et décapité. Cet homme, qui avoit possédé plus de terre qu'on n'en pouvoit piesurer, obtint à peine le peu qu'il en falloit pour couvrir ton cadavres
Saint CbrysoatAme sauva la vie à ÂuréUen et à Saturnin , que Gainas accusoit d^étre les auteurs des troubles de l'Orient Gainas , trompé dans ses prqjets de vengeance , conspira ouvertement. Les Goths qu'il commandoit , et à l'aide desquels il vouloit surprendre Gonstantinople, furent massacrés, et lui-même, après avoir été défait par Fravitas, trouva la mort chez lesHuns, de l'autre ^tédu Danube, dans l'ancienne patriedes Goths.
Eudo^, proclaméeaugusta , ordonna d'honorer ses images. Une statue d'argent élevée à cette femmeambitieuse , assez près de l'églisede Sainte- $aphie, excita le sèle de saint Chrysostôme, et devint la principale cause de l'eiil de ce grand prélat. U sortit de Gonstantinople le 20 juin 404, Eudoxie succomba le sixième jour d'octobre : une fouue cQftchê termina sa vie, son règne, sa fifirié , son animosUé et tous ses crimes \
^ Arcade mourut le 1" mal de l'année 408, quelques mois avant la fin tragique de Stilicon ; il laissa un fils unique, Théodose II. Anthemius, préfet d'Orient, fût son tuteur. Les Huqs et les Squl^es envabirentia Tbrace,
Pulehérie, sœur atnée de Tbéodose, devint , dès l'âge de quinw ans, l'institutrice de son {Mre. Le palais se changea en monastère. Théo-» dose se l€v<^t 4e grand matin avec ses sœurs, pour chanter à deux chœurs les louanges de Dieu, lamais cç prince ne vengea une iiyure ; il laissa rarement exécuter un criminel à mort. Il disoit ; » Il est aisé de faire mourir un homme, mais Dieu « seul lui peut rendre la vie. » Un Jour le peuple demandoit un athlète pour combattre les bétes féfoees; Théodose, qui étoit présent , répondit : « P(e savez-vous pasqu*iln'y a rien de cruel et « d'inhumain dans les combats oi nous avons ao* « coutume d'assister ^7»
Ce prince doux avoit inventé une lampe perpé-
* Ae tanlum tdluris possedit quantuin neo facHe nomi- Btn qal nunc esigaa cooditur liumo, et quanHilam ei non nemo miseratione motos ^perUes. (Chbys., tom. iTjpag. isi,
* XiLLKMONT, HuL dei Emp., tom. v, pag. 472.
* HoNORits , Théodose II , emp. Innocent I*% Zostme, BomvACB 1*S CâLGftTUi PS papes. An de J. C 409-428.
' Populos vociferari oœplt : Cam fera besUaaodax quidam bestiarius pugnet !
Qoibos ille ita respondtt :
IfesdUs nos cum humanitate et clementla ftpeetacuttl iote- KMe solitM? (SocRm pag* 802.)
tuelie, afin que ses domasttqiM sa flttunt in obligés de se lever la nuit pour la rallumer * . Instruit ' , aimant les arts Jusqu'à peindre et à modeler de sa propre main , U écrivoit si bien, qu'oi lui avoit donné le surnom de Calligraphe. Ihi reste , il manquoit de grandeur d'Ame, avoit p decœur, n'aimoit point la guerre, achetoit la paii des Barbares , et particulièrement d'Attila. Il M toit son seing au bas de tous les papiers qu'on h présentoit sans les lire, tant il avoit aversion ds affoires ^. Il signa de la sorte l'acte de l'eselavagi de l'impératrice 4. Cefut Pulehérie quiessayidi le corriger par cette innocente leçon. Saint Augii tin remarque que cetempereurauroit été imiaiBt dans la solitude ^
Théodose étoit livré aux eunuques, qoldttifr choient la virilité du prinoe ; Antioque, ffui chambellan du palais , conduisoit tout. Tbéoli» se mêla trop des affaires ecclésiastiques ; il hn risa l'hérésie d'Euticfaès, et q^puya les violcDd de Diosoore.
Je dois vous faire remarquer sous Théodoi quelques lois caractéristiques du temps : lois en tre les hérésiarques de toutes les sorMs; mioi chéens,pépusenlens, phrygiens, priseilliaaisiei ariens , macédoniens , tunoniens, novàtiens, fl bastiens t lois pour les professeurs des lettrei Gonstantinople; dix professeurs latins pour II humanités ; dix grecs ; trois latins pour la rhélor que ; cinq grecs appelés sophistes ; un poar ks s erets de la philosophie ; deux pour le droit Gi toitiesénatquicboisissQit les professeurs publiei ils subissoient un examen ; lois pour défeirfi d'enseigner (419) aux Barbares la censtroctio des vaisseaux, et qui prononcent la peiae i mort contre les délinquants : lois qui aooorda à chacun le droit de fortifier ses terres et sespn priétés ^. Ce droit est tout le moyen âge.
En 421 Théodose épouse Eudode, fille d'Aï raclide, philosophe d'Athènes, ou de Lésaei
' Soz. , Prolegom. , pag. SOS.
> Semper lecUtandis libris oocupatos. ( CoNsnifTiKi m If AMIS Cifmpendium, pag. 65. )
3 Si quis ei okiartam offerfet, rabrif et la ea UMeriiaoa imperatorium subscribebat , non iospectis prius ds (p CMent In ea prKScripUa. ( /cl. , «M. ) ^^
^ Quamobrem diviDia exornata doUbos PuUberla fw» ab hoc viUo revocare sludens, singulari dUigentta Impnv rem monebal.. Utfcras fingit , 1d qotbi» pencriptan fort imperatorem Pulcberis sorori co^Jagem suam f eluti bm plum dooasse. Hanc cbartam fratii offert, rogai 1^'°^J|^ pturam Uttoris imperatorite munira ma sabrignars veUt Imi rator predbus sororls anDoit, nox calamum prebeiulititf| et exaratls purpurd coloria Utterls , cbartam confiniMt. ( '
& Bpiêi.
« C«f. Th.
HISTOBIQUES.
Ifi
•|IMe;tfk iTappdoll ÂAéùM» avant d'être
hptisée. Athènes^ q«i n'avoit pai fourni un tyran étapire romaitti loi donnoit pour reine une ■k: Eudocie étoit poète : elle mit en vers cinq Inci de Moiw, Josué, te Juges, et ia touchante ^IliigDeileRath.
D M but pas coofèndra Eudocie avec Eudoxie , son de la befie-oière et nom aussi de la fille fiVat sot de Théodose, et qui fut mariée à YaintiBiam,l*an437»
ReTCDODS aux affaires de l'Italie»
HoBorins s*étant privé du secours de Stilicon ■nit pa donner le commandement des troupes iMiiDies à Sarus le Goth., homme de guerre; ■Mii le r^eta parce que Sarus étoit païen. AlarieprapoMHtlapaix à des oonditionsacceptabies; alesrelasaiilvint mettre le siégedevantBome\ tee, veova de Stilicon , étoit dans cette ville; kiÉat iacrut d'intelligence avec Alaric, et la fit MEer, par le conseil de Placidie , sœur d'Ho-
Aliric ferma la Tibre : la fiimine et la peste déalèraitlesassl^lés *. Alaric consentit à s'éloigner aoyasaot une somme immense K On dépouilla la rtstno des richesses dont elles étoient ornées, •tntotres celles du Courage et de la Vertu 4«
floQoritts, renfermé dans Ra venue, ne ratilÉ point le traité conclu. Le sénat lui députa Altik, intendant des largesses, Cécilien et Kttiffliea : ils n'obtinrent rien de l'empereur, teioé par Olympe*
Aiaricie rapprocha de Bome , et battit Valons |ii la veaoit secourir.
Olympe disgracié , puis rétabli , puis disgracié Mie,€«tle8oreiUescoopées,eton l'assomma.
^ nccéda à Olympe ; il avoit connu Alaric en W;il étoit paienet versé dans les lettresgrec- W H latines. La nécessité des temps avoit ^■>ié une tolérance momentanée ; une loi d'Ho- Ms, de 409 , accorde la liberté de religion aux Nas et aux hérétiques.
Ahrie assiège de nouveau la ville étemelle ;
;uaa.
^^tai aaAqiiê eoDdOMnt , et oeeapatoîlbefl fliniilm,
^Jn^iMkiiDtm oommeatoi e porta Impediebat... Famem
fJ>>MUMlQr. (Imm.,MitL, m).T,pi«. 106. B«lte«.)
we umm quod io orbe foret et argenUmi. ( Id. , pag.
Boo orotnienji^ dontaxat tua slmolacrU ademenint, Jjwedam noonulla ex aura et arfento focta cooflaranl, 1^ o^ lo Dimiero Fortiladlnte, quoque simulacrum '^*J**^ Virtutem Tocant
jm Moe ooRuplo qnklqaid fortitadinb atqw vlrlolb 2« iniaDQi raperabat extinctom foit (Zo«im., Hisf,, ^*iP«C.ia7.aaiile«.)
Iliabila et dédaigneux Barbare, toulaiit ttancher les difficultés qu'il avoit avec l'empereur^ change le chef de l'empire ; il oblige les Romains à recevoir pour auguste Attale, devenu préfet de Bome. Attale plaisoit aux Goths, parce qu'il avoit été baptisé par leur évèque.
Attale nomme Alaric général de ses armées. Il va coucher une nuit au palais, et prononce un discours pompeux devant le sénat
Il marche ensuite contre Honorius , son digne rival. Honorius envoie des députés à Attale, et lui offre la moitié de l'empire d'Occident. Attale propose la vie à Honorius et une lie pour lieu d'exil. Jove trahit à la iTois Honorius et Attale» Alaric, qui tient Bavenne bloquée, et qui commence à se dégoûter d' Attale, lui soumet néai^ moins toutes les villes de l'Italie, Bologne exceptée '. Ces scènes étranges se passent en 409.
En Espagne, Géronce se soulève contre Constantin , l'usurpateur qui régnoit à Arles, et com« munique la pourpre à Maxime.
L'Angleterre, que Bome ne défend plus, se met en liberté. Dans les Gaules, les provinces armoricaines se forment en républiques fédérati* ves *. Les Alains, les Vandales et les Suèves entrent en Espagne ( 409 , 28 septembre ] . Les Vandales avoient pour roi Gonderic, et les Suèves , Ermeric. Les provinces ibériennes sont tirées au sort : la Galice échoit aux Suèves et aux Vandales de Gonderic , la Lusitanie et la province de Carthagène sont adjugées aux Alains, la Boetique tombe en partage à d'autres Vandales , dont elle prit le nom de Vandalousie, Quelques peuples de hi Galice se maintinrent libres dans les montagnes ^
En 410, sur des négociations entamées avec Honorius, Alaric dégrade Attale; il le dépouille publiquement des ornements impériaux àla porte de Bimini ^. Attale et son fils Ampèle restent sur les chariots de leur maître. Alaric gardoit aussi dans ses bagages Placidie, sœur d'Honorius, demi-reine , demi-esclave. Il essaye de conclure la paix avec le frère de cette princesse , auquel il envoie le manteau d'Attale. Honorius hésite; Alaric reprend son empereur parmi ses valets , remet la pourpre sur le dos d'Attale , et marcha à Bome. L'heure fotale sonna le vint-quatrième Jour d'août, l'an 4i0 de Jésus-Christ
' Zoa»., pa(L 829 etseq.
» W., ibid.
* Adg. , ep, ISS ; PRO&. , CBH. , Zo6. , psg. 814 ; IDA.T. , Chr,,
pag. 10.
* Zo$.,pag.890.
ie4
Rome est forcée ûà trahie : les Goths, élevant leurs enseignes au haut du Capitole, annoncent à la terre les changements des races ■•
Après six Jours de pillage, les Goths sortent de Rome comme effrayés; ils s'enfoncent dans ritalie méridionale; Alaric meurt: Ataniphe, son heau*frère , lui succède.
Dans les années 41 1 et 412 il n*y eut plus de consul , comme il n'y avoit plus de monde ro« main : du moins on ne trouve pas leurs fastes dans ces deux années. Il s'éleva pourtant alors un général de race latine. Constance étoit de Naisse , patrie de Ck>nstantin ; il s'étolt fait connottre du temps de Théodose; il avoit le titre de comte lorsque Honorius songea à l'employer. Si l'on ne connoissoit l'orgueil humain, on ne comprendroit pas qu'Honorius pardonnât moins à un chétif compétiteur qui lui disputoit le diadème, qu'aux Barbares qui le lui arracboient : Constance eut ordre d'aller attaquer Constantin, tyran des Gaules.
Géronce , qui avoit proclamé Maxime auguste en Espagne , tenoit Constantin assiégé dans Arles : il fut abandonné de son armée aussitôt que Constance parut. Maxime tomba avec Géronce^ et vécut parmi les Barbares dans la misère.
Constantin, délivré de Géronce, se remit lui et son fils Julien entre les mains du général d'Honorius : il s'étoit fait ordonner prêtre avant de se rendre *, par Héros, évéque d'Arles; précaution qui ne le sauva pas : il fut envoyé avec son (ils en Italie; on les décapita à douze lieues de Ravenne.
Édobic ou Édobinc , chef frank et général de Constantin , avoit essayé de le secourir. Constance et Ulpbilas, capitaine goth qui commandoit sa cavalerie, défirent Édobic su r les bords du Rhône. Édobic se réfugia chez Ecdice, seigneur gaulois auquel il avoit Jadis rendu des services^. Ecdice coupa la tête à son hôte, et la porta à Constance^. « L^empire, dit Constance, en recevant le « présent, remercie Ulphilas de Taction d*£c- « dice^; » et Constance chassa de son camp,
* Ln déUils se troateroot à l*arUcte des Mœun de$ Barhum,
* Poit haRC victoriam ConsUnUotis cognlta Edonlcl
cftde, purparam et reliqua imperii insignia déposait.
Cumque ad cecletlam venissel , lllic praU>yter ofdinatos est <Soz. , cap. ZT , Hb. ïx , pag. 8lo , d. )
3 Profuglt ad Ecdiciuffl, qui muUts oitm benefldis ab Edobico arrectun, amicui illi eue pulabatur. ( Id., ibid. )
* Veram Ecdiclus capnt Eilobici amputatom ad Honorli duces detum.(/(f.,t&i<<.)
* GooitAOtiiu veto capul qaldem occipi jusftit i dioens rem-
comme y pouvant attirer la colère du dd, m traître à l'amitié et au malheur >.
Jovin prit la pourpre à Mayence dans rannél
Les Goths , après avoir évacué l'Italie, étoledi descendus dans la Provence. Ataulphe B^allto avec Jovin , lequel avoit nommé auguste Sébastien son firère : il se brouille bientôt avec eux , flt les extermine* . Les généraux d'Honorios s*^ toient joints aux Goths dans cette expédition.
L*an 413 Héraciien se révolte en Afrique. D aborde en Italie, et, repoussé, s'enM à Carthage , et va mourir Inconnu dans le temple de Mnémosyne.
Honorius avoit une qualité singulière : e'M de n'entendre à aucun arrangement; il opposott son ignominieuse lâcheté à tout, comme un vertu. Lui offroit^on la paix lorsqu'il n'ayoit aocun moyen de se défendre , il chicanoit sortes conditions , les éluddt , et finissoit par 8*y refiiser. Sa patience usoit l'impatience des Barl»res; ils se fatiguoient de le frapper, sans poatoir l'amener à se reoonnottre vaincu. Mais admires l'illusion de cette grandeur romaine qai imposoit cDCore, même après la prise de Rome!
Ataulphe désiroit ardemment épouser Piad^ die, toujours captive; il la demandoit toujootf en mariage à son frère, qui la reftisoit toqjoon. Pendant ces négociations, cent fois interrom* pues et renouées , le successeur d'Alaric s'em* pare de Narbonne et peut-être de ToiiloQse;il échoua devant Marseille; ily ftit repoussé et blesrf par le comte Boniface : Bordeaux lui ouvrit tel portes.
Les Franks, dans l'année 418 , brûlèrent Trêves. Les Burgondes ou Bourguignons ' s'étabfr rent définitivement dans la partie des Gaula i laquelle ils donnèrent leur nom.
Las du refus d'Honorius, Ataulphe résolut A prendre à femme celle dont il eût pu faire sa oos* cubine par le droit de victoire. Le mariage stoH peut-être eu lieu à Forli * , en Italie ; il fut soteo' nlsé à Narbonne, au mois de Janvier l'an 414 Ataulphe étoit vêtu de l'habit romain, et oédoil
pabllcam gratiu agere Ulfll» ob fiwliiiis EdlcU. ( S«. , cap \T, lib. IX t pag. 816, d.)
' $fd cam Eodidtts apud eom maoere vellet , abicedef eum jussit, nec »lbi, nec eiercltui oomiDOdam fore nlo coDsaeludiQcm hqjus vfarl , qui tam mate hospitet tooi exd peret. ( Id. , ibid. )
* Oros. , pag. 924 ; IdàT. , Chr.
Ml y a aussi les BuragoDd» , quni ne faat pas coafontfn avec les Burgondes ou Boargaignpos.
* JORNAKD., cap. &X1J.
HISTORIQUES
Wf
kfRmièfeplaceàlagrande ëpoasée son la yoyoit M sur on Ut orné de toate la pompe de rimféntrice. Cfoqnante beauic Jeunes hommes, vêtus èniMsdesoie, eux-mêmes partie de Toffiraiide, ieposèreot aux pieds de Pladdie cinquante basnsranplisd^or et cinquante remplis de pierreos '. Âttaie, qui d'empereur étoit devenu on ne aftqoeile ehose à la suite des Goths , entonna le fRoier ^thalame *. Ainsi un roi gotb , venu de bScytUe^épousoit à Narbonne Placidie son esdive, fiUe de Théodose et sœur d'Honorius, et kidooDoit ea présent de noces les dépouilles de iHK.'àsPSDOces dansoit et ehantoit un autre Bo- ■Éi que les Barbares faisoient histrion , comme ifiToient fait en^pereur, comme ils le firent amksàkm aoprèsd'un asf^rant à Tempire, comme Ikv plat de lui jeter de nouveau la pourpre. Fiaîswos-en avec Attale. Après le mariage de fliQdie, ee maître du monde qui n'avoit ni terre, vmpxA^ soldats, nomme intendant de son ànuae le poète Paulin , petit-flls du poète Au- 9m\ Abandonné par les Barbares , Attale , qui imitiDiTi les Goths en Espagne, s'embarque pov aller on ne sait où : il est pris sur mer, et eoodoit enchaîné à Raveoue. A la nouvelle de «Ne capture, Constantinoplese répandit en acte de grâces ^ , et s'épuisa en rejouissances FMqoes. Honorius , dans une espèce de triomik à Rome, en 417, fit marcher devant son <tele formidable vaincu, le contraignit ensuite ^ BOQter sur le second degré de son trône, ihqoe Borne , déshonorée par Alaric , pût con* tttpler et [admirer l'illustre victoire du grand César de Bavenne. Le prisonnier eut la main Mte eoopée , ou tous le» doigts , ou seulement ^ doigt de cette main ^ : on ne craignoit pas V^eDe portât l'épée, mais qu'elle signât des or- 'ks; apparemment qu'il y avoit encore quelfKdiose au-dessous d'Attale pour lui obéir. Il ^^f^ ses jours dans Tiie de Lipari , qu'il avoit JA proposée à Honorius; et, comme il étoit Mdé de la fureur de vivre , il est probable qu'il h koreux. On avoit vu un autre Attale , chef '^ antre tm^ : c'étoit ce martyr de Lyon à
J^ alla Dopltaram dorn^ donatar Adalphos etiam quin- SP"** fermotls paeris , serica veste Indutls , ferentibus sin- Sy^fge nami ingentes dlsoot binoi , qaoram aller auri J^iaUerlapilIbpreUosiSfVelpreUl ituesUmabilis , qua ?JJ«»eurbte direpllone Golhl depraîdall faerant. (loAT., ^7*^1 UL 414. Voyez aOtti OLfVP. apud PhoUum, )
^ »AT., Chron, , an. 414 ; Olymp. ap, Phot.
t rflf' * '*"*^ Ënehar. , poem. , pa^ 287.
^<^.^fa«.,pag.70S.
^'"B^ipas- aa4iPi|iuwr., ttix m, o^. v; Zos*, Ub. vi.
qui on fit faire le tour de l'amphithéâtre , précédé d'un écriteau portant ces mots : Le chrétien AU taie.
Honorius avoit conclu la paix avec AtaulfAe^ son beau-frère; celui-ci s'engageoit à évacuer les Gaules et à passer en Espagne* Placidie accoucha d'un fils qu'on nomma Théodose, et qui vécut peu. Betiré au delà des Pyrénées , AtauU phe est tué d'un coup de poignard par un de ses domestiques , à Barcelone (415). Les six enfants qu'il avoit eus d'une première femme sont tuéi après lui»
Les Visigoths mettent sur le trône Sigérlc,' frère de Sarus ; SIgérIc est massacré le septième Jour de son élection. Son successeur fut Yallia : Vallia traite avec Honorius , et lui renvoie Pla<* cidie , redevenue esclave , pour une rançon de six cent mille mesures de blé *•
Constance, général des armées d'Occident^ épousa la veuve d'Ataulphe malgré elle : elle lui donna une fille , Justa Grata Honoria , et un fils^ Valentlnien III.
L'année qui précéda l'éclipsé de 4 1 8 marque la commencement du règne de Pharamond k
En 418, Yallia extermina les SIlinges et les Alains en Espagne. Les Goths revinrent dans les Gaules, ou Honorius leur céda la seconde Aquitaine , tout le pays depuis Toulouse Jusqu'à l'Océan ^
Le royaume des Visigoths prenoit la forme chrétienne sous les évéques ariens ^. Théodorie porta la couronne après Yallia. Yallia laissa une fille mariée à un Sue ve, dont elle eut ce Bicimer ^, qui devolt achever la miDC de l'empire d'Occident. Une constitution d'Honorlus et de Théodose, adressée l'an 418 à Agricola, préfet des Gaules, lui enjoint d'assembler les états généraux des trois provinces d* Aquitaine , et de quatre provinces de la Narbonnoise. Les empereurs décident que , selon un usage déjà ancien , les états se tiendront tous les ans dans la ville d'Arles , des Ides d'août aux ides de septembre (du 1 5 août au 1 3 septembre). Cette constitution est un très-grand fait historique qui annonce le passage à une nouvelle espèce de liberté. Constance , père d'Ho* noria et de Yalentinien III , est fait auguste et meurt.
I PROS. , Chfûn. ; Phot. ; Zos. , lib. n , cap. ix ; PmuMT. , lib. xu, cap. IT, pag. K34 ; Oros. , pag. S94« > Valus, fftf. Franr,, lib. m, pag. 118.
* Id. , ibid., pag. 115.
4 SiD. Ap., cann. n, pag. Sûo.
* Don. EooQw , Bfi, Gai* et Fi^ne* tcHpt. / SOK Ar.
ÉTUDES
Honorias oblige sa sœur Pladdle, qiîMl aimoit trop peat-étre ', à se retirer à GonstaDtinopleayee sa fille Honoria et son fils ValentiDlen. Au bout d'un règne de yingt-hnlt ans, qni n'a d'exemple pour le fracas de la terre que les trente demie* res aDnées où J'éeris, Houorlos expire à Ravenne, douze ans et demi après le sac de Rome, atta* chant son petit nom à la traîne du grand nom d'Alaric.
Cette époque compte quelques historiens; elle eut aussi des poètes. Ceux-ci se montrent particulièrement au commencement et à la fin des so* détés : ils viennent ayec les images ; il leur fout des tableaux d'innocence ou de malheurs; ils chantent autour du berceau ou de la torabC) et les ▼ilies s'élèvent ou s*écroulent au son de la lyre. Une partie des ouvrages d'Olymplodore, de Frigerid, de Ciaudien, de Butilius, de M acrobe, sont lestés.
Honorhis publia (414) une loi par laqudle il étoit permis à tout individu de tuer des Kons en Afrique , chose anciennement prohibée. « Il fout , f dit le reserit d'Honorius, que Tlntérèt de nos « peuples soit préféré à notre plaisir. »
SECONDE PARTIE
DE THËODOSE II ET VÀLENTHIIEN HI ▲ MAEQEIf , AVITUS. L£ON V, liAJORIEN, ANTHÊME, OLTB&E, GLYCËRIUS, N£POS, ZENON ET AUGUSTULE.
* L'empereur d'Occident, Valenlinleu III, étoit à CoDStantinopIe avec sa mère Placidie lorsque Honorius décéda. Jean, premier secrétaire, profita de la vacance du tr6ne, et se fit déclarer auguste à Rome. Pour soutenir son usurpation il sollicita l'alliance des Huns. Théodose défendit les droits de son cousin. Ardaburius passa en Italie avec une armée. Jean, abandonné des siens, fut pris :on le promena sur un âne au milieu de la populace d'Aquilée; on lui a voit déjà coupé une main ' ; on lui trancha bientôt la tète. Ce prince d'un moment décréta la liberté perpétuelle des esclaves ^ : les grandes Idées sociales traversent rapidement la tête de quelques hommes, longtemps avant qu*elles puissent devenir des faits : c'est le soleil qui essaye de se lever dans la nuit.
* Pbot. , cap. Lxxi , pag. 197 , Toce Olymp.
* TiBÊODOS£ U, VALKimNIKll III,MaBC1EN, AvITOS, UoN
l*%MajoRiErf , Anthêhb, Olvbrb, Gcycêrius* Néhm, Zenon et AucusTULE, empw Célbstim, l*', Sutk 111, Léon I*', Ui- LAIRE el SiMPUCius, papes. An de J. G. 4ad47S. ' PrilosTm pag. 638; Prqgûp., 4ir^«M. Fmmd^ Ui). i»c m.
* CwL tam^j toi», uii pag. oas.
Valentinlen àvoit six ans lorsîqu'on le proètama auguste sous la tutelle de sa mère. L'Illyrie oeddentale fut abandonnée à l'empire d'Orient. Ua édit déclara qu'à l'avenir les lois des deux empi* res cesseroient d'être communes.
Deux hommes jouissoient à cette époque d'âne réputation méritée : ifitius et Bonifttee ont été surnommés les derniers Romains de t^mplre, comme Brutus est appelé le dernier Romain de 11 république : malheureusement ito n'étoientpoist, a'usi que Brutus , enflammés de l'amour de la 11* berté et de la patrie ; cette noble passion n'existott phis. Brutus aspirait au rétablissement de Tasdonne liberté affiranchle de là tyrannie domerti* que: qu'auroientpu rêver iEtiusetBonIfeoeTieré* taMissement du vieux despotisme dâi vré da Joog étranger. Ge résultat ne pouvoit avoir pour eux la force d'une vertu publique : aussi combattiilent*ih avec des talents personnels pour des intéréis pri* vésnés d'un autre ordre de choses. Il semêlott à leurs actions un sentiment d'honneur militaire; mais l'indépendance de leur pays, s'ils l'avolent conquise, n'eût été qu'un accident de leur gloire.
La défaite d'Attila a immortalisé iCtius; la dé* ftmse de Marseille contre Ataulphe et la reprise de l'Afrique sur les partisans de l'usurpateur Jeao ont fait la renommée de Boniface : il est deveoo plus célèbre pour avoir livré l'Afrique aux Ba^ bares que pour l'avoir délivrée des Romains. Dam les titres dlllustratlon de Boniface, on trouve Vt* mille de saint Augustin. Placidie devoit tout à ee grand capitaine : il lui avoit été fidèle au temps de ses malheurs ; iEtius, au contraire, avoit fgivorisé la révolte de Jean , et négocié le traité qui filboN passer soixante mille Hims des bords du Denobe aux frontières de l'Italie.
iCtIus éiiÀt fils de Gaudenoe , maître de la ci^ Valérie romaine et comte d' AfHque : élevé dans la garde de Tempereur, on le 'donna «& otage i Alaric vers l'an 403 , et ensuite aux Huns, donl il acquit l'amitié. iEtius avoit les qualités d'aï homme de tête et de coeur : un trait particulier I distittguoit des gens de sa sorte : t'any^tion ta manquoit, et pourtant il ne ponvolt souffrir A rival d*influence et de gloire. Cette Jalouse PA blesse le rendit faux envers Boniface , qooiqu*! eût de la droiture : il havita Placidie à retirer i Boniface son gouvernement d'Afrique, et il mas doit à Boniface que Placidie le rappeloit dans I dessein de le faire mourir '• Bani&ce s'annepoo
HISTÛBIQÙES.
Mbire n vie qofW croit Injustement menacée ; ttireprésenteoetarmemcntoommemie révolte fS avirit prétiic. Poussé à bout , Bonlfftce a remtt iQx Vandales répandus dans les proyinoes léridkmaies de l'Espagne.
GoodcriC) roi de ces Barbares, Ten<rit de mourir; son frère bâtard Genserio , ou plus correcte- MBtGfaeerleh, avolt pris sa plaee. Sollicité par lodfiwe, 11 &tt voHe avec son armée et aborde aAlKqoe, au mois de mal 430 : trois siècles ipèi, le ressentiment et la trahison d'un autre afftiiDe dévoient appeler d'Afrique en Espagne fa lagenrs d'une autre querelle domestique : kiMiures s'embarquèrent où les Vandales «M ddterqoé; ilk traTefsèrent en sens eon- Mk ce détrdt dont les tempêtes ne purent dé- Wr le double rivage contre les passions des
latrooMes que produlsdten Afrique le schisme fafaiitistes facilitèrent la conquête de Oenseik : ce prtaice étoit arien ; tous ceux qu'opprimoit rt^ orthodoxe regardèrent l'étranger comme « libérsteiir *. Les Vandales , assistés des M au- », ftireat Uentêt devant HipponO) oà mourat M Augustin.
Bniifoee et Pladdle if élolent expliqués : là Mirie d*i£tius ayolt été reconnue. Boniflace refnlaat essaya de Trousser Fennemi : on répare k mal ^*on autre a fait, rarement le mal qu'on ttail-inéaie. Bonlftiee , yaineu dans deux comhli,ertobllgé d'abandonner l'Afrique, quoiqu'il AéléNOoorQpar Aspar, général de Théotoe* : Middle le reçut généreusement, l'éleva au rang kpitilee et de maître général des armées d'Ocrifal Aius, qui triompiioit dans les Gaules, iMrt CD Italie ayec une multitude de Barbares. I^tax généraux , ccmune deux empereurs, vite knrdiflércDd dans une bataille : fionifaee i^peru la victoire ( 4S3 ), mais iEtius le blessa ^ m longue pique qu'il s'étoit fait tailler ex* 1*^ Mloniâiee survécut trois mois à sa blessure : Pr wmagnaolnilté que révellloient en lui les
^/^nn de la patrie, Il conjura sa femme , ri-
^Espagnole, veuve bientôt , de donner sa main ^'te^Plaeidledéelare^Stius rebellé, rassiége '^ks ftyrteresaes , oà il essaye de se défendre , ^ ^ faise de se réfi^r auprès de ces Huns qu'il '^^bittie aux champs catalauniquea.
\^^ FaUofthe Rom, Emp.
riow., dt BeU. ramd. , Ilb. i, cap. m. w., Ckr. ; Mabgcl., Chr.; Exe. ex Wst. Goih.: Pmsc. **Ka., CJkfoii.
Après avoir négocié un traité de pafx aTeo Ya« lentlnlen m , pour se donner le temps d'extermi • ner sesennemls domestiques, Genserio s'approoha de Carthage , surnommée la Rome africaine; il y entra le 9 octobre 489. Cinq cent quatre*vingt« cinq ans s'étoient écoulés depuis que Sdplon le jeune avolt renversé la Carthage d'Annibal.
L'année de la prise de la Carthage romaine par un Vandale, fbt celle du voyage d*£udocie, VA* thénienne , femme de Théodose II , à Jérusalem* Assise sur un trône d'or, elle prononça, en pré-^ sence du peuple et du sénat , un panégyrique des Antiochiens > , dans la ville dont Julien avoit fait la satire. De Jérusalem , elle envoya à Pnichérie , sa belle-sœur, le portrait de la Vierge, fait, di^ solt-on, de la main de saint Luc *. La tradition de cette Image arriva , par la succession des pein-* très. Jusqu'au pinceau de Raphaël : la religion , la paix et les arts marchent inaperçus à travers les siècles, les révolutions, la guerre et la bar-' barie. Eodocle, soupçonnée d'un attachement trop vif pour Paulin, retourna à Jérusalem, oft elle mourut. Une pomme que Théodose avoit en« voyée à Eudode , et qu'Eudode donna à Paulin , découvrit un mystère dont l'ambition dePuIchérie profita ^.
Malûtenaut que je vous al retracé l'Invasion des Goths et des divers peuples du Nord , il me reste à vous parler de celle des Huns , qui engloutit un moment toutes les autres.
Lorsque les Huns passèrent les Palus-Méotides , ils avoient pour chef Balamir ou Balamber ; on trouve ensuite Uldin et Caraton^. Les ancêtres d'Attila avoient régné sur les Huns, ou , si Ton veut , Ils les avoient commandés. Mundulque ou Mundzucque, son père, avoit pour frère^ Octar et Rouas , ouRoas,on Rugula , ouRugilas, et il étoit puissant. Les Huns multiplièrent leurs camps entre le Tanals et le Danube' : ils possédoient la Pannonie et une partie de la Dacie , loi'sque Rouas mourut^; il eut pour successeurs ses deux neveux , Attila et Bléda , qui pénétrèrent dans riHy rie. Attila tua Bléda, et resta maître de la monarchie des Huns?. II attaqua les Perses en Asie , et rendit tributaire le nord de l'Europe : la
« Chran. Mex, , png. 732 ; Le Sac. , de Hist, eceU , pag. S27.
* NicEPHoR. , Ilb. xiT, cap. II, pag. 44, b, e. s Chron. Pascal, seu Jlexand, , pàg. 8I&-I8.
* JoRNAND. , cap. xiiT-XLviii ; Vales. , Hi. Franc. , lib m ; Phot.» cap. Lxxx.
& Ahm. Marcel. , Hb. xxxi.
* Prisc. f.pag. 47 ; Prosp. Tu. , Chron. ' Prosp. \ Marcel.
ÉTUDES
Scythid et la Gernuanie reconnolsfloldiit son autorité ; son empire tonchoit an territoire des Franks et 8*approelioit de celui des Scandinaves ; les Ostrogoths et les Gépides étoient ses sujets; une fouie de rois et sept cent mille guerriers marchoient sous ses ordres ««
On veut aojourd'liui, sur Tautorité des Nibehêngetij poème allemand de la fin du douzième siècle ou du commencement du trelsième , que le nom original d'Attila ait été Etzel ; Je n'en crois rien du tout. Dans tous les cas il n'est guère probable que le nom d'Etsel fasse oublier celui d'Attila >.
Vainqueur du monde barbare , Attila tourna ses regards vers le monde civilisé. Genseric , craignant que Théodose II n'aidât ValentinienlII à recouvrer l'Afrique', excita les Huns à envahir de préférence l'empire d'Orient^. Vous remarquerez combien les Barbares étoient rusés , astucieux , amateurs des traités ; combien les intérêts des diverses ooursieur étoient connus , avec quel art ils négocioient en Europe , en Afrique , en Asie , au milieu des événements les plus divers et les plus compliqués. Une querelle pour une foire au bord du Danube fut le prétexte de la guerre entre Attila 4 et Théodose (407 ou 408),
Le débordement des Huns couvrit l'Europe dans toute sa largeur, depuis le Pont-Euxin Jusqu'au golfe Adriatique, Trois batailles perdues par les Romains amenèrent Attila aux portes de G>nstantinople. Une paix ignominieuse termina ces premiers ravages. Attila en se retirant emporta un lambeau de l'empire d'Orient : Théodose lui donna six mille livres d'or, ets'engageaà lui payer un tribut annuel du sixième ou des deux sixièmes de cette sommet
A la suite de ces événements le roi des Huns avoit envoyé à Constantinople (449) une députation dont fàisoit partie Oreste , son secrétaire , qui fut père d'Augustule, dernier empereur romain. Ces guerres prodigieuses , ces changements étranges de destinée, nous étonnoient plus il y a un demi-siècle qu'ils ne nous frappent aujourd'hui : accoutumés au spectacle de petits combats renfermés dans l'espace de quelques lieues et qui ne changeoient point les empires , nous étions encore
* Puise. , pag. 64; Prosp., Chron,; Jornakd.
* Voyex les EclatrcûtemenU, à U flo des Étudeê^
* Pbuc. , psg. 40.
* Id. , pag. 33.
> EvAG. , de HUt, ecel. , fiag. e9 ; Makgo. , Chron. ; 7o>K. , Xer. GoMi> cap. xuv; PBisct« pa^ 44; THÉoni., Chrm,, pag. 88,
habitués à la stabilité héréditaire des fomilki royales. Maintenant que nous avons vu de grau* des et subites invasions ; que le Tartare , voisia de la muraille de la Chine, a campé dans la oour du Louvre , et est retourné à sa muraillp ; que le soldat firançois a bivouaqué sur les remparts du Kremlin ou à l'ombre des Pyramides : maintenant que nous avons vu des n^ de vieille on nouvelle raee , mettre le soir dans leurs porte-manteaux leurs sceptres vermoulus ou coupés le matin sur l'arbre , ces Jeux de la fortune nous sont devenus fomiliers : il n'est monarque si bien apparenté qui ne puisse perdre dans quelques heures le bandeau royal du trésor de Saint-Denis; il n'est si mince clerc ou gardeur de cavales qui ne puian trouver une couronne dans la poussière de m étude ou dans la paille de sa grange.
L'eunuque Chrysaphe , favori de Théodose , essaya de séduire Édécon, un des négociateurs d'Attila, etcrut l'avoir engagé à poignarder son maître. Édécon de retour au camp des Huns révéla le complot. Attila renvoya Oreste à Constantinople avee des preuves et des reproches, demandant pour satisfaction la tète du coupable. Les patrices Anatole et Nomus furent chargés d'apaiser Attila avec des présents ' ; Priscusies accompagnoit; il nous a laissé le récit de sa mission et de son voyage. Ce même Priscus avoit vu Mérovée, roi des Franks , à Rome \
Sur ces entrefoites Théodose mourut à Gonatan* tinople , l'an 450 , d*une chute de cheval ^ ; il éloit âgé de cinquante ans. Le code qui porteson nom a fait la seule renommée de ce prince ; mcmnoicot composé des débris de la législationantique, semblable à ces colonnes qu'on élève avec Tairain abandonné sur un champ de bataille; monument de vie pour les Barbares, de mort pour les Romains, et placé sur la limite de deux mondes.
Les historiens ecclésiastiques sont de cette Cloque ; les rappeler, c'est reconnoitre la position de l'esprit humain : Soxomène , Socrate , Théodoret, Philostorge , Théodore , auteur de ï Histoire Tri* patate ; Philippe de Side , Priscus , et Jean Torateur.
Pulehérie^ depuis longtemps proclamée mrgusta^ plaça la couronne de son frère Théodose sur la tète de Marden : pour mieux assurer les droitsde cedtoyen obscur, moitié homme d*épée, moitié homme de plume , elle l'épousa et demeura
inoiiii; Dommeue piuiuv , eue
* pRrac., cr« Leg, , pag. 84 îXt^* ' Id, , ibid. , pag. 40.
'Tdeoikmu, pag. 65»
HISTORIQUES
itage (461 ) *. Cette électioii ne Ait contestée ni kiéoat 9 ni de la cour, ni de l'armée ; prodigieux éiog^meot dans les mœurs. Ici commence un npit inconnu à l'antiquité , et qui foit pressentir eeanyeo Ige où tout étoit aventures : des femmes dBpMoient des onpires ; Plaeidie , sœur d*Honofin et captiTe d'un Goth , passe dans le lit de ce GoUi qui aspire à la pourpre; Pulchérie, sœur de , porte rOrientà Marcien; Honoria, de Yalentînien III, veut donner TOccident àAttila; Eudoxie, fille de Théodose II et veuve è Yakntlnien III , appelle Grenseric à Rome ; Eufaie, fille de Valentinien III , épouse Honneric, fbdeGenserIc C'est par les femmes que le monde ■dca s'unit au monde nouveau : dans ce ma- Ége,dont nous sommes nés, les deux sociétés Rfutagèrent les sexes : la vieille prit la que- Mie, et la jeune l'épée.
Muden étoit digne du choix de Pulchérie ; il fMiédoit ce mérite qu'on ne retrouve que dans b dnaes inférieures au temps de la décadence fanatioDS.Ilaétélouéparsaintliéon le Grand*: «Dditqa'il avoit le cœur au-dessus de l'argent et iekmlnte. Il apaisa les troubles de TÉglise par keoaeilede Caioédoine; il répondit à Attila qui Udemandoit le tribut : « J'ai de l'or pour mes •amis, du fer pour mes ennemis \ « Lorsque Aspnr, général de Théodose, attaqua l'Afrique, Mtreien l'aceompagnoit en qualité de secrétaire ; Aipar fat défait par les Vandales , et Marcien se tnova au nombre des prisonniers de Genseric : ilteDdant son sort, il se coucha à terre , et s'en* tendt dans la cour du roi. La chaleur étoit brûhtie; an aigle survint, se plaça entre le visage k Mirciea et le soleil , et loi fit ombre de ses ails. Genseric Taperçut, s'émerveilla, et, s'il en te croire cette in^ieuse fable, il rendit la limité aa prisonnier dont il préjugea la grandeur ^.
La fière réponse de Marcien à Attila blessa l'or* (Kilde ce conquérant : le Tartare hésitoit entre fax proies ; du fond de sa ville de bois , dans les krbages de la Pannonie, il ne savoit lequel de todeoxbrasil devoit étendre pour saisir l'empire
'ET4c.,lib. i,cap. i.
*Uo., ip, Lxxux , pag. 616; id., ep, xciv, pag. 628.
'Pugc,pag.39.
* DU iob diom coacU drdier meridiem , qaam a sole 4>lp9*»UT0 Ungoncereot, aederant : iQter qaoa Marcia- ■* wgllaeoter stnttts daoet>at somnam ; quadam intérim , JtpofaîbeDt, aquila sopervolante, qiue passis alis ita seU- ^^, eamdemqae in aère locom ioBistebatur, umbra blan- "Rtor uni Marciano. Rem Gizericas e soperlori contem- J|*tasadhim parte, atque ut erat sagadssimus vir Ingenio, mnm ottentnm .InterpreUtus.... Deas illt desUnauet imiQtaB. ÇhMOf.^deBclU Fond, , lib. l , pag. 185 et 176.)
d'Orient ou l'empire d'Occident, et s'il arraclieroit Rome ou Gonstantinople de la terre.
Il se décida pour TOocident , et prit son chemin par les Gaules. i£tius étoit rentré en grâce auprès de Plaeidie : on a vu qu'il avoit été l'hôte et le suppliant des Huns.
Le royaume des Visigoths, dans les provinces méridionales des Gaules , s'étoit fixé sous le scep? tre de Théodoric , que quelques-uns ont cru fils d'Alaric. Clodion , le premier de nos rois, avoit étendu ses conquêtes Jusqu'à la Somme; i£tius le surprit et le repoussa ' ; mais Clodion finit par garder ses avantages. Clodion mort , ses deux fils se disputèrent son patrimoine; l'un d'eux , peut* être Mérovée , qui tout Jeune encore étoit allé en ambassade à Rome ' , implora le secours de Yalen* tinien, et son frère atné rechercha la protection d'Attila \
. Honoria, sœur de Valentinien, rigoureusement traitée à la cour de son frère, avoit été aimée d'Eugène , Jeune Romain attaché à son service ^« Des signes de grossesse se manifestèrent ; l'impératrice Plaeidie fit partir Honoria pour Gonstantinople. Au milieu des sœurs de Théodose et de leurs pieuses compagnes, Honoria , qui avoit senti les passions , ne pot goûter les vertus : de même que Plaeidie , sa mère , étoit devenue l'épouse d'un compagnon d'Alaric , elle résolut de se Jeter dans les bras d'un Barbare : elle envoya secrètement un de ses eunuques porter son anneau au roi des Huns : Attila étoit horrible , mais il étoit le maître du monde et le fléau de Dieu ^
Armé de l'anneau d*Honoria, le chef des Huns réclamoit la dot de sa haute fiancée , c'est-à-dire une poriion des États romains : on lui répondit que les filles n'héritoient pas de l'empire. Attila se prétendoit encore attiré par des intérêts que mettoit en mouvement une autre femme. Théodoric avoit marié sa fille unique à Hunneric, fils de Genseric : sur un soupçon d'empoisonnement , Genseric la renvoya à son père, après lui avoir fait couper le nez et les oreilles. Les Visigoths menaçoient les Vandales de leur vengeance , et Genseric appeloit Attila son allié pour retenir Théor doric son ennemi ^
« ÏDAT. , €hr<m. , pag. 19; Valw. , JR«. Franc. , lib. UI.
aPRisc.,Xf<y.,pag.40.
» SiD. , Car, VII ; GREC. TCK. , Ub. ii.
< Marcel., CAron. , ,, » Jornandës place plus tôt renvoi de cel anneau; maif U
confond les temps.
< Hujus ergo mentem ad vastaUonem orbis paratam oomperiens Gizerictis, rex Vandalorum, qocm paulo anle memoravlinas, multis DOmeribus «d Veiegothaniin bella pmr
ÉltJDBS
Trots causes oq trois prétextes ameiiolent done Attila en Gaule : la réelamatioii de la dot d*Hono« ria, l'intervention réclamée dans les affaires du royaume des Franks, la guerre contre les Ylsigoths ) en vertu d'une alliance existante entre les Huns et les Vandales. Arbitre des nations , défen« seur d'une princesse opprimée, le ravageur du monde , devancier de la chevalerie, se prépara à passer le Rhin au nom de l'amour, de la Justice etdel*humanité«
Des forêts entières lurent abattues; le fleuve qui sépare les Gaules de la Germanie se couvrit de barques < chargées d'innombrables soldats , ccNsime ces autres barques qui transportentaujour* d'hui , le long du Pénée , les abeilles nomades des bergers de la Thessalie *• Saint Agnan , évéque d'Orléans; saint Loup, évéque de Troyes; sainte Geneviève , gardeuse de moutons à Nanterre , s'ef* forcèrent de conjurer la tempête : vous v^res l'efjfet et le caractère de leur intervention quand Je vous parierai des mœurs des chrétiens.
iEtius n'avott rien négligé pour combattre ses anciens amis : les Yislgotl^ s'étoient, non sans hésitation , joints à ses troupes; beaucoup de né« goclatlins avoient eu lieu entre Théodoric , Attila et Yalentinkn K iEtius marcha au-devant des Huns , et les rencontra occupés et retardés devant Oriéans, dont la destinée étoit de sauver la France ; Attila se retira dans les plaines catalauniques, appelées aussi roauritlennes, longues de cent lieues, dit Jomandès, et larges de soixante^dix^ : il y fût suivi par ASXÏus et Théodoric.
Les deux armées se mirent en bataille. Une colline qui s'élevolt Insensiblement bordoit la plaine ; les Huns et leurs alliés en occupolent la droite; les Romains et leurs alHésla gauche. Là se trou* voit rassemblée une partie considérable du genre humain ', comme si Dieu avoit voulu fUre la revue
dpifat, aietiMM ne TtieodorioM, TêK^olbanini m, filin Qkiaoerelar li^iiriain , qam Hanneiicho, Gixerfci filio, Joocta, prius quideni Uinto oonjagio laetarefar : sed postea, ut erat lUe et In «M pignon traeolentas, ob sospidonem laolunn modo veopni ab ea paraU, ean , ampatatls neribiu , spoUans décore naturali, patri rao ad Caillas remisent, at turpe tam» Brisefanda teinper offerret, et enideillas, qaa etkun moverentur extemi , viodictam patrto eflicacius impetraret ( JoRRAND., de Reb. GeL , cap. zxxti. )
1 CecMltclleiieetoMpenBft
Hercynia ta llatr«s, et Rhénan teiult alno.
(Su>. Ae., earm. tu , pag. tr. }
* P0VQCJF.TnxB, Fayage en Grèce.
* foRNAiiD. f eapw xxxn.
^ C ieugas, at Galli vocant, in longnm
ta latam. (loBKAifD. , eap. ixkti. )
* FH ergo am InncuBenMIiaa popatom itnm. (lottNAM»! cap. \txn» )
, fli LXX
Ikifeff-
des ministres dé les vengeances au momeat ol ils ache voient de remplir leur mission : il leur al' lolt partager la conquête , et désigner les feDda"
teursdesnouveaux royaumes. Ces peuples, mandéi de tous les coins de la terre , s'étoient rangés sont les deux bannières du monde à venir et du monde passé , d'Attila et d'iEUus. Avec les Remainsiiuv* choient les Yisigoths , les Loeti , les Armericai», les Gaulois, lesBréonnes, les Saxons, lesBooN guignons , lesSarmates, les Alalns , les Allamans,
les Ripoaires et lesFraniu soumisà Mérovée;atee les Huns se trou voient d'autres Franks etd'anta Bourguignons , les Rugiens , les Érules , lei Th<H ringiens , les Ostrogoths et les Gépides. Attila harangua ses soldats :'
« Méprises ce ramas d'ennemis désunis h n OMBurs et de langage , associés par la peur, fté- « cipitez- vous sur les Alains et les Goths qui Ibst « toute la ftNTce des Ronurins : le corps ne se peut « tenir debout quand les os en sont arrachés. Goih « rage 1 que la ftireur aoeoutomée s'aNamef Le « glaive ne peut rien contre les braves anirt « Tordre du destin. Cette foule époovaotée ne « pourra regarder les Huns en ftice. S Tévéïie- « ment ne me trompe, v<rïet le champ qui oeoi « fut promis par tant de victoires. Je lance le « premier trait à Tennemi : quiconque œero» « devancer Attihi au combat, est mort'. •
Cette bataille ( 4és ) M effroyable, sans miséricorde , sans quartier. Celui qui pendant sa vie, dit rhistorien des Goths, fut assa heurenx pour Gontempler de pareUies choses et qui manqua de le» voir, se priva d'un apectade miraculeux >. Les vieillards du temps de renfance de Jornandès se souvenoient encore qu'un petit ruisseau , eoQ' tant à travers ces champs héroïques , grossit teut à coup non par les ploies, maispar le sang , et de* vint un torrent Les Uessés se tratooient à ce rebseau pour y éUncher leur soif, et bu voient le saog dont ils l'a voient Ibrmé^ Cent soixante-deox
1 Adaoatas despidte diMonat^Botea. J«dlehtm pavofli«t,
aociefate defendi Alanos Invadite, io Ve-
acgothaaineainliMe. Neopolcititafeeofpw,eal
ossa sulistraxerit. Coosurgant aoimi, faror aoUtns intone-
sca^ VlctarosouIIatelaoonTenient,aiOfttarû8c(
in ocio fela pnBdpitant n<m ftilfor evento,
hic campas est quem nobis tôt prospéra prmniKranL Prifflut m hostes tela oonjidam. SI quls potoerit Attila pogosoiff odnn ferre, aepoltus est. ( Jaunkm, , cap. xxxji. )
* Ubi talla gesia refenintor, ot nibil esset, qood in tSs saa eonapleere potahset egreglns , qol bi^as miracaH priTiretnr aspeeto. ( M. , cap. xL. )
3 Nam si senloribos ciedere fat est, rirnbis oMiooralt empi hontlf rfpa prolabens, peremptoram ▼ulnerlbos sanguine mirilo piotedas, non aoetoa faobrlbos, at solebali Mil liqoofn eondtrtBi fnsoHI», tomm ftKtoi cet oraorti ■>-
HISTORIQUES
gfe BdftB eoimtmt la plaine; Théodoiic ftit y, mit Attila iraincQ. Retranché derrière ses pendant la nolt, fl chantoit en ehoquant ; lion mginant et menaçant à rentrée à k etunie où Taircrient accnié les chasseurs *.
L'année triomphante se divisa, soit par l'inn pkiÊBt ordinaire des Rarbares, soit par la pottqoe fJEtius, qui craignit qn* Attila passé ne hM tes Visigoths trop paissants. Comme Je Mifoe i présent tout ce qui flnit , la victoire «tiluBienne est la dernière grande victoire obn nom des anciens maîtres du monde.
, fd s'élolt étendue peu à peu Jusqu'aux MaÈtk de la terre, rentrolt peu à peu dans Mfniiières limites ; elle alloit bientôt perdre Fflipira et la vie dans ces mêmes vallées des Sfr> Ihiii ta vie et son empire avolent commencé ; Infevolt rester de ce géant qu'une tête énorme, É^d*un corps immense.
Attila s'attendott à être attaqué; il ne s'aper- (i de la retraite des vainqueurs qu'au long sikM des campagnes * abandonnées aux cent ■inHe-deux mille muets de la mort. Échappé Mraioiita attente à la destruction , et rendu à ttfadiiée, 11 repasse le Rhin. Plus puissant que jHMii, fl entre Tannée suivante en Italie, saccage Afrilée, et s'empare de Milan. Valentinien quitte ncMhede Ravennepour se recacher dans Rome, i«R rteteotion d'en sortir à l'approche du péril : hpeor le &isoit fuir, la lâcheté le retint; égale- MBt Indigne de Pemplre en l'aimudonnant ou en bittdant. Deux consuls , Avienus et TrIgesius , Clk pape saint Léon, viennent traiter avec Attila. b Tkitare consent à se retirer, sur la promesse ^ttfill appeloit toujours la dot d'Honorla : une nâim plus intérieure le toucha ; il fiit arrêté par ■t nain qui se montroit partout alors, au détede edle des hommes : cela sera dit en son
AttHa se Jette une seeonde fois sur les Gaules , M TWrinaond , suceesseur de Théodoric , le ^isue. Le H«n rentre encore dans sa ville de ^1 méditant de ncmveaux ravages : il y dispa* >^U hém de la Imrbarie meurt, comme le
C. B qws HHe eoasit kl vldam tlllai Tolmu Mfctuni , ^nuliU dade traxerunt : ila ooDitrictl sorte teiserabili '*^<tel, potaotet langiiinBm qneni fudere iaocUli. ( Jor-
' SUtpeoi armii tabU canrbat, incassiooeinqae nilDa&a- ■:vchitlco veaabaUs preoiu, speluocs aditiu olMunbu-
Jj** «bi hoitliiB abienUa lanl Iod^^ sllentia oooaecata , ^gg men aA y«**i*"^r , gaiitHt iwrBMBMiiHnff, atann pn ""^ t^ aalHi la loUquifata icrerUtor. ( Id., xu. )
héros de la civilisation , dans l'enivrement de ta gloire et les débauches d'un festin ; il s'endormit une nuit sur le sein d'une femme , et ne revit plus le soleil ; une hémorragie remporta : le conque-' rant creva du trop de sang qu'il avolt bu et des voluptés dont il se gorgeoit. Le monde romain se crut délivré ; Il ne l'étolt pas de ses vices ; châtié , il n'étoit pas averti.
L'invasion d'Attila en Italie donna naissance à Venise. Les habitants de la Vénitie se renfermèrent dans des flots voisins du continent Leurs murailles étoient des claies d'osier : ils vivolenl de poisson; ils n'avoient pour richesse que leurs gondoles , et du sel qu'ils vendoient le long des côtes. Cassiodore les compare à des oiseaux aqua* tiquesqui font leur nid aux milieu des eaux *. Vollt cette opulente, cette mystérieuse, eette volup* tueuse Venise , de qui les palais rentrent auJouN d'hui dans le limon dont ils sont sortto.
La Grande^Rretagne , malgré ses larmes et ses prières, avolt été abandonnée des Romains.
Quand l'épée d'Attila fut brisée, Valentinien^ tirant pour la première fois la sienne , l'enfonça dans le cœur du dernier Romain : Jaloux d'i£tins, il tua celui qui avolt retardé si lonjllempe la chute de l'empire > . Valentinien viole la fein« me de Maxime , ridie sénateur de la ftmille Ani* clenne ^ ; Maxime onispire ; Valentinien , dernier prince de la famille de Théodose , est assassiné en plein Jour par deux Rarbares, Transtila et Optila , attachés à la mémoire d'iEtius 4 . Maxime est élu à la place de Valentinien; son règne fût de peu de Jours, et il le trouva trop long. « For-* « tuné Damoclès! s'écrioit*il, regrettant l'obs^ ^ curité de sa vie, ton règne commença et finit « dans un même repas K »
Maxime , devenu veuf, avolt ^MNisé de forée Eudoxie, veuve de Valentinien et fille de Théodose U. Eudoxie cherche on vengeur, et n'en voit point de plus terrible que GeDse.lc Les Vandalee
t Aquatiltum avlam moré domus est ( Vabiab. , Ub. xii , êj^ xxrr. )
Voyez aussi reruna iUiuiraia da Mafpii, tt VBkkUre de renite , par M. Dabu.
> nUM»., ISAT. , a». 454.
3 Maximal quidam erat leoator romaBos.... Uxof«m habehat stngalaii oontlnentla et forma, eommeodatlMima fams pneditam.... Hulc nacte conculitta, obanenl liUdliia ardeos Valeotinianos... vim attalit oblactanU. ( Proqop. , de Bell, Fand, , llb. il, cap. IT, pag. 487. )
* Id, , ibid. ; Evag. , lib. ii, cap. vu.
» DfceresolebatvirHtteratns affilie ob Ingenii merftaqiueiloriiu Falgeottus, se ex on ijos freqnenfer aodisse, cum pefotus poodua imparll velerem dertderarct securNatfm : « FeUoem te, Damoclès , qui non aoo kmglaa praodio regni neoeiaitatem tolerivisti! » (Sid. Ap. , ep. xm, Hb. ■, p. lil-)
étoient devenus des pirates habiles et audacieux ; ils avoient dévasté la Sicile, pillé Palerme, ravagé les côtes de la Lucanie et de la Grèce. Genserlc, appelé par Eudoxie^ ne refuse point la proie; ses vaisseaux jettent Tancre à Ostie. Maxime se veut échapper; il est arrêté par le peuple, qui le déchire. Saint Léon essaye de sauver une seconde fois son troupeau , et n'obtient point de Genserlc ce qu'il avoit obtenu d'Attila : la ville étemelle est livrée au pillage pendant quatorze Jours et quatorze nuits. Les Barbares se rembarquent; la flotte de Genseric apporte à Garthage les richesses de Rome , comme la flotte de Scipion avoit apporté à Rome les richesses de Carthage. Le chantre de Didon sembloit avoir prédit Genseric dans Annibal. Parmi le butin se trouvèrent les ornements enlevés au temple de Jérusalem : quel mélange de ruines et de souvenirs ! Tousiesvaisseauxarrivèrent heureusement, excepté celui qui étoit chargé des statues des dieux '. Ces nouvelles calamités n'étonnèrent pas : Alaric avdt tué Rome; Genseric ne fit que dépouiller le cadavre.
Avitus, d'une fomille puissante de l'Auvergne, leau-père de Sidoine Apollinaire, et maître général des forces romaines dans les Gaules , remplaça Maxime. Il reçut la pourpre des mains de Théodoric II, roi des Visigoths , régnant à Toulouse. Ce Théodoric étoit frère deThorismond, fils de Théodoric I*% tué aux champs catalauniques , Il soumit le reste des Suèves en Espagne ; mais , tandis qu'il avoit l'air de combattre pour la gloire de l'empereur, son ouvrage, Avitus étoit déjà tombé : il fut dégradé par le sénat de Rome , qui sembloit puiser ce pouvoir d'avilir dans sa propre dégradation. Ricimer ou Richimer, fils d'un Suève et de la fille du roi goth Vallia, comme je vous l'ai déjà dit, fut le principal auteur de cette chute. Ce chef des troupes barbares , à la solde des Romains en Italie , donna une double marque de sa puissance en nommant l'empereur déposé ( 16 octobre 457 ) évéque de Plaisance ^ : la tonsure alloit devenir la couronne des rois sans couronne. On ne sait trop comment finit Avltusj : privé de l'empire, U le fut aussi de la vie, dit pourtant un historien 't.
Ricimer passa la pourpre à Majorien, ancien
« Pbocop. , de Bell. Fand. , pag. 188. » rvavlbiu GizericI anam qaa simulacra vebetMmtar perUwe feront. ( Pbooop. , de BelL Fond. , Ub. u , ïMig. laîT)
4 lAàT., Chrvn,
compagnon d'iGtius. Majorien étoit un de c hommes que le ciel montre un moment à la ter dans rabâtardissement des races : étrangers t monde où ils viennent , ils ne s'y arrêtent qoe temps nécessaire pour empêcher la pre8cripti( contre la vertu '. Mftforien ranima la gloire f maine en attaquant les Franks et les Yaodah avec les vieilles bandes sans chef d'Attila et d'j iaric. On a de lui plusieurs belles lois. Ridmeri i'avoit placé sur le trêne que parce qu'il le croyo sans génie ; quand il s'aperçut de sa méprise , fit naître une sédition, et Majorien abdiqua. Q croit|qu'il|fut empoisonné » (7 août 461 ). Lefaisea et le défaiseur de rois (à cette époque de rén lutions , cela ne supposolt ni ttdents supérieurs» grands périls) remit le diadème à Libius Sévère il prit garde cette fois que le prince ne lût paso homme, et il y réussit. On ne connoft guère qn le titre impérial de ce Libius Sévère : l'e^uèsdi l'obscurité pour les rois a le même résultat qn l'excès de la gloire; il ne laisse vivre qu'un nom
Deux hommes , fidèles à la mémoire de Majo^ rien , refusèrent de reconnoltre la créature & Ricimer : Maroellin , sous le titre de patrice dt l'Occident , resta libre dans la Dalmatie ; JË^ dius, maître général de la Gaule, consenrauM puissance indépendante : ce fut lui que les Bretons implorèrent, et que les Franks ncmuDèrent un moment leur chef , quand ils chassèrent (M* déric.
L'Italie continua d'être livrée aux courses dei Vandales ; chaque année , au printemps , le vieux Genseric y rapportoit la flamme. Par unralve^ sèment de l'ordre du destin , dit Sidohie, la bri* lante Afrique versoit sur Rome les fiireurs dq Caucase ^.
Léon P", surnommé le Grand, ou le Boucher, ou plus souvent Léon de Thrace, avoit été éia empereur d'Orient après la mort deMareien, arrivée vers la fin de janvier, l'an 457. Constantinople , échappée aux Rarbares , obtenoit sur Roid9 la prééminence, non la supériorité, que donne le bonheur sur l'infortune. L'empire d'Oeddeoti sur son lit de mort , ressembloit à un guerrier oq à un roi dont on pille la tente ou le palais tandis qu'il expire, ne lui laissant pas un linceul poor
• SiD. Ap., carm. v, pag, 312; Pbocop.i de Bell. Ve^A-^ IUk I y cap. Yfi.
» Selon uneaatre Terslon, Majorien X\x\ dépcwépar Eidnef, qui le fit tuer ciiiq iours après sa déposiUoo. .
* CoDTenotqne ordiae r*U
Torrlda caocaieot lafert mUfù. Byna tarorw.
(SUKHi. AfOUj
HISTORIQCES.
Xmtnlir. Léon , qui voyoit donner des maîtres klme, lui aeomrda Anthéme (468) en qualité foperear, sur ia demande du sénat. Ricimer ■poisoiuia libius Sévère , et épousa la fille fiothéne. Il y eut de grandes réjouissances; M pirat consolidé dans une ruine.
Tons avez vu qu*Anthême pensoit à rétablir le crite des idoles '. Les deux empires, et surtout doid'Orient, préparèrentunpulssantarmement entre les Vandales. Le commandement en fut èBDé à Basiiisque, qui laissa brûler sa flotte èerutCarthage, réduit à la nécessité de passer pur 00 traître, afin de conserver la réputation d*n gmad général. Sauvé de ce danger, Genseii( reprit ses courses et s'empara de la Sicile.
Tbéodoric II avoit rompu ses traités avec Rome àiiBMtt de l'empereur Majorien ; il réunit Nar- Vaità son royaume. Euric , son frère, qui l'as- Mil, acheva ia conquête des Espagnes sur les Iflttinsct sor les Suèves : ceux-ci reconnurent A autorité, en restant en possession de la Gafae. Dans les Gaules , Euric ne fut pas moins heuntx : il étendit sa domination , d'un c6té , depuis kl Pyrénées jusqu'au Rhtoe; de l'autre , jusqu'à h Loire. Eu ce temps, les Rourguignons étoient iHiés de Borne et se déchiroient entre eux ; il en ilDit ainsi des Franks et des Saxons.
Cependant Ricimer se brouille avec Anthéme, <M bean-père, et se détermine à changer encore le naître titulaire de l'Occident. Il appelle à la (rarpre Olybre, qui avoit épousé Plaeidie , fille fcYalcQtiDienlII. Il en résulte une guerre civile. ^^ est saccagée une troisième fois , dit le pape ^lâase, et les misérables restes de l'empire sont Uésanx pieds. Anthéme est tué ( 1 1 juillet 472), Oijbre meurt, et Ricimer le précède dans la Mk oq il avoit précipité cinq empereurs , tous ^de sa main*.
Goodivar ou Gondibalde , neveu de Ricimer, <tileTéàIadignltéde patrice par Olybre , pousse ^Ifcérius à s'emparer du pouvoir. Gondibalde est W-ètre le célèbre roi des Rourguignons. A Gons- ^^^Mple, on proclama Julius Népos empereur
'brident II surprit son compétiteur Glycérius , ^feraser et ordonner évéque de Salone ^. Julius- %i eéda l'Auvergne à Euric , roi des Y isigoths ,
*(24nsQs,pag. I&I.
ypfa i*a|ipttie de l*autrar anonyme , oonrorme , pour cet ""j^ofaKon , à ce que Ton trouve dons les Fastes consulaij^Omipluc, dans les actes des Conciles, dans Casslodore, ^ Victor de Tnnoe, dans la Clironlqne d'Alexandrie, etc. ^^^nRe. Franc.)
ww.,cap. Lxtriii, pag. 372; ORCPli. ; Joiiti., de Etfff. ac ■*^ «f., pag. 6M.
croyant qu'on pouvoit sacrifier ses amis à ses en« nemis. Les troupes que Népos tencit à sa solde se révoltent ; il fuit, traînant dans sa retraite en Dalmatie un titre que lui seul reconnoissoit : il retrouva à Salone son rivai impérial qu'il avoit fait évéque >. Népos ne valoit pas la peine d'un coup de poignard, et if^t assassiné pourtant *. Les Ostrogoths, pendant l'apparition de Glycérius, s*é* toient montrés en Italie.
Les autres Rarbares, qui opprimoient plus qu'ils ne déiendoient ce malheureux pays , avoient alors pour chef Oreste , ce secrétaire d'Attila dont je vous ai déjà parlé. A la mort du roi des Huns, il passa au service des empereurs d'Occident, sous lesquels il devint patrice et maître général des armées ; il avoit eu un fils d'une mère Inconnue, ou peut-être de la fille de ce comte Romulus que Valentinien envoya en ambassade auprès d'Attila. Ce fils est Romulus-Auguste , surnommé Augus* tnle : humiliez-vous, et reconnoissez le néant des empires!
Oreste reflisa la pourpre que lui otfroient ses soldats , et en laissa couvrir son fils ^. Les Scy res , les Alalns , les Rugiens , les Hérules , les Turcilin» ges, qui composoient ces défenseurs redoutables des misérables Romains, enflammés par rexem*pie de leurs compatriotesétablis en Afrique , dans les Espagnes et dans les Gaules, sommèrent Oreste de leur abandonner le tiers des propriétés de l'Italie : il leur crut pouvdr résister. Odoacre (peut-être fils d'Édécon, ancien collègue d'Oresta dans sa mission à Constantinople ) , Odoacre, après diverses ayentures, se trouvoitinvesti d'une charge éminente dans les gardes de l'Italie ; il se meta la tète des séditieux, assiège Oreste dans Pavie, emporte la place , le prend et le tue *. Le 38 août de l'an 476 , Odoacre , arien de religion , est proclamé rai d'Italie. L'empire romain avoit duré cinq cent sept ans moins quelques jours, depuis la bataille d'Actium ; on oomptoit douze cent vingt-neuf ans de la fondation de Rome.
Quand Augustnle, dernier successeur d'Au* guste, quitta les marques de kt puissance, Simplicius, quarante-septième pontife depuis saint Pierre , occupoit la chaire de l'apôtre dont l'em*
> Que oomperto , Nepos i^git In Dalmatias , U>l(|ae defedt privalus regno , ubl jam Glycérius , dudum Impefator, epf« scopalum Salonitanum babebat. (Vales., Re, Front., p. 237; td. in not. AtfM. Marcsl.)
* OxvpH., pag. 477; Marc, Chmn. xvi.
3 Augustulo a pâtre Oreste in Ravama loperatove ordi* nalo. (JoRNAND., cap. \ly.)
< E.^!fODn Ticw., nt, e/XpA., pag. 387.
ËTUDKS
pire avoit eemineBeé fous Thérltier imméditt d*Attguste; les successeurs de Slmplidus, après treize cent cinquante-quatre ans , régnent encore dans les palais des Césars.
Odoaere établit son siégeàRavenne. Lesàiat romain renonça au droit d'élire son mattre ; satisfait d*ètre esclave à merci, il déclara que le Gapitoleabdiquoit la domination du monde, et renvoya, par une ambassade solennelle, les ensei* gnes à Zenon , qui gouvernoit i*Orient. Zenon > reçut à Cottstantinople les ambassadeurs avec un front sévère; il reprocha au sénat le meurtre d'Anthéme et le bannissement de Népos : « Népos m vit encore, dit-il aux ambassadeurs ; il sera, Jus> • qu'à sa mort , votre vrai maître. » Ce brevet de tyran honoraire , délivré par Zenon à Népos , est le dernier titre de la légitimité des Césars.
Augnstule, trouvé a Bavenne par Odoacre, Ait dégradé de la pourpre '.L'histoire ne dit rien de lui, sinon qu'il étott beau^. Le premier roi d'Italie accorda au dernier empereur de Borne une pension de 6,000 pièces d'or : il le fit conduire à Tanoîenne villa de LueuUus 4, située sur le promontoire de Misène, et convertie en forteresse depuis les guerres des Vandales : elle avoit d'abord appartenu à Marius; Lucullus l'acheta K
Ainsi la Providence aralgnoit pour prison au fils du secrétaire d'Attild , à un prince de race gothique, revêtu de la pourpre romaine par les derniers Barbares qui renversoient l'empire d'Ocddent ; la Providence assignoit, dis-Je, pour inrieonàeeprince une maiaonoù Alt portée la dépouille des Cimbres, premiers Barbares du septentrion qui menacèrent le Capitole. C'est là qu'Augttstule passa sa Jeunesse et sa vie inconnues, sans se douter de tout ce qui s'attachoit à son nom , indiCTéfent au leçons que donnolt sa présence, étranger aux souvenirs querappeloient les lieux de son exil.
Ajoutons ceci, attentifs que nous sommes à l'immutabilité des conseils étemels et à la vldssi- Inde des choses humaines : les reliques de saint Severin succédèrent à la personne d'Augustule dans la demeure que Harlus décora de ses pros*
" • Malcbus., Eteurp, dé Le§^ fiag. 03.
> NoD multum po8t»0dovaoer, Turcilingonim rex, babeni ■ecum Scyros, Henilos, divenarumqae genUum aaxilfark», Italtan oocapavit, et Orate interfêcto Angnstsliui fiUmn 4vi de ragno palaoïn. (Jorn Ara»., cap. zlti.)
• Pq)cherent AifoN. Vales.
^ Deposult (Odovacer) Augustulum de regno... Tamendo» navit ei reditam lex nlllia aolidoa (Akon. Val., p. 709.) In UMttllaaoCanpftota caateUo exiilii pcena damnavit (Jos-
HAND., cap ILLVl.)
> Plct., tfi MariQ wt in LucuU
criptions et de ses trophées, Luenllus de ses fh et de ses banquets: elle se changeaenune ^iie Odoacre , n'étant encore qu'un obscur soldai avoit visité saint Severin dans la Norique. Le i litaire, à raspect dece Barbare d'une haute tain qui se courboit pour passer sous la porte de la oi Iule, lui dit : « Va en Italie; tues malnteDai « couvert de viles peaux de bètes; un teni| « viendra que tu distribueras des lai|;essei\i Enfin, le Dieu qui d'une mainabaissoit l'empii romain, élevoitde l'autre l'empire françois. Ai gustule déposoit le diadème l'an 476 de /éra Christ, et l'an 48 1 , Clovls, couronné de sa knp chevelure , régnoit sur ses compagnons.