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Jusqu'au règne de Philippe de Valois, les con* tentions entre la France et T Angleterre n'a voient annoncé rien d'antipathique et de violent; mais Bousce règne elles de\ inrent une ri vallté nationale, et cette rivalité divisa le monde : commencée sur la terre, elle s'y perpétua pendant deux siècles pour se prolonger ensuite sur la mer : la terre manqua aux Anglois, et non la haine; ils continuèrent à gronder avec l'Océan contre ces rivages dont nous les avons rejetés.
Les deux peuples se séparèrentsans retour; les liens de parenté et de famille se brisèrent; l'Angleterre cessa d'être normande. Edouard III bannit des tribunaux la langue françoise; l'idiome dédaigné du Saxon vaincu fut adopté par les vainqueurs , en inimitié de leur ancienne patrie. I^ caractère commerçant des insulaires se développa : leurs laines se convertissoient en trésors aux marchés de la Flandre : elles s'améliorèrent encore par les troupeaux que le duedeLaneaster tira de l'Espagne et du Portugal : elles devinrent l'aliment des subsides dont Edouard III avoit besoin dans la guerre qu'il entretint contre nous. Heureusement la France n'est pas marchandise que Ion troque pour des sacs de laine : à tous les traités de partage du royaume de saint Louis, que le prince anglois fit avec son compère Artevelle, le brasseur de bière , il ne manqua que la sl^ature de du Guesclin.
I^ mal que fait un injuste ennemi profite à la nation opprimée, et c'est une belle loi de la Providence; les premiers symptômes de l'émancipation
nationale éclatèrent dans les états réunis à Pafii pendant la captivité du roi Jean ; les Grandet Compagnies et la Jacquerie furent des fléanx qui i^outèrent néanmoins force au droit Partoot où les boomies ressaisissent leur iDdépenâancs naturelle , cette indépendance , en reprenant ensuite le frein des lois , fait faire un pas à la liberté politique. Quand la pensée a été élargie de prim, ne fût-ce que pour un moment , elle en g^le souvenir; les idées une fois nées ne s'anéantisiot plus ; elles peuvent être accablées sous les chaines, mais, prisonnières immortelles , elles usent les liens de leur captivité.
A mesure que la liberté commune enrissoit, le pou voir jrégulier croissoit. La justice royale péné* trolt dans les Justices particttlières ; les empiète* ments de la loi ecclésiastique s'arrêtèrent, et il lui fallut subir l'appel comme d'abus. La gtiem nationale détruisit , par la composition desgno* des armées , les guerres particulières : on pour* roit presque dire que la poudre, en changeastli nature des armes, fit sauter en l'air le vieilédifioe de la féodalité.
Mais tous ces progrès de la civilisation , tooles ces révolutions dans les esprits, dans les mœun^ dans les lois, ne s'opérèr^tquegraduellenieDtas milieu de tous les désastres. 11 fallut que lesFnif çois reçussent les trois leçons de Grécy , de Poitiers et d'Azincourt, pour apprendre à délititr leur patrie. Le règne de Philippe VI , dit de ?«• lois , ouvre cette scène de notre histoire.
SOMMAIRE
La veuve de Charles le B«*l ocoouclie d*uiie fille. —Une i bléedc prélats e( de soigneurs adju|;e la couronne à Phitippc de Valois. — Examen des prétentions d'fidooard III à ta aiuronne de France. — Premiers actes de radmInistnIioB de Philippe. — Recherches des financiers. — leaooe dt France, qui avoit épousé Philippe, oomle d*Évrrax, 0t proclamée reine de Navarre. — La Champagne ella Brie sont abandonnées à Philippe en écliange des oomlês ifAA* gouléme et de Morlain, avec deux rentes assignées sur k lré»or du roi et sur les domainiY de la couronne. — San* du roi. — Philippe est surnommé /e Fortuni. — Loais.eoarte de Flandre, vient rendre foi et hommage à Philippe, et la* plorer son secours contre les communes de Flandre. - Guerre de Flandre. — Philippe va prendre roriflaBW^ Saint-Denis. — Couleurs nationales; qu Viles n'ont pas loii' Jours été les mêmes ; leur histoire ; que le blanc étoit la coa* leur des Anglois, et le rouge celle des François jaqu^ règne do Philippe de Valois : il ct*ttc époque Èilouanl ni. prétendant à la couronne de France, prit les couleurs rria> roises, et les François abandonnèrent OM eooleurs Iotsmo^ les virent portées par les Anglois. — L*oriflamine n'Hôt dans rorigine que la bannière de Saint-Denis: elle dispai^ sous Charles VII , et fut remplacée par ia cornette bUo* che. — Victoire de Cassel. — Edouard est soniméiie ww*** hommage À Philippe, comme duc de Guienne et oomle* Ponihieu. — li vient à Amiens ei prête soieuneileorat cH hommage. — Conflit enire les Joridlelions M<fDeuriaIf«H
HISTOIRE DE FRANCE
cedériMUquci. ^ Dheonn de Plène de CaKolèm. — ! Edouard eonfime rh<MDOia(ce qu*U avoU rendu au roi à ' Aoiirfia. — Projet de croiiade. -^ Le pape aonge à pasier ! en Italie : le salnl-siége à Avignon étoit un bien pour la France, on mal pour la chrétienté. ^ Le duc de Normandie, fils du roi, égé de quatorze ans, épouse Bonne de LnxemlxNirg , lille de Jean , roi de Bohème. «* Le projet de cninde échoue. -^ Histoire du procès de Robert d'Artois , troiriéne du nom , et de Hahaud , comtesse d* Artois , sa tante. — Robert, convaincu d*avoir fait forger de/aux titra el de s'en être servi, sa retire auprès du duc de Brahaot -* Il refuse de comparoltre en cour de Justice. — Le parlement le condamne è mort; le roi commue la peine en VD bannissement perpétueL — Robert, déguisé en marchand, se i«fugie en Angleterre. — David Bruce, roi d'Ecosse, dwrcbe un asile auprès de Philippe. — Communes de Flandre. — Jacques d'Artevel le. — Edouard, qui cherchoit des tocts à Philippe et qui méditolt la guerre. Intrigue avec Artevelle. — Les deux monarques cherchent des alliés de part cl d'antre. — Ycea du héron.
FRAGMENTS