‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 178 sur 228 · H TOUS US CHÂPITBES PRECEDENTS BELATIPS ▲U CLERGÉ CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

H TOUS US CHÂPITBES PRECEDENTS BELATIPS ▲U CLERGÉ CATHOLIQUE

: (Extrait du Génie du ChrUUaniime,)

iKODe «Qtre religloo sar la terre n*a offert un pareil systae de bieofalts , de pradenoe et de prévoyaQoe , de force rtdBdooœur, de lois moralet et de lois religleases. Rien iM ploi sageaient ordonné que ces cercles qui , partant du fanierduotre de village, s*élèventjMSqa*aa trône pontifical fiHs nppoctent , et qui les couronne. L*£gllse ainsi , par ses iBêfcols degrés, touchoit à nos divers besoins : arts , lettres , idnen, législation, politique, institutions littéraires , dlikietreHgiettses, fondations pour riiunianité; tous ces iHgDifiques bienfaits nous arrivoient par les rangs supérieurs felihiérarcbie, tandis que les détails de la charité et de la Mlle étoient répandus par les degrés inférieurs , chez les ÉnjènB classes du peuple. Si Jadis l*Ëg1ise fut pauvre, defàk k dernier échelon Jusqu*au premier, c*est que la chréfali étoit indigente comme «lie. Mais on ne saurait exiger fKle clergé fût demeuré pauvre, quand l'opulence crois- «ilMitour de lui. Il auroit alors perdu toute considération , dmtaloes classes de la société, avec lesquelles 11 n*auroit psTlm, le fussent soustraites à son autorité morale. Le chef fcItgliBeéloit prince, pour pouvoir parler aux princes; les ifèqoa, marehant de pair avec les^ grands , osoient les ins- Mre dé leurs devoirs; les prêtres séculiers et réguliers, ■Hlotos des nécessités de la vie, se mélolent aux riches, Aat Ibépurolent les mceurs, et le simple curé se rapprochoit àipravres, qu*il étoit destiné à soulager par ses bienfaits, iàeoQsoler par scm exemple.

• Ce n*cst pas que le plus indigent des prêtres ne pût aussi iMnirelei grands du monde, et les rappeler à la vertu; Us H ne pouvolt ni les suivre dans les habitudes de leur Ile, comme 1^ haut clergé, ni leur tenir un langage qu'ils eus- Mt parfaitement entendu. La considération même dont ils JRbioieDt vcnoit en partie des ordres supérieurs de TEgUse. Ittmvient d'ailleurs à de grands peuples d*avoir un culte ho- ■nble, et des autels où ilnfortuné puisse trouver des sctton

« 6n dira peut-être que .les ctoies qui doonèrenl naisitooe à la vie monastique n'existant plus parmi nous , les couvents étoient devenus des retraites inutiles. Et quand donc cif causes ont-elles cessé? M'y a-t»U plus d'orphelins, dlnfirmet , de voyageurs, de pauvres, d'infortunés? Ah! lorsque les maux des siècles barbares se sont évanouis, la société, si habile à tourmenter les imcs, et si ingénieuse en douleur, a bien su faire naître mille autres raisons d'adversité qui noos Jettent dans la solitude! Que de passions trompées, que de senUments trahis , que de dégoûts amers nous entraînent chaque Jour hors du monde! C'étolt une chose fort [wUe que cas maisons religieuses, où l'on trouvoit une retraite assurée oon» tre les coups de la fortune , et les orages de son propre cœur.

« Dieu des chrétiens, quelles choses n*as-tu pas faltee? Partout où l'on tourne les yeux, on ne volt que les monuments de tes bienfaits. Dans les quatre parties du monde la religion a distribué ses milices et placé ses vedettes pour l'hunianité. Le moine maronite appelle, par le claquement de deux planches suspendues à la cime d*un arbre , Tétranger que la nuit a surpris dans les précipices du Liban : ce pauvre et Ignorant artiste n'a pas de plus riche moyen de se faire entendre; le moine abyssinien vous attend dans ce bols , au milieu des ti« grès : le missionnaire américain veille à votre conservation dans ses immenses forêts. Jeté par un naufrage sur des cdtes inconnues , tout à coup vous aperœves une croix sur un rocher. Malheur à vous si œ signe de salut ne fait pas couler vos larmes ! vous êtes en pays d*amls ; Ici sont des chré> tiens. Vous êtes François, il est vrai , et ils sont Espagnols , Allemands , Anglols peut-être ! Eh ! qu'importe ?ii*êtes-vouB pas de la grande famille de Jésus^^hrist ? Cea étrangers vous rcoonnoltrout pour frère , c'est vous qu'ils invitent par cette croix ; ils ne vous ont Jamais vu , et cependant ih pleurent de Joie en vous voyant sauvé du désert

« Immense et sublime idée qui fait du dirélien de la Chine un ami du chrétien de la France, du Sauvage néophyte un frère du moine égyptien ! Nous ne sommes plus étrangers sur la terre, nous ne pouvons plus nous y égarer. Jésus^hrist nous a rendu l'héritage que le péché d'Adam nous avoit ravi. . Chrétien 1 il n'est plus d'océan ou de désert Inconnu pour toi ; tu trouveras paitout la langue de tes aïeux et la cabane de ton père.

« Que de choses admirables l'Occident ne nous montre-t-ll |a à son tour dans les fondations des communautés , monu- JM&ts de nos antiquités gauloises, lieux consacrés par d'in- I^RSBantes aventures, ou par des actes d'humanité! . . . .

• Voyez ces retraites de la charité, des ftèteriM, du 6tVii- ^îotrwt des enicrreurs de morts , des insensé» , des orphelins ; Ucba, si vous le pouvez , de trouver, dans le long catalogue éts Biisèfes humaines, une seule infirmité de l'Ame ou du •KRs pour qui la religion n'ait pas fondé son lieu de soulameat ou son hospice !

<Aq reste, les persécutions des Romains contribuèrent d'aboid à peupler les solitudes ; ensuite , les Barbares s'étant |iW(ités sur l'empire , et ayant brisé tous les liens de la so- CKlé, il ne resta aux hommes que Dieu pour espérance. . . .

■e jugent si je Taux la peine qu'ils s'occupent de moi : pû Tiendra sur nous loua rarrét suprême qui nous pla- MicottnenoiiidcnMorenHia. (£f. £».)

« La religion , laissant à notre coeur le soin de nos Joies, ne s'est occupée , comme une tendre mère , que du soulagement de nos douleurs; mais, dans cette œuvre Immense et difficile, elle a appelé tous ses lils et toutes ses filles à son secours. Aux uns elle a confié le soin de nos maladies , comme à cette multitude de religieux et de religieuses dévoués an service des hôpitaux t aux autres elle a délégué les pauvres, comme aux saurs de la Charité. Le père de la Rédemption s'embarque à Marseille; où va-t-ll seul ainsi avec son bréviaire et son bAton? Ce conquérant marche à la délivrance de l'humanité, et les armées qui l'accompagnent sont invisibles. La bourse de la charité à la main , il court affronter la peste, le martyr et l'esclavage. U aborde le dey d'Alger, il lut parle au nom de ce roi céleste dont II est l'ambassadeur. Le Barbare s'étonne à la vue de cet Européen qui ose, seul, à travers les mers et les orages^ venir lui redemander des captifs : dompté par une fbroe inconnue , il accepte l'or qu'on lut présente; et l'héroïque libérateur, satisfait d'avoir rendu des malheureux à leur patrie, obscur et Ignoré, reprend humblement à pied le chemin de son monastère.

« Partout c'est le même spectacle : le missionnaire qui part pour la Chine rencontre au port le missionnaire qui revient glorieux et mutilé du Canada ; la sœur grise court administrer

NOTE

l*iiMli9nii dant m ehatmlère, le père capodn Tote à Tinoen- 4ie, le firère hospitalier lave les pieds du voyageur, le frère da kiêm^mourir cooÊOie ragonisaiif sur sa couche, le frère ênêêrrear porte le corps da pauvre décédé, la sœur de la Charité moote au septiièjne étage pour pnxilguer Tor, le vèlenent et IV-spéraiiee; ces QIIps, si Justement appelées FiUeê- JH9U, porteut et reportent çà et lii les boullloos, la charpie, ka remèdes; la fille du Bon Pasteur tend les bras à la IHIe prostituée et lui crie : Je ne suis point venue pour appeler les Jtute», muis les pécheurs! L'orphelin trouve un père; IMulepsé, uo médecin ; ignorant, un Instructeur. Tous ces ouvriers eo oeuvres célestes se précipitent , s*anlment les ans les attifes. Cependant la religion attentive , et , tenant une couronne immortelle , leur crie : Courage , mes enfants ! courage ! Hàtea-vous; soyez plus prompts que les maun dans la carrière de la vie! Mérllei cette couronne qoe je vous prépara; elle voua mettra vous-mêmes à Tabri de tous maux et de toas hesoios

« £tolt-il quelque chose qui pût briser TAmes quelque eommisslon dont les hommes ennemis des larmes n*osassenl •a charger, de peur de comprobettre leurs plaisirs , c'étoil aux enfants du cloître qu'elle étoit aussitôt dévolue, et surtout aax pères de Tordre de Saint-François ; on supposolt que des bommes qai s*étoieat voués à la misère dévoient être naturellement les hérauts du malheur. L*un étoit obligé d'aller porter à une famille la nouvelle de la perte de sa fortune ; l'autre de lui apprendre le trépas d'un fils unique; le grand Boordaloue remplit lui-même ce triste devoir : il se présentoit co silence à la porte du père , crolsoit les mains sur sa poitrine, s'inolinoit profondément, et se retirolt muet comme la mort dont il est i'iulerpréle.

« Cfoit-on qu'il y eût beaucoup de plaisirs (nous entendons de ces plaisirs à la façon du monde) , croit-on qu'il fût fort douKpour un eordeller, un carme, un franciscain, d'aller, au milieu des prisons, annoncer la sentence au criminel, réooutar, le consoler, et d'avoir, pendant des Journées entières, l'Ame transpercée des scènes les plus déchirantes? On a vo , dans ces actes de dévouement , la sueur tomber h grosses HOuUes du front de ces compatissants religieux , et mouiller oe (roG qu'elle a pour toujours rendu sacré en dépit des sarcasmes de la philosophie; et pourtant quel honneur, quel profit reveûoit-il à ces moines, de tant de sacrifices, sinon la dérision du monde, et les ligures même des prisonniers qu'Us ooQsoloient? Mais du moins les hommes, tout ingrats qu'ils sont, avoient confessé leur nullité dans ces grandes' lenoontces de la vie, puisqu'ils les avoient abandonnées à la religion , seul véritable secours au dernier degré du malheur. O apôtre de Jésus-Cbrist, de quelles catastrophes n'étiez-vous point témoin, vous qui, près du bourreau, ne craigniez point de vous oottvrir du sang des misérables , et qui étiez leur dernier appui ! Voici un des plus hauts speistades de la terre : aux deux coins de cet échafaud les deux Justices sont en présence , la justice humaine et la jusUoe divine : l'une, implacable et appuyée sur un glaive, est accompagnée du désespoir; l'autre , tenant un voile trempé de pleurs, se montre entre la pitié et l'espérance : l'une a pour ministre un homme de sang, l'autre , un homme de paix : l'une condamne, i'autra absout : Innocente ou coupable, la première dit à la victime: «Meurs!» la seconde lut crie : Fils de rinnocence ou du repentir. Montez tMciel/n, • • •

« Votcl encore une de ces grandes et nouvelles idées qui n'appartiennent qu'à la religion chréUenne. Les cultes Idolâtres ont ignoré l'enthousiasme divin qui anime l'apôtre de r£- Taagile. Im anciens philosophes eux-mêmes n'ont Jamais quitté les avenoee d'Académus et les déliées d'Athènes pour •Ikr, attgi^d*awiaipuiiloii sublime, homanlaer le ftftavaga,

instmire l'ignorant, guérir le malade, vèlirlepsime,ct semer la concorde e( la paix parmi des natioDs ennemiei: c'est ce que les religieux chrétiens ont fait et font encore tom les Jours. Les mers , les orages , les glaces dç pôle , les feu dv tropique, rien ne les arrête : ils vivent avec l'Esquioiaadsai son outre de peau de vache marine ; Us se nourrisieat d'halls de baleine avec le Groènlaodols ; avec le Tartare oo llioquols , ils parcourent la soUlude ; ils montent sur le ^nmt daire de l'Arabe , ou suivent le Cafre errant dans ses déseili embrasés; le Chinois, leJaponois, l'Indien, soDtdeveoiH leurs néophytes; U n'est point d'Ile ou d'éeuell dans IXkéia qui ait pu échapper à leur zèle; et, comme autietaiik> royaumes maoquoient à l'ambitioa d'Alexandre, la km manque à leur charité

t Ce ne seroit rien oonnoltre que de connoltre vsguo&eatj les bienfaits du christianisme ; c'est le détail de ces biendUti; c'est Part avec lequel la leliglon a varié ses dons, réptodg ses secours , distribué ses trésors , ses remèdes , ses lomiéni; c'est ce détail , c'est cet art qu'U faut pénétrer. Jusqu'aux di* licatesses des sentiments. Jusqu'aux amours-propres, ji»' qu'aux foiblesses , la religion a tout ménagé , en soalagnitt tout Pour nous, qui depuis quelques années nous occupod de ces reclicrclies, tant de traits de charité, tant deM»> tion5 admirables, tant d'inconcevables sacrifices, sont pané seus nos yeux , que nous croyons qu'il y a dans ce seul méiili du chrisUanisme de quoi expier tous les crimes des boouDa : culte céleste , qui nous force d'aimer celte triste hamaoitéqiil le calomnie '

« Pour se Caire d'abord une idée de Pimmensité des bMlM de la religion , Il faut se représenter la chrétienté oomme oq^ vaste république, où tout ce que nous rapportons d'une pi^ tie se passe eo même temps dans une autre

« Il faut voir deux cents millions d'hommes au moins, ciMi qui se pratiquent les mêmes vertus et se font les mêmes sacdfi* ces; Il faut se ressouvenir qu'U y a dix-huU cents aosqneesi vertus existent, et que les mêmes actes de charité se répétât: calculez maintenant, si votre esprit ne s'y peiti, le ooistes d'individus soulagés et éclairés par le christianisme cheitai4 de nations et pendant une aussi longue suite de siècles! . . •

« Avant de passer aux services que i'Ëgllse a rendus à l'agri* culture, rappelons ce que les papes ont fait pour les icieoca et pour les beaux-arts. Tandis que les ordres religieux trariltlolent dans toute l'Europe à l'éducation de la Jeunesse, à II découverte des manuscrits , à l'explication de r<antiqolté, ta pontifes romains , prodiguant aux savants les récompemct , et Jusqu'aux honneurs du sacerdoce, étoient le principe di ce mouvement général vers les lumières. Certes, c'est asi grande gloire pour l'Église qu'un pape ait donné son non M siècle qui commence l'ère de l'Europe civilisée , et qui, i*ét vaut du milieu des ruines de la Grèce, emprunta sesclsrtà du siècle d'Alexandre pour les réfléchir sur le siècle de ha^

« Ceux qui représentent le christianisme comme arrêtant h progrès des lumières contredisent manifestement les léanignages historiques. Partout la civilisation a marché sur lu pas de l'Évangile, au contraire des religieux de MalioBiet,éi Brama et de Confudus, qui ont borné les progrès de laiO' ciété , et forcé l'homme à vieillir dans son enfitnoe.

n Rome chrétienne étoit comme un grand port qui raeoifiloit tous les débris des naufrages des arts.Q>nstantiaopietoiB&i sous le Joug des Turcs; aussitôt l*ÉgUse ouvre mlUe retraita honorables aux iUustres fàgitib de Bysaoee et d*Athémi. L'imprimerie, proscrite en France, trouve une retraite en Ita* lie. Des cardinaux épuisent leur fortune h fouiller les roioei de la Grèce , et ^ acquérir des manuscrits. Le siècle de Léoo X avoit para si beau m savant abbé Barthélémy, qaH rivoii

NOTE

pRftfé à eehii de Péridès , pour sq|et de soo grand : c'était daiM Tltalie dirétienne qu*U préteodoit couu moderne Anacbanls

fl Ui snoensean de Léon X ne laissèrent point s*éteindre cOiBobleanlear pour les travaux da génie. Les évéques pade Rome rassenibloient dans leurs villa les précieux lÊhrii des àp$. Dans les palais des Borgbèse et des Farnèse fcioyagnir adanifoit les diefs-d'OMiYre de Praxitèle et de PhtiH;c'éCoieot des papes qui achetoient an poids de Tor les êtan de PHercule et de I*Apollon ; c*étoient des papes qui , eooserrer les raines trop insultées de rantlquité , les t du manteau de la religion. Qui n*admirera la ioduitrie de ce pontife qui plaça des images chrélienrlct beaux débris des Thermes de Dioclétien ? Le Pann'existeroit plus s*il n*eùt été consacré par le culte des , et la colonne Tr.4ane ne serait pas debout si la stade tiiot Pierre ne Teût couronnée. «Ot esprit conservateur se faisoit remarquer dans tou^ «dm de l^figlise. Tandis que les dépouilles qui ornoient lilicui furpassoient les richesses des anciens temples, fM^TB religieux protégeoient dans Tenceinte de leurs moles mines des maisons de Tibur et de Tusculum , et t rétranger dans les Jardins de Cioéron et d*Ho- Ce Chartreux vous montrait le laurier qui croit sur la de Virgile , et an pape couronnoit le Tasse au Capi-

■Uad, depuis qoinie cents ans , TÊglise protégeoit les

lit les arts; son zèle ne s'étoit ralenti à aucune époque.

le baltième siècle te moine Alcuin enseigne la gram-

tàCharIrmagnc , dans le dix* baitième un autre moine in-

nselpaiieif/ trouve un moyen de dérouler les manus-

idVercolanum : si en 74o Grégoire de Tours décrit les

idei Gaules , en 1764 le chanoine Mazzochi explique

itthilégIslaUves d'Héraciéa. U plupart des découvertes

ioDtehaogé le système du monde civilisé ont été faites par

^MBbres de l'Église. LMnventioo de la poudre à canon , et

eeUe du télescope , sont dues au moine Roger Ba-

i;d^atres attribuent la découverte de la poudre au moine

Bertbold Schwartz; les bombes ont été inventées

^€ileD,éTéqoede Munster; le diacre Flavio de Glvia,

I , à trouvé la boussole ; le moine Despina , les lunei-

idPidAeus, archidiacre de Vérone, ou le pape Sylves-

l9. rhortoge à roues. Que de saTants , dont nous avons déjà

M gnuid nombre dans le cours de cet ouvrage ont

illustré les cloîtres , ont ijouté de la considération aux châtres éminentes de l*£glise! Que d'écrivains célèbres! que d'hommes de lettres distingués ! Que d'illustres voyageurs, que de mathématiciens , de naturalistes , de chimistes , d'astronomes , d'antiquaires! Que d'orateurs fameux! Que d'hommes d'État renommés! Parler de Suger, deXimenès, d'AIberonl, de Richelieu , de Mazarln , de Fleory , n'est-ce pas rappeler à la fois les plus grands ministres et les plus grandes choses de l'Europe moderne? .

« Rome chrétienne a été pour lé monde moderne ce que Rome païenne fut pour le monde antique, le ^en universel : cette capilale des nations remplit toutes les conditions de sa destinée, et semble véritablement la ville éternelle. 11 viendra peul-èlre un temps où l'on trouvera que c^tolt pourtant une grande idée , une magnifique institution , que celle du trône pontifical. Le père spirituel, placé au milieu des peuples, unissoit ensemble les diverses parties de la chrétienté. Quel beau rôle que celui d'un pape vraiment animé de l'esprit apostoliqu«* ! Pasteur général du troupeau , il peut en contenir les lldèlf^s dans le devoir, on les défendre de l'opprasslon. Ses États, assez grands pour lui donner l'Indépendance , itop petits pour qu'on ait rieu à craindre de ses efforts , ne lui laissent que la puissance de l'opinion, puissance admirable quand elle n'embrasse dans son empire que des couvres de paix^ de bienfaisance et de charité!

« Le mal passager que quelques mauvais papes ont fait a disparu avec eux; mais nous ressentons encore tous lesjoan l'influence des blenA immenses et inestimables que le monda entier doit à la cour de Rome. Cette cour s'est presque toujours montrée supérieure à son siècle. Elle avolt des idées de législation, de droit public; elle connoissoit les beaux-arts, les sciences, la politesse, lorsque tout étoit plongé dans les ténèbres des institutions gothiques; elle ne se résenolt pas exclusivement la lumière, elle la répaodolt sur tous; elle fai* soit tomber les barrières que les préjugés élèvent eiUre les nations; elle chercholt à adoucir nos moeurs, à nous tirer de notre ignorance, à nous arracher à nos coutumes grosslècei ou féroces. Les papes, parmi nos ancêtres, furent des mis* sionnaires des arts envoyés à des Barbares , des législateurs chez des .^uvages. « Le règne seul de Charlemagne , dit VuK « taire, eut une lueur de politesse, qui fut probablement le « fruit du voyage de Rome. » ( Génie du Christianisme , tome II! , IV* partie , llv. m , chap. ii , chap. m , chap. y, chap. vi ; \ llv. IT, chap. I ; liv. ti , chap. i , chap. ti.)

FIN DB l'essai.

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ANALYSE RAISONNÉE

L'HISTOIRE DE FRANCE

DEPUIS LE RÈGNE DE KHU>VI6H JUSQU'A CELUI DE PHILIPPE VI, DIT DE VALOIS.

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