‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 202 sur 228 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

ta eonrtlsaos sourirent; le roi se retooroa vers eux en disant : Honni sait çui mal y pense. Quelques années après le roi fit réparer le château de Windsor» que le roi Arthus fit jadis faire etfor^ der, là où premièrement fut commencée la no* Me table ronde dont tant de vaillants hommes H ckevaHers sortirent, et travaillèrent en armes et en prouesses par tout le monde. L'esprit romanesque et l'ignorance des temps donnant dédit à ces fables , Windsor sembla propre à détenir le chef-lieu de rétablissement de Tordre qa*Édoaard vouloit créer en témoignage de sa passion; il fit bâtir une chapelle dédiée à saint Georges , et institua V ordre de la Jarretière y qui parut aux chevaliers une chose moult honorable, etoù tout amour se nourrirait : il est resté un des doq grands ordres de TEurope. Le monument limgiie de la galanterie d'un roi d'Angleterre a résisté à toutes les tempêtes qui ont ébranlé le trtoe britannique. Cromwell fut un moment tenté de vendre ce qu*il est aujourd'hui pour Thonneur de porter un cordon emprunté au genou d'une fanme. Qu'est-ce donc que les choses les plus gra- Tesde l'histoire, foi des autels, sainteté des mœurs, dignité de l'homme, indépendance, civilisation même, si elles doivent passer plus promptement que lei statuts de la vanité et les chartes d'un caprice? L'antiquité ignora les femmes dans les fastes des nations, si ce n'estcomme épouses, mères et filles ; elle mêla peu la société à des foibiesses que le diristianisme s'efforçoit d'avertir de ses leçons ; l'antiquité ignora de même ces domesticités décorées de l'aristocratie du moyen âge, et nous les voyons expirer par le retour des peuples à la liberté.

Edouard a été accusé de n'avoir vaincu Alix que par la violence : quoi qu'il en soit , le comte de Salisbury crut Alix coupable. Clisson et les seigneurs bretons décapités avoient pris des engagements secrets avec la comtesse de Montfort et le roi d'Angleterre. En témoignage de leur foi , Us avoient envoyé leurs sceaux à Edouard, qui les donna en garde au comte de Salisbury. Le comte, pnrfitant de l'occasion pour se venger du séducteur ou du ravisseur de sa femme, montra les seeaux à Philippe , et Plûlippe fit trancher la tête aux traîtres.

La preuve la plus frappante de l'infidélité des seigneurs bretons, c'est le ressentiment qu'Edouard témoigna de leur supplice. Si Qisson ayoit toigours été ferme dans le parti du comte de

DE FBANGE. «06

Blois et de la France , pourquoi Edouard auroitil été tant ému de sa mort ? Il écrivit au pape pour s'en plaindre, qualifiant les condamnés de nobles attachés à sa personne. Il prétendit punir par une guerre inique une sentence arbitraire; il se dé« Clara le vengeur de ceux dont il n'étoit pas le roi , le réparateur d'un tort dont il n'étoit pas le Juge,

SOMMAIRE

Geoffroy d'Harcourt, après ane querelle avec le marchai de Briqucbec, passe en ÀDglelerre el fait bommage à Edouard, comme roi de France, des terres que lui , Geoffroy , possédoit en Normandie. — Portrait de Geoffroy d'Harcourt, homme médiocre dans une haute fortune. Philippe, trahi de toutes parts, devient sombre et cruel. — Il fait alliance avec le roi deCasUile. — Jean de Hainaut, comte de Beaumont, lui revient. Nouveaux Impôts; gabelle. —Finances sous la troisième race, depuis Hugues Capet Jusqa*à Philippe de Valois. — Noms des chefs de la maitôte conservés par llilstotre avec les noms les plus illustres de la che- Yalerie, pour montrer les larmes des peuples derrière la gloire des armes. — Edouard demande des secours pécuniaires a son parlement qui les lui accorde, moyennant quelques concessions; subsides propices à t*A.ngielerre et funestes à la France, qui contribuoient à la liberté d*ua peuple et à l'asservissement de Tautre. — Hostilités en Guienoe. -^ Prise d^Aiguiilon par les Anglois. — - Gauthier de Mauny retrouve le tombeau de son |Sre à la Réole. — Prouesse d*Agqs dans le château de cette ville. -^ Reprise des hostilités en Bretagne. — Quimper est emporté d'assaut. — Le carnage ne cesse que lorsqu'on eut trouve un enfant à la mamelle qui Hioit encore sa pauvre mère morU, — Mort du comte de Montfort Portrait de ce seigneur. — Montfort ne manqua point k la fortune, mais la fortune lui manqua, et sa femme lui ravit la gloire. — Evèoeoieata de Flandre.

FRAGMENTS

Page 1