‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 86 sur 228 · CHAPITRE XU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU

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Sor les c6tes de l'Italie , les Athéniens , les AcUei», les Lacédémoniens, à différentes épo- |M, tYolent fbndé phisleurs colonies, et c'est ftip'on appeloit la Grande-Grèce, Entre ces (Itii, Sybaris , Crptone^ Tarente, devinrent lilcotôt célèbres par leurs dissensions politiques, hvs mauvaises mœurs et leurs lumières. De 1^ que les peuples dont elles tiroient leur ■igioe, elles chérissdent la liberté , qu'elles ne ■'•lent retenir. Tour À tour républiques, ou tadees à des tyrans, elles passoient, par un

Me de révohitions continuelles , de la licence ii|liis eCBrénée au plus honteux esclavage '•

le dhttogaois partout , comnie je fois encore aujour- ^, respritdémagngique de f esprit de liberté , les ûias- «I luDières de U Iwnière véritable. ( N. Éo. )

WaïUaiun. La lévolation fraoçolse, sans la fermeté « WaihiaiiQii.Minit détruit le Pacte ftdécal. (N. En.)

*^a.,ttlKTi;DM».,Ub.xii;VA|..llAX^Ub.viu,cap.vti.

Vers le temps de la révoluttoil des Pislstratidcs à Athènes, Pythagore de Samoa, après de longs voyages , s'étoit enfin fixé a Grotone. Ge philosophe, un des plus beaux génies de l'antiquité, el le fondateur de la secte qui porte son nom, avoit puisé ses lumières parmi les prêtres de TIÉgypte, de la Perse et des Indes '. Ses notions de la Divinité étoient sublimes : il rq;ardoit Dieu comme une unité , d'où le sujet qu'il employa pour création s'étoit écoulé ^ De son action sur ce sillet sortit ensuite ruoivers ^. De ceci , il résultoit : que tout émanant de Dieu , tout en for* moit nécessairement partie ; et cettedoetrine tomboit ainsi dans les absurdités ^ spinosiame 4 ; avec cette différence, que Pythagore adnietto|t le principe oonune esprit, Spinosa, comme matière ■•

Le dogme de la transmigration des Anoes, que le sage Samien emprunta des brahmanes et des gymnoaophistes de rOrient ^, est trop connu pour m'y arrêter. Quelque absurde qii*il nous paroisse cependant , puisqu'il est impossible de i»ncevoir comment la mémoire , qui n'est qu'une image déposée par les sens , peut appartenir à l'esprit dégagé des premiers , on ne saurolt pas plus nier ce système que mille autres. Outre que la métamp^cose réelle des corps le fiivorise, il donne «i même temps la solution des difSeultés coBcemant une outre vie ^ , l'univers n'étant plus qu*im grand tout étemel , où rien ne s'anéantit , ni ne se crée. Ainsi la doctrine de Pythagore (brmoit on cercle ramenant de nécessité au même point ; car des principes de la transmigration, on se retrouvoit à l'idée primitive que ce philosophe avoit du t^ Jv, ou ce qui est.

SI Pythagore s'étoit contenté de sonder l'abîme de la tombe , il aurait peu mérité la reconnoissance des hommes ; mais il s'occupa d'autres études plus utiles À la société. Son ^stèmede la nature étolt

* lAMBUC, if» Fit. Pffth. .

' Labrt., tR Pyihag., lib. VIU.

* Stob., EcL PhyM., lU). I, eap. uv.

4 liffût. prv Ckriêt.

* J'avois on^rand penchant à Tëtude de cette métapliy^* qae religieuse : on peut s'en convaincre par les preuves métaphysiques de l'existence de Dieu placées dans les noies du Génie du Christianisme, (R. Éd.)

• Opendant il o^est pas certain que Pythagore ait parooa^ la Perse et les Iodes. Cette opioiou n*ayant été soutenue qoe par des écrivains d'un siècle trés-postérieur à celui du philosophe samien. Jamhlicus est rempli de fables.

^ il iaut sous^mtendrejNwr les Pythagoriciens » car il est clair que je n*adopte pas ce systèoie. ( N. Éo»)

KtVOLimONS ANGOBINES.

celai des Harmonies^ développé de nosjeorspar Bernardin de Saint-Pierre , qui a revétn du style le plus enchanteur la morale la plus pore '.

Le sage Samien , de même que l'ami de Jean- Jacques, représentoit l'univers comme un grand corps parfait dans sa symétrie , mû d'après des lois musicales et étemelles^. Des nombres harmoniques , dont le plus parfait étoit le quatre, selon Pythagore ^ , et le cinq , d'après Saint-Pierre S formoient dans les choses une arithmétique mystérieuse, d'où découioieut les secrets et les grâces de la naturel L'éther étoit plein de la mélodie des sphères roulantes? , et des dieux bienfaisants daignoientquelquefois se communiquer aux mortels dans leurs songes^. ^

Le sage de la Grande-Grèce voulut Joindre à la gloire du physicien la gloire plus dangereuse du législateur. Ainsi que celle de Bernardin, sa poli* tique étoit douce et religieuse. Il ne recommandoltpastant laforme du gouvernement que la simplicité du cœur 9, sûr qu'une bonne constitution découle toujours des mœurs pures. Avec une barbe vénérable descendant à sa ceinture» unecouronne d'or dans ses cheveux blancs , une longue robe de lin d*Égypte, le vieillard Pythagore, délivrant au soh des instruments >"*, la plus aimabledesmorales aux peuples assemblés, ofTreun tout autre tableau que celui des législateurs de notre âge. Les succès du sage ftirent d'abord prodigieux. Une révohition générale s'opéra dans Crotone; mais bientôt fatl-

' Umbl. , f^U. Pffth, , cap. xiy ; Laert. , in Pyth, , Ub. viii.

Selon le dernier auteur cité, Pythagore dUoitquela vertu, la santé, Dieu même, et tout runiven, n'étoient qu9 d«t harmonlea.

* Le génie mathématique de M. de Saint-Pierre offre encore d'autres ressemblances avec celui de Pythagore; La théorie des marées, par la fonte des glaces polaires , est une opinion , sinon une vérité prouvée , qui mérite la plus grande aUeotiOQ des aavanta et de tout amant de la phiiosophie de la nature *.

3 Jaibl. , Fit Pyih.; Étudet de la Kature,

« HmoGL., m Awt. Carm. ; ^ur, Carm, ap . PoeL Minor.

* Êtudeê ât la Nature, tom. mi.

* Id., ihid.

^ Jambl., Fit Pyih,, cap. xtv.

* Laebt. , ibid,, Ub. Ttii; Paul et Firginie,

Ge que Pythagore disoit de Thomme, qu'il eat aa mleroeosme ou un abrégé de Tunivers, est sublime.

* Laebt. , m Pyih, , Ub. tiii.

•*> /d., ibid,; jAiniL., cap. ](xi, tk^ 100; ÂLIAN., Ub. XQ, cap. ixui; PoBPiiYli.

* Cette opinion ne mérite point Tattention des savants; si tontes les lois astronomiques et physiques ne dëtnn'solent pas cette opinion , les derniers voyages du capitaine Parry dans les mers polaires sufliroient pour renverser la théorie des nnarées par la fonte des glaces. On peut se consoler de s*étre trompé quelquefois quand on a fidt Paul et Vir-

^és de leurs rélbnnet, les cRojfemdoiitll roit la vie raccusèrentde conspirer contre VÉtat, ou plutôt contre leurs vices'. UsbràlèreotfiTaixts ses disciples dans leur collège, et leforcèrent luimême à s'enfuir dans les bois, où il fit une fia malheureuse'.

Les savants doutent que l^rthagore ait laiaé quelques ouvrages. Je vais donner au lecteur lei Vers dorés qu'on lui attribue^, ou du moias qni renferment sa doctrine. Ils sont au nombre de soixante-douse. Voici les plus remarquables:

Honore les dfem immortels tels qu'ils sont étabBs m ordonnés par la loi. Rospect» le seraMfil avec Urale forte de reUgioo. Il faut mourir, c'est le décret de ta deufséi La puissance habite auprès de la nécessité. Les géoiè bien n'ont pas la plus grande part des souffrances. Lu hommes raisonnent bien, les hommes raisonnent mal ; n'il* mire les ans, ni ne méprise les antres. Ne te bisse jsimii éblooir. Fais au présent ce qui ne t'allligera pas ao jmi Commence le jour par la prière , Ui oonnoUras alors k CM» titution de Dieu et des hommes , la chaîne des étreSiCe qui les contient, ce qui les lie; tn connoltras, sek» h )»• tice , que l'onÎTers est le même dans tons les lieux , to i*» péroras point alors ce qui n'est poinlf, car tu sauras ee^' est; tu sauras que nos maui sont volontaires; qoeaoai ignorons que le bonheur soit près de nous ; qu'un bJen pelil nombre sait se délivrer de ses peines; que nous roolon au gré du sort comme des cylindres mus par h discorde f

Si l'on médite attentivement Içs Vers dorsf, l'on trouvera qu'ils renferment tous les priadja des vérités morales, souvent enveloppés d*ai voile de mystère qui leur prête un noavd attrait. On trouve dans Bernardin de Sahit-Fiem une nmltitude de pensées vraies, de réflexioBi attendrissantes toujours revêtues du langage dn cœur.

La mort est un bien poor loos les homnes; elk «1 II nuit de ce jour inquiet qu'on appelle la vie. Le meilkor ^ livres , qui ne prêche que Tégalité , Famitté, l'humamtéci la concorde, FÉvangile, a servi pendant dessièdesà

' PoRPBva. , n^ so ; Jambl. , cap. xxxi , n* 214.

* La mort de Pythagore est dlvenement racontée. 1M^ Laftsoe senl rapporte quatre opinions dlftéKolM»

* Quelques-uns les croient d'Empédocle. Tandis W j* préparois oed pour la presse , M. Pdtier m*a fait le piaWrA me communiquer un livre qui m'aurott épaiyné Meo do U* vail si J*en avois connu plus tôt l'eiktanoe. Ce ioot lei ^ rée$ liitéraim, qui s*étendent depuis le mois dMobn 19* Jusqn*au.mols de Juin ou Juillet 1796. LestraductioniéMgtf tes qu*on y trouve eussent servi d*orni*ment à ces EassU. a même temps quotas m'eussent sauvé la IMIgoe de tndslr mot-méme. Ceci n^est qo*un des plus peUts inoonvéoieoti « Ton tombe à écrire loin des capitales et dans uo.psjrsélns ger. Si dans les morceaux que mon si^et m*a forcé de cfaoU J'ai quelquefois donné à mw versions on sens aotr» qoecj lui adopté par les auteurs des Soiriet Hitèrairti, sans dooli la faute est de mon côté. D'ailleurs on sent que je n'ai p> dû travailler sur le même plan , ni sor «ne éebelte aossl « veloppée.

* Pœt MttMf» GmUn

AVANT i. C 509.t=OL 6t-

ftêakVBL kîffan te fioropteit.... Après cela, qui se Ititea d'être utile aux iKHiuues par un livre? Qui Youdroit lîrreili ooBDoissoit raveoir? un seul mallieur prévu nous km tut de Taloes inquiétudes ! La solitude est si né- OMiife aa bonheur dans le monde même , qu'il me paroît mfmàk d*7 goûter un plaisir durable de quelque senti- ■at 4K ce soit, ou de régler sa conduite sur quelque friMpesliMe, si Ton ne se fait une solitude intérieure, Maolre opinion sorte bien rarement , et où celle d'autrui l'olre jamais. Dans cette Ile, située sur la route des Inkk^ qael Européen Youdruit Yivre beureux , mais pauvre d^uré? Les bommes ne Yeulent connoltre que rhistoire èigrasésette rois, qui ne sert à personne. U n'y a ja- ■ii qu'on c6té agréable à oonnoltre dans la vie humaine : ao globe sur lequel nous tournons , notre révonpide n'est que d'un jour, et une partie de ce jour Kpdt rettYotr la lumière que l'autre ne soit livrée aux fUtnk La vie de l'homme , avec tous ses projets , s'élève mat une petite tour, dont la mort est le couronnement lyades maux si terribles et si peu mérités, que l'cspé- ■le Dème du sage en est* ébranlée. La patience est le mige de la vertu. C'est un instinct commun à tous les ftn aensibles et soofTrants de se réfugier dans les lieux bflMaovagBS et les plus déserts, comme site rochers <liÎBt te remparts contre l'infortune, et comme si le (tedela nature pouvoit apaiser les troubles malheureux étfkutK

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