‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 21 sur 228 · I.B MÂBCHÀND · texte numérisé non relu

I.B MÂBCHÀND

Cela m'est fort suspect....

SOCBÀTB.

le le jure par le chien et le platane.

LB MABCHÀNU.

Qaeile est ta doctrine?

SOCBÀTB.

l'ai inventé une république , et je me gouverne '>PR8 ses lois.

LB HABCHAND.

t^ iait-on dans ta république 7

SOCBATB.

Ia iiemmes n'y appartiennent pas à un seul ^^ ; diaque homme peut avoir conmierce avec tHa tontes.

'UtexIeestplasDet:

DaiScpaoTQC c^iu , xal 909^ xk i^tynuÀ

(Loc , FHar» JhcL, pag. 193. )

eiATS4CBRIAIin. •* TOME I.

LB SlÀBCHANi).

Les lois contre l'adultère sont-elles donc abrogées?

SOCBATB.

Niaiseries.

LB MABCHANB.

Et qu'as-tu statué pour les beaux et jeunes garçons?

SOCBATB.

Ils deviendront le prix de la vertu, et leur amour S|{era la récompense du courage.

Socrate est vendu deux talents.

Épicure vient après Socrate : Cest, dit Mercure , le disciple du grand rieur Démocrite , et du grand débauché Aristippe ; il aime les choses douces et emmiellées.

Chrysippe le stoïcien , à la barbe longue et aux cheveux courts , est présenté aux criées comme la vertu môme , et le censeur du genre humain. Ghr}'sippe est le seul sage, le seul riche, le seul éloquent, le seul beau, le seul Juste; il explique au marchand ébahi qu*il y a des choses principales et des choses moins principales , des accidents et des accidents d'accidents ; il lui prétend enseigner les syllogismes : Le moissonneur^ le dominant j Vé* lectra , le masqué; il lui prouve que lui marchand ne connoit pas son père , qu'il est une pierre ou un animal, un animal ou une pierre'.

Le péripatéticien succède au stoïcien : il sait combien de temps vit un moucheron ; à quelle profondeur les rayons du soleil pénètrent dans la mer, et quelle est l'âme des huîtres ^ Le dialogue se termine à Pyrrhias (pour Pyrrhon).

LB HABGHANU.

Que sais-tu , Pyrrhias ?

LB PHILOSOPHE

Rien^

LB HABGHAND.

Clomment rien?

LB PHILOSOPHB.

Parce que je ne sais pas s'il y a quelque chose.

LB HABGHAND.

Est-ce que nous n'existons pas?

LE PHILOSOPHE

Je ne sais^.

> Lapis est oorpns : nonne et animal eorpos esl? Ta veto lapis et aDimal. (Lix:uN., Fitar. AucL, pag. 107. )

t Quam profonde sol radios cmlttat in m re :. Denique qnalem anlmain liabetnt ostrt.

(M., pag. isa.)

5 O0Sèv.(/(f.,ifiirf.) 4 Oùfià TûîÎTO flilfiat. r

00^ xovTO oUSa. {m., pag. 108. )

SIO

ÉTUDES

LE MARCHAND

Et toi , n'exîstes-tu pas?

LE PHILOSOPHE

Je le sais encore moins '.

LE MARCHAND

Je viens de t'achcter : u'es-tri pas à moi?

LE PHILOSOPHE

Je m'abstiens et je considère'.

LE MABCHAND.

Suis-moi , tu es mon esclave.

LE PHILOSOPHE

Qui le sait?

LE MABCHAND.

Ceux qui sont ici.

LE PHILOSOPHE

Est-ce qu'il y a quelqu'un ici?

LE MARCHAND

Je te prouve que je suis ton maître. (// le bat.)

LE PHILOSOPHE

Je m'abstiens et je considère.

Lucien, dans VHermotine o\x\esSecteSy achève de ruiner l'échafaudage de l'orgueil de l'homme.

Altisi se montroient, flétris et vaincus du temps, ces philosophes jadis l'honneur de l'humanité , ces Sages qui , au milieu des nations souillées et matérialisées, avoienl conservé les vérités de lascience, de la morale et de la religion naturelle, jusqu'à ce qu'ils se corrompissent avec la foule , et par rUifirmité même de la sagesse.

Voilà la société romaine : ses générations étoient mûres ; les Barbares se présentoient comme les faucheurs qui nous viennent des provinces éloignées pour abattre nos foins et nos blés ; les chrétiens et les païens alloient tomber sur les sillons , selon le poids de leur valeur respective. L'hothme attaché aux joies de la vie ne voyoit approcher le Frank, le Goth, le Vandale, qu'avec les terreurs de la mort, tandis que l'anachorète, le prêtre, l'évéque, cherchoient comment ils adouciroiënt les vainqueurs, et comment ils feroient des calamités publiques un moyen d*enrÔler de nouveaux soldats sous l'étendard du Christ.

' DoXù {tdtXXov Ixi ToOx' drf^oô».

(LvaAN-, yOar, Auet,)

> {ld,,ibid,)

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