‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 96 sur 228 · CHAPITRE LH · texte numérisé non relu

CHAPITRE LH

Iles de la Grèce. Llonie.

Entre les cAtes de TEurope et de l'Asie se trou* vent une multitude d'Iles qui, au temps dont nous parlons, avoient reçu les habitants des différents peuples de la Orèce. Je n'entreprendrai point de les décrire, puisqu'elles forment elles-mêmes partie de l'empire des Grecs, et sont conséquemment comprises dans ce que Je dis de la révolution générale de ces derniers.

Cependant il est nécessaire de fedre quelques remarques sur les différences morales et politiques qui pouvoient se trouver entre ces insulaires et leurs compatriotes sur les deux continents d'Europe et d'Asie au moment de l'invasion des Perses.

La Crète étoit la plus considérable , comme la plus renommée de toutes ces lies. On sait que Lycurgue y avoit calqué ses institutions sur ceh 1m de Minos; mais les lois de ce monarque, par diverses causes de décadence, étoienttombées en désuétude '. Une dénK)cratie turbulente avoit pris la place du gouvernement royal mixte ^, et les Cretois passoient, au temps de l'expédition de Xerxès, pour le peuple le plus faux et le plus injuste de la Grèce. Us refusèrent de secourir les Athéniens contre les Mèdes ^.

I..es autres lies , tour à toar soumises à de petits tyrans ou plongées dans la démocratie, flot(oient dans un état perpétuel de troubles. Rhodes se distinguoit par son commerce ^; Lesbos, par sa corruption ^; Samos, par ses ri-

* Je De cite point, parce que Je citerai alllears.

* AmsT., de Rep., Ub. ii, cap. x.

3 /(/., ihîd.

* Hbrod., Ub. yn , cap. clxix.

* Strab., Ub. XI? , pag. 464 ; Diod., Ub. v , pag. 330.

* ATHEff., Ub. X.

Le savant abbé Barthélémy a appUqaé la comparaison ingénlcose (d*Aristote) de la règle de plomb aux moeurs lesbiennes. Quelque erreur s^étantgHssée dans rimpiesèlonje prends la liberté de rétablir la citation avec fout le respect qu*on doit & la profonde éraditioQ et au grand mérite. La citation , dans

chesses '. Quelques-unes joignirent les Perses * ; d'autres forent subjuguées ^; un petit Dombie adhéra au parti de la liberté 4. Enfin, on pest regarder les insulaires de la Grèce comme tesant le milieu entre la vertu de Sparte et d' Athiaes et les vicesdes villes ioniennes, formant laden^-teiiite ]^r où Ton passoit des bonnes mœurs des Laoédémoniens à la corruption des Grecs asiatiques. Quant à ces derniers, nous verrons bienlôt comment ils devinrent les causes de la guerre Médique. En ne les considérant ici que du côté uMh ral, la vertu n*étoit plus parmi les peuples de l'ionie : voluptueux, riches, énervés par les délicei du climat ^, on les eût pris pour ces esclaves qse Xerxès trahioit à sa suite ^ si leur langage n'avoK décelé leur origine.

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