DU ROT DE NAVARRE
Le troisième fléau de sa patrie , Caiari» '* Mauvais ) raopte sur la seène après Bol)ertd'Ar-
HISTOIRE DE FRANCE
lois, d^4 disparu , et Geoffroy d'Harcourt , qui Ta disparoltre. Il étoit, comme ou Ta déjà dit, fils de Jeanne, fille de Louis le Hutiu , reine de Nawre, et de Pliillppe, comte d'Évreux, prince du sang : par l'héritage maternel , il possédoit on État Important vers les Pyrénées ; par. Théritage paternel, des terres, des villes, des châteaux en Normandie. Sa puissance s'accrut encore : il devint gendre du roi , qui lui donna pour accordée, en attendant mariage, sa fille Jeanne, âgée de huit ans. Plus Charles s'approchoit du trône, pins il sem|)loit l'envier et le haïr. Si la loi saliqœ avoit été rejetée, le roi de Navarre eût eu à ce trône des prétentions mieux fondées que celles d'Edouard, puis(|u'il étoit fils d'une fille de Louis le Hutin, et qu'Edouard ne descendoit que d'une fille de Philippe le Bel. C'est ce qui fit qu'Edouard ne secourut Charles qu'autant qu'il le fallut pour désoler la France, pas assez pour le faire triompher.
Charles le Mauvais mérita son nom : esprit inquiet , âme noire , impuissant dans les forfaits comme dans les débauches, ses qualités étoient STortées comme ses vices. L'histoire parle de sa beauté, de sa libéralité, de son éloquence, de sa bravoure, et cela ne le conduisit à rien :lesmons* très adorés au bord du Nil portoient aussi une parure.
Son earaetère est tout à part au milieu des ca« netères de son sièele : Charles étoit moins un chevalier qu'un de ces petits tyrans alors c^preslears des républiques d'Italie. Il naquit, comme Mareel, pour ees troubles civils qui alloient an- «Hieer Tapparition de la nation dans ses propres affaires, et une révolution dans les mœurs.
La charge de connétable de France avoit été doBRée, après Texécution du comte d'Eu, À Charles d'Espagne, frère de Louis d'Espagne. Ce Jeune étranger, connu sous le nom de la Cerda , est le premier de cette race de favoris qui s'attacha aux Valois, comme une branche bâtarde de leur iiunille. On accusa la Cerda d'avoir poussé Jean 1 un acte de rigueur, afin de s'emparer des dépouilles de la victime. Que cette accusation fAt fciidée ou non , Charles d'Espagne devint odieux aussitôt qu'il eut pris l'épée de connétable. On pardonne quelquefois À celui qui verse le sang , Jamais à celui qui en reçoit le prix.
SOMMAIRE
Charles le Mauvais, Jaloux de la Cerda, le fait assassiner, — Il passe de Fassassinal à la trahison , se lie avec l'Angleterre , et enlraiue dans ses projets le OQint« d*Haroourt et Louis son frère. —Traité honteux pour le roi Jean , conclu à Mantes , et pardon solennel aecordé au roi de llavarrt. ^ Celui-ci se hrouille de nouveau. — Autre traité conclu à Valogne presque aussi honteux que celui de Mantes. — La trêve avec i'Àngleierre etpiic. — Edouard atodo à Calais y et entre pour la première fois en France par \^ porte dont il tenoit les clefs. — \\ retourne en Angleterre, rappelé par une invasion des Cioossois. -^ Charles le Ifavr vais séduit Charles le Dauphin , âge de dix-sept ans , et qui devient Charles le Sage. — Il rengage à fuir de la cour tous prétexte que le roi lean Iqi préféroit ses autres |il4. — L« Dauphin , saisi de remords, révèle le secret à son père. -— Jean, bien qu*il eût accordé de nouvelles lettres de grAçe au mi de Navarre, se détermine à se venger de lui. — Cootooition des états.
FRAGMENTS