CHAPITRE Lin
Tyr. La Hollande.
Ainsi, après avoir foit le tour de l'Europe nom rentrons enfin en Asie. Avant de décrire les grandes scènes que la Perse va nous offrir , il ne no» reste plus qu'à dire un mot d'une puissance maritime qui , bien que soumise à l'empire deCyrds, a Joué un rôle trop fameux dans l'antiquité pcnr ne pas mériter un article séparé dans cet ouvrage.
En quittant les villes de l'Ionie , et s'avançaot ie long des oAtes de l'Asie-Mineure vers le nord , on trouve Tyr, cité célèbre dans tout l'Orient par son commerce et ses richesses.
H ypsuranius , dans les siècles les plus recalés, avoit jeté les fondements de cette capitale de la Phœnicle^. Elle se trouva déterminée vers le commerce par la même position qui y entraine ordinairement les peuples , râpreté de son sol. Rait* ment les pays très-favorisés de la nature cmt M le génie mercantile?.
jinachanU , est ainsi : AitiST., de Mor,, lib. v , cap. xn ; Um lib. V, cap. X. Le cinquième Hvre de$ Mœwt n'a qmoo« chapitre». Vold le passage original : « Rei enim non defiotti Infinlta quoque régula est, ut et struclur» Lesbic rfgnls plumbea. Nam ad lapidis flguram torqoetor et iofltdetvi^ que régula eadem manet, sic et popull scttum ad res aoooamodatur. » (Voyage d'Anach,, yol. n, pag. 53, dt m.)
' Plat., in PericL
* Cypre, Paros, àndrot, etc.
3£ul)ée.
4 Salamine, Ëgine. Gelle-d s*étolt d*abonl déclarée pour Is Persessous le rè^ de Darios ; elle retooma ensuite à to uM de la patrie.
^ Plut., de Leg,, Ub. m , tom. ii , pag. 680; Hcrod., Bb. n»
*Sanchoniat., apud Edseb., Prmpar, Bvan$eL
SI Je ne suis pas Ici I*opinion commune , qol Mt de TJrr ose colonie de Sidon , c*est qu*l1 me paroft quNm doit plotét M croire un historien phcêniden que des auteurs étranges- ( Voyez JosT. ; Ub. xrin , cap. m. ) ^
^ Il faut en excepter Gartliase chez les andeos, «t Flonatf chez les modemei.
KartM ee^Utage formé, oomme les premières cftés de la Hollande j de méchantes huttes de péémn couvertes de roseau % devint une métropole superbe. Ses vaisseaux alloient lui chercher Je produit crû des terres plus fécondes , et ses in* AÔtrirax habitants le convertissoient, par leurs ■iDiiCKUires , aux voluptés ou aux nécessités de h vie. Le Batavia des Phœniciens étoit ia Bétiqv, d'où Tor coulott dans leurs États*. Ils recenieBt de l'Egypte le lin , le blé, et les richesses delTnde et de l'Arabie^ : les o6tes occidentales de l'Europe leur foumissoient Tétain , le fer et le floBib^. Ils achetoient aux marchés d'Athènes IMle, le bois de construction et les balles de liiRS^; à ceux de Corinthe , les vases , les ouvrages mbrome^. Les îles de lamer Egée leur donnoient kl vins et les fruits?; la Sicile, le fromage*; la ftiygie, les tapis 9; le Pont-Euxin, les esclaves, le nid , la cire , les cuirs ""; la Thrace et la Ma* (ttoine, les bois et les poissons secs". Ces mardiads avidesreportoient ensuite cesdenréeschez In différents peuples; et Tyr, ainsi qu'ArosteriBB, étoit devenu l'entopôt général des nations.
La eonstitntiondePhœnicie parottavoir étémo- Mvdûque "; mais il est probable que Toligarchie dominent dans le gouvernement. La richesse des TJTietts , que les Écritures comparent aux princes de la terre '\ donne lieu à cette conjecture.
Dans les contrées où les hommes s'occupent actasivementdu commerce, les belles*lettres sont «dinairement négligées; l'espritmercantile rétrécit rime; le commis qui sait tenir un livre de conqite ouvre rarement celui du philosophé. Gepeadant la Phœnieie fournit quelques noms célèkes. On y trouve Moschus et Sanchoniathon. Le irauier est fauteur du système des atomes , qui , d'abord reçu par Pythagore, fût ensuite adopté
> S&NCBOinAT. , airad Euseb., Prœpar. Evangél.
* Dm»., 1U>. T, ]Nig. 3ia.
* La Tyriens fâisoleiit eux-mèmei le oommeroe de rinde , Maol emparés de plosleon ports dans le golfe Arabique. De H ks mveiMBdIses étolent portées par terre à Rhinooolure , flrla MédlterraDée, et frétées de noUTean pour Tyr. (Ro- ■Kno!i*s DiêquU, on the Ane. Ind., seet i, pag. 0.)
* HnoD., lib. III, cap. cxxir.
' Plct., inSoiun.; Xenopb., Exped. Cffr,, Ub. vn, pag. 412.
' Cicn., TuêeuL, lib. nr, cap. xnr.
^ AnEn., lib. I, eap. xu, lu; id., lib. m.
* AaiiToni.., tit. ^es^.
** FOLn.« Itt». IT, pag. a06; Dbmstb., in Lepttn.^ pag. 545.
" Tbocto., Ub. IT, eap. cnu.
° Noos troavons des princes de Tyr et de SIdon dans Phis- Wrr. La icrltarps soot noire guide à ce sujet. Mais les anfICBscolaidoient les motspWncMet roU si différemment des pevpks Bodemes , qu'il ne faut pas se hâter d*eo oonelttre la
et étendu par Épieure ^ Leseeond écrivit l'histoire de Phœnieie, dont j*ai déjà cité plusieurs fragments, et de laquelle Je vais extraire encore quelques nouveaux passages.
°iiàiB,xim,s.
Et alors Hypsoranios habita à Tyr» et il inventa la ma* nière de bâtir des hottes de roseaux. Et une grande hilinitié 8*éleva entre lui et son frère Usoiis , qui , le premier, avoit couvert sa nudité de la peau des liii^tes sauvages. Et une violente tempête de vent et de ploie ayant fh>tté les branches les unes contre les antres, elles s'enfUmnièrent. Et la forêt fut consumée à Tyr. El Usoûs prenant un arbre , après en avoir rompu les branches , (ht le premier assez hardi pour s'aventurer sur les flots
Us engendrèrent Agms (un champ) et Agrotes (laboureur ). La statue de celui-ci étoit particulièrement honorée ; une ou plusieurs couples de bœufs promenoient son temple par tonte U Phœnieie. Et U est nommé dans les livres le plus grand des dieux *.
Indépendamment des origines curieuses de la navigation et de l'agriculture que l'on trouve dans ce passage , la simplidté antique du récit , si bien en harmonie avec les mœurs qu'il rappelle, a quelque chose d'aimable. La Hollande se glorifie d'avoir produit Érasme , Grotius et une foule de savants, connus par leurs recherches laborieuses.