‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 53 sur 228 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

De Tétat des lumières en Grèce au moment de la févolatioQ républicaine. Siècle de Lycurgue.

Lorsque Je parlerai des lumières dans cet Essai , Je ne m'attacherai prlocipalement qu*à la partie morale et politique. Ce qui regarde les arts n*est pas, à proprement parler, de mon s(]jet : cependant J*en toucherai quelque chose, selon TIdfluenoe qu'ils auront eue sur les hommes dont J'écrirai alors l'histoire.

£n commençant nos recherches au sièelede Lycurgue et les finissant à celui de Solon, nous voyons d'ahord paroitre Homère et Hésiode. Je n'entretiendrai point le lecteur de ces deux &meux poètes. Qui n'a lu ïliiade et VOdyssé»} qui ne connoft les Travaux et les Jours^ la Tkéih gonie, le Bouclier cTHerculeP Homère a dooné Virgile à l'antique Italie, et le Tasse à la no«« velle ; le Gamoëns, au Portugal ; Ercilla, à YEs^ gne; Milton, à FAngleterre; Voltaîre, à la Frasée; KIopstock, à l'Allemagne : il n*a pas hcsoiade nies éloges.

Pour nous le côté intéressant des poèmes de ce sublime génie, est leur action sur la liberté de la Grèce. Lycurgue les apporta à Sparte ', et Toniot que ses compatriotes y puisassent cet entiioQsiasme guerrier qui met les peuples à Tabri de la servitude étrangère. Solon fit des lois expresses en faveur de ce même Homère • qui, comme historien , ne s'offre pas sous des rapports moins précieux. Aux seuls Athéniens H donne le nom de peuple; aux Scythes, l'appellation des plus Justes des hommes 3 ^ et souvent caractérise ainsi par un seul trait la politique et la morale de ranliquité.

Les ouvrages d'Hésiode sont pleins des plus excellentes maximes. Le poète ne voyoit pas les hommes sous des couleurs riantes. Il respire cette mélancolie antique qui senible être le p8^ tage des grands génies. On sait que VirgUe a pai^ dans les Travaux et les Jours, l'idée de ses Géor' gigues A. C'est de la belle description de TAge d*Or ^ qu'il a tiré ce morceau ravissant :

O fortunatos nimiùm, Ma si boDA norinti

Agricolas !

L'influence d*Hésiode sur son siècle dot être considérable , dans un temps où Fart d'écrire es

< Plot., im Life,

■ LMULT.^tnSokm, » //., lib. IV.

< Geor.^ Ub. n, V. I7S.

S Hesiod., Opéra ei Dies,

AVANT J. C. 900 =r 800.

fmettail i pànt comiti. Ses poésies tendoient à lanœr tes hommes à la nature ; et la morale , RfHue da charme des len^ a toujours un eff^

Ihalès de Crète, poète et législateur, dont lous ne eonnoissons plus que le nom , fut le pré* coneur des lois à Lacédémone '. Il consentit par Haitié pour l^curgue à se rendre à Sparte et à pitpsrer , par la douceur de ses chants et la pumé de ses dogmes, les esprits A la révolution. Ca grands hommes savolent qu'il ne faut pas précipiter tout à coup les peuples dans les extré ws, si ron veut que les réformes soient durables. D n*est point de révolution là où elle n^est pas opérée dans le cœur : on peut détourner un mo- M&t par force le cours des idées ; mais si la source IhC elles déooatent n'est changée , elles reprenant bientM leur pente ordinaire *.

Ainsi les philosophes de l'antiquité adouci»loieat les traits de la sagesse en lui prêtant les grtces des muses. Parmi les modernes , les Anik» ont en Fhonneur d*avoir appliqué les premiers la poésie à des si^ets utiles aux hommes. Qouit à nous , nous avons été préparés aux bon* ses mœurs par la Pucelle et d'autres ouvrages que je n'ose DonmierK

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