CHAPITRE U, |«illaeidoine> LaPmMa
Près de la Thrace se trouvoit le petit royaume de Macédoine, dont la destinée a porté des ressemblances singulières avec la Prusse. D'abord , aussi ol)scur que la patrie des chevaliers teutoniques, il n'étoit connu des Grecs que par la protection qu'ils vouloieut bien lui accorder. Peu à peu, agrandi par des conquêtes, sa considération augmenta dans la proportion de celle de l'électorat de Brandebourg. Enfin 9 aous Philippe , il devint mettra de la 6vèee , et sous Alexandre, de l'imi«vers. On ne saurdt eonjeetnrer Jusqu^à quel degré de puissance la Prusse , en suivant son système actuel , peut atteindre*.
Le même génie semble avoir animé les souverains de ces deux États. La guerre , et surtout la politique, furent le trait qui les caractérisa. L'histoire nous peint les rois de Maeédoine changeant de parti selon les temps et les circonstances *) endormant leurs voisins par des traités et envahissant leur pays le moment d'après *. Je parle* rai ailleurs du monarque régnant lors de l'expé* dition de Xerxès.
A l'époque dont nous retraçons l'histoire, les mcBurs , la religion , les usages des Maeédoniens , ressembloient à oeux du reste des Grecs. Seulement plus reculés que ces derniers vers la barbarie, et par conséquent moins près de la corrup'^ tion , ils n'avoient produit aueon phikieophe doal le nom «aérite d'être mpperté.
Que la chute d'Hl^^ à Athènes eut deseonaéqueneea sérlmses pour la Maeédcrine, <fe8t ee dont on ne saurait douter. Le politique Alexandre, profitant des calamités des temps, sut se ménager adroitement entre les Perses et les Grecs { et tandis qu'ils se déehiroient mutuelle*
« Un roi de Thraoe se rendit oâèbce ponc avoir pris |e parti des Grecs , et fait crever les yeax Ji ses fils , qui avoient çuiv)
* BiaoD., Ub. Tn , cap. lix.
* Le soldai Iléfitifr de |«réTal«tlQp a brls^ bien 4ea destinées. (Di. fyi,)
* HBBon., lib. V, cap. xyii-^*, id,, Ub. vm, cap* cxi; Plut., in Ariêtid.^ pag. 317.
Amyntas , qol eut la bassesse de livrer ses femmes v^x d^ pâtés de Darius , permit à ton fils Alexandre de f|tre égorger ces mêmes députa ; et ce même Alexandre eut l'adresse de se conserver, malgré cet outrage, dans les bonnes grâces de Xerxès, successeur de Darius. (Herod., lib. y , cap. xvii-xxi.)
* DfOD., Ilb. xyi; Justin., Ub. yii ; Poix.f:.N., Stratag., lib. IV, cap. XVII.
ait
BÉVOLUTIONS ANCIENNES.
ment, il reoevoit Vov de Xerxès ' ^ et protestoH amitié à ses ennemis. Maintenant ainsi son pays tranquille , il Tenricblssolt de la dépouille de tous les partis ; et durant que ceux-ci s'épuisoient dans une guerre ftmeste, il Jeta les fondements de la grandeur future d'Alexandre. Destinée incompréhensible I Xerxès fuit à Salamine devant le génie de la liberté ; et son or, resté dans un petit coin de la Grèce, va anéantir cette même liberté, et renverser Tempire de Cyrus I