ÉDITION DE
S j'aTois été le maître de la Fortune , Je n'au- Is publié le reeueil de oies ouvrages.
L'iffiir ( supposé qae l'avenir entende parler éi Boi) eût fait ce qa*U anroit voalu.;^Plus d'un fMrt de siècle passé sur mes premiers écrits asiks avoir étoolfés ne m'a pas MX présumer ai isHBortalitécpie j'ambitionne peut-être moins fÉ'oi ne le pense. C'est donc contre mon pendKmt natnrel, et aux4épens de ce repos, der- Mf bemn de l'homme , que je donne a^jour- An l'éditioade mes œuvres. Peu importent au fsUie tes motifs de ma détermination , il suffît ^11 nche ( œ qui est la vérité ) que ces motifs SMthouwables.
J*ai entr^ris les Mémoires de ma vie : cette m a été fort agitée. J'ai traversé plusieurs fois ki sers; J'ai vécu dans la hutte des Sauvages et te palais des rois, dans les camps et dans Voyageur aux champs de la Grèce, pèkriaà Jérusalem, Je me suis assis sur toutes sortes de rvines. J'ai vu passer le royaume de Louis XYI et rempire de Buonaparte; J'ai partagé l'exil te Boorbons , et J'ai annoncé leur retour. Deux poids qoi semblent attachés à ma fortune la font wfwiiivement monter et descendre dans une praportion égale : on me prend , on me laisse; m me reprend dépouillé un Jour, le lendemain m we jette un manteau, pour m'en dépouiller Accoutumé à ces bourrasques, dans quelport que j'arrive je me regarde toujours un navigateur qui va bientôt remonter m lOQ vaisseau , et Je ne fais à terre aucun étafchwmcnt solide. Deux heures m'ont suffi pour ^ittor te ministère , et pour remettre les défis de 'UteUerie à celui qui devoit l'occuper.
Qu'A faille en gémir ou s'en féliciter, mes écrits «it teint de leur couleur grand nombre des écrits ^BKNi temps. Mon nom, depuis vingt-cinq an- ^} it trouve mêlé aux mouvements dç l'ordre
social : il s'attache au règne de Buonaparte , au rétablissement des autels , à celui de la monarchie légitime , à la fondation de la monarchie constitutionnelie. Les uns repoussent ma personne, mais prêchent mes doctrines, et s'emparent de ma politique en la dénaturant \ les autres s'arrangeroient de ma personne si Jeconsentoisà la séparer de mes principes. Les plus grandes afifoires ont passé par mes mains. J'ai connu presque tous les rois , presque tous les hommes, ministres ou autres, qui ont joué un rôle de mon temps. Présenté à Louis XYI, j'ai vu Washington au début de ma carrière, et je suis retombé à la fin sur ce que je vois aujourd'hui. Plusieurs fois Buonaparte me menaça de sa colère et de sa puissance , et cependant il étoit entraîné par un secret penchant vers moi, comme je ressentois une involontaire admiration de ce qu'il y avoit de grand en lui. J'aurois tout été dans son gouvernement si je l'avois voulu ; mais il m'a toujours manqué pour réussir une passion et un^ vice : l'ambition et l'hypocrisie.
De pareilles vicissitudes, qui me travaillèrent presque au sortir d'une enfance malheufeuse, répandront peut-être quelque intérêt dans mes Mémoires. Les ouvrages que je publie seront comme les preuves et les pièces justificatives de ces Mémoires. On y pourra lire d'avance ce que j'ai été , car ils embrassent ma vie entière. Les lecteurs qui aiment ce genre d'études rapprocheront les productions de ma jeunesse de celles de l'âge où je siHs parvenu : il y a toi^our^ quelr que chose à gagner à ces analyses de l'esprit humain.
Je crois ne me faire aucune illusion , et me juger avec impartialité. Il m'a paru , en relisant mes ouvrages pour les corriger, que deux sentiments y dominoient : l'amour d'une religion charitable , et un attachement sincère aux liber-
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