‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 18 sur 228 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

MOEURS DES GSlUmElfS. AGE fflOtOIQUE.

Arrétons-nous pour contempler les vastes raines que nous venons de traverser. Ce n'est na que de connoltre les dates de leur éboulement, riei que d'avoir appris les noms des hommes employa à cette destruction : il faut entrer plus profondément , plus intimement dans les mœurs, dansb vie des trois peuples chrétien, païen et barittRi qui se confondirent pour donnernaissaneeàli société moderne. Elle vaparoftre , cette société^ puisque l'empire d'Occident est détruit ; Toyoïtf ce que fut le monde ancien dans les quatre siècles qui précédèrent sa mort , et ce qu'il étoit dcveaa lorsqu'il expira. Commençons par les cbrétieD8«

Le christianisme naquit à Jérusalem, daos une tombe que j'ai visitée au pied de la montagne de Sion : son histoire se lie à celle delare* ligion des Hébreux.

Pendant la durée du premier temple, toat W renfermé dans la lettre de la loi de Molae; ^ le roi , le peuple , ou quelque partie du peopWf se livroient à l'idolâtrie, le glaive la châtloit

Sous le second temple , la pureté de lalois'altérapar le mélange des dermes exotiques: la q^

gogoe se forma.

La conquête d'Alexandre Introduisit à son toor

• KvgiPm in Fit^ S. Severin. .-««rtir

* Vade«dItaliftm,vjideviUssimisniiiic|ielin)ai00op^

sed malti« elto plarLma largiturus. (Anon. Yal-i P*»* ^"''

HISTORIQUES

Isécolnjoitesse ooQstitiièreDt; ces écoles, réladiKs dans la Médie, rÉlymaïde, I* Asie-Mi- ■se, llËgypte y la Gyrénalque , llle de Crète , et joiqQe dans Rome , subireut l'influence des Régions, des lois, des mœurs, et de la langue ■te de ces divers pays. Les livres des Mâchakteie scandalisent de ces nouveautés.

> Ed ce temps-là il sortit dlsraei des enfants I Tiuquité qui donnèrent ce conseil à plusieurs : 4 Alloiis, et faisons alliance avec les nations qui •MOI environnent

• Et ils bâtirent à Jérusalem un collée à la tnanlère des nations '«

•La prêtres mêmes ne faisoient aucun

« état de ce qui étoit en honneur dans leur pays , *iu eroyoient rien de plus grand que d*extokrentout ce qui étoit en estime parmi les liims'. «

0 le finma UentAt quatre sectes principales : «Ile dei pharisiens , celle des sadducéens, celle èmmaritains, celle des esséniens.

Les pharisiens altéroient le dogme et la loi en nmooiisant une sorte de destin impuissant qui l'fltoit point la liberté à Thomme ; ils se divisolent ttKptonLres. Livrés à des imaginations bizarres , & jeânoient et se flagelloient ; ils prenoient soin , ■ narrât, de ne pas toucher les pieds de HcB, qui ne s'élèvent que de quarante-huit pou- •B n-dessus de terre. Ils mettoient surtout un pisd tèle à propager leur doctrine.

Ce qui distingue les sectes Juives des sectes 9*eqses, c'est précisément cet esprit de propa- ItfoD. La sagesse hellénique se réduiaoit, en gé- M, à la théorie; la sagesse juive avoit pour h il pratique; Tune fbrmoit des écoles ^ Taotre fa tociétés. Moïse avoit imprimé une vertu lélUitlve au génie des Hébreux , et le christia- ■Iw, Juif d'origine, retint et posséda au plus teéegré cette vertu.

Leiiadducéenss'attachoient à la lettre écrite ; krijitoient la tradition, et conséquemment la 11^ cabalistique : ne trouvant lien sur réme faiks livres de Moïse, ils étoient matérialistes, ^^Nérolent Épieure à Zenon.

Ia samaritains n'adoptoient que le Pentateu- <K) el remontoient à la religion patriarcale.

Ia esséniens de la Judée (qui produisirent les **npciit«s de l'Egypte, secte plus contemplative

'lUaia.Db.i,cip.i.

'«.,llb.n,aip.iv.

encore) repoussoient la tradition comme les sadducéens, et eroyoient à rinunortalité de Tâme comme les pharisiens. Ils fuyoient les villes, vi« voient dans les campagnes, renooçoient au comr merce, et s'occupoient du labourage. llsn*avoient point d'esclaves et n'amassoient point de richesses : ils mangeoient ensemble , portoient des ha» bits blancs qui n'appartenoient en propre à per» sonne , et que chacun prenoit à son tour. Les uns demeuroient dans une maison commune, les autres dans des maisons particulières, mais ou» vertes à tous. Ils s'abstenoient du mariage, et élevolent les enfants qu'on leur confioit. Ils res« pectoient les vieillards , ne mentoient point , ne Juroient Jamais. Ils promettoient le silence sur les mystères : ces mystères n'étoient autres que la morale écrite dans la loi.

Les premiers fidèles prirent des esséniens cette simplicité de vie, tandis que les thérapeutes don'* nèrent naissance à la vie monastique chrétienne.

Mais, d*une autre part, ressénianisme étoit la seule secte Juive qui n'attendit point le Messie et qui condamnât le sacrifice, en quoi les duré* tiens ne la suivirent pas. Une opinion commune reposoit au fond de la société Israélite : le sauveur de la race de David , de tout temps pro» mis, étoit espéré de siècle en siècle, d'année en année, de Jour en Jour, d'heure en heure; homme et Dieu , roi conquérant pour les sadducéens, les caraites ou scriptualres ; sage ou docteur pour les samaritains.

Il y avoit encore chez ce peuple un fidt qui n'appartenoit qu'à ce peuple , Je veux dire la grande école poétique des prophètes : oommen» çant auprès du berceau du monde, elle erra qua* rante ans avec l'arche dans le désert; éeole que n'interrompirent f(ÀaX la captivité d'Egypte et celle de Babylone, la conquête d'Alexandre, Toppression des rois de Syrie, la domination romaine^ la monarchie, des Hérodes qui implantèrent de force et improvisèrent en Judée une éducation étrangère. Cette école de l'avenir évoquant le passé, et dédaignant le présent, ne manqua de maîtres ni dans la prospérité , ni dans le mal* heur, ni sur les rivages du Nil , ni sur les bords du Jourdain , ni sur les fleuves de Babylone, ni sur les ruines de Tyr et de Jérusalem. Et quels maîtres? Moïse, Josué, David, Salomon, Isale^ Jérémle, Ézéchiel, Daniel et le Christ, en qui s'accomplirait toutes les prophéties ^ et qui ftit lui-même le dernier prophète.

ÉTUDES

* Lorsqu'il eut para , les JalfSi le méconnurent : fls le regardèrent comme un séducteur. Les deux commentaires de la Mishna , le Talmud babylonien et le Talmud de Jérasalem , donnent de sin* gulières notions du Christ '.

« Un certain jour, lorsque plusieurs docteurs < étoient assis à la porte de la ville , deux Jeunes « garçons passèrent devant eux : l'un couvrit sa « tête, Vautre passa la tète découverte. Éliézer, ft voyant Feffïronterie de celui-ci , le soupçonna « d'être un enfant illégitime; il alla trouver la « mère qui vendoit des herbes au marché, et il i apprit que non-seulement l'enfant étoit illégi- « time , mais qu'il étoit né d'une femme im- « pure *. »

Marie est appelée plusieurs fois dans le Talmud une coiffeuse de femmes.

Les Juife composèrent deux histoires du Christ sous le titre de Sepher toldos: Jeschu livres des générations de Jésus. Joseph Pandera, de Bethléem , se prend d'amour pour une Jeune coiffeuse nommée Mirjan (Marie), fiancée à Jochanan. Pandera abuse de Mirjan; elle accouche d'un fils, appelé Jehoscua (Jésus). Jehoscua, élevé par Elchanan , devient habile dans les lettres. Les sénateurs que Jehoscuane voulut pas saluer à la porte de la ville firent publier, au son de trois eents trompettes, que sa naissance étoit impure. Il s'enfiiit en Galilée , revient à Jérusalem, se glisse dans le peuple, apprend et dérobe le nom de Dieu , l'écrit sur une peau ^ , s'ouvre la cuisse sans douleur, et cache son larcin dans cette incision. Avec l'ineffable nom Schemheméphoras, il accomplit une foule de prodiges. Jehoscua, condamné à mort par le sanhédrin, est couronné d'épines , fouetté et lapidé; on le vonlolt pendre à du bois, mais tous

' La Mi&hna est an recueil des traditions juives, fait vers le Diiiieu du second siècle de rère chréUenuc, par le rabbin Jada , fils de Simon , appelé le Saint k cause de la pureté de sa vie , et chef de l*«coIe hébraïque à Til)ériade en Galilée.

« Ea omnia secundum œrta doctriiia capita dlsposuit, et in « unum voiumen rcdeglt , cui nomen hoc MUhna, hoc est « Sevrépco^c, imposait. » Tela IgneaSatanœ. (Wageheil, pr., pag. 56.)

> Cum allquando seniores sederent in porta (urbis), pneterierunt ante ipsos duo pueri, quorum alter caput texerat, alter detexerat Etde eoquldem, qui caput proterve et contra lionos mores texerat, pronuntiavit R. Eiieser, quod esset

■purius AI)iitergoadmalrempueriistiu8, quam

cum videretsedenteminforo, et vendcntem legumina. . . . . . . Unde apparuU puerum istum esse non modospurium, «cd et menstruatie iilium.

' Vcnlt ilaque Jésus Nazarenus , et ingressas templum didlcU lilteras Ilias, et scripsit in pergameno : deindescklit cariieoi cruris sul, et in incisione Uia Inclasit dictam chartulam, et dioendo nomen, nuilum seDsitdolocem, et rcdiil cutis ooa*> Uuuosicutantetral.

les bois se rompirent parce qu'il les avoit encbaotés. Les sages allèrent chercher un grand chou ', et l'on y attacha Jehoscua.

Telle est une des misérables histoires que les Juifs opposoient à la majesté du récit évangélique.

La première Église Juive se composa des trois mille convertis. Ces convertis écoutoient les ins^ tractions des apôtres, prioient ensemble , et faisoient dans les maisons particulières la frac^on du pain. Ils mettoient leurs biens en commun, et ven« doient leurs héritages pour en distribuer le prix à leurs frères. Lear vie, comme je t'ai dit plus haut , étoit à peu près celle des esséniens.

Cette simplicité se conserva longtemps. Domîtien, ayant appris que certains chrétiens Juifs se prétendoient issus de la race royale de David, les fit venir àRome. Questionnés sur leurs richesses, ils répondirent qu'ils possédoient trente-neuf plèthres de terre, environ sept arpents et demi; qu'ils payoient l'impôt et vivoient de leurs champs ; ils montrèrent leurs mains endurcies par le travail. L'empereur leur demanda ce que c'étoit que le royaume du Christ; ils répliquèrent qu'il n'étoit pas dece monde : on les renvoya. Ces deux laboureurs étoientdeux évéques. Ils vivoient encore sous Tngan *.

En fiiisant Thistoire de l'Église , on a confondu les temps; ifest essentiel de distinguer deux éges dans le premier christianisme : l'âge héroïque ou des martyrs , l'âge intellectuel ou l'âge philoso* phique : l'un commence à Jésus-Christ et finit à Constantin , Tautre s'étend de cet empereur à la fondation des royaumes barbares. C'est de l'âge héroïque que Je vais d'abord parler. Je vous le vais montrer tel qu'il s'est peint lui-même et tel que l'ont représenté les païens.

« Chez nous , dit un apologiste, vous trouverei « des ignorants, des ouvriers, de vieilles femmeS) R qui ne pourroient peut-être pas montrer par des « raisonnements la vérité de notre doctrine ; ils « ne font pas de discours, mais ils font de bon« « nesœuvres. Aimantnotre prochain oommenoos-

* Tpsc quippe per Schemliamephoras adjoraverat omolâ ligna ne susciperent euffl. Abierunt itaque, et addoxemal stipitem unius caulis qui non est de lignls, sed de herbis, et saspenderunt eum super eum.

' Nec sibi in pecunia subslstere, sed in ftsllmatiooc lemB« quod eis esset in quadraginta minus uno jugeribus oon»titula« quam suis manibus exoolentes, \ei tpsi alerentur Tel tributa depcnderenl. Simul et testes ruralis «tdiurni operis, maoïit labore rigidas et cal Ils obduratas praeferebanl. Interroi^U vero de ChrI»to quale sit regnum ejus. . . respondcrant, quod non liujus mundl rrguum. (HKC£SlP.,<'i>' Enteh., Ub. liit cap. x\.)

I nous avons ap^ à ne point frapper ou qai nous frappent, à ne point fiiirede proes à eeox qui nous dépouillent : si l'on nous ànDe m soufflet, nous tendons Tautre Joue; ^roD BOUS demande notre tunique, nousoffrons moitDotK manteau. Selon ladifféreneedesan- Kcs, nous regardais les uns comme nos enfats, fesantres comme nos frères et nos sœurs : vfm honorons les personnes plus âgées comme Ml pères et nos mères. L'espérance d'une autre vie DOQs fait mépriser la vîe présente, et Jusfi'am plaisirs de l'esprit. Chacun de nous, lorsfiH prend une femme, ne se propose que d'avoir iei enfants, et imite le laboureur qui attend la ■Bisson en patience. Nous ayons renoncé à vos i^eeUdes ensanglantés, croyantqu'il n'y a guère k différence entre regarder le meurtre et le omettre. Nous tenonspour homicides les fem» ■Bfoi se font avorter, et nous pensons que e'esttoer un enfant que de l'exposer. Nous som- ■eségmix en tout , obéissant à la raison sans Il prétendre gouverner ; . »

lemaïquez que ce n'est pas là uneecofe, une fR^, mais une sodété, fondée sur la morale univmelle, inconnue des anciens.

Les repas se mesuroient sur la nécessité , non ar la sensualité : les frères vi voient plutôt de Nmique de viande, d'aliments crus, de prétnnce aux aliments cuits ; Us ne faisoient qu'un K&i rqas, au coucher du soleil, et s'ils manfinient quelquefois , le matin, c'étoit un peu de l>i&iee. Le vin, défendu aux Jeunes gens, étoit Pcn&isanx autres personnes, mais en petite quan- ^U règle prohiboit les riches ameublements , b vaisselle, les couronnes, les parfums, lesins- ^'■M&ts de musique. Pendant le repas on chan- ^ des cantiques pieux : le rire bruyant , inter- A) laissoit régner une gravité modeste.

Après le repas du soir on louoit Dieu du jour •««rtél puis on se retiroit pour dormir sur un lit ^ : on abrégeoit le sommeil afin d'allonger ■ vie. Les fidèles prioient plusieurs fois la nuit , ** levaient avant l'aube.

Uorshabits blancs, sans mélange de couleurs , aboient point traîner à terre, et se compo- *1 d'une étoffe commune : c'étoit une maxime ^ que l'homme doit valoir mieux que ce qui '^OMme. Les femmes portoient des chaussures pf Uenséanoe ; les hommes alloient nieds nns .

jAtHEKAcofc., Jpohg. trad., de FLEtRT. {Bi$L eccî aiTEAvmi\iin. — tour t.

HISTORIQUES. 177

ej^eegtë à la guerre ; Tor et les pierreries n'enn troient Jamais dans leurs parures : déguiser si^ tête sous une fausse chevelure, se farder, se teindre les cheveux ou la barbe, semblolt chose indi^ gne d'un chrétien. L'usage du bain n'étoit per^ mis que pour santé et propreté.

Cependant quelques ornements étoient hisséa aux femmes comme un moyen de plaire à leurs maris. Point d'esclaves, ou le moins possible; point d'eunuques, de nains, de monstres, au* cune de ces bêtes que les fenmies romaines nour* rissolent aux dépens des pauvres.

Pour entretenir la vigueur du corps dans la Jeunesse , les hommes s'exerçolent à la lutte , à la paume, à la promenade, et se livroient surtout au travail manuel : le ménage et te service domestique occupoient les femmes. Les dés et les autres Jeux de hasard , les spectacles du cirque , du théAtre et de l'amphithéâtre , étoient défendus , comme une source de cwruption. On alloit à l'église d'un pas mesuré , en-silence , eCvec une cha» rite sincère. Le baiser de paix étoit le signe de reconnoissance entre les chrétiens ; ils évitoieiyt pourtant de se saluer dans les rues , de peur de se découvrir aux infidèles. Toutescesrègles étoient visiblement faites en q[>position avec la société romaine, et établies comme une censure de cette société.

La vii^ité passoit pour l'état le plus parfait, et le mariage pour être dans l'intention du Créateur. Les vieillards disoient à œ sujet : « Il n'y « a point , dans les maladies et dans le long Age, « de soins pareils à ceux que Ton reçoit de sa « femme et de ses enfants* Attachez- vous à l'âme ; « ne regardez le corps que comme une statue dont « la beauté fait songer à l'ouvrier et ramène à la « beautévéritable.»Onreconnoissoitquelafemme est susceptil^de la même éducation que l'homme, et que Ton pouvoit philosopher sans lettres le Grec , le Barbare , l'esclave , le vieillard , la femme et l'enfont : c'étoit l'espèce humaine rendue à sa nature.

Le chrétien honoroit Dieu en tout lieu , parce que Dieu est partout « La vie du chrétien est une K fête perpétuelle ; il loue Dieu en labourant , en « naviguant , dans les divers états de la société. • Néanmoins il y avoit des heures phis particulièrement consacrées à la prière, comme tierce, sexte et none. On prioit debout , le visage tourné vers l'orient, la tête et les mains levées au ciel. En répondant à Uoraison finale , on levoit aussi

ÉTOIMES

ir^iiibollquërnent tiÀ {Hèd^ cMHinë ub Yoyagear prêt à quitter la terre ^

Dlea , pour les disciples du Sauveur, étoit sans figure et satis Aom : (|uand Ils i'appeloient Uii, Bbn , Esprit , Père , Créateur^ c*^t par indigence de la langue humaine. L'âme seule , qui est ehr^ tfemw d'extraction ^ trouye intuitivement te vrai nom dé Diôu ^ lorsqu'eUe est laissée à son libre témoignage : toutes les fois qu'elle se réveille ^ elle s'exprime de cette façon dans son for intérietir :

• €e qui plaira à Dieu. Dint me voité Je le rv- « commande à ùieu. Dieu me le rendra* » Et rhomme dent Tâme parte ainsi ne regarde pal le Gapltole , mais te eiel K

Le pasteur avoit laslmpUcité du troupeau; TévAqua , te diacre et te pràtre i dont les non» signifioient président , serviteur et vieillard ^ ne se dlstingiMH^t point par leurs habits du reste de la foule. MédiateursÀ Tautel ,arbitresanxfoyers ^ Il teur étôit recommandé d'être tendres , oompalissants , pas trop crtdules au mal , pas trop séyèrlBSf parce qiie nous somines tous pécheurs^. S*iis étoient mariés^ ils devotent n'avoir eu qu'une ffemme ; ils dévoient être en réputation de bonnes tnosuraf de pères de famille exemplaires, et Jouir d'une renommée sans tache ^ même parmi les liaiens. « Sous les épreuves , disoit saint Ignace 9 « qu'ils demeurent fermes comme l'enclume frap-

• pée^. » Ce même saint , dans les fers, écrivoit à n^Use de Rome : « Je ne serai vrai disciple de « Jésus-Christ que quand te monde ne verra plus « mon corps. PHei^ afin que je me change en « victime. Je ne vous donne pas desordrescomme « Pierre et Paul ; c'étaient des apôtres , Je ne suis « rien ; ils ét<^ent libres , Je suis esclave ^ >

Les évèques étotent choisis dans toutes tes conditions de la vie : on voit des évèques laboureurs , bergers, charbonniers. Les diocèses, sorte de républiques fédératives , élisoient leursprésideots •elon leurs besoins ; éloquoits et instruits pour les grandes cités , simples et rustiques pour les campagnes , guerriers même , quand il le falloit , pour

* Gleu» Atei., Pedag.t lib. i, n, m; ni., tfi Strvm.

* Quod Deus Merit. Deos videt, et Deo oommendo, etDeus inihl reddet... Denlq!]^ protranllans hoc non ad Capftoniim, Md ad codum resplclt. (TtaiTiu*., Apotogeticm, «ap. tru , pag. 6t. Paiibiifl, I6&7.)

» S, POLtC, SpUt

4 SU firmus valut tnoss qaK veriMratur. f gn ât. ad Pdyc,, pag. SO6. Genevs, 1023.)

^ TUnc tro Y«nis Jeaa ChriM dtsclpalas , «mi mdodiia née corpus meam viderit Deprecemlnl Domtnum pro me ut per bftc fnstnimcnta Deo efiiclar hostia. Non utPelfus et Paulas lise prsdplo vobis : illi apmtoti Jeso ChrisU , e^ vero minimus; illi liberi utpole servi Dei, ego vero etiamaum wrvQs. tiGifXti E^ëtola ùd Étamanin, pag. 947* Geoevs, 1683.)

la cMMUiinattie. AuM AqratH» (Ht honneurs & grandes charges ; c'était dans les ea« vernes , au fond des bois ^ sur lés montagnes , que le peuple chrétien alloit chercher et enlever ces prhices de la foi. Us se cachoiënt^ iisAdéolt' roieht hidlgnes , Ils répanddiènt Aba larmes ; qiMl« ques-uns même monroient de firayeul*«

Gérés , petite ville d'Egypte , à cinquante iti« des de Péluse , avolt élh pour évèqûe tttt soittalci nommé Nilammon : il deibeurolt dans tine ed' Iule dont il avoit muré la porte, et s'obstibott i refliser Tépiscopat. Théophile , évl^e d'Aieiao' drie , s'efforça de te ^rAuadéf : « Demain, moit « père , dit l'erhilte j vous feret eé qu^ll T6tf «plaira. « Théophite revint le lendemain, et dit à Nilammon d'ouvrir. « ^oné auparavant, t répondit le solitaire du fond de Son rocher. U journée ae passe en oraison. Le Sbir on appelle Milammon à haute voix : il garde le silence; oii enlève les pierres qui bouchoient rentrée de Yef mitage : le solitaire gisoit mort au pied d'an cm^ ciiix'.

Les premières églises étoient des lieux cachés, des forêts , des catacombes , des cimetière^ ; et M autels, une pierre ou le toini)eau d*nn mart}Tt pour ornements , on avoit des fleurs , des vases de bois, quelques cierges , quelques lampes, i Taide desquels le prêtre lisoit TÉvangile dani l'obscurité des souterrains; on avoit encore des bottes À secret , pour y cacher le pain du voya* geur, que l'on portoit au fidèle dans les mioes^ dans les cachots , au milieu des Uons de l'amph^ théâtre.

Tels étoient les chrétiens de Tâge hérolqne.

Les païens les coiâidéroient autrement.

Selon eux, ces sectaires grossiers, Ignorants, fanatiques , populace demi-nue , prenolent plaisir à s'entourer de jettnes niais et de vieilles follei pour leur conter des puérilités *. Ils prétendolcol que les Gallléens ne vouloient ni donner ni dis* cuter les raisons de leur culte , ayant coutume de dire : « Ne vous enquérez pas'; la sagesse de « cette vie est un mal , et la folie un bien. » - « Votre partage , ^ écrivoit Julien S apostrophant

« ID oratloneBpfritQin UeonriittdK. (^•^r» •J^'J}^

» Qui de uUima faree oollccUs Inferloribo» «l """fVÎT

ct«do!is...plebemprofan«œnjaraUonl8lnsUtuuo|...m»^^^^

ipsi.semlnadi... maxlms tndooUa. (TaMM>. jéMwch^t »• •

MlWT. FELIX, j4pot.) *«**• hlM

» ï^lhn perqulras, sed dniitaxal cwdlto... '««ï!;^'*^^ saplentiam pro noxia esse habendam ; et pro oonàw^i stalUtiam MalameaselnviUBapienUam.CORlc.'^*"

Cefâ., fib. I.) « Apud GSEC. NA2.

HlSTOmQOES.

If0

If «Mfhs de l'ÉnttglIef « iit la gronlènsté^ «Tbite votre ngesse oonsitte à répéter Itupide-

•Mt ; h erois. » La religion da Christ étoit Ipprife par les latins inêania % amenda*^ dernUiê^ itMtiay Jmrio$a epinio ^^ JurorîM in^' ÉlkuHêK Les fidèles cux^mlnies étalent sur- Bonuoés des demùmoris, à cause de leurs longs jiéfla et de leors ireilles ^

Lsden , oe plntAt un auteur inconnu antérieur I LMiÉD , a peint , dans le dialogue satirique Pkù kfêtfitf une assemblée de ces premiers chré'^ liai.

Gmtis. « J'étols allé dans une des rues de la •tlle:]'aper^ une troupe de gens qui chu- •cbBtoieDt, et qui , pour mieux entendre, coN •hM Nr oreille sur la bouche de celui qui •|tfMt Je regardois ces hommes, afin d'y dé* «nmir quehtu^un de eonnoissanee ; J'aperçus le •fÉkpie Graton, avec qui je suis lié dès l'en-*

TucraoN . « Je ne sais qui tuveux dire : esb«e I ittliiqui est préposé à la répartition des tributs? I •9vMTa4-il?«

CmiAS, « Je m'approchai de hii après avoir

* fcsâi la presse ; el l'ayant salué , J'entr'ouls tin t fetit Tieiilard tout cassé , nommé Carieène , qui

* coaunença à dire d'une voix grêle et en parhmt •Aina, après avoir bien toussé et craché : Ce-

* ki i9iUjè piefM de parier payera §e reste dee ■Mseï^ aequUiêm toutes les dettes ^ tant pu^ •iiîfiei que partienHères y et recevra tout le « mmA sans sHnfarmer de la profsssiùn.

«Guicène ajouta plusieurs autres Aitiiltés,

* tphnent applaudies par ceux qui étalent pré- «MS) et que la nouveauté des choses rendoit •ttnM. Un autre frère^ nommé Glévocarme, 'tta chapeau ni souliers ^ et couvert d'un man- ^tain loques , matmettolt entra ses dents : un «knne mal vêtu , tenant des montagnes, et

«V^STSillatéte rase, me te montra

* AhNTs un dès assistants, à

« Feii farouche , me tira par le manteau , croyant ^^fclois des siens, et me persuada à la mal- *kme, de me trouver au rende2-vous de ces '■giclens. , . . •

*Mom avions déjà passé le seuil d*airain et les

* tartes de fer, comme dit le poète, lorsque,

\ n«M VM«. ad TraS,

■«CT.rSL.

* ^«. Proc. Mari, ScilL ClK. «42. conL Jutian,

après avoir grimpé an hantd*UBlofi0 par un caiier tortu ^ nous nous trouvâmes , non dans la salle de Ménélas , toute brillante d'or et d'ivoire ( aussi n'y vtmes-noos pas Hélène ) , mais dans un méchant galetas : J'aperçus des gens pâles « défaits, court>és contre terre. Ils n'eurent pas plutôt jeté les regards sur moi, qu'ils m'abordereut joyeux, me demandant si je n'apportoispas quelques mauvaises nouvelles; ils paroissoient désirer des événements fâcheux , et, semblables aux Furies, Us se gaudissoient des malheunk

« Après s'être parlé à l'oreille, ils me deman« dèrent qui J'étois , quelle ma patrie, quels mes parents

« Ces hommes, qui marchent dans les airs, m'interrogèrent ensuite sur la ville et sur le monde. Je leur dis : « Le peuple entier est dans la Jubilation, et y sera de niéme à l'avenir. » EuX| fronçant le sourcil , me répondirent qu'il n'ea iroit pas ainsi, et qu'il se couvoit un mal que ïon, verroit bientôt édore «

« UKlessus, comme s'ils eussent eu cause gagnée, ils commencèrent à débiter les choses où ils se plaisent : que les affaires alloient changer de face; que Rome seroit troublée par des divisions; que nos armées seroieat défaites. Ne pouvant plus me contenir, et tout enflammé do

colère, Je m'écriai : « O misérables 1 que les

maux par vous annoncés retombent sur vos tètes, puisque vous aimes si peu votre patrie! v

TfiicPHOif . « Que répliquèrent ces hommes à tète rase, et qui ont l'esprit de même? »

Cbitias. « Ils passèrent cela doucement, et eor rent recours à leurs échappatoires ordinaires; ils prétendirent qu'ils voyoient ces choses en songe, après avoir Jeûné dix soleils et dépensé les nuits à chanter leurs hymnes. . • . Alors, avec un faux sourire, ils se penchèrent hors des lits chétifs sur lesquels ils se reposoient >. •

Cette assemblée, peinte par un «memi , diffère étrangement du concile de Nicée. Les chrétiens étolent si méprisés à l'époque où fut écrite cette satire , qu'on les mettoit au-dessous des Jttift. Cétoient pourtant ces hommes cachés dans un galetas, ces gueux que l'on tralnoit au supplice

( Phthpat, et, dans Bmi.., Hi$L de VÉiabim. du Chmty Urée des seuls auteurs Juifs et païens, pag. 261.

Lajidrer, JewUhand heaUn Ustimonirt, etc,, tom. u, pag. 306. rai conservé la version de Bullet , en faisant dlsparolUrp des oontre>sens , des négligences et des obscurités de style; lé lexle est lui-même fort embarrassé, et n*a aucun rapport avec réiégance de Lucien. Le Philopatris a été aussi traduit par d*Ablanooart et par SHn de Saint-More.

la.

tM

ÉTUDES

aussitôt qu*ib étoient reconniis, ces coupables, non de crime, mais de naissance, ces créatures dégradées à qui l'on ne reconnoissoit pas même le droit des plus vils serfs ; c*étoient ces esclaves mis hors la loi qui dévoient rendre au genre humain ses lois et ses libertés.

L'embarras des chrétiens devant leurs pères pa!ens offre une ressemblance singulière avec ce qui se passe de nos jours entre les anciennes générations et les générations nouvelles : les premières ne comprennent point et ne comprendront pas ce qui est clair et accompli pour les secondes*. Le christianisme, véritable liberté sous tous les rapports, paroissoit, aux vieux idolâtres nourris au despotisme politique et religieux , une nouveauté détestable; ce progrès de i*espèce humaine étoit dénoncé comme une subversion de tous les principes sociaux. « Dans les maisons particulières on voit, dit Celse, des hommes grossiers et ignorants , des ouvriers en laine qui se taisent devant les vieillards et les pères de famille. Mais rencontrent-Ils à l'écart quelques enfants , quelques femmes, Ils les endoctrinent ; ils leur disent qu'il ne faut pas écouter ni leurs pères ni leur pédagogues ; que ceux-ci sont des radoteurs, incapables de connottre et de goûter la vérité. Ils excitent ainsi les enfants à secouer le Joug; ils les engagent à se rendre au gynécée , ou dans la boutique d'un foulon , on dans celle d*un cordonnier, pour apprendre ce qui est parfait'. > Les vertus, conséquence nécessaire du premier christianisme, fàisoient haïr ceux qui les pratiquoient , parce qu'elles étolent un reproche aux vices opposés. Un mari chassoit sa femme devenue sage depuis qu'elle étoit devenue chrétienne ; un père désavouoit un ills autrefois prodigue et volontaire , transformé par le changement de religion en enifant soumis et ordonné '. Les accusations portées contre les chrétiens étoient l'histoire même de leur innocence : « J'en prends à témoin vos registres, disoit Tertullien, vous qui jugez les criminels : y en a-t-il un seul qui soit chrétien? L'innocence est pour nous une nécessité, l'ayant apprise de Dieu , qui est un maître accompli. On nous reproche d'être inutiles à la vie, et pourtant nous allons à vos marchés , à vos foires ,

* Toot ceci ^toit écrit (onglemps avant les Journées des 27, sa et 39 Juillet

> Orig. coni. Ce fi,

* Uxottftn jam pudleam , maritus non Jam xelotypas rjpdt. THiam sul^ectnm pater rctro patlens ahdicavit. (Tertull., jipologêt , cap III, toffl. II , pag. 19. Parblis , 1048.)

à vos bains, à vos boutiques, à vos hAtellertes. Nous faisons le commerce, nous portons les armes, nous labourons •• Il est vrai que les trafiquants de femmes perdues , que les assassins , les empoisonneurs, les magiciens, les aruspioes, les devins, les astrologues, n'ont rien à gagner avec nous*. »

On accusoit les chrétiens d'être une &ction , et ils répondoient : • La faction des chrétieiis est d'être réunis dans la même religion, dans la même morale, la même espérance. Nous formons une conjuration pour prier Dieu en commun , et lire les divines Écritures. Si quelqu'un de nous a péché , il est privé de la communion , des prières et de nos assemblées Jusqu'à ce qull ait fait pénitence. C2es assemblées sont présidées par des vieillards dont la sagesse a mérité cet honneur. Chacun apporte quelque argent tous les mois , s'il le veut ou le peut. Ce trésor sert à nourrir et à enterrer les pauvres , à soutenir les orphelins, les naufragés, les exilés, les oon* damnés aux mines ou à la prison , pour la cause de Dieu. Nous nous donnons le nom de frères ; nous sommes prêts à mourir les uns pour les autres. Tout est en commun entre nous, hors les femmes. Notre souper oonmiiun s'explique par son nom d'agape, qui signifie charité K * La congrégation apostolique embrassoit alors le monde civilisé comme une immense société secrète qui s'avançoit vers son but , en dépit des proscriptionset de la folle inimitié de la terre. Dès l'âge héroïque du christianisme , on entrevoit les changemients radicaux que cette religion alloitap» porter dans les lois : c'étoit la philosophie miae ea pratique. En attendant l'abolition de l'esclavage par des transformations graduelles, l'émancipation du sexe féminin commencoit

Les femmes.parurent seules au pied de la croix ; Jésus-Christ pendant sa vie pardonna à leur fbiblesse, et ne dédaigna pas leur hommage : U les affranchit dans la personne de Marie , sa divine mère.

Des femmes sulvoient les apêtres pour les mtvir , comme Madeleine et les antres Maries avolenl

* Itaqoe non sine Ibrô, non sine macello, non sine balneia, tabemis, oAldnls, stabulis, nandiuls vestris, aet«iM|iK oommerdis ooliabitamus lioc seculum. Navigamus et nos xobiscam, et rasticamnr et mereamor. (Tertvll., Jp^lofe' tic. y pag. 34.3 f cap. xui « tom. n.)

' Plane oonfitelMr si forte vere de sIeriUtate chrMIaoonui oonquerl poesont. Primi erant lenones, perdttctoies, aqiurioti. Tum sicarii, venenarii, magi. Item aruspioet, aiioli, mathemaUd. Bis infructuosos esse magnas fnictus est. (Tn- TOLL., jépologeiic, , cap. xuif , pag. 36e.}

s TBanTLL. , Jpologtiic,

HISTORIQUES

iiiTi le Christ *. Saint Paul salae à Bcmie les fem- ■es de ia maison de Narcisse.

Lesfemmes eurent une relation immédiate avec 11^, en i^ertn de l'institution des diaconesses. Iidinooiiesse devoit être chaste , sobre et fidèle. LesTeares choisies pour cette fonction ne pou- Tctat compter moins de soixante ans; elles devHat Sfoir nourri leurs enfants, exercé Fhospitaiité, lavé les pieds des voyageurs, consolé les iflligés'.

Lo instructions des apôtres et des premiers Kks montrent de quelle importance étoient les fimnes ,à la naissance même de la société chréfime. Tertullien écrivit deux livres sur leurs «nments et l'usage de leur beauté. « Rejetez le ■M, les faux cheveux , les autres parures ; vous •liillez point aux temples, aux spectacles, aux 'Ito des gentils. Vos raisons pour sortir sont •nienses : visiter les frères malades , assister au «■lot sacrifice, écouter la parole de Dieu^ Se- • eoKz les délices pour ne pas être accablées des •penéeotions. Des mains accoutumées aux bra- « cekts sopporteroient mal le poids des chatnes ; < des pieds ornés de bandelettes s'accommode- ■nrieiit peu des entraves; une tête chargée de > perles et d*émeraudes ne labseroit pas de place -àfépée^..

Ln vierges ne dévoient paraître à l'église que ^^liKes jusqu'à la ceinture : une pension leur étoit ittordée ainsi qu'aux veuves.

Aans le traité ad Uxorem, on voit parottre la faune toute différente de la femme de l'antiquité, ^ Me qu'elle est aujourd'hui. C'est en même ^Bij» on tableau véritable de ce qui se passoit (ion dans la communauté générale et dans la fa- Bflie privée des chrétiens^

'.H.Enotaol8miblmaUeKs malta a longe, qoie teeiitsi ttMkna a Galikea , ministrantes ei.

JMnler qoas erat Maria Magdatenct, et Maria JaoobI , et '^■■ler.... (^Bvang, §ecundum MaUkœum, cap. xxvii,

J*- Vidna eligatar non minas sexasinta annonun, quai

■Bllioiii»vlri,axor.

J^ lo operibas bonis testimoniam habens , si filtos educa-

yiK»pHfo reoepU, sisanetomin pedea lavit, si (ribula-

^ paticDtibiis sobmiDistravit. {EpUt, B. Pauli ad Thi-

^,Cap.V,T. 9,10.)

Kninee templâ drcnitis, nec speetacola postolaUs, nec ■">^ «es geotiliaiD nosUs. Nulla est strictius pcodeundi ^*pM Imbedltts aiiquto ex fratribos visitandus, aut sa- JWBaaffiertar» ant Dd verbum admlnlstratar. (TsaTULU, ^l'^^î^mnar., llb. ii, pag. 315. Parisils, 1568.)

UicnUcod» eolm aunt delids quaram molliUa et flnxu bSi.'?^ «ïfcniliiari potest. Oterum nescio an nianus ^nwio drtomdari soHta in duritia caten» stupesoere •J^JMl. Nescio an enis de perisoello iu nervum se patiatur f^ Tlneo oenrioem, ne margaritanun et smaragdorum »9«iioocapaU, locum spattuD non det (/if., ibid.)

TertuUien invite sa femme à ne pas se remaries s'il venoit à mourir, surtout à ce pas épouser un infidèle. Le christianisme, conforme à la nature et à l'ordre, condamnoit la polygamie des nations orientales, et le divorce admis par les Grecs et les Romains.

« La femme chrétienne, dit Tertullien , rendra « à son mari païen les devoirs de païenne : elle «aura pour lui beauté, parure, propreté mon* « daine, caresses honteuses. Il n'en est pas ainsi « chez les saints : tout s'y passe aveo retenue sous « les yeux de Dieu '•

« Comment pourra-t-elle (l'épouse chrétienne) « servir le ciel ayant à ses côtés un esclave du « démon chargé de la retenir? S'il faut aller à Té- « glise , il lui donnera rendez-vous aux bains plus « tôt qu'à l'ordinaire; s'il faut Jeûner, il comman- « dera un festin pour le même Jour ; s'il faut sor- « tir, Jamais les serviteurs n'auront été plus oc- « cupés *. Ce mari souffrira-t-il que sa femme « visite de rue en rue les frères dans les réduits « les plus pauvres? souffria-t-il qu'elle se lève « d'auprès de lui , afin d'assister aux assemblées « de nuit? souffrira-t-il qu'elle découche à la so- « lennité de Pâques? la laissera-t-il se rendre à la « table du Seigneur, si décriée parmi les païens? « Trouvera-t-il bon qu'elle se glisse dans les pri- « sons, pour baiser la chaîne des martyrs, pour •c laver les pieds des saints , pour offrir avec em- « pressement aux confesseurs la nourriture^? « S'il vient un frèro étranger, comment sera-t-il <« logé dans une maison étrangère? S'il faut don* « ner quelque chose , le gronier, la cave , tout « sera fermé.

« Quand le mari païen consentiroit à tout, c'est « un mal d'être obligé de lui faire confidence des « pratiques de la vie chrétienne. Vous cacherês- « vous de lui en faisant le signe de la croix smr « votre lit , sur votre corps , en soufQant pour « chasser quelque chose d'immonde? Ne crolra- « t-il pas que c*est une opération magique? ne « saura-t-il point ce que vous prenez en secret , « avant toute nourriture ? et , s'il sait que c'est du

I Tanqaam snb ocolis Dd modeste et moderate transisnntur. (Teetull. , ad Va^r. , lib. n , cap. it , pag. 832.)

> Ut staUo facienda est , maritus de die condicat ad baloMU. Si Jejunia observanda siint , maritus eadem die conviviuip Qxerceat. Si procedendum erlt, nnnquam magia familiiB oftcapatioadveniat.'(ld., ihid.)

s Quis denique in soleronibas Pascha abooctantem seconu sustinebit? Quis ad convlviom dominicom illud quod infamat sine sua suspictonedimittet? Quis in caicerem ad oscaianda Yincula martyris reptare patietor? aquam aanctoruni pedibus offeire? (Teetuli.. , ad Vxar. « lib« ii.)

ÉTUDES

à pain , ne soppoiera^t-il pas cpi*il est tel qu'on «ledit*?

« Que chantera dans nn festin la femme chré- « tienne avec son mari païen? Elle entendra des é hymnes de théâtre : il n*y aura ni mention de « Dieu > , ni invocation de Jésus-Christ , ni lee- 4 tare des Écritures ^ ni salutation divine.

« L'Église dresse le contrat du mariage chré- « tien , l'oblation le confirme , la bénédiction en « devient le sceau , les auges le rapportent au « Père céleste qui le ratifie. Deux fidèles portent « le même Joug : ils ne sont qu'une chair, qu'un « esprit ; Ils prient ensemble , ils Jeûnent enf semble; ils sont ensemble à l'église et à la « table de Dieu , dans la persécution et dans la Il paix ^

Les femmes chrétiennes devinrent des missionaaires à leurs foyers , des intelligences du ciel an sein des familles païennes. Vous venez de voir qu'elles étoient chargées de soigner les malades et les pauvres : c'étoit surtout dans les temps de persécution qu'elles prodiguoieut les trésors du zèle* Elles se glissoient dans les prisons, portolent les messages, distribuoient l'argent, pan- •olent les plaies des torturés , et mouroient ellesimémes avec un héroïsme au-dessus de ce qu'on vaconte des femmes de Sparte et de Rome. Dans •leurs vertus, et Jusque dans leurs feiblesses, étpit un charme pohr adoucir les persécuteurs : la nourrice de Garacalla et la maltresse de Commode étoient chrétiennes.

Plus tard , dans l'âge philosophique du christianisme, les femmes, mères, épouses, et filles ' d'empereurs, étendii*ent la puissance évangélii|ue, tandis que d'autres femmes, emmenées en esclavage par les Barbares, oonvertissoient des nations entières ; ainsi vous Tai-Je dit À propos des Ibériens. Vous avez également appris comment les Hélène et les Eudoxie renversèrent des ieinples et élevèrent des églises.

Plus tard encore, les vierges unies à Dieu dans les monastères se signalèrent par tous les

> II s*aglt de l*EacbaristU, et toqKMin de l*lilgtolre de l*tofant que dévoient maoger les chrétiens.

Cum aliqoid immandum flatuexspiUs, non magl» aliquld vidrberis operari 7 Kon iciet marllai quid aetteto aote omnem dbam guiies? et ai scivertt pançm, non illam cAdet eiae qyi didtvr? (Tbrtuli<. , ad Uxar, , pag. 3 >a.)

> Qttid marituasuiu iUl, vel marito qald illa oaoUbU? qq» •l>eioieiitio?4iUBChriftUUivocallo?(M, ibid.)

s Ecclesia conciliât « et oontirmal oblaUu. Ûbiignatqm aa-

0ell ffenonUanl, paler rato habet

.... duo lo carne uoa, ubi et una caro, anns et spiritui. StuNiIoraDtfSiamlJpjiinia trantlgaut. lo eodetia Del parlter, te eonnabio Uti padler, lo aii|natUa, ia leiirlaerlii. {14-, ibid')

genres de sacriûeee et de dévouement. Saint Ji» rôme nous a fait connoltre Marcelle, Aselle is sœur, et leur mère Albine; Piineipia, fille de Marcelle; Paule, amie de Mareelie; Pauliae, Eustochie, Léa, Fabiole, qui vendit son patrir moine pour fonder le premier hôpital que Ronc ait opposé aux monuments de sang et de praitt ttttion : dans cette maison de misérioQfds Im descendantes des consuls servoient les paovn» e| les étrangers, avant de venir mourir pauvres et étnmgères dans la grotte de Bethléem. AoeompUssement des choses! les femmes, qui adon^ rent les premières au fond des catacombes , nn« plissent les dernières ces églises où elles aiiMsirent les pères, ou elles ne peuvent retenir bi fils. Elles pleurèrent au pied du Calvaire qui tH expirer la grande victime; elles pleurent w^n au pied de ce Calvaire ; mais celui qu'elles oûfest au tombeau est remonté au ciel : il n'y a pipi rien sur la croix, rien au saint sépulcre.

L'émancipation de la fename n'est pas eoson totalement achevée, surtout en ce qui regarde Toppressloo des lois : elle te sera dans la réaovS' tion chrétienne qui commence.

L'ère des martyrs offre un spectacle eltrao^ dinaire : chez un même peuple^ des hoaunes à des femmes cooroient aux Jeux public» daos l'éclat du luxe et de renlvrement des plaisirs; ci d'autres hommes et d'autres femmes, ooDsseréi à tous les devoirs , felsoient , en r^andant lesr sang, partie essentielle de ces Jeox. L'âge béroh que du paganisme eut ses Hercules gosnien; rége héroïque du christianisme enlmta ses Bo^ cules pacifiques qui domptèrent une autre ei^ pèce de monstres, les vices, les passions, les O' reurs : héros dont la victoire étoit non de tuer, mais de mourir.

De tous les grands fondateurs de religioD, Jésus est le seul qui n'ait point été puissant par la naissance, les armes, la politique, la poM ou la philosophie; il n'avoit ni sceptre, ni épée, ni plume , ni lyre; il fut pauvre , ignoré , calomnié , et le premier martyr de son culte. Se» apôtres souffrirent après lui ; leur supplice forma (a chaîne qui unit la passion aux passions psrticQlières renouvelées pendant quatre siècles. L'hostie spirituelle étolt venue remplacer l'hostie » tédelle; mais l'effusion du sang chrétien ((pi étolt le sang môme do Christ ) ne se dut arréW que quand l'holocauste païen disparut Ceb explique , 4'apris les fondements de la M , to 1^

HI^TOmQI^S.

f/m im fmksfikfm : U y eut des i^imei jUticDOtt à i'iuQi^itbéAti» i tant qu'il y eut d^ ntiiiespiûeDUfls dans les temples ; rimmolatiou àifiMpières oontînua en iiroportion de celle des fmadss : CoQstuitio ^ ses fils abolirent 1« sa? pake, et If martyre pessa ; Julien iiétablit le faotfoe, et ie martyre recommença.

Bendos habiles par le malheujr , les chrétiens ivqM perfectionné l'art de secourir ; point de nn 91e la cbarité n'inventât pour pénétrer teks cachots, pour corrompre les geôliers, M-à-dire pour les (aire chrétiens et les coniike avec leurs prisonniers à la mort. L'histoire kfUioiopbe Pérégrin, qpii se brAla a son de tafeet à jour marqué, nous a transmis une fmt ioattendue de l'activité évangélique.

liépin, en voyageant , s'étoit donné comme

é|l^; arrêté en Palestine, les chrétiens se Utet de l'environner. Dès le o^tin , des femon, des veuves , des enfants, assiégepient la pri- MiisBOit, quelque prêtre s'introduisoit à prix fflint auprès du philosophe. De toutes les cités de TAsie afOuoient des frères qui , par ordre ddieoBununanté, venoient encourager 1^ prinsiier. «C'est one chose iuouïe, dit Lucien, «fKrempressement de ces hoijames : quand *|iitlqiMs-ans d'entre eux sont tombés dans le •■•Ibssr, ils n'épargnent rien. Ces misérables •nfigoreDtqn'ihi vivront après leur vie. Ils mé- «IriNat la mori, et plusieurs s'abandonnent f wiontaiiement imx supplices '. »

Dix batailles giénérales, les dix grandes perseutiMi, furent livrées, sans compter une multitnde d'actions particulières : les femmes briilè- Mdans ces combats. Sympborien étoit conduit anattjrre à Autun, dans les Gaules; sa mère hioioit do haut des murailles de la ville ; «< Mon 'fib, mon fils Sympborien, élève ton cœur en 5iW; on ne te ravit pas la vie ; on te la change •pnr ime vie meilleure '. ^

HaidiDe, esclave , fut la dernière couronnée (M les conJessèors de Lyon ; elle subit les iw, les bétes , la chaise de fer embrasée : elle

't i la mort comme au lit nuptial , comme au Ail des

'Ucus., tu Peng.

'Site, aate Symphoriane

•• • Sonom cor suspende, lili ; hodie tlbl vlU non toUltur, jnnnuiarlDiBeUus.(^ct Martyr. 1» Sumphor., pag. 72.

/B«U Tero Blandina ulUma omnium... fe^Unat, eycol- Wt^oriBi, vdiiladtti^limiim sfionsi'inviUta, et ad ou- W» eoQvtvium. (Eusui. , ub. ly , cap. w , pag. 53^.)

D y 9X4A ^ Egypte VM «itm etdf i?« d*^ne rare beauté, nommée Potamienne; son mattre, devenu amoureux d'elle, voulut d'abord la séduire, et ensuite la r^vir de force : repops^ psf la vertueuse fille , il la livr^ (^ préfet Aqviila , fMunme chrétienne. Le préfet invita Potamienn^ à céder aux désirs dç 900 maître; sur son refu^ il la condamna à être plongée dans une chaudière de poix bouillante, et la menaça de la faire violer par les gladiateurs. Potamienne dit : « Par la vie « de l'empereur, je vous supplie de ne pas me « dépouiller et de ne pas m'exposer nue. Que l'on « me descende peu à peu dans la chaudière avep a mes habits. » Cette grâce lui fut accordée , et Marcelle sfi mère subit le supplice dû feu >. . La dérision qui se mêloit à la cruauté débauchée n'ôtoit rien à la gravité du malheur. Les sept vierges d*Aneyre 1 abandonnées à l'insolence de quelques jeunes hommes avant d'être noyées, ont effacé par un seul mQt ce qui se pouvoit attacher d'étrange à Tinfortupe de leur vieillesse. La plus âgée êta son voile, 0t montrimt sa tête chenus au jeune homme ; a Ju as peut«être une mère 'ikhnBkie comme moi. Laisse-nous nos laxv- R mes, et prends pour toi l'espérance !. »

Félicité, matrone romaine d*un rang illustie, ftit jugée à mort avec ses sept fils qu'elle eneou* ragea à confesser hardiment.

Symphorose, de Tibur, avoit également sept fils; Adrien l'appela devant lui, et l'exhorta à sacrifier; elle répondit : « Gétulius, mon mari, « et son frère Amantius , étoient vos tribuns , et « ils ont préféré la mort à vos idoles. » Symphorose , pendue par les cheveux , frit précipitée dans ces cascades qui avoient baigné les courtisanes et rafraîchi le vin d'Horace. Les sept fils suivirent leur mère '.

Un des quarante martyrs de Sébaste avoit résisté à la double épreuve de la glace et du feu : les bourreaux, l'oubliant à dessein et le laissant sur la place , espéroient qu'il abjureroit : sa mère le mit de ses propres mains dans le tombereau : «Va, dit-elle, mon fils! achève ton heureux

1 Cura TeDerablli matre Marcella tgnU suppUcUs consommata est. (Bobeb. , Ub. vi, cap. v.)

s Velum raptim discerpens ostendebat ei caplUs sui cani- Uem : et haec inquit : Reverere , flii , nam et tu forsltan matrem Jam canam habes. Et nobls quidem mtserfs rellnqo^ lacrymas ; libi vero spem habe. {AcL M^rt. tincera , pag. 360. ParisllB, 1689.)

s Alia vero die JuasU Adrianui imperator simql omnesseptem fllUM ^fu« sQ)] praesen|ari et Ad trochleaa exteudi. [Jet, Mari, nneera , pag. 20.)

ÉTUDES

« Toyage aT6e tes oompagnons , afin qofi tune te « présentes pas à Diea le dernier >. »

Il n'est rien de plos eélèbre dans les Actes sin^ cères qne le martyre de Perpétae et de Félicité à Carthage. Perpétue , femme noble , étolt âgée de Yingt-deax ans ; son père et sa mère vivoient ; elle avoit deux frères ; elle étoit mariée et nourrissoit un en&nt : Félicité étoit esclaye et enceinte.

Le père de Perpétue, païen zélé, engageoit sa fille à sacrifier. <« Après avoir été quelques Jours « sans voir mon père ( c'est Perpétue qui écrit elle- -même la relation du commencement de son « martyre ) J'en rendis grâces au Seigneur, et son « absence me soulagea. Ce fut dans ce peu de ^ jours que nous fûmes baptisés : Je ne demandai, « au sortir de l'eau , que la patience dans les pei- « nés corporelles. Peu de Jours après, on nous k mit en prison ; J'en fus effrayée , car Je n'avois « Jamais vu de telles ténèbres. La rude Journée * 1 « Un grand cbaud à cause de la foule. Les sol- « dats nous poussoient Enfin Je mourois d'inquié- « tude pour mon enfiint. Alors les bienheureux « diaores, Tertius et Pompone, qui nous assis- • toient, obtinrent, pour de l'aident, que nous « pussions sortir et passer quelques heures en un « lieu plus commode dans la prison. Nous sortt- « mes; chacun pensoit à soi : Je donnois à téter « à mon enfant ^ , Je le recommandois à ma mère ; « Je fortifiois mon frère ; Je séchois de douleur de « voir celle que Je leur causois : Je passai plusieurs « Jours dans ces angoisses. • • « • .

ff Le bruit se répandit que nous devions être interrogés. Mon père vint de la ville à la prison], accablé de tristesse; il me disoit : « Ma tille, prends pitié de mes cheveux blancs 1 aie pitié de moi < I Si Je suis digne que tu m'appelles ton père , si Je t'ai moi-même élevée Jusqu'à cet âge , si Je t'ai préférée à tes frères , ne me rends pas l'opprobredes hommes! regarde tamère, regarde ton fils qui ne pourra vivre après toi : quitte cette fierté, de peur de nous perdre tous; car aucun de nous n'osera plus parler s'il t'arrive quelque malheur.

« Mon père s'exprimoit ainsi par tendresse, me

■ O Date, inquit, perfloe cam tais oontobernalibos iter beatum , ne udus desbillonim choro, ne rdlquia serins Domino pnesenleris. {Jet. $ine,, pag. 469. Veron. , I73I.)

' O diem a^penim !

^E^o inlanlem lactabam. {Jet. iinc., pag. 81.)

* Miserera, tU|a, canis meia : miserm paUi ! {Jet. Une* $ pag. 82.)

« baisant les mains, se Jetant à mes pieds, «rant, ne me nommant plus safille, maisradame': « Je le plaignois , voyant que de toute ma femilic « U seroit le seul à ne se pas ré|ouir de notre mar^ « tyre. Je lui dis pourle consoler: « Surréchafienidi « il arrivera ce qu'il plaira à Dieu : car sacha « que nous ne sommes point en notre puissance | « mais en la sienne *. Il se retira centriste.

< Le lendemain , comme nous dînions, on yrà « nous chercher pour être interrogés. Le brait s'en « répandit aussit6t dans les quartiers voisiDs; Il « s'amassa un peuple infini. Nous montâmes as

« tribunal « 4 *

« Le procureur Hilarien médit: Épargne la fM^ « lesse de ton père : épargne l'enfance de toollb; « sacrifie pour la prospérité des empereurs, —h « n'en ferai rien, répondis-Je. — £s-tu chrétieDoe? « me dit-il. Et Je répliquai : « Jesuisch^étieDDe^ « Comme mon père s'efforçoit de me tirer do tri- <« bunal , Hilarien commanda qu'on l'en chassât; « etil reçutuncoupdebaguette;Jele8entboonmM « si J'eusse été frappée moi-même , tant Je souffris « de voir mon père maltraité dans sa vieillesseM « Alors Hilarien prononça notre sentence , et nom « condamna tous à être exposés aux bêtes* I^ou « retournâmes Joyeux à la prison. Gomme moi « enfant avoit été accoutumé de me téter et dede^ « meureravec moi. J'envoyai aussitôt le diaere « Pompone pour le demander à mon père : mais cilnelevoulutpasdonner^,etDieu permit qœ « l'enûint ne demandât plus la mamelle, et q« « mon lait ne m'incommodât plus. »

La relation de Perpétue finit à la troisième dtf visions qu'elle eut dans son cachot.

« Félicité étolt grosse de huit mois , et voyafltle «Jour du spectacle si proche, elle étoit fwl afffl- « gée , craignant que son martyre ne fftt diffère j « parce qu'il n'étolt pas permis d'exécuter leste»- « mes grosses avant leur terme. Les compagw»* « de son sacrifice étoient sensiblement tristes dé « leur c6té, de la laisser seule dans le chemlade « leur commune espérance \ Ils se Joignirts» « donc tousensemble àprîeretàgémirponrelîe, « trois Jours avant lespectacle. Aussitôt après leur « prière , les douleurs la prirent : et comme iac-

» Et lacrymis non miam sed dominam ^*'*^*' -.motoi,

* Scito enlm nos non ta noslra potestate esse co» sed Dei. .

3 Christlana sum. {Jet. iinc. , pag. 81 et SSJ

* Sic dolui pro senecta ejus misera!

» Sed dare pater Doluit. «, in >ia «j»^

* Ne tam bonam soclam qoftd oonitem sowb m dem spel relinqaereat.

effoehaneiit est naturellement plus difficile dans k luiitiènie mois, son travail fût rude, et elle ftplaignoîtUn des guichetiers lui dit : « Tu te ytaiiis , que feras-tu quand tu seras exposée aux Mn ' ? Elie accoucha d'une flUe qu'une femme

Arédemie éleva comme son enfant

Les frères et les autres eurent la permission d*aitrer dans la prison et de se rafraîchir avec ML Le eonderge de la prison étoit déjà conifrtL Le jour dedevant le combat on leur donna, nivant la coutume , le dernier repas ^ que l'on ippeMt le iouper libre * , et qui se faisoit en piiUie : mais les martyrs le convertirent en une igipe. Ils parloient au peuple avec leur fermeté

«ilnaire

leoaiqaez bien nos visages, disoient-ils, afin knoos reoonnottre au Jour du jugement '. «(Mai du combat étant venu , les martyrs sortent de la prison pour Tamphithéâtre comme pour le ciel, gais, plutôt émus de Joie que de cnfaile. Perpétue suivoit d'un visage serein et fmpas tranquille, comme une personne chérie de JésDs-Ghrist, baissant les yeux pour en dénbff aux ^ectatenrs la vivacité ^. Félicité étoit ravie de se bien porter de sa couche , pour combattre les bêtes. Étant arrivés à la porte , on les îoahit obliger, suivant la coutume, à prendre les ornements de ceux qui paroissoient à ce V^taele. G'étoit pour les hommes un manteau noge, habit des prêtres de Saturne ^ ; pour les fanmes, une bandelette autour de la tête , sym- Me des prêtresses de Gérés. Les martyrs refuièniitees livrées de ridolâtrie

« Perpétue et Félicité furent dépouillées et milei dans des filets pour être-exposées aune vache (arieuse. Le peuple en eut horreur ^ , voyant rvae si délicate , et Tautre qui venoit d'accoucbar : on les retira, et on les couvrit d'iiabits ^^ottants. Perpétue fut secouée la première, et tebasor le dos : elle se mit en son séant, et ^aot son habit déchiré par le côté , elle le rete pour se couvrir la cuisse, plus attentive à ^ pudeur qu'à la souffrance ?. Elle renoua ses tiieveuxépars, pour ne pas paroltre en deuil,

HISTORIQUES. 185

« et voyant Félicité toute froissée , elle lui donna « la main afin de l*aider à se relever '. Elles allé- « rent ainsi vers la porte Sanavivaria , où Perpé^ « tue fut reçue par un catéchumène nommé Rus* « tique. Alors eHe s'éveilla comme d*un profond « sommeil, et commença à regarder autour d*elle, « en disant : « Je ne sais quand on nous exposera « à cette vache. On lui dit ce qui s'étoit passé : « elle ne le crut que lorsqu'elle vit sur son corps « et sur son habit des marques de ce qu'elle avoit « souffert *. Elle fit appeler son frère, et s'adres- « saiit à lui et à Rustique , elle leur dit : « Demeu- « rez fermes dans la foi ; aimez- vous les uns les «autres, et ne soyez point scandalisés de nos

«souffrances

« Le peuple demanda qu'on les ramenât au milieu « de l'amphithéâtre. Les martyrsy allèrentd'eux- « mêmes, après s'être donné le baiser de paix '. « Félicité toml)a en partage à un gladiateur ma- « ladroit qui la piqua entre les os et la fit crier; « car ces exécutions des l)estiaires demi-morts « étoient l'apprentissage des nouveaux gladia- « teurs. Perpétue conduisit elle-même à sa gorge « la main errante du confecteur ^. »

Dans cette même Carthage, qui rappefolt tant d*autres souvenirs, Cyprien remporta la palme due à son éloquence et à sa foi ; ce premier Fé- . nelon eut la tête tranchée : il se banda lui-même les yeux; Julien, prêtre, et Julien, diacre, lui lièrent les mains ; ses néophytes étendirent des linges pour recevoir son sang.

Longtemps avant lui, Polycarpe, qui gouvernoit l'église de Smyrne depuis soixante-dix ans , et qui avoit été placé par l*apêtre Jean , fit , d'après Tordre du consul, son entrée sur un âne dans sa ville épiscopale, comme le Christ dans Jérusalem. Le peuple crioit : « C'est le docteur dé n TAsie , le père des chrétiens , le destructeur de « nos dieux; qu'on lâche un lion contre Po- « lycarpe! ^ Cela ne se put, parce que les combats des bêtes étoient achevés. Alors le peuple cria tout d'une voix : « Que Polycarpe soit brûlé

« vif! »

Le bûcher préparé, Polycarpe 6ta sa ceinture

W helei obJeeU bciUto? (Jet. Hne. , pag. sa.)

nit cnna aUima qiiam Ilberam vocant

^tcopmcatb nos in die illo Judicil.

Jvren ocaloram d^leiens. (Âct. sine, pag. 77.)

^M qaidem laondotum SataniL

■*"*popaim.

AdvriaiMntQB femoram addiult , padoris poUus memor

> Sed manam ei tradidit , et tubleraTit illam:

* Quaodo, iDquit, produdmur ad vaocam, netcia.. Non prias credidit niai quasdam notas vexationis in eoqtore ethabltu suc recognovisset. ( Act. tinc. , pag. 500. )

3 OsculaU invioem ut marlyrlain per soteniDia pacla oonsummareot.

* Inter costas puncta esialnlavit e( errantem

dexteram Unincali gladiatoris ipsa in juguium suorn posait (i^c/:«<nc., pag. 88.)

ISTUDBS

A se dépouilla de ses habits. On le yùoUAX clouer

{tu bûcher comme son mattre à la croix ^ il déclara gue cette précaution étoit inutile, et qu*il demeureroit ferme ; il fut donc simplement attaché : il ressembloit i un bélier choisi dans le troupeau comme un holocauste agréable et accepté de Dieu '. Le vieillard regarda le ciel , et dit ; . « Dieu de toutes les créatures , Je te rends m grâces I Je prends part au calice de la passion de « ton Christ pour ressusciter à la vie étemelle. « Je te bénis, je te glorifie par le pontife Jésus- « Christ, ton fils bien -aimé, à qui gloire soit a rendue , à toi et à l*£sprit saint , dans les siècles « avenir! Amen'. »

Quand il eut dit , le feu fut mis au bûcher ; les flammes se déployèrent autour de la tête du mar- ^r comme une voile de vaisseau enflée par le vent'. Ses actes portent qu'il ressembloit à de Tor ou de Targent éprouvé au creuset ^ , et qu*4l exhaloit une odeur d*eocens ou d'un parfum vital ^ Le confecteur chargé d'achever les bétes blessées perça Polycarpe ; il sortit tant de sang des veines du vieillard qu'il éteignit le feu ^.

Pothin , évéque de Lyon , âgé de plus de quatre-vingt-dix ans , foible et infirme , fut battu , ibulé aux pieds , traîné dans l'arène , et rejeté dans la prison, où il rendit l'esprit. Ses compagnons de souffrances sembloient , au milieu des supplices , se guérir d'une plaie par une plaie nouvelle; les exécuteurs , en les tourmentant , avoient moins l'air de bourreaux qui font des blessures que de piédecins qui les pansent , tant ces confesseurs étoient Joyeux. Plusieurs d'entre eux , du fond des cachots ou on les replongea avant de leur donner le coup de la mort , écrivirent en grec le récit de leur martyre. La lettre portoit cette suscription : Les serviteurs de Jésus-Christ^ qui demeurent à Vienne et à Lyon y en Gaule ^ aux frères d*Asie et de Phrygie qui ont la même foi et Vespérançe dans la rédemption : paiXf grâce

* TAnquam aries iostgnis es immenso yrege delectus, ut holooftustum gralum el aooeptam Deo.

' Deus toUua creatura tibi graUas ago. In calice {tasaionis CbfisU lui partlceps flam In resiirrectlonem vfUe sterns! Te laudo, te benedloo , te glorifloo per Jeaum Cbristam dileetum tuam fllium pontlfioem : gloria oudc et in secala seculorum ! Ameo. (EusEB., HisL ecel, , iib. rr, pag. 73.)

' Tanqaain vela moavIgU ventonm flatlbot torgeseens, -«■pot martyria ondique obvailat. (Jbid,)

* Tanquam auram et argentam In eandno igof s ardore probatom. (Jbid.)

* Pragraotem odorem Inde haarièbaimu, Tdut ex thure odorlfero, aut quovis alio aromate. (Ibid,)

* Tania craorfs copia effluxU ut igQesa prorsni exittogoowt (/cf., cap. XV, pag. 7S.) ——^w

etgtoireiâhpartdel^iuhPèPÊ, Christ Natre-Seigneur'.

Je ne vous parlerai point du martyre deflédoo» tion employé après l'iputilité des menaces etd«i douleurs : dignités , honneurs , fortnnp, voltt|itéi même essayées par de balles femmes , furent mi succès comme les lions et )e feu.

Il y a de la puissance dans le sang : ces gtaè rations de l'âge héroïque chrétien, qui sobjugs^ rent les classes industrielles , enfontèrept M générations de l'âge philosophique chréUea , qui conquirentàleurtour les hommiesderintelligeoee» Cet âge philosophique n'est pas séparé bruiqo^ ment de l'âge héroïque; il prend naissance dam celui-ci; ses premiers génies enseignent et oforent sur l'échafiaud, mais leur doctrine règo^elt triomphe dans leurs successeurs^ quand l'heure des confesseurs est passée. Le christianisme philosophique ne détruisit pas non plus le christianisme héroïque , mais les sacrifices s'aooomplireot d'une autre façon dans les combats contre to hérésiarques, pu sous le fer des Barbares.

SECONDE PARTIE

SUITE DES BIOeUBS DES CBRtTUaiS. AGI rUILOSOPUIQUË. ]i£|l£SIËS.

Dans ce second âge du christianisme, la gno* deur des mœurs publiques et la sublimité ioteilectuelle remplacent la vertu des mœurs privées et la beauté morale évangélique. Ce n'est plus l'Église militante, esclave, démocratique dans les cachots et dans le sang; o'est l'Église triomphante, libre, royale, àla tribune etsurlapourpre. Les docteurs suceèdent aux martyrs : eeax-d n'avolent eu que leur foi ; oeux*là ont leur foi et leur génie. La partie cfadsie du monde païen, qui n'avoit cédé ni à la simplicité apostolique ai à l'autorité des bûchers, écoute, s'étonne, et bieDi^t se rend , en retrouvant dans la bouche des Pèrei les systèmes des sages plus clairement et pltf éloquemment expliqués.

Les hauteséooleschrétlennes ressembloieDt anx écoles i^ilosophiques ; les chaires oomptoient une suite non interrompue de professeurs comme à Athènes. Rodon hérite de Tatien, et Maxime,

« Servi h C qui Vlenoam et Liigdunum GalUa ^oo^^ fra(ribu8 in Asia et PbrygU qui eamdem uo|)iiCun» wW" tionis fidem et spem babent, pax, graUa «tglor^ * S^ ilk et Cbrtoto Jeiu Domb^ oostfo il» vi^. ifxmnS*»*» f^ v^cap. I, pag. S4.)

HISTOBIQUES.

àê Bodûo, examine la cpiestion da {«giaedo mal et de réteroité de la matière, Oami d'Alexandrie , qui remplace Pathénus, iMt iourride^ ouvrageade Platon ; il cite, dans li AioMo/Mi les maltrea aous lesquels il avoit (iriié: oaao Grèce , un en Italie , deux en Orient :

f Hao DMitre en Palestine , dit-il , étoit une •éâlk pi) suçant les fleurs de la prairie aposttriifae et prophétique , déposoit dans l'esprit «de Ml aoditeurs un doux et immortel trésor. »

Dm 80D traité du vrai Gnostique (celui qui iWMtt), Clément fait le portrait du sage même js philosophes : • Le gnostique n'est plus sujet I lapassions ; rie» dans cette vie n'est fâcheux •pur lui : il a reçu la lumière inaccessible ; il ne itttpn sortir son corps volontairement de la iiiefaroe que Dieu le lui défend, mais il retire

•«âme des passions '. Le gnostique use de •Mm lesoonnoissances humaines ^ C'est foiiHoie de craindre la philosophie des païens; la fiai qu'elle éhranleroit seroit bien fragile^. Le «giMKtifDe sesert de la musique pour régler les I mœurs \ il vit libre , ou, s'il est marié et s*il a «des enfants, il regarde sa femme comme sa

• «car, puisque sa femme ne sera plus pour lui I qu'une sœur quand elle sera dans le ciel. Les

• acrifices agréables à Dieu sont les vertus et « l'humilité avec la science. »

La renommée d'Origène étoit répandue dans tout le monde romain , et les polythéistes même lABiroie^t le docteur chrétien. Étant un Jour en- Irédans l'école de Plotin, au moment où celui-ci iMt sa leçon , Plotin rougit , interrompit son 'isooors, et ne le continua qu'à la sollicitation ieson illustre auditeur, dont il fit un pompeux ^ en reprenant la parole ^.

Rotin , fondateur du néoplatonisme , n*en étoit fis nnventeur ; c*étoit Ammonius Saccas,qoi >vnt enseigné mystérieusement sa doctrine à lotin et à Origène. Origènc trahit le secret.

Ces Pères de l'Église , la plupart sortis des écolo ^losophiques et nés de fïunilles païennes,

'Mm... «pdilos a TaUido, Ubras quamplarimo* et *ln MacdonU bsresim scripsit (Euseb., HUU, Ilb. ▼,

* ^Mualqliide■la viU ooa edacit, non est enfm ei permifr- ^iMdaniinam addudt a mofibus et afTectionibus. (Cle* *^. AiAARD., StromtLUim, Ub. Ti, pag. SSS. LuteUa Pa-

■fW», IMl.)

Siv« Jndalcas, shre philoMphonmi discit Bcripturts... ^J"""»» foeit veritatem. (/rf., ihid,, pag. »ii.)

Valu aateio, non secus ac picU larvas, Umept gnecam jyjwphlMn , dam verenlur ne eoi abdacat. Veritas enlm "*"«p«i«bUls, dlMoèvttttr aiUm blsaoploto. (/tf., ilnd.

furent non-seulement des professeurs éloquents , mais encore des hommes politiques : alors brillèrent ces évéques qui bravoieot la puissance des ' empereurs et la brutalité des rois barbares, Athanase livre ses combats contre les Ariens : cité au concile de Tyr, déposé h celui de Jérusalem , il est exilé à Trêves par Constantiu. Il revient; les peuples accourent sur son passage ; il rentre en triomphe dans sa ville épiscopale. Quatre-vingtdix évéques ariens , ayant à leur tête Eusèbe de Nicomédie, le condamnent de nouveau à Aatioche ; cent évéques orthodoxes le déclarent innocent dans Alexandrie : le pape Jules confirme cette sentence à Rome. Le prélat remonte sur son siège ; il en est chassé par ordre de Constance , qui met h exécution les décrets ariens des conciles 4' Arles et de Milan. Athanase célébroit une fête solennelle dans l'église de Saint-Théon à Alexandrie; comme il chantoit le psaume du triomphe d'Israël sur Pharaon , le peuple répétant à la fin de chaque verset : « La miséricorde du Seigneur « est éternelle, » des soldats enfoncent les portes : le peuple fuit, Athanase reste à l'autel entouré des prêtres et des moines qui le dérobent à la perquisition des soldats. Il se réfugie dans les lieux écartés de l'Egypte; les religieux qui lui donnent asile sont inquiétés : ce génie enthousiaste s'enfonce plus avant dans la solitude, comme un glaive ardent dans le fourreau. Un serviteur qui lui reste va chaque jour , au péril de sa vie , chercher la nourriture desonmaltre. Que fait Athanase parmi les sables? Il écrit. Les sépulcres des princes de Tanis , les puits où dorment les momies des persécuteurs de Moïse, sont les bibliothèques de ce seul vivant ; c'est là qu'il trace les pages qui du fond du désert remuent les passions du monde . A la mort de Constance , Athanase reparott au milieu de son peuple. Julien le force à rentrer dans la Thébalde ; il revient quand Julien est passé. Valens le proscrit , et il se cache an tomlieau de son père. Enfin 11 émerge une dernière fois de l'ombre, et, torrent calmé, achève paisiblement sa course. Sur les quarante-six années de Tépiscopat d' Athanase , vingt s'étoient écoulées dans l'exil.

Grégoire de Nazianze, nommé évêque orthodoxe de Constantinople, dont il ne fut d'abord que le missionnaire , eut à soutenir les outrages des ariens : Théodose , qui l'a voit intronisé à main armée , l'abandonna. Grégoire , obligé de s'arraehar à l'église de 9a eréatioii et da aoa amour, lai

ÉTUDES

fit ces adieux pathétiques qui ont retenti jusqu'à nous. li passa la fin de ses jours dans sa retraite de Cappadoce, cliantant, car il étoit poète, l'inconstance des amitiés humaines, la fidélité du commerce de Dieu , et la beauté qui fait oublier toutes les autres, celle de la vertu.

Basile, archevêque de Césarée , mérita le surnom de Grand. Il donna des règles en Orient à la vie cénobltique. On a de lui plus de trois cent cinquante lettres, des homélies et un panégyrique des quarante martyrs. Ces ouvrages nous apprennent une infinité de choses ; ils sont écrits d'un grand style : saint Basile est peut-être, avec saint Éphrem , un des Pèi*es qui s'éloignent le plus du génie antique et se rapprochent le plus du génie moderne. 11 excelle dans les descriptions de la nature. Je ne citerai point, parce qu'elle est trop connue , sa lettre à Grégoire de Nazianze sur la sol^ude que lui , Basile , avoit choisie dans le Pont ' : ses neuf homélies sur VHexaméron, ou l'œuvre de six jours , sont une espèce de cours d'histoire naturelle; il les prêchoit pendant le jeûne du carême, le matin et le soir, et, lorsqu'il reprenoit la parole, il renvoyoit ses auditeurs à ce qu'il avoit dit la veille. La physique deVHexaméron n'est pas bonne, mais les détails en sont charmants. L'orateur s'applique à faire sortir de l'histoire des plantes et des animaux les instructions de la morale. Un jour, parlant des reptiles et des quadrupèdes , il passoitsous silence les oiseaux * ; aussitôt la rustique assemblée de lui indiquer son oubli par des signes. Le naturaliste chrétien , naïvement interrompu, reconnoit son tort; il change de sujet, et décrit l'instinct des oiseaux avec un bonheur extraordinaire : il tire même un enseignement religieux d'une erreur : selon lui il est des oiseaux chastes qui se reproduisent sans s'unir : de là la virginité de Marie K

Yaiens voulut contraindre Basile à embrasser l'arianisme : il lui envoya Modeste préfet d'Orient , avec l'ordre de l'effrayer par des menaces. Modeste sétonna de la fermeté de Basile. « Appa- « remment,lui dit le saint, que vous n'avez jamais « rencontré d'évêque. » Après sa mort, Basile fut en si grande renommée , qu'on cherchoit à Timi-

> Voyez encore les nouveaux Mélanges historiques et littéraires de M. Villemain , pag. 322 et soiv. Il en existe aussi deux autres traductions.

* Et sermo hujusmodi nobis cum avibus eyolaverat. (S. Amm., Hexameron, lib. V, pag. 00, tom. i. Parisils, 1586.)

> Impossibile putatur in Dei matre quod in vulturibus possibile non negatur. Avis sine masculoparit, et nullus refellit; fli quia vlrgo Maria peperit, pudoricda^qiiiettkneia iacûlot. {Id., ibid., Ub. V, cap. xx, pag. 07.)

ter jusque dans ses défauts : on affectoit sa péleor,

sa barbe, sa démarche, sa lenteur à parler, car

il étoit' pensif et recueilli. On s'habilloit comme

lui, on se couchoit comme lui; on se nourrissoit

de choses dont il aimoit à se nourrir. Cet évèqm

universel a fondé les premiers hôpitauxde l'Asie.

Flavienet Jean Ghrysostême furent encoreplos

mêlés que Basile à la politique. Banslaséditioa

d'Antioche , Chrysost6me , alors simple prêtre,

sema des consolations par ses discours, et Flavieo,

malgré son grand âge, se rendit à Gonstantino-

ple. Arrivé au palais de l'empereur, introduitdani

ses appartements, il se tint debout sansparlerj

baissant la tête , se cachant le visage comme s 11

eut été seul coupable du crime de son peapie.

Théodose s'approcha de lui , et lui reproebarm-

gratitude des Antiochiens. Alors l'évêque fondant

en larmes : « Vous pouvez en cette occasion orner

« votre tête d'un diadème plus brillant que celd

« que vous portez. On a renversé vos statues, éle^

« vez-en de plus précieuses dans le cœur de vos

« si^yets.

« Quelle gloire pour vous quand un jour on « dira : Une grande ville étoit coupable; gouver^ « neurs et juges épouvantés n'osoient ouvrir la R bouche; un vieillard s*est montré, il a touché « le prince I Je ne viens pas seulement de la part « du peuple , je viens de la part de Dieu vonsdé> « clarer que si vous remettez aux hommes leuis « fautes , votre père céleste vous remettra vos pé- « chés. D'autres vous apportent de l'or, de Tar^ « gent , des présents ; moi je ne vous offre que les « saintes lois, vous exhortant à imiter notre mal* « tre ; ce maître nous comble de ses biens, quoique « nous l'offensions tous les jours. Ne trompez pas « mes espérances ; si vous pardonnez à notre ville, «j'y retournerai plein de joie; si vous lacon* « damnez , je n'y rentrerai jamais. »

£n entendant ce discours. Théodose s*écria: « Serions-nous implacables envers les hommes, (c nous qui ne sommes que des hommes, lorsque « le maître des hommes a prié sur la croix pour « ses bourreaux '? » Le christianisme étoit à la fois un principe et un modèle : on ne sauroit croire combien cet exemple du pardon du Christ, incessamment rappelé pendant les siècles de tobarie et de despotisme , a été salutaire à Thmaanité.

Saint Chrysostùme avoit pratiqué quatre ans la vie ascétique sur les montagnes; il passa deax

HISTORIQUES

aiéeseDtières dans iiiie caverne sans se coucher dpesqoe sans dormir : Il avoit fai , parce qu'on iiataNigéàle faire évécpie. Si dans l'âge bérolpdirétien, quand il s'agissoit d'être le premier ■rtyr,oe n'étoit pas un l^er fardeau que l'épis- Npit, ce fardeau n'étoit pas moins pesant dans rige piiilosqihique du christianisme : il falloit ii«r le talent de la parole , la science de l'homme èicttns, rhabileté de l'homme d'État, la fer- ■déde l'homme de hien. Plus tard y lors de l'innâoD de» Barbares, toutes les tribulations des teaips tomboient à la charge des prélats. Jean iNche d'Or, devenu évoque de G>nstantinop1e, earign le clergé, gouverna par ses conseils les ifm de la Thrace et de F Asie , et résista aux olRprises duGoth Gainas. Quelquefois il étoit ^àe quitter l'autel , ayant l'esprit trop agité pioffrir le sacrifice. On conspira contre lui ; on tea d'orgueil, d'injustice, de violence, d'àwdes femmes : afin de sejustifier decette derlièitlbiblesfie, il offrit d'exposer l'état où l'avoient nanties austérités de sa jeunesse. Condamné au ttKile du Qièoe , chassé de Constantinople, et bntdt rappelé , il osa braver Eudoxie , qui Jura ttaort Gefot alors qu'il prononça le fameux disttusoùildisoit : « Hérodiade est encore furieuse, ■elle danse encore, elle demande encore la tête ■ de Jean. » Précipité , comme I>émosthènes , de htrilranedontil étoit la gloire, enlevé de l'autel AU avoit donné un asile à Eotrope, Chrysoste reœit l'ordre de quitter Constantinople. Il ttmx évèques, ses amis : « Venez , prions ; pre- 'MtteoDgé de l'aoge de cette église. » Il dit aux 'itoonesies : « Ma fin approche ; vous ne re verrez ■ptosmon visage. > Il descendit par une route ^Kièteaox rives du Bosphore pouréviter la foule, i^cnbarqoa, et passa en Bithynie. Exilé à Cueuse, ^pesples, les moines, les vierges, accouroient à U; tous s'écrioient : « Mieux vaudroit que le *M perdit ses rayons que Bouche d'Or ses ■FUQies.»

ToQt banni qu'il étoit , les ennemis de Chrysos- ^•eleredoutoient encore , et sollicitèrent pour ^mcxil plus lointain. Il fût enjoint au confes- |*dc se transporter à Pytîonte, sur le bord du "«t-Euxin. le voyage dura trois mois : les deux **at8 qui eonduisoient Chrysostômele contrai- Wem de marcher sous la pluie ou à l'ardeur du **ij, parce qu'il étoit chauve. Quand ils eurent J»éComane, ils s'arrêtèrent dans une église dé- *« îsaiût Basilisque , martyr. Le saint se trouva

mal ; il changea d'habits , se vêtit de blanc , communia (il étoit à Jeun), distribua aux assistants ce qui lui restoit , prononça ces mots qu'il avoit ordinairement à la bouche : « Dieu soit loué de « tout I > puis, allongeant lespieds, il dit le dernier amen '.

Rien de plus complet et de plus rempli que la vie des prélats du quatrième et du cinquième siècle. Un évéque baptisoit, confessoit, préchoît, ordonnoit des pénitences privées ou publiques, lançoit des anathèmes ou levoit des excommunications, visltoit les malades, assistoit les mourants, enterroit les morts, rachetoit les captifs, nourrissoit les pauvres , les veuves , les orphelins, fondoit des hospices et des maladreries , administroit les biens de son clergé , prononçoit comme juge de paix dans des causes particulières , ou arbitroit des différends entre des villes ; il publioit en même temps des traités de morale, de discipline et de théologie , écrivoit contre les hérésiarques et contre les philosophes, s'occupoit de science et d'histoire , dictoit des lettres pour les personnes qui le consultoient dans l'une et l'autre religion , correspondoit avec les églises et les évèques, les moines et les ermites, siégeoit à des conciles et à des synodes , étoit appelé aux conseils des empereurs, chargé de négociations , envoyé à des usurpateurs ou à des princes liarl>ares pour les désarmer ou les contenir : les trois pouvoirs , religieux, politique et philosophique, s'étoient concentrés dans l'évêque. Saint Ambroise va en amlmssade auprès de Maxime, fait sortir Théodose du sanctuaire , réclame les cendres de Gratien, ne peut sauver Valentinien II, et refuse de communiquer avec Eugène : au milieu de ces grandes occupations , il compose tous ces ouvrages qui nous restent, introduit la musique dans les églises d'Occident , et laisse des chants si renommés que, dans les siècles suivants, le mot hymne et le mot Ambrosianum devinrent synonymes.

Les travaux de saint Augustin ne sont point surpassés par ceux de saint Ambroise. Quatrevingt-treize ouvrages en deux cent trente*âeux livres, sans compter ses lettres, attestent la fécondité et la variété du génie du fils de Monique. « Si je pouvois , dit-il dans une lettre à Marcelin ,

> Candidaa mtn reqnlrlt, eziiUsqae prioribut eai ilbi Jpfu* DOS indait, omnibus ad caloeamenta usque mutatU, atque reliqoas pmeoUbus dlstriboit; et cum dijikiel more sao : Gi<h ria Dei propier ommia, et ulUmum jimen obsigoasset , extendit pedes. (Pallao., Diahg, de vit. S, Ckry$09(., pag. loi.)

tw

ÉtGbES

« TOUS rendre 6(>mpte de mon temps et des ouït vrages auxquels J*ai été oblige de mettre la « main , vous seriez surpris et affligé de la quan-

« tité d^affalres qui m'accablent

« Quand J'ai un peu de relâche de la part de ceux « qui ont recours à moi , je ne manque pas d'au- « tre travail ; J'ai toujours quelque chose à dicter n qui me détourne de suirre ce qui seroit plus de < mon goût dans les courts intervalles de repos « que m'accordent les besoins et les passions des « autres '. « Augustin écrit contre les donatistes ; ceux-ci veulent le tuer; il intercède pour eux : il a un démêlé avec saint Jérôme; il s'occupe d'arbitrage ; 11 reçoit les ùigitift après le sac de Borne. Son amitié et ses liaisons avec le comte Boniface sont célèbres : la lettre qu'il écrivit à cet homme offensé, pour le rappeler à l'amour de la patrie , lui fait grand honneur. « Jugez vous* « même : si l'empire romain vous a feiit du bien, « ne lui rendez pas le mal pour le bien; si l'on « vous a fait du mal , ne rendez pas le mal pour « le mal. » Augustin étoit propre, maissimp le dans « ses vêtements. << Il faut , disoit-il , que mes ha- « bits soient tels que Je les puisse donner à mes « A*ères s'ils n'en ont point ; il faut qu'ils convien- « nent par leur modestie à ma profession; à un «corps cassé de vieillesse et à mes cheveux « blancs '. » Il étoit chaussé , et disoit à ceux qui &lloient pieds nus : « J'aime votre courage ; souf- « frez ma foiblesse. » Aucune femme n'entroitdans &a maison , pas même sa sœur ; s'il étoit absolument obligé de communiquer avec des femmes, il ne leur parloit qu'en présence d'uu prêtre : il se Souvenoit de sa chute. Il mourut, dans Hip- ]^ne assiégée , sans feire de testament , car dans son extrême pauvreté 11 n'avoit rien à laisser à ^rsonne.

Saint Jérôme est une autre grande figure de lÉes temps , mais d'une tout autre nature : orageux , passionné , solitaire, regrettant le monde dans le désert, le désert dans le monde; voyageur qui cherche partout un abri et qui se surcharge de

I ftlsalemnltoBem oranitundieram et Ineobrationani alils necessiUtibas impensanim Ubi possem reddere, graviter codîrlstatofl nlrareris qaanta me distpndant... Com enim ab eomm bomlnoin neceMitaUbos aliquanlulum vaco, qui me sic angariant,^on desunt quie dictanda propono... Taies ergo nihf nécessitâtes dictandt aliqaid « quod me ab eis dSctationibus Impediat qalbus magis ioardcsco, déesse non possant; cam paalulum spafii vix datar tnter acervos occapationura , quibus nos all^n» Tel capldltates vel oeoeartlates angariats trahunt. (Auc, EpiiL, pag, 189.)

* Vestes «Jus tel teclualia ex moderato et oompeteott habita crant, nec niUda nimium Dec afajeeta plarteram. ^Fost»., in

travaux êômme II se couvre de sablé , pour étQ# fer ce qu'il ne sauroit étouffer : matelot naufragé, pèlerin sauvage et nu qui apporte ses douleurs aux lieux des douleurs du Fils de l'Homme, et qoif courbé sous le poids des Jours , peut à peine rester au pied de la croix.

Augustin et Jérôme appartiennent aux im^ modernes ; on reconnolt en eux un ordre d*idées^ une manière de sentir, ignorés de l'antiquité. La christianisme a fiiit vibrer dans ces eœun une corde Jusqu'alors muette ; il a créé des hommel de rèveriei, de tristesse , de dégoAt , d'inquiétode, de passion , qui n'ont de relVige que dans i'étf^ Aité.

Le clergé régulier formoit une partie eonsijf' rable de Torganisatlon chrétienne : dans le moaAi civilisé romain , les moines étoient des hotnffiesdi la nature , comme ils fbretit des hommes de lad' Tllisatioii dans le monde barbare'. On dlstiagooil trois sortes de religieux : les reclus enfermés daal leurs cellules, les anachorètes dispersés dans M déserts , les cénobites qui vivoient en oomma* nauté. Les régies de quelcfues ordres monastiqoel étoient des chef-d'œuvre de législation. Tnil causes générales peuplèrent les cloîtres : la rett* giou, la philosophie et le malheur; on se mit I part de la société ^ quand elle eut peirdu le pou' voir de protéger. Les couvents devinrent par cela même une pépinière d'hommes de talent et dls^ dépendance.

L'oecupation manuelle dea cénobites étoit ^ faire des cordes , des paniers , des nattes , du pa^ pier ; ils transcrivoient aussi des livres ■ ; travani dont saint Éphrem se plait à tirer des leçons.

Paul ermite , Antoine , Pacôme , Hilarion , M» calre, Siméon Stylite , sont des personnages itn eonnusà l'hellénisme : leurs vêtements ^ leurs pal' miers, leurs fontaines, leurs corbeaux, leuri lions , leurs montagnes , leurs grottes , leurs vieul tombeaux , les ruines où les démons les tenti^etttj les colonnes qui leur élevoient dans les alfSUM autre solitude, appartiennent à la puissance d( l'Imagination orientale chrétienne.

Les ascètes enrôlent en silence sur le Siual; comme les ombres du peuple de Dieu. Ces a^ rants du ciel exerçoient un grand pouvoir sur li terre : les empereurs les envoyoient consulter

■ Funicutos eflicis...? In mente babeto illos qui per nar navigant. Spoftnlaa exiguas operaris? Qas nnoaipatarmai laocia oogita.... Pulcbre et eleganterserlbfis ? Odioram tti«^ tores oogUa. (S. Pairis Ephrœm, Syri Par^nusU quadrifé êèmatepiinM, pag. $97. ÂDtuetpiaa, ISIS.)

BISItMIKIlIES.

QM lettre à mIbI Antoine et riHieile soQ père ; saint Antoine assemble ses ma» et leur dit : « Ne soyez pas surpris qu'un iiopeKvr nous écrive ; ce n'est qu'un liomme :

• fiMmes-YOos plutôt de ce que Dieu ait écrit une ■ Upoiir les hommes*. » Antoine se refusée Me réponse; ses disciples le pressent; alors il Modeà GMistantin et à ses deux fils : « Méprl- ■MX le monde, songez au jugement dernier,

• SRi?eDez-voQS que Jésus-Clirist est le seul roi t véritable et étemel ; pratiquez l'humanité et la

SlDs la sédition d' Antioche , les meines des- OBdirent de leurs montagnes et s'établirent à la pi ta palais , implorant la grâce des coupa- Iki Un d*entre eux , Macédonius, surnommé le bitnphagje, rencontre dans la ville deux comlinires de l'empereur; il en saisit un par le Msu , et leur ordonne à tous deux de desçenfcde cheval : la hardiesse de ce petit vieillard onrert de iiaillons indigne les commissaires; ■iiiiyantapprisquiii étoit, ils lui embrassent les yaxiz. • Amis , s'écrie l'ermite , intercédez pour *kMg des coupables ; dites à l'empereur que ■ Ks «yets sont aussi des hommes faits à l'image

• de Dlea ; que s'il s'irrite pour des statues de «hrome, une image vivante et raisonnable est «kien préférable à ces statues. Quand celles^i 'Mût détruites, d'autres peuvent être faites :

* nais qui donnera un cheveu à l'homme qu'on ••Ut mourir 3? » Ainsi renaiseoient la liberté ^ ^ dignité de l'homme par le christianisme : J^wmites, exténués de jeûnes, retrouvoient VK rindépendance et le mépris de la vie les ^ts qoe la société avoit perdus dans ie luxe et f^tage,

^ kfOBS n'étolent pas épargnées aux empe* "•» : Ueifer, de Gagliari, apostrophe Constance >* "^ d' Atbanase : « Si tu étols tombé entre les *>^ii»de Mathatias et de Phinées, Us t'au- «Nmtfrq^ du glaive; et moi, parce que Je

^Hemfrttnlnis! id no6 tcribal lûiperalor, homocam sit; arT"? >^«« ^«d tegem hooiltilbua scripserit Deu». |JJ2**« arcAiqwKXjp., S. Antonii vUa, tom. m. pag. 866.

"■ poltai aw ^dicB Kodrcrarentar, ttimilqiie Chrt-

^tteïïl:» "*"™*^ *™^"*<^'*«»- Rogabat ut hproa- •woereot Kcuram JoaUlte pauperumque gérèrent. (/</.,

toîl'!!^'*' *P^ accedenles com liducia loquebantar rr^w aaoes tanguioem effandere parali eranl, et canita ;7*^« « c^ttoa ab ospeelaUs tribolationibus <»rlpwent. •wâLli; *;•••••• Stataaîquidemdefecta: rurauin

aodomm? * •* ■"***" ^^ ^* Imaginera occîdercUa , ftuonwKun poteritis peremptam revooare? etc. (S. h CHftY- '^•»fl<«ii.xvu,pai.i7s,to«.iLParialli,i7i8.)

« btesie de ma paririe ton esprit trempé du sang « chrétien , Je te fais ii^'ure 1 Que ne te vengefr-tu « d'im mendiant? Devon6*nous respecter ton dia- « dème, tes pendants d'oreilles, tes bracelets, « tes riches habits, au mépris du Créateur? Tt| « m'accuses d'outrages : à qui ten plaindras-tu 7 « A Dieu, que tu ne connais pas? A toi-même ^ •« homme mortel qui ne peux rien contre les ser- <« viteurs de Dieu ! Si tu nous fais mourir, nous < arriverons à une meilleure vie. Nous te devons « obéissance , mais seulement pour les bonnes « œuvres, non^pour les mauvaises et pour con- « damner un innocent'. »

Lucifer étoit légat du pape Libère : on voit déjà poindre l'esprit véhément et dominateur des ita« tors Grégoire VIL

Des vices s'étoient glissés à travers les vertus : les passions privées se nourriaseut dans le silence de la retraite ; les passions publiques naissent au bruit du monde. Saint Grégoire de Nazianzci saint Chrysostôme , saint Jérôme , saint Augustin , Salvien , plusieurs autres Pères , se plaignent de l'ambirion des prélats, de la cupidité des prêtres et des mœurs des moines. Vous avez déjà vu des exemples à l'appui de ces reproches, et j'ai rappelé les lois qui s'opposent aux empiétements du clergé : que l'homme triomphe par les vertus ou par les armes , la victoire le corrompt. Ce fut surtout dans les sectes séparées de l'unité de l'Église qu'eurent lieu les plus grands désordres : les hérésies furent au christianisme ce que les systèmes philosophiques furent au paganisme, avec cette différence que les systèmes philosophiques étoient les vérités du culte païen , et les hérésies les erreurs de la religion chrétienne.

Les hérésies sortoient presque toutes des écoles de la sagesse humaine. Les philosophies des Hébreux, des Perses, des Indiens, des Égyptiens, des Grecs , s'étoient concentrées dans l'Asie sous la domination romaine : de ce foyer allumé par l'étincelle évangélique. Jaillit une multitude d'hérésies aussi diverses que les mœurs des hérésiarques étoient dissemblables. On pourroit dresser un catalogue des systèmes philosophiques, et placer à côté de chaque système l'hérésie qui lui correspond. Tertullien l'avoit reconnu : « La phi- « losophie , dit-il , qui entreprend témérairement « de sonder la nature de la Divinité et de ses dé-

' Sal>ditos nos debere esse in bonis opertbûs, non in malis. An bonum est opassi eum quein Innooentem scimiis... Interlnrramas?... (De non parcendoln Deum delinquentibos. — Ivciferi, episcojn Calaritani, ad Comlantium. ConstanUM magni Imp. Aug. Ojjmêcula, pag. 8P9. ParlsitS, IW8.)

ÉTUDES

crcts , a inséré toutes les hérésies. De là viennent les Éones et je ne sais quelles formes bizarres , et la trinité liumaine de Valenlln , qui avoit été platonicien ; de là le Dieu l)on et indolent de Marcion", sorti des stoïciens ; les épicuriens enseignent que l'âme est mortelle. Toutes les écoles de philosophie s'accordent à nier la résurrection des corps. La doctrine qui confond la matière avec Dieu est la doctrine de Zenon. Parle-t-on d'un Dieu de feu , on suit Heraclite. Les philosophes et les hérétiques traitent les mêmes sujets, s'embarrassent dans les mêmes questions : D'où vient le mal, et pourquoi est-il? D'où vient rhomme^ et comment? Et ce que Yalentfn a proposé depuis peu : Quel est le principe de Dieu? A l'entendre , c'est la pensée et un avorton'. »

Saint Augustin comptoltde son temps quatrevingt-huit hérésies, en commençant aux simoniens et finissant aux pélagiens, et 11 avoue qu'if ne les connoissoit pas toutes. Comme l'esprit ne fait souvent que se répéter, il n'est pas inutile de remarquer que le mot hérésie signifie choix, et c'est aussi ce que veut dire le mot éclectisme si fbrt en vogue aujourd'hui : l'éclectisme est l'hérésie des hérésies , ou le choix des choix philosophiques.

Ainsi au moment de la destruction de l'empire romain en Occident, le christianisme marchoit avec douze persécutions générales* , les persécutions de Néron, de Domitien, de Trajan, de Marc-Aurèle, de Sévère, de Maximin, dcDécius, de Valérien , d' Aurélien , de Dioclétien , de Constance ( persécution arienne ) , de Julien ; avec trois schismes de l'Église romaine, les schismes des antipapes Novatien, Ursien et Eulalius; avec plus de cent hérésies. Par schisme il faut entendre , ce qu'on entendoit alors , le dissentiment sur les personnes; par hérésie, les différences dans les doctrines.

Les hérésies du premier siècle furent de trois sortes : les premières appartenoient à des fourbes qui prétendoient être le véritable Messie , ou tout au moins une intelligence divine ayant la vertu des miracles; les secondes sortirent de ces esprits creux qui recouroient au système des émanations pour expliquer les prodiges des apôtres;

* Prœtcript cont, hmret, Fledby.

' Les Actes des apôtres démoDtreDt qu*H y avoit eu des per^ sécatioas particulières, même avant la pureéculioD de Mécon. S. Luc en fait foi, el les Actes des apôtres, quoi qu'on en ait dit, sont aulbeoUqaes.

les troisièmes fiirent les imaginattcMis de certains rêveurs qui voyoîent en Jésus-Christ un génie sous la forme d'un homme , ou un homme dirigé par un génie : ilsdisolent encore que Jésus-Glirist avoit enseigné deux doctrines, l'une publigoe, l'autre secrète ; ils mutiloient les livres du Nonveau Testament , ccmiposoient de foux évangila et fabriquoient des lettres des apôtres. Dans ces trois classes d'hérésiarques on trouve Simon, Dosithée , Ménandre , Théodote , Gorthée , Qèh bule, Hymenée, Philète, Alexandre, Hermogènes, Cérinthe, les ébionistes et les nazaréens. Presque toutes les hérésies du premier siède furent juives d'extraction.

Au second siècle les hérésies devinrent gmques et orientales. Plusieurs philosophes de ïààt avoient embrassé le christianisme; ils y apportèrent les idées spéculatives dont ib étoient noar^ ris : la doctrine des deux principes, la croyanoe des génies, les émanations cbaldéennes, en m mot tout Tabstrait de l'Orient modifié par la philosophie grecque, pétrie et repétrie dans Técoie d'Alexandrie. Il y eut aussi des réformateurs do christianisme qu'ils trouvoient déjà altéré : Montan , Praxéas , Marcion , Saturnin , Hermias, A^ temon, Basilide, Hermogènes, Apelle, TalieD, HéraeléoQ , Cerdon , Sévère , Bardesanes , Valentin, furent les plus célèbres hérétiques de cetts époque.

Praxéas, de Thérésie de Montan, soutenoit que Dieu le père étoit le même que Jésus-Christ, et qu'en conséquence il avoit souffert. Les disd* pies de Praxéas furent appelés patropassienSf parce qu'ils attribuolent au Père comme au Fib la passion et la croix '•

Yalentin , suivant le génie grec qui personni* floit tout, transformoit les noms ea personnes : les siècles qui dans l'Écriture portent le nofl d'Eones ou d'Alones, devenoient des êtres ayant chacun leur nom. Le premier Éone se nommoit Proon , préexistant , ou BythoSj profondeur : il, avoit vécu longtemps inconnu avec Ennoia, It pensée , ou Charis , la grâce, ou Sigéy le silence. Bythos engendra, avec Sigé, Nous ou l'Intelligence, son fils unique. Nous devint le père de toutes choses. Nous enfanta deux autres Éones, Logos et Zoé, le verbe et la vie ; de Logos et de Zoé naquirent Anthropos et Ecclesia, l'homme etl'église. Enfin,après trente Éones, qulforrooient le Pleroma ou la plénitude , se trouvoit la vertu

> Appeai* «tf TtfM. Prœscrip., in Jim*

BISTÛBIQtJES.

IM

hPlmmê,lhfOi0aStaMfùif le terme ou la 0ttx '. Cette théologie s'étendoit beaucoup plus Iib; nais Tespril hamain a des Mes trop uomhauespoar les suivre dans toutes leurs modiii*

Ao troisièiiie siède, la philosophie grecque catinoa ses ravages dans le christianisme : les knmes qui passement incessamment des écoles f Athènes et d'Alexandrie à la rellgicm évangélifiedMrcboJent à rendre celle-ci no/ure/fe, c'est- ÀHiiic qu'ils s'efforçoient d'expliquer les mystèm» afin de répondre aux objecti<ms des païens. Citte lâosse honte de l'esprit prodinsit les erreurs kSabelUos, de Noêt, d'Hiérax , de Bérylle, de M de Samosate : on compte aussi celles des ifUta^des cainites , des sethlens et des mdchiwffifns»

Mines, dont l'hérésie éclate vers Tan 377, àiiD esclave appelé Goubric , surnommé Ma» lii, ce qui sigoifloit en persan l'art de la parole ; Misés y prétendoit exceller. Il eut pour disciple AoBias, et raïqporta de la Perse l'ancienne docttisedes deux principes : le bon princ^ est la Imière, le mauvais principe, les ténèbres.] Le ■osdeétoit l'invasion du mauvais principe ou du fnndpe ténébreux dans le bon principe ou le pâeipe lumineux* Manès inflltrolt sa doctrine èas le christianisme par F histoire de la tentation de nKmune, produite de Satan, et par la mission de JésQs-ChrIst envoyé du bon principe, pour Mniire l'action de Saten ou du mauvais principe».

Les héfétiques cberchoient assez souvent à lotier dans le sein de rÉglise ; on ne s'y reçoit pas, mais on différoit sur les conditions fc leur réintégration : autre source de schisme n troisième siècle; celui des novatlens est un As phs connus.

le quatrième siècle se dbtingue par la grande ^^vaied'Arius. Le monde philosophique à cette ^ifie étoit devenu néoplatonicien ; le néoplato- ■■ae ne trouvoit plus de contradicteurs, et se ^ttrochoit de la théologie chrétienne à laquelle ^i^étoit assimilé. La puissance politique ayant MducMedes chrétiens, les hérésies affectètttt le caractère de la domination et les mœurs du 1^; elles voulurent régner, et jnontèrent en <fo sur le tr6ne avec Constance : elles servirent

' TawiL. aév. ratent

Ij^lKACfotaE, Nitfoite eu Mûnkh, ; HtiUftcLOT, TilEOiK>B. *«^<.; Aeta dUput, Arek.; Monnm, <fcc/., grec ei laU, np.

de marchepied au paganisme pour reprendre ua moment la pourpre avec Julien. Constance ayant divisé la doctrine orthodoxe par Tarianisme, il parut tout simple que la religion changeât dans Julien, comme elle avoit changé dans Constance, et que l'un forçât ses sujets d'adopter sa communion , ainsi que l'autre les y avdt obligés.

Sdi)ellius avdt établi la distinction des personnes triniteires; Marcion et Cerdon reconnois* soient trois substances incréées; Arius voulut concilier ces opinions en faisant de la Trinité trois substances , mais posant en principe que le Père seul étant incréé, le Verbe devenoit une créature : Macédonius nia depuis la divinité du Saint-Esprit Le mot consnbstantiel fut inventé pour écarter les subtilités des ariens; mot latin qui ne traduisoit pas exactement le fameux mot grec homoousios employé par les Pères de Nioée. Eusèbe et Théognis usèrent de supercherie en souscrivant le symbole ' ; ils introduisiient ml iota dans le mot hùmoousios et écrivirent Ao* moiousiosj semblable en substance au lieu de même substance. On chicana sur cet iota, qui causa bien des persécutions et fit couler beau* coup de sang. Saint Hilaire, avec la droiture et la raison des peuples occidentaux , admit les deux expressions, disant que rien ne pouvoit être semblable selon la natore qui ne fût de même nature*. L'arianisme divisé en plusieurs bran« ches , Eusébien , demi*arien , ete.', passa dés Ro« mains aux Goths ; son caractère se met angeoit de faste , de violence et de cruauté. Arius, son fondateur, étoit pourtant un homme doux quoique obstiné : l'antagoniste d' Arius fut , vous le savea ,^ le fameux Athanase.

Avec Arius , dans le quatrième siècle , vinrent aussi les réformateurs qui attaquèrent ladiscipline de l'Église et le culte de la Vierge : par l'austérité des mœurs , ils arrivdent à la dépravation. On compte Helvidius, Bonose, Audée, CoUathe, Jovinien , Priscillius et plusieurs autres.

Le cinquième siècle vit les hérésies placées dans les prélato : celle du violent Nestorius , évoque de Constantinople, éclata. Il nia l'union hy« postatique, admettant toutefois l'incarnation du Christ ,.mais disant qu'il n'étoit pas sorti du sein de la Vierge. L'Orient se divisa ; il y eut conciles contre conciles, anathèmes contre anathèmes, persécutions , dépositions , exils. Après le concile

< PBiLOfiT., llb. I , cap. tx.

^ SiXP' Sfv., llb. Yiii.

ÉTUDI8

d'Éphèse, le nestoriattisme trioAi|^ha; MentAt £utychès vint combattre Nestorius et remplaoer une erreur par une errear. Le Destorianisme supposoit deux personnes dans Jésus-Christ; Eutycbès I par un autre excès , prétendoit que les deux natures de l'Homme-Diea, la nature humaine et la nature divine ^ étoient tellement unies qu'elles n'en faisoient qu'une. Les moines avoient soutenu contre les nestoriens la maternité de la Vierge; lAs s'enrôlèrent presque tous sous les bannières d'Eutychès. L'empire d'Orient, berceau de toutes les hérésies 9 continua de s'engloutir dans ces subtilités déplonibles. Les patriarches de Gons* lanttnople acquirent une puissance qui leur permettoit de disposer de la pourpre. Après Butyehès , des moines seythes , dans le sixième siècle , posèrent en principe qu'une des personnes de la Trinité avoit soufferte Dans le septième siècle, autrss chimères ; dans le huitième , Léon Isaurien éonikanaissaaoe à la secte des iccmodastes ; et enfin, Vers lé milieu du neuvième siècle, s'établit le grand schisme des QrecSé

L'Occident, ravagé par les Barbares au cinquième siècle , enfanta des hérésies qui sentoient te malheur; des chrétiens opprimés cherchèrent une cause aveugle à des souffrances en apparence ■on méritées : Pelage, moine breton qui avoit beaucoup voyagé , fut l'auteur d'un nouveau système } il disoit rhomme capable d'atteindre le plus haut degré de perfection par ses propres farces. De cette hauteur 8t(flque , il étott aisé de glisser a cette rigueur de destin qui écrase le Juste sans l'abattre. Entraîné de conséquences en conséquences , tout en ayant l'air d'admettre l'efficacité de la grâce , Pelage se voyoit obligé de nier cette nécessité, de rejeter la contrainte du péehé originel, laquelle aurait détruit la possible Uté de la perfectimi sans la grâce. Julien , évéque d'Éclane , succéda à Pelage. Des semi-pélagiens engendrèrent la prédestination : ib soutenoient que la chute d'Adam a suspendu le libre arbitre, ft que Jésus-Christ n'est pas mort pour tous : le résultat étoit la damnation étemelle et la salvatton étemelle forcées par la prescience de Dieu* Cette hérésie dura ' ; elle parvint Jusqu^à Gohes* cale , et même Jusqu'à Jean Scot Érigène. , Dans les sixième, septième , huitième et neuvième siècles , l'unité croissante de l'Église catho- Ûqupet l'autorité de Ghariemagne diminuèrent les

■ Noms., Hiti. Pelag., 11b. u; DvcassiaE, Prœdtil,; Anna» BenedicL, tom. u , an 829. ,

hérésies dogmatiques ; mais il se ferma des hérft* sies d'imagination : cites eurent leur sourae dans une nouvelle espèce de mervdlleux né des lavs

miracles, des vies des saints , de la puissanee dis reliques , et du caractère crédule et guerrier prM à procréer le moyen âge. La lumièrs clasHqiu Jeta, un rayon perdu à travers les ténèbres du neuvième siècle, et fit éclore une supentitim), du moins excusable : un prêtre de Mayenee prouva que Gicéron et Virgile étoient sauvés. L'étudi de l'Écriture amena des discussiotts subtiles sof le nom de Jésus , sur le mot Chérubin , sur F Apocalypee, sur les nombres arithmétiques, mr les couches de la Vierge. Tel M ce kmg enchd* nement de mensonges , de folies ou de puérllilà

Des doctrines passons aux hommes , do tableia des croyances à la peinture des mœurs , de nt» reste à l'hérésiarque : il est rare que la fliusselé de l'esprit ne fasse pas gauchir la droiture dit coeur, et qu'une erreur n'engendre pas un vice.

Marc , disciple de Valentin , sédulsoit les femmes en prétendant leur donner le don de pro* phétie : U s'en falsoit aimer passionnément; elld le sulvotent partout. Ses disciples ' possédoieot le même talisman , et des troupes de femiMÉ s'attachoient à leurs pas dans les Gaules. lii te nommoient Parfaite; ils se prétendofentarrità» à la vertu Inénarrable. Selon eux le dieu SsbMÉ avoit pour fils un diable , lequel avoit eu d'ÊT« Gain et Abel.

Les dœites maudissoient Tunlon dés vskti\ disant que le fruit défendu étoit le mariage, é \t& habits de peau la chair dont l'homnie est vau*.

Les carpocratiens , disciples de OâTfMei , t^ noient que l'âme étoit tout , que le corps n^étoit rien , et qu'on pouvolt foire de ce corps ee qu'as vouloit. Épiphane préchoit la même doctrine : d6 là pour ces héréslaiques le rétablissement derégalitéet de la communauté naturelles. Ils prioiest nus, comme une marque de liberté; ils avoient il Jeûne en horreur ; ils festinoient, se balgnoftirt) se parfumoient. Les propriétés et les femmes a^ partenoient à tous : quand Us recevoient des hAtes» le mari offrait sa compagne à l'étranger. Après 10 repas ils éteignoient les lumières et se pbngeoient aux débauches dont on calomnioit les premierf chrétiens: mais ils arrétolent autant que possible

' IRCN.» Ub. I, eap* vm et u; Tdbosos*! Xer., Ub*U(t^^ et XI.

* Clem. in,5/rvfit.

HISTOStQtJES.

Il gMitioii , parce qiie te eorp« étant infâme II

lîritpMbODde le reproduire '.

Mootin coarolt le monde avec deux prophé-

IMI, Prisea el Maximllla. Il se disoit le Saint* fiprâ et le eontfnnateur des prophètes. Les pra- ^aa do nxmtanltes étoient d*one rlgaenr ex-^ noive.

hol de Samosate se créa nne immense fortune |irfe débit de ses erreurs. Dans les assemblées «IMsstiques, il s'asseyoit sur un trône ; en parlât m peuple il se frappoit la cuisse de sa main , HFoD entonnoit des cantiques à sa louange.

Au milieu des donatistes , en Afrique , se foi^ ■ferait ieseireoncellions, ftirlenx qui pllloient les AoesdespeysanS) af^aroissoîentau milieu des In^ades et des marciiés , mettoient en liberté iMKlâTes , et .délivroient les prisonniers pour

Ma Ils assommoient les catholiques avec des lÉiquIls appeloient des israélites, et com- IMent les massacres en chantant : Louante é Dieu! Comme certains disciples de Platon , iÉbde la frâiéaie da suidde , ils se donnoient hwt on se la fiiisoient donner à prix d'argent. innés, femmes, enfimts s'élançoient dans des li^ilccsoa dans des bûchers *.

PioMiirB eondies, et entre antres celui de Ni- A^pronmeent despelnes contre les eunuques voiMits. A l'imitation dOrigène, il s'éloit formé ^iecteentièrede ces hommes dégradés; on les Mmoit Valésla» : ils matilolent non-seale* nnt leurs disciples, mais leurs hôtes ^ ; ils guet* Mcstiei étrangers sur les chemins pour les déli* M te périls de la voioplé. Ils habitoient au M du Jourdain, à l'entrée de F Arabie 4.

hiipiostiqaes partageoieat l'espèce humaine A M classes : les hommes matériels ou hylipu» kl hommes animaux oo psychiquiques ,

*' M telo corpore preeartlar, tenquan par hqjusmodi ^nSoMOi inveniaot diceodi apud Deum libertateoa ; corlaiMn ma tum iDuliebrla, tara vlrtlla nocta ae dia jgS MKOnUa, balnets, epolationibua, ooacubiUbuM|ue et ; ViWiiisvocaiiles,etdet4StanturJeJunanleni. Atqueliuma- ^SnliMi ppradD... Iloo ad genaraiidain lobolem oorrnpUo J^km isulUttla est, sed voluptatia gratiat diabolo illuy ttbq>, et seductam ^rroreDei creaturam subsannaiite. m, cpimy». CmuUmtim contra hareteê, pag. 7i . Uitcllie '■fetamu, laii.)

' ilMQm Bdootlam cacumlnibas viles animas projlclentes, "MvMn dÉbaot (OrrAVi Afbi. mievitami epiacopi de ^ÎMX^Maltftorarm, Ub. m, pag. 69. Luletis Parisioram,

*^»>topropitoa bœ nodoperSdont^sed sttpe etiatu

r|gwitecideol«,et adhuc apad ipsos hospUio etceptos : «îpiontenim Ule» IdIos et viiiculis Hllgatos per vlm castrant, ""MiBfliiii ifait IB volupUUft pericalo ioipulti.

fajto^^^^wgiopePbUadcIphlna ultra Jordanem.(EptPH.. *'**• Ccwt atfwnaf hatrt. , LViif , pag. 407.)

les hommes spirituels onpnettmatiquea. Lesgnostlques se subdivisoient eux-mêmes en une multitude de sectes : celle des ophites révéroitle serpent comme ayant rendu le plus grand service à notre premier père , en lui apprenant à connottre Tar^ bre de la science du bien et du mal. Ils tenoient un serpent enfermé dans nne cage ; au Jour pré^^ sumé de la séduction d'Eve et d'Adam , on ou^ vi'oit la porte au reptile qui glissoit sur une table et s'entortilloitau gâteau qu'on luipréseotoit : ce gâteau devenoit l'eucharistie des ophites '•

Des gnostiques d'une autre sorte croyolent que tout étoit êtres sensibles, et ils se laissoientpres* que mourir de faim dans la crainte de blesser nne créature de Dien. Quand enfin ils étoient obligés de prendre un peu de nourriture, ils disoient an ftYiment: «Ce n'est pas moi qui t'ai broyé^cen^est t pas moi qui t'ai pétri ; ce n'est pas moi qui t'ai « mis au four, qui t'ai fait cuire. » Ils prioient le pain de leur pardonner, et ils lemangeoient avee pitié et remords.

Les prlscilliens, dont la doctrine étdt un mé« lange de celle des manichéens et des gnostiques, cassoient les mariages en hainedela génération, parce que la chair n'étoit pas l'ouvrage de Dien, mais des mauvais anges; ils s'assembloient la nuit; hommes et femmes prioient nus comme les carpocratiens, et se livroirat à mille désor-* dres toujours Justifiés par la vileté du corps \ L'Espagne infestée de cette secte devintune école d'impudicité.

L'Église faisoit tête à toutes ces hérésies; salutte perpétuelle donne la raison de ces conciles, de ces synodes I de ces assemblées de tous noms et de toutes sortes que l'on remarque dès la naissance du christianisme. C'est une chose prodi» gieuseque IHofatigable activitéde la communauté chrétienne : occupée à se défendre contre les édita des empereurs et contre les .supplices, elle étoit encore obligée de combattre ses enfants et ses ennemis domestiques. Il y alloit, il est vrai , de l'existence même de la foi r si les hérésies n'avoient été continuellement retranchées du sein de l'Église par des camms^ dénoncées et stigmatisées dans les écrits , les peuples n'auroient plus su de quelle religion ils étoient. Au milieu des sectes se propageaut sans obstacles, se ramifiant à l'infini, le principe chrétien se fût épuisé dans ses dérivations nombreuses, comme un fleuve se perd dans la multitude de ses canaux.

* OaiG. conL CeU,

* ScLP. SEVff Itb. m; Aec. ffare$^, txx.

ËTUDËS

. Ili^sQltede cet aperça qaeleshérésies s*impré- ^rent de l'esprit des siècles où elles se succédèrent. Leurs conséquences politiques furent énormes; elles afToiblirent et divisèrent le monde it)main : les moines ariens ouvrirent laGrèee aux Goths, les donatistes l'Afrique aux Vandales ; et, pour se dérobera l'oppression des ariens , les évèques catholiques livrèrent la Gaule aux Franks. Bans l'Orient le nestorianisme, refoulé sur la Perse, gagna les Indes, alla s'unir au culte du lama, et constituer sous un dieu étranger la hiérarchieet les ordres monastiques de l'Église chrétienne : il fit naître aussi l'espèce de puissance problématique et fantastique du prêtre Jean. D'un autre côtéune foule de sectes variées que proscrivoit le fanatisme grec, se réfugièrent péle-méle en Arabie : de la confusion de leurs doctrines, professées ensemble dans l'exil et travaillées par la verve orientale , sortit le mabométanisme , hérésie Judaïque-chrétienne, de qui la haine aveugle contre les adorateurs de la croix se compose des haines diverses de toutes les infidélités dont la religion du G>ran s'est formée.

A voir les choses de plus haut dans leurs rapports avec la grande famille des nations , les hérésies ne furent que la vérité philosophique , ou l'indépendance de l'esprit de l'homme, refusant s<m adhésion à la chose adoptée. Prises dans ce sens, les hérésies produisirent des effets salutaires : elles exercèrent la pensée, elles prévinrent la complète barbarie, en tenant l'intelligenee éveillée dans les siècles les plus rudes et les plus ignorants; elles conservèrent un droit naturel et sacré, le droit de choisir. Toujours il y aura des hérésies , parce que l'homme né libre fera toi^ours des choix. Alors même que Thérésie choque la raison , elle constate une de nos plus nobles facultés , celle de nous enquérir sans contrôle et d'agir sans entraves.

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