‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 46 sur 228 · CHAPITRE XIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIL

Guerre des émigrés. Fin de la réTolaUon répobUcalDe

en Gfèoe*

Cependant les bannis sollicitoient au dehors les puissances voisines de les rétablir dans leurs propriétés. Ils firent parler l'intérêt de la religion ^ et celui d'un peuple qu'ils représentoient opprimé par des tyrans. Les Lacédémoniens prirent enfin les armes en leur faveur ^. D'abord repoussés par les Athéniens, un hasard leur donna ensuite la victoire ; les enfants d'Hippias étant tombés entre leurs mains, celui-ci, père avant que d'être roi, consentit pour les racheter à abdiquer sa puissance et à quitter en cinq Jours i'Attique. Cette

les mériter. De pareUs traits sont l»ien autrement condamnables que les sottes impiétés de V£$iai, qui n*étoient après tout que le sotesprit de mon siècle. ( N. Éo. }

> Sen. j de Ira, lib. il, cap. xxiu.

* Thucyd., iib. Ti, cap. Lix.

>/(/., »6Mf.; Plin. y Iib. TU , cap. xxni.

* Herodot. , Ub. T.

* terrible ironie. ( N. En. )

* Herod. , Iib. y.

* M , ihid.

chute-Ià tire des larmes : on est ftehé devoir on tyran finir par un trait dont bien peu d'honnêtes gens seroient capables.

On peut fixer à la retraite d'Hipplas l'époqoe des beaux Jours de la Grèce, et la fin de la révolution républicaine : car, quoiqu'il s'élevât encore quelques factieux à Athènes ' , de mêmequaprès une longue tempête il se forme encore des écumes sur la mer, ils s'évanouirent bientôt dans lecalme. N'oublions pas cependant que les Lacédémoniens, qui, en s'armant pour les émigrés, n'avoientea d'autre vue que de s'emparer de I'Attique , voyant leurs espérances déçues, voulurent rétablir sur le trône celui qu'ils en avoient chassé ' : tant cet grands mots de Justice générale et de philanthropie veulent dire peu de chose ! La soif de la liberti et celle de la tyrannie ont été mêlées ensemble dans le cœur de l'homme par la main de la nature : indépendance pour soiseul , esclavage poor tous les autres , est la devise du genre humain '.

La réinstallation du tyran d'Athènes, proposée par les Spartiates au conseil amphictyoaiqtie, en fut rejetée avec indignation. Le malheureux Hippias se retira alors à la cour du satrape Ariapherne, où bientôt, en attirant les armes do grand roi contre sa patrie , il ne fit que consolider la république qu'il prétendoit renverser.

C'est un des premiers princes qui , desooidQ du rang des monarques à i'humble condition de particulier , tratna de contrée en contrée ses malheurs, à charge à la terre, ayant partout à dévorer l'insolence ou la pitié des hommes^.

Ici finit , comme Je l'ai remarqué plus haut, ta révolution populaire en Grèce. Mais, avant de passer aux caractères généraux et à l'influence de cette révo'utlon sur les autres nations, il est nécessaire de i*evenir à Sparte.

> HERon., Ub. V, cap. lxvi.

» Id,,ibid,

a Je ne voudrois pas avoir dit ici la Téritë : f espère qM f ai calomnié Tespèee liomaine ; da moins Je sais qu'en réclamanl I*indépeiidanoe pour moi , je la eoohatta égalcoMOt Ml autres. (N. Éo.)

b Si Ton retranchoit de cette histoire des PisistratKM quelques plirases relatives à la révolution françoise d à ses agents , d\e ne seroit peut-être pas saos iotërM et i«> vues : elle est grave et triste. (N. É».)

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